PABTIB I, CU AP1THE XV
d'une pile de vingt couples. La conductibilité m'a semblé toujours plus forte pour la substance de l'organe , et cela me paraît bien aisé à concevoir si Ton considère que cette substance est imbibée d'une solution saline.
Lorsqu'on étudie avec beaucoup de soin les effets du passage du courant électrique dans les nerfs de l'organe électrique, on trouve, 4°. que dans une première période, après la mort, dans laquelle la vitalité des nerfs est encore très-grande, le courant électrique, direct ou inverse , produit toujours la décharge, soit à son commencement, soit à l'instant de l'interruption. 2°. Dans la période suivante de vitalité, la décharge n'est plus produite que parle commencement du courant direct et par l'interruption du courant inverse.
Je vais résumer en peu de mots les conséquences de toutes mes recherches sur les phénomènes électriques de la torpille. Lorsqu'on réfléchit 1°. qu'aucune trace d'électricité ne se trouve libre dans l'organe sans qu'il se décharge; 2°. qu'on peut détruire la peau, les muscles, l'arc cartilagineux qui entoure l'organe et même une partie de la substance d'organe, sans que la décharge cesse ou se montre affaiblie; 3°. que des poisons narcotiques déterminent de fortes décharges électriques; 4°. que l'irritation du lobe électrique du cerveau donne de très-fortes décharges électriques, même quand l'animal semble mort depuis longtemps; 5". que l'action de ce lube électrique persiste après qu'on l'a séparé de tous les
lobes supérieurs du cerveau et de la moelle épinière; 0°. que l'irritation de ces lobes supérieurs ou de la moelle épinière n'est pas suivie par la décharge ; 7°. que de fortes contractions musculaires s'observent dans les parties qui environnent l'organe, sans que la décharge ait lieu ; 8°. que cette décharge se produit en irritant les troncs nerveux qui sont ramifiés dans l'organe, et quand ces troncs sont déjà séparés du cerveau; 9°. que la blessure du lobe électrique, non-seulement produit toujours la décharge, mais en renverse quelquefois la direction; 10°. que le courant électrique agit sur les nerfs de l'organe pour produire la décharge, et suivant des lois particulières; il est impossible de ne pas tirer de ces divers faits les conclusions suivantes :
1°. La décharge électrique de la torpille et la direction de cette décharge dépendent de la volonté de l'animal, qui, pour cette fonction, a son siège dans le lobe électrique de son cerveau.
2°. L'électricité est développée par cet organe de la torpille, qu'on appelle ordinairement électrique, sous l'influence de la volonté."
3°. Toute action extérieure qui est portée sur lo corps de la torpille vivante , et qui détermine la décharge, est transmise par les nerfs du point irrité au lobe électrique du cerveau.
4°. Toute irritation portée suMe quatrième lobe ou sur ses nerfs ne produit d'autres phénomènes que la décharge électrique. On peut donc appeler ce lobe et ses nerfs, lobes et nerfs électriques, comme on dit :