‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 113 sur 177 · PLAN TES TONIQUES-ANALEPTIQUES · texte numérisé non relu

PLAN TES TONIQUES-ANALEPTIQUES

Ce titre est un non-sens, car aucune plante né péut être mise au rang des médicaments reconstituants proprementdits, qui sont, nous le répétons, les ferrugineux et les substances alimentaires. Ce n’est pas qu'un grand nombre de plantes ne puissent venir en aide à la médication analeptique, mais c’est À titre de toniques amers ou névrosthéniques, comme nous le verrons dans le chapitre qui suit.

TONIQUES-NÉVROSTHÉNIQUES .

MM. Trousseau et Pidoux ont donné le nom de névrosthéniques aux médicaments qui ont pour effet de ranimer les propriétés vitales, l’action du système nerveux, et de rétablir, de régler les actions réciproques des divers systèmes. Il y à cette différence à établir entre les analeptiques et les névrosthéniques, que les premiers portent leur action sur la force d'assimilation ou de nutrition, en reconstituant directement le sang} tandis que les seconds s'adressent à la force de résistance vitale , à l'élément nerveux qui est la source et le régulateur des synergies : les analeptiques refont le sang, les névrosthéniques raniment le principe vital.

Les névrosthéniques sont les toniques vrais, les toniques

* amers ou proprement dits. Ces agents activent la nutrition ,

non-seulement par leur action générale sur l’économie et les forces assimilatrices, mais. encore par les modifications qu'ils impriment aux organes digestifs. Ces modifications toutefois ne doivent pas être én opposition avec le degré d’excitabilité de.ces organes, c’est-à-dire que ceux-ci ne doivent pas être le siége d'inflammation pour recevoir les toniques, dont l'effet est d'augmenter leur énergie vitale, à moins qu'il ne s'agisse de fièvres typhoïdes graves, comme nous le dirons bientôt. Comime les analeptiques, les médicaments dont il est question sont dépourvus d'action physiologique, c’est-à-dire qu'ils n'ont pas d'influence visible sur l’homme en bonne santé, par la raison que pour manifester leur puissance de réhabilitation

des forces vitales, il faut qu'ils s'attaquent à l’état morbide. - Mais du moment que l'élément atonique existe, que le système nerveux fléchit sous la cause morbifique , on les emploie avec avantage pour augmenter l'énergie des organes ou relever l'orgasme des tissus.

Néanmoins , il peut résulter de l’action des toniques des effets opposés. Ainsi les sécrétions peuvent diminuer ou augmenter : elles diminuent si leur abondance dépend de l’atonie de leurs appareils; elles augmentent, au contraire, sileur diminution tient à la même cause. C’est ce qui explique comment, selon les cas, les toniques agissent quelquefois comme diurétiques, comme diaphorétiques, emménagogues ou expectorants, etc. Ces différents modes d'action s'expliquent tout simplement par le retour des organes à leur état normal, ou compatible avec les fonctions qu'ils ont à effectuer.

Les toniques-névrosthéniques exercent en quelque sorte deux actions correspondantes aux deux mots dont se compose

leur nom. Dans les cachexies, les serofules, le scorbut, dans «

les fièvres intermittentes surtout, contre lesquelles ils ontune action spécifique, ils agissent comme toniques. Dans les cas où la résistance vitale est affaiblie, où les synergies sont rompues et discordantes, comme dans les fièvres graves, malignes, ces médicaments agissent comme névrosthéniques. Dans ces derniers cas, on doit les employer sans faire attention sil'estomac est plus ou moins enflammé, car alors l'état du canal intestinal est consécutif à l’état général, lequel consiste dans une intoxication miasmatique du sang que les toniques ont pour mission de combattre en relevant l'énergie vitale. Les toniques-névrosthéniques n’agissent donc pas dans les fièvres adynamiques par leurs vertus stomachiques, comme quand.on les prescrit dans l’atonie de l'estomac, les cachexies, mais par une action générale lente et silencieuse , bien différente de celle des stimulants, qui est prompte, vive et éphémère.

Les toniques sont encore d'un usage fréquent dans les maladies des vieillards, même dans les inflammations, qui, chez ces sujets épuisés par l’âge, doivent être combattues par les antiphlogistiques et par les toniques combinés.

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MÉDICATION TONIQUE-NÉVROSTHÉNIQUE. 881

Ces médicaments sont quelquefois employés à l'extérieur contre les ulcères atoniques, et souvent en injections, en gargarismes, etc.

Au premier rang des toniques se trouve le quinquina, dont nous n'avons pas à parler, mais dont plusieurs plantes indigènes sont succédanées ; puis viennent les amers.

Les plantes amères sont nombreuses. Dans les unes, comme la Gentiane, la Petite-Centaurée, la Fumeterre, l’Aunée, la Chicorée, le Pissenlit, ete, le principe amer paraît pur; dans d'autres, telles que la Camomiile, l’'Absinthe, les Labiées, ete., ce principe est uni à un aromate. Les premières constituent des toniques proprement dits, et font le sujet de ce chapitre; les secondes appartiennent aux excitants, dont nous nous occuperons ensuite.

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