PARTIE I, CHAPITUE XIV
fonde, introduit par des électrodes de platine de 6 centimètres carrés , était à peine affaibli. La même torpille, après quelque temps, m'a donné 50° avec le circuit tout métallique, et 12° avec l'addition de la couche d'eau salée. Le courant d'une autre torpille, déjà faible, me donnait 30° en passant par le fil métallique, et 6° en passant par la couche d'eau salée, longue deO m ,20, large et profonde de 0 ,M ,02, à la moitié de laquelle se trouvait un diaphragme de platine.
Cette même torpille encore plus affaiblie m'a donné 12° dans le premier cas, et à peine des traces de courant dans lé second cas.
Pour étudier encore mieux la nature de la décharge électrique de la torpille , j'ai fait passer cette décharge à travers un fil de cuivre roulé en spirale. J'ai introduit dans le spirale une aiguille d'acier. Après la décharge, l'aiguille était très-sensiblement aimantée. La direction de l'aimantation prouvait encore la direction du courant du dos au bas-ventre. J'ai répété cette même expérience en variant l'épaisseur du fil tourné en spirale, le diamètre et la longueur de l'aiguille ; j'ai employé à faire ces expériences des torpilles faibles et des torpilles très-fortes. L'aimantation a été toujours dans le même sens. Cela me semble prouver qu'il n'existe aucune analogie entre la décharge de la torpille et celle de la bouteille. Les physiciens se rappellent les anomalies trouvées par Savary en faisant aimanter une aiguille par la décharge de la bouteille.
Le Père Linari a employé la balance électro-magné-
tique de M. Becquerel pour mesurer l'intensité de la décharge de la torpille. En comparant avec le même instrument cette décharge à celle d une batterie de neuf bouteilles, qui aurait 94 pouces carrés de surface totale armée, il parvint à établir que la décharge donnée par une torpille médiocre était de beaucoup plus intense que celle delà batterie.
Le mémo physicien a obtenu , en faisant passer la décharge de la torpille à travers une couple thermoélectrique, des signes marqués de réchauffement.
Les phénomènes de décomposition électro-chimique déjà observés par John Davy ont été peu étudiés par moi.
J'exposerai seulement une manière très-simple de les produire. Elle consiste à fermer le circuit entre les deux faces de l'organe , avec une bande de papier imbibée d'une solution très-saturée d'iodure de potassium. Deux lames de platine sont interposées entre les surfaces de l'organe et les bords du papier. Après quelques décharges, les indices de la décomposition apparaissent et indiquent la direction constante de la décharge de la torpille.
L'étincelle électrique de la décharge de la torpille s'obtient très-aisément avec l'appareil que j'ai décrit (fig. 27). Deux feuilles d'or sont appliquées avec de la gomme sur les deux boules métalliques a et b; on tient ces deux feuilles à la distance d'un demi-millimètre, et, en agitant légèrement le plat métallique supérieur, on irrite l'animal; dans le même moment les feuilles se meuvent, se rapprochent et s'éloignent