‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 75 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE X

Les phénomènes que j'ai décrits sont entièrement nouveaux à ma connaissance : il n'y a d'analogue en apparence qu'une expérience du célèbre M. de Humboldt, dans laquelle se trouve un nerf posé sous un autre et dont l'un est irrité. J'ai varié et répété avec soin cette ingénieuse expérience , et j'ai trouvé que quelquefois la jambe qui n'était pas irritée directement par le courant électrique pouvait se contracter, ot que cela .avait lieu quand une portion du nerf de la jambe , qui n'est pas directement touchée avec le couple, se trouve envahie par son courant (fig. 25). En touchant en bb' ou en a a ', c'est Ja seule jambe A qui se contracte; mais si l'on touche en c et fc, en a et ou en a b, ou en a' b' y ou enfin en a et la jambe A, ou en a et la même jambe A, on voit se contracter la jambe B. Dans ce cas, le nerf de B est parcouru par le courant, et il faut même, pour que l'expérience réussisse , qu'une portion du nerf de B soit tenue obliquement ou parallèlement à celui de A. Nous verrons par la suite que cela est dû à ce que le courant n'excite pas de contractions, s'il traverse le nerf normalement.

Les faits que j'ai découverts ne peuvent donc pas s'expliquer comme ceux de M. de Humboldt dont j'ai déjà parlé.

M. Becquerel, avec qui j'ai répété et varié mes expériences, après s'être assuré qu'une lame isolante , quoique très-mince, empêche l'action des muscles en contraction sur le nerf posé 'sur la surface de ces muscles, en a conclu que ces phénomènes ne pou-

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vaient pas s'expliquer sans admettre une décharge électrique dans l'acte de la contraction.

Voici comment s'exprime le savant physicien dans une note qu'il a bien voulu me communiquer :

« A l'instant où la grenouille se contracte, il y a « une décharge électrique qui passe dans l'extrémité « du nerf de la jambe , quand cette extrémité pose « sur le muscle, ou n'en est séparée que par une « bande de papier humide; elle se décharge par la « feuille d'or, attendu que celle-ci conduit mieux « l'électricité que le nerf, fait analogue à celui qu'on « observe en plaçant une torpille dans un élau de (f métal que l'on tient à la main. Dans ce cas, ladé- « charge passe dans le métal et non dans la main ; « enfin, l'interposition d'une bande de papier glacé « ou isolant doit empêcher le nerf de la jambe d'en « être affecté.

« Tous ces effets ne pouvent donc être produits « que par des courants dérivés; dès lors on est porté « à admettre la production d'une décharge électrique « à l'instant où le muscle se contracte.

« Si des expériences entreprises dans une autre « direction viennent confirmer les conséquences que « l'on tire du fait de M. Matteucci , ce physicien « aura découvert une des propriétés les plus importe tantes des muscles sous l'empire de la vie, ou quel- « que temps encore après la mort. »

Je tomberais dans des prolixités , toujours inutiles , si je voulais décrire tous les efforts que j'ai faits pour parvenir à des résultats bien concluants

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