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et de possession incontestable , autrement les opérations de l'art qu'on appelle des méthodes n'appartiendraient jamais à personne.
Dès les premiers temps de la révolution que la nouvelle doctrine opéra dans la science, nous eûmes de fréquentes occasions 3 à l'hôpital militaire de Strasbourg, d'observer les effets des antiphlogistiques locaux opposés aux inflammations dont se compliquent les maladies chirurgicales. Nous reconnûmes d'abord que la terminaison par résolution prompte après les saignées capillaires, n'avait lieu que dans les cas tout à fait récens , lorsque la phiogose était légère ou que la distension des vaisseaux n'était encore qu'un effet de la congestion. Nous dûmes en conclure que la résolution n'est pas une opération uniforme à toutes les époques des maladies inflammatoires , et que ? plus elles sont près de leur début , plus cette terminaison est facile. Mais , puisque les saignées locales, toujours proportionnées à l'intensité du mal , dissipaient instantanément les phlogoses légères et les congestions, il nous parut que les mêmes moyens , employés d'une manière continua , en opérant incessamment le dégorgement des- capillaires , devaient, dans les cas d'inflammation déclarée , être suivis du même résultat. Il était rationnel de ne point alors provoquer subitement des évacuations trop
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abondantes; nous rendîmes donc les saignées modérées , mais continuelles. Elles fatiguent de cette manière moins les malades , s'opposent constamment au retour d'une nouvelle rougeur, et rendent plus sûrement aux tissus la liberté d'action nécessaire au rétablissement du mouvement circulatoire.
D'un autre côté, les lésions traumatiques ont une période qui précède la phlogose : elle est marquée par l'intervalle qui s'écoule entre l'accident et les premiers phénomènes de chaleur et de douleur. Etait-il possible , en désemplissant incessamment les capillaires , d'éviter leur distension, d'annuler par anticipation l'effet d'une cause existante , d'éloigner en un mot l'inflammation si souvent grave que les blessures entraînent a leur suite ?
Ici les vues thérapeutiques changeaient de face, îl ne s'agissait plus de calmer la tension des tissus, de diminuer leur turgescence, d'obtenir la résolution des liquides surchargeant les vaisseaux 5 mais d'empêcher les élémens morbides , chaleur, douleur, tumeur, rougeur, de s'associer pour constituer l'état inflammatoire. Par cette médication , on favorisait les adhérences intérieures , on donnait aux forces raédicatrices le temps et la facilité de réparer les désordres produits dans les organes.
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L'important précepte de combattre ou de prévenir les àccidens ne pouvait reposer sur une théorie a la fois plus simple et plus rationnelle , non plus que sur une certitude plus grande de résultats presque toujours prévus dans les 'cas nombreux où les saignées locales continues pouvaient être employées. Mais les plaies de tête surtout, dont les suites étaient si redoutables par le traitement jusqu'alors mis en usage, ndus procurèrent des succès qui dépassèrent nos espérances.
Dès lors nous fûmes fixés siir le mode d'application des sangsues dans ces lésions 5 et nous dûmes dans la suite , en multipliant iios observations 3 nous affermir davantage dans là détermination de suivre constamment là même règle. Il nous fallait une expression significative pour faire connaître cette méthode nouvelle a tant d'égards , et nous proposâmes celle de sangsues permanentes 9 ou , si l'on veut '] placées en permanence , qui fut généralement adoptée.
Lès inflammations locales chroniques furent aussi soumises pat nous à des essais du même traitement; mais nous lie tardâmes pas à nous convaincre que ces âÔectidns, quelles que soient leur simplicité apparente et la partie où elles existent } ne sont pas susceptibles de céder aux saignées continues : elles iie peuvent être que
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lentement modifiées par de légères évacuations capillaires successives, puissans auxiliaires néanmoins des autres moyens de la thérapeutique. L'emploi des sangsues dans les cas chroniques exige des ménagemens que l'on paraît avoir trop généralement négligés, et l'abus des applications de ce genre 9 même dans les affections purement extérieures , expose les malades à des accidens réels , tels que l'inertie des capillaires , l'œdème et même la leucophlegmasie qui en sont des conséquences ; des effets semblables proviennent quelquefois des plus légères saignées locales répétées trop fréquemment.
Un tel système de traitement , basé sur des principes reconnus vrais par l'expérience , nous parut un bienfait de l'époque qu'on ne pouvait disputer aux hôpitaux militaires d'instruction. Ce fut pour en conserver la mémoire dans ces établissemens , que je choisis pour sujet du discours que je prononçai clans la séance consacrée à la distribution des prix aux élèves de l'hôpital de Strasbourg, en 1822 , la théorie des saignées capillaires considérées spécialement dans le traitement des maladies chirurgicales, discours qui fut imprimé immédiatement après et rendu public.
Cependant les plaies de tête , comme partie distincte dans la nomenclature nombreuse qui
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servait de texte aux études, n'avaient pas pris part au grand mouvement qui venait de s'opérer. J'entrepris de débrouiller cette grave question , devoir jusqu'où , éclairé par la nouvelle médecine , je pourrais y porter la lumière. Mes premières recherches me prouvèrent que des notions exactes manquaient presque totalement sur ces accidens, ce qui expliquait l'espèce d'abandon dans lequel on les avait laissés. Ainsi , l'état pathologique primitif du cerveau , après les percussions du crâne, était à peine soupçonné, et on en méconnaissait les symptômes les plus importans ; j'en donnerai pour exemple la commotion et la congestion qu'on ne savait pas distinguer. Il fallait donc , pour lever la confusion, démontrer en quoi diffèrent les phénomènes qui appartiennent à ces deux états. Le plus sûr moyen , le seul peut-être d'y parvenir, était de séparer, dans la considération de la progression morbide , l'altération organique de la lésion vitale. Cette distinction rendait négatifs pour l'encéphalite les symptômes qui n'ont pas le caractère de l'irritation , et lui en attribuait de propres dont la congestion est. le début. La commotion devenait, ainsi une lésion à part dont l'étude distinguait les degrés. Cependant l'encéphalite en procède, et on avait déjà remarqué que cette phlegmasie est plus grave sous la percussion;