THÉORIE DE LA PILE
Théorie de Volta. — La f. é-m. du couple (zinccuivre-eau) résulte exclusivement ou presque exclusivement du contact des deux métaux zinc et cuivre. Volta supposait que le contact des métaux et du liquide ne développe pas de f. é-m. appréciable.
Théorie de Fabronl. — La f. é-m. résulte de la combinaison chimique effectuée (i).
Théorie de Gaugain (1865). ~ La f. é-m. résulte du contact des métaux et des liquides.
« Cette théorie, dit Gaugain, a beaucoup de rapport avec la théorie chimique, mais pourtant on ne doit pas les confondre l'une avec Tautre. Dans Tune, la combinaison s'effectue d'abord et produit ensuite l'électricité. Dans l'autre, la f. é-m. préexiste à la combinaison, c'est l'affinité elle-même, c'est-à-dire une force qui se mani-
(i) Fabroni, avant l'invention de la pile, attribuait déjà l'électricité qui produit la commotion de la grenouille à l'action chimique exercée par les parties humides sur les métaux de l'arc de communication.
PILES ÉLICTRI<{UE9 I
feste dès que le zinc vient à toucher le liquide ; c'est, en un mot, une action de contact. »
Suivant Du Moncel, le contact de deux corps hétérogènes suffit pour faire naître la f. é-m. ; mais elle n'est réellement très énergique que lorsqu'une action chimique, physique ou mécanique, vient surexciter YeSet de ce contact.
Faisons remarquer à ce propos que le contact de métaux hétérogènes n'est pas indispensable à la production du courant électrique.
J. A. Fleming (1874) a pu, en effet, tirer parti de l'acide azotique et des persulfures alcalins sur le cuivre et sur le plomb pour construire une pile dans laquelle il n'existe aucun contact de métaux hétérogènes, et qui fonctionne, par conséquent, en vertu de l'action chimique seule.
En effet, lorsqu'on plonge ces deux métaux dans Tacide azotique, le cuivre, étant le plus attaqué, devient négatif par rapport au plomb, et le contraire a lieu si les deux métaux se trouvent dans une solution de persulfure de sodium.
Une série de bocaux contenant alternativement de l'acide azotique dilué et du persulfure de sodium, et réunis tantôt par un arc en lame de plomb, tantôt par un arc en lame de cuivre, constituent donc une véritable pile dépourvue de tout contact de ces deux métaux.
La f. é-m. d'un de ces éléments est égale à 0,26 volt (i).
Favre (i853) a donné la théorie suivante de la pile : t Dans un couple amalgamé, dit-il^ zinc et platine par
(1) Voir : Inversion du courant dans les couples. Tableau des forces électro-motrices des couples ù ud seul électrolyte.