‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 92 sur 187 · PARTIE 1, CHAPITRE XV. t · texte numérisé non relu

PARTIE 1, CHAPITRE XV. t

tits troncs nerveux de l'organe. 11 faut détacher rapidement l'organe électrique d'une torpille bien vivante , et le couvrir de grenouilles préparées. On voit aussitôt , en introduisant le couteau dans les différents points de l'organe , les grenouilles posées audessus sauter. C'est toujours un filament nerveux qu'on a coupé , lorsque la décharge a eu lieu. J'ai vu un morceau très-petit d'organe qui n'était formé que d'une partie d'un des prismes, donner la décharge en le coupant. Nous reviendrons par la suite sur cette expérience.

En mouillant avec une solution très-concentrée de potasse les troncs nerveux de l'organe mis à découvert, la décharge n'a pas lieu , et sans que la substance nerveuse de ces troncs soit altérée, du moins en apparence , il devient impossible, en les irritant, d'en obtenir la décharge.

3°. Enfin le cerveau. — Avec la lame d'un rasoir peu aiguisé je découvre très-vite le cerveau d une torpille. Si l'animal est encore très-vivant, on observe ce qui suit : presque toutes les fois qu'on touche avec une plume, une pince, un tube de verre, le cerveau de la torpille, la décharge électrique ne manque pas d'avoir lieu. On ne tarde pas à apercevoir quels sont les véritables points de cet organe dont l'irritation produit toujours la décharge. Il vaut mieux pour cette étude que la torpille soit un peu affaiblie.

Les premiers lobes (cérébraux) peuvent être irrités, coupés, détruits tout à fait sans que la décharge

cesse d'avoir lieu. Quand ces lobes sont irrités, la décharge n'a pas lieu : il faut opérer doucement pour ne pas ébranler le reste du cerveau. Les lobes qui suivent les premiers donnent lieu , lorsqu'on les touche ou qu'on les blesse, à de fortes contractions musculaires , et quelquefois même , si l'animal est très-vivant, à des décharges électriques. Pourtant on peut les couper sans que cela détruise la décharge. Le troisième lobe peut être irrité, blessé, enlevé tout à fait , sans contractions et sans que la décharge électrique ait lieu , et sans qu'elle cesse lorsqu'on vient à irriter le quatrième lobe.

Ce dernier lobe du cerveau , qu'on peut regarder comme un renflement de la moelle allongée, de laquelle partent les nerfs qui vont à l'organe , est la seule partie du cerveau qu'on ne puisse toucher sans avoir de très-fortes décharges électriques. Ce lobe détruit, toute décharge électrique devient impossible, quand même on laisserait le reste du cerveau intact. J'ai coupé sur une autre torpille la moelle allongée au point où elle sort du cerveau , c'est-à-dire après qu'elle a donné les nerfs aux organes. De fortes décharges et contractions musculaires ont lieu lorsqu'on touche le dernier lobe , que j'appellerai désormais le lobe électrique. La décharge électrique n'est pas altérée après avoir coupé un gros faisceau nerveux formé par les premiers nerfs de la moelle épinière, et qui, partagé en deux branches, entoure l'organe , en passant au-dessus et au-dessous de l'arc cartilagineux. J'ai trouvé encore qu'on^peut

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