‹ Traité des phénomènes électrophysiologiques des animauxChapitre 91 sur 187 · PARTIE I, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

PARTIE I, CHAPITRE XV

nient séparé du poisson vivant, peut donner la décharge, lorsque ses nerfs sont irrités. Nous examinerons tout à l'heure ce fait. Il suffit à prouver que l'intégrité de la circulation du sang dans l'organe n'est pas nécessaire pour qu'il donne la décharge.

2°. Les nerfs qui se rendent dans l'organe. — C'est un fait que Galvani et Spallanzani avaient déjà observé depuis longtemps, qu'en coupant les nerfs de l'un des organes, la décharge cesse do ce coté, tandis qu'elle continue du coté opposé. J'avais encore établi, dans mes premières recherches, qu'il ne suffisait pas de couper un, deux, trois de ces nerfs pour détruire entièrement la décharge, qu'il fallait pour cela les couper tous les quatre.

J'ai observé que la décharge de la torpille, lorsqu'on lui a coupé deux ou trois de ces nerfs des organes , se limite aux points dans lesquels se trouve ramifié le nerf qu'on a laissé intact. Lorsqu'on a soin d'essuyer parfaitement la peau de la torpille, on voit très-bien avec le galvanomètre cette limitation de la décharge.

La torpille peut vivre longtemps, même après que les nerfs de l'organe ont été coupés. En effet, j'ai coupé trois nerfs de l'organe droit à une torpille femelle très-petite et très-vivace. Après l'opération , la peau fut réunie et cousue, et le poisson lié par la queue fut mis dans le canal de Cesenatico : c'était le 27 juillet, à trois heures après midi. L'animal mourut dans la soirée du 28 , après environ trente heures de vie.

168 DES PHÉNOMÈNES ÉI.ECTRO-PRYSIOLOGIOCES.

Le changement apporté dans la substance de l'organe était grand dans la partie où se ramifient les trois nerfs coupés : elle y était tellement amincie et atrophiée, qu'il était impossible de la reconnaître; la substance des troncs nerveux était devenue pulpacée, le reste de l'organe était intact.

Il n'est point nécessaire de couper les nerfs pour détruire la décharge électrique , il suffit de les lier ; avec un peu d'habitude, on y réussit très-aisément. Les mêmes phénomènes que nous avons vus en coupant les nerfs , s'observent si on se borne à les lier.

Lorsque les nerfs ont été coupés, et que par là toute fonction électrique a été détruite , si on tire avec une pince un de ces troncs nerveux qui sont attachés à l'organe, on obtient encore des décharges électriques. Il faut, pour que cette expérience réussisse , que la torpille employée soit trèsvivacc. Dans ce cas, le phénomène ne manque pas d'avoir lieu. Des observations plus précises ont fait observer un phénomène singulier. Sur une torpille très-vivace, si on sépare un des organes avec ses quatre nerfs attachés, et si une fois la peau bien essuyée on pose plusieurs grenouilles préparées sur la surface de l'organe, on voit alors , en irritant tantôt un des nerfs, tantôt un autre, une certaine grenouille sauter, et les autres rester tranquilles. On ne tarde pas à découvrir qu'on a de cette manière une décharge partielle de l'organe , c'est-à-dire celle de la portion de l'organe dans laquelle est distribué le nerf irrité.

Cette observation peut se répéter sur les plus pe-

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