PARTIE I, CnAPITIlE XIV
sible, sur une torpille très-mince, les quatre nerfs qui pénètrent dans l'organe, en enlevant toutes les parties » musculaires et cartilagineuses qui les enveloppent; j'ai taché d'en découvrir de graudes portions. La torpille donnait encore de très-fortes décharges sur l'organe préparé. J'ai enfilé un de ces nerfs avec deux lames de platine pointues : il faut que les lames ne touchent que le seul nerf et qu'elles le touchent à la plus grande distance possible entre elles.
» Sur une torpille un peu grosse , on réussit à tenir ces lames enfoncées dans le nerf à 2 ou 3 centimètres de distance entre elles. On rattache ces deux lames aux extrémités du Hl d'un galvanomètre très-sensible. L'expérience ainsi disposée, on irrite l'organe de la torpillo et on ne tarde pas à eu obtenir la décharge. Si l'expérience est bien faite, le galvanomètre ne donne jamais aucun signe de courant.
On conçoit que si le nerf était traversé par un courant dans l'acte de la décharge , une portion serait déchargée par les deux lames, et on aurait les signes d'un courant dérivé. C'est là un fait que j'ai plusieurs fois constaté, et que nous verrons être d'une grande importance par la suite.
En examinant l'intensité du courant avec le galvanomètre, on trouve qu'elle varie avec l'étendue des lames qui touchent les deux faces de l'organe.
J'ai voulu examiner encore quelle était lanaturedu courant de la torpillo, lorsqu'on le fait passer pendant plus ou moins de temps par une couche d'eau salée, ou par cette même couche séparée par un diaphragme
métallique. Le principe général que j'ai découvert est le suivant : lorsque la torpille est douée d'une grande vitalité, au moment où l'on vient de la tirer de la mer, le courant qu'elle donne peut se comparer à celui d'une pile d'un grand nombre de couples, et chargée avec un liquide actif et bon conducteur. À mesure que la vitalité s'affaiblit, le courant de la torpille se rapproche toujours plus de celui d'une pile d'un nombre de couples toujours moindre. Pour m'arrêter à une déviation du galvanomètre qui pût être appréciable , j'ai procédé de la manière suivante : je pose la torpille, à peine tirée de l'eau et essuyée, sur un plat métallique qui est isolé (fi g. 27); c'est le plat de l'appareil que je décrirai plus loin et qui me sert à obtenir l'étincelle de la décharge de la torpille. Un autre plat métallique qui a un manche de verre est posé sur la torpille. Des fils de cuivre sont soudés à ces plats et vont se réunir où l'on veut. Pour avoir une déviation fixe, j'irrite la torpille disposée, comme nous l'avons dit, de manière à ce qu'elle donne huit à dix décharges successives, et je prends la déviation finale à la moitié de l'oscillation. J'ôte ensuite la torpille, je la plonge de nouveau dans l'eau de mer et, au bout de sixà huit minutes, je la soumets do nouveau à l'expérience, et ainsi de suite. Sur une torpille femelle très-vivace, large de 0 ,n ,18, j'ai fait l'expérience suivante : en établissant un circuit tout métallique, j'ai eu une déviation de 80°. Ce même courant passant ensuite par une couche d'eau salée, longue de 0 m ,4O, très-large et très-pro-