‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 115 sur 177 · CAS · texte numérisé non relu

CAS

-L'Artichaut est originaire du midi de l'Europe, et 4 es

depuis longtemps dad nos jardins, où il redoute beaucou

hivers rigoureux.

Plante vivace potagère, de la famille des Synanthérées, tribu des Flosculeuses (257-539), genre Cynare, dont voici les caractères généraux : involucre renflé à sa base, composé d’écailles épaisses (ou folioles)imbriquées, atténuées en épine, # mais charnues à la base ; réceptacle charnu, hérissé de soies ; fleurons égaux, hermaphrodites et fertiles. Fruits couronnés par une aigrette plumeuse sessile.

Ajoutons comme caractères spécifiques que ses fleurs Fr à rons) sont d'une couleur violette claire; que le tube de la corolle est très long, fusiforme, à limbe divisé en 5 lanières très étroites, dressées, conniventes, et que les anthères sont terminées supérieurement par un appendice très obtus. — Dans l'état sauvage, l'Artichaut a le port de nos chardons, et c'est à la culture qu'il doit d’ acquérir le développement considérable que nous lui connaissons.

Propriétés, usages. Les capitules ou têtes de cette plante, étant cueillies avant l'épanouissement des fleurs, offrent dans leurs écailles et leur réceptacle un aliment agréable et de facile digestion.

En médecine, on emploie les racines et les feuilles comme anéres, toniques, diurétiques et fébrifuges. « J'ai vu, dit M. Cazin, des paysans employer avec succès, comme recette de famille, la décoction de racine d’artichaut dans le vin

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blanc, contre l'hydropisie, la jaunisse et les engorgements abdominaux qui accompagnent ou suivent les fièvres intermittentes. » C’est, en effet, principalement contre ces dernières affections qu'on à expérimenté ce médicament. On donne l'extrait préparé avec le suc évaporé des feuilles et des tiges ; mails il ne réussit qu'à haute dose et est d'une amertume insupportable. + (

Dans ces derniers temps on à vanté l’artichaut dans les rhumätismes aigus et chroniques. Copeman, de Londres, employait la teinture et l'extrait des feuilles qu’il obtenait en faisant macérer pendant quatorze jours 1 kil. de ces feuilles dans 1 kil. d'alcool, et qu’il donnait à la dose de 8 gr. 3 fois par jour. Wilson prétend avoir obtenu de très bons effets du suc épaissi de cette plante dans des cas d'hydropisies dues à une maladie du foie, et qui avaient résisté à de puissants diurétiques.

Feu le D' Barrey, de Besançon, et, après lui, M. Levrat- Perroton, ont traité avec succès la jaunisse chronique au moyen de ce même suc. Ce dernier médecin rapporte entre autres l'observation suivante, que nous croyons utile de reproduire pour faire comprendre l'importance qu'il y a à répondre aux indications les plus pressantes. « M. C..., âgé de 40 ans, originaire du Midi, exerçant une profession libérale, d'un tempérament bilieux, irascible, à la suite de beaucoup de fatiguer Fe ei ressent des douleurs E et trans.

miers Ra sont combattus par des sai ei (sangsues) répétées à l’épigastre et à l'anus! des

layantes et nitrées, des grands bains, des pre dieu émollients, etc. L'état du malade s’amende sous l'influence de cette médication; mais deux mois plus tard, la jaunisse persistat encore avec la même intensité et se compliquait de fréquentes dyspepsies. Consulté alors, M. Levrat-Perroton conseilla le suc de feuilles d'artichaut à la dose de 125 gr. le matin à jeun, puis 250 gr. Ce traitement, suivi pendant un

mois environ, à complété la guérison, et aujourd'hui M. C... jouit d'une excellente santé: » (ourn. de méd. de Lyon, 1844.)

AUNÉE. Inula helenium, L.

Inule héléniaire, Enule campane, Hélénine, Lionne, Œil de cheval,

L'Aunée (pl. xxxrm, 5) croît naturellement dans les prés gras et ombragés, le long des fossés, des étangs, des haies. Elle est assez commune aux environs de Paris, et on la cultive souvent dans les jardins. Elle tire son nom du mot Aunaie, lieu planté d’aulnes qu’elle affectionne; les anciens la faisaient naître des larmes d'Hélène, d'où son surnom d’'Helenium.

