PARTI! CHANTAI X
le nerf est couché sur les muscles des cuisses en contraction. Cette expérience si simple a été variée et répétée avec toutes les précautions possibles, et toujours avec un résultat semblable. J'ai coupé les nerfs lombaires à la sortie de la moelle épinière, et j'ai replié ces nerfs sur les cuisses, j'ai touché avec le couple dans les mêmes points du bassin qu'auparavant; la grenouille ne s'est plus contractée, car les nerfs n'étaient pas touchés et la jambe est restée tranquille : en remettant les nerfs lombaires en place et en les touchant avec le couple, le phénomène s'est reproduit. Au lieu d'employer le couple voitaïque, j'ai irrité les nerfs lombaires avec une pince ou un corps quelconque , et pourvu que la contraction soit assez forte dans la première grenouille , on voit également se contracter la jambe qui la touche avec son nerf.
11 faut des grenouilles vivaces pour être bien eûr de l'expérience, mais dans ce cas elle ne manque jamais. Cette expérience a été répétée en posant le nerf préparé , comme je l'ai décrit, sur les muscles de la cuisse d'un lapin vivant. 11 faut avoir soin d'enlever la membrane aponévrotiquo très-épaisse qui couvre les muscles. Je fais contracter la cuisse d'un lapin avec un courant d'une pile de six à huit couples, et la contraction se produit dans la jambe de la grenouille qui touche le lapin avec son nerf. Dans cette expérience, la distance entre le nerf et les points touchés par les extrémités de la pile peut être de 10 à 12 centimètres, sans que le phénomène cesse. Si je touche avec
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les extrémités de la pile les muscles du lapin, assez près du nerf posé au-dessus , le phénomène n'a pas lieu , parce que la contraction de la patte de lapin manque ou est très-faible. Je crois inutile de dire que, dans toutes ces expériences , il ne faut pas disposer les extrémités de la pile trop près du nerf de la grenouille, de manière qu'il soit compris dans l'arc parcouru par le courant.
J'ai produit tous les mouvements possibles sur la surface des muscles sur lesquels le nerf est posé , et j'ai observé que, pourvu que ces mouvements ne fussentpasdes contractions, le phénomène n'ajamaislieu.
Je couvre d'une lame d'or à dorer les muscles de la grenouille préparée à la manière ordinaire , et puis je répète l'expérience : dans ce cas, c'est une lame d'or très-mince qui est interposée entre la surface musculaire et le nerf. J'excite les contractions dans les muscles de la première grenouille, et je ne vois pas de contractions dans la jambe dont le nerf est posé sur ces muscles. Il faut bien se garder de déchirer la lame d'or, ce qui ferait découvrir la surface du muscle; à peine cela arrivc-t-il que les phénomènes apparaissent. Si, au lieu d'une lame d'or, c'est un papier très-fin et sans colle qui est interposé , l'action a lieu également à travers le papier. Le phénomène n'a pas lieu si c'est une lame, même très-mince, d'un corps isolant qui est interposée. Il est donc bien certain que la contraction de la jambe n'est pas excitée par une action mécanique quelconque exercée par son nerf.