Plante vivace, grande et belle, de 1 à 2 mètres, de la famille des Synanthérées, tribu des Corymbiféres | radiéés) (2357-40, G). Tige dressée, robuste, peu rameuse, irrégulièrement ronde, pubescente; feuilles alternes, les radicales (1) très amples, ovales-allongées, molles, cotonneuses, crénelées, finissant insensiblement en un pétiole canaliculé ; les caulinaires sessiles, ovales-aiguës , d'autant plus petites qu'elles sont plus élevées.

Fleurs jaunes, en capitules assez gros, solitaires à l'extrémité de chaque division de la tige (juillet-septembre). Involucre composé de plusieurs rangs de folioles imbriquées, cordiformes, lâches et cotonneuses ; réceptacle légèrement conexe, nu, présentant de petites alvéoles où sont reçus les fleu-

rons, qui sont, nous le répétons, d'un beau jaune.

Propriétés, dec. L'Aunée est un de nos meilleurs médicaments indigènes, quoi qu'en aient dit Cullen et Alibert.

Elle a Bu À amère, aromatique, piquante et Âcre; de

toutes ses parties il n’y a que la racine qui ait de l'odeur, laquelle est forte, pénétrante, aromatique et agréable. Cette racine est d'ailleurs la seule employée en médecine. Elle est tonique et excitante; cette dernière propriété la rend en même temps diurétique, sudorifique, expectorante ou emmé-

nagogue, suivant les cas. ,

(1) Qui ne se voient pas sur la figure.

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En général, on la prescrit dans l’atonie des organes digestifs, dans les catarrhes pulmonaires chroniques, les leucorrhées, les scrofules, la chlorose, certaines diarrhées atoniques ; dans les fièvres exanthémateuses, quand l’éruption tarde à se faire ou ne paraît pas, faute de réaction vitale*suff-

sante; dans les catarrhes muqueux surtout, avec engorgement du poumon et gêne de la respiration.

A l'extérieur, l'Aunée a été vantée en lotions et en pommade contre la gale, pour déterger les ulcères sanieux, etc. La médecine vétérinaire en fait un assez grand usage dans ce dernier cas.

Récolte. On recueille la racine d’Aunée à la seconde ou troisième année. Elle est grosse, épaisse, charnue, rameuse, blanche à l’intérieur, et d’un jaune brunâtre en dehors. Quand elle est très grosse, il convient de la fendre pour la sécher. afin qu'elle ne pourrisse pas; la dessiccation ne lui fait rien perdre de ses propriétés, quoique sa couleuret son odeur aient été modifiées, en ce sens que la première tire sur le gris, et la seconde surl'arôme de l'iris ou de la violette.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion [racine] : 15 à 30 gr. par kil. d’eau.

Poudre : 1 à 2 gr. en pilules ou dans du vin, comme tonique, expectorante.

Vin d'Aunée [macération de 1 partie de racine fraîche dans 16 parties de vin blanc) : 30 à 100 gr. comme stomachique, antichlorotique, expectorant.

Décoction pour lotions : 30 à 60 gr. par kil. d’eau.

Pommade: poudre de racine d’Aunée incorporée dans de l’axonge pour frictions contre la gale.

L’AUNÉE ODORANTE, Inula odora, de la Provence et du midi de l'Europe, dont la racine est très aromatique, jouit des mêmes propriétés.

L’AUNÉE DYSSENTÉRIQUE, Inula dyssenterica, ou Aunée des prés,

herbe de Saint-Roch, n’a que des vertus imaginaires contre la äyssenterie.

BLUET. Centaurea cyanus, L.

Aubifoin, Barbeau, Casse-Lunette.

Le Bluet croît en abondance dans nos moissons. Il appar-

tient au groupe dés Synanthérées, tribu des Carduacées, genre

Centaurée (237-539, G). is C’est une plante hérbacéé de 30 à 60 cent., à tige grêle, striée, dressée, un peu velue, portant des feuilles alternes,

‘Ë roi es et longues, d’un vert blanchâtre, un peu.cotonneuses et sillonnées longitudiñalement. — Les fleurs sont en capitules solitaires, composés de fleurons bleus, quelquefois blancs ou roses, se montrant en juin, juillet et août.

Propriétés. Ces fleurs ont une odeur faible et une saveur presque nulle, ainsi que toute la plante d’ailleurs. Elles ont joui d’une grande renommée cependant comme anti-ophthalmiques, d’ où leur nom de Casse-Lunette ; mais aujourd'hui on sait à quoi s’en tenir sur les prétendues propriétés de cette plante presque inerte, à laquelle on doit même préférer le mélilot.— On n'emploie d’ailleurs que l’eau distilléerpour collyres.

CARLINE, Carlina acanthifolia, 1.

us 6 Chardouse, Caméléon blanc, Chardon doré,

La Carline (pl. xxxnr, 2) croît dans les montagnes du midi de la France. C’est une plante bisannuelle, d’un port singulier qui lui a attiré jadis l'attention des magiciens et des sorciers. Tige de quelques centimètres ; feuilles grandes, élégamment découpées et épineuses, blanchâtres et cotonneuses, étalées en rosace à la surface du sol.

De leur centre naît un gros capitule de fleurons jaunâtres, hermaphrodites, lequel présente les caractères du genre indiqué dans la famille des Synanthérées (257-589, H).

Propriétés. La racine de la Carline a une saveur amère et des propriétés toniques, sudorifiques et diurétiques peu marquées. Autrefois on lui à attribué des vertus merveilleuses pour prévenir et guérir les maladies pestilentielles. Les campagnards des Alpes mangent le réceptacle des capitules comme celui de l'artichaut,

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CENTAURÉE (Granz-). Centaurea centaurium, L.

… Centaurée commune.

La Grande-Centaurée (pl.xxxir1, 4)est une plantevivacedela famille des Synanthérées (2537-59, G) qui croît sur les monta. ones des Alpes et d'Italie où elle atteint 1 m. 50 cent. environ. Tige dressée, ferme, rameuse, glabre ; feuilles pinnées à folioles lancéolées et finement dentées.

Fleurs d'un rouge pourpre, en capitules globuleux disposés en corymbe à l'extrémité des ramifications, s’épanouissant au mois d'août. Involuere imbriqué d’écailles simples, lisses, ovales-obtuses, entières ; fleurons tubuleux, quinquéfides, hermaphrodites au centre, neutres à la circonférence ; graines ovales aigrettées.

Propriétés. La racine de Grande-Centaurée, seule partie de la plante employée, est très amère, et cependant d’un usage fort restreint. On la considère comme tonique et sudorifique ; mais les médecins l'ont mise enoubli.

Récolte. On peut la recueillir, soit toute l’année pour l'employer fraiche, soit au printemps ou à l'automne pour être conservée. Elle est grosse, longue, brune au dehors et rougeâtre à l'intérieur ; il est bonde la fendre pour lasécher plus facilement.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction : 60 gr. (racine fraîche), 80 gr, (racine sèche) par kil, d’eau. Poudre [racine sèche) : 4 gr.

CENTAURÉE (Perire-). Gentiana centaurium, L.

Petite-Centaurée, Gentiane-Centaurée, Centaurelle, Chironée, Herbe-au-Centaure, Herbeà-Chiron, Herbe-ä-la-fièvre, Fiel-de-terre,

La Petite-Centaurée n’a de commun avec la précédente que le nom. C’est une plante de la famille des Gentianées, genre Erythrée (200, B), petite, herbacée, annuelle, jolie d’ailleurs, haute det30 cent. environ (pl. xxxr, 1), qui eroît dans les bois, les prairies où elle est très commune, et dont les feuilles sont opposées, sessiles, ovales-aiguës, les radicales disposées en rosette.

Fleurs roses, petites, disposées en corymbe ou cyme à la

partie supérieure des ramifications, se montrant en juinseptembre. Calice à 5 divisions linéaires ; corolle infundibuliforme à limbe quinquéparti ; 5 étamines, anthères roulées en spirale après la fécondation ; ovaire allongé, presque linéaire et uniloculaire ; style bifurqué à son sommet, à lobes rapprochés. Capsule allongée, enveloppée par le calice et la corolle qui persistent.

Propriétés, usages. Toute la plante est d’une amertume très prononcée, franche et persistante, mais elle est sans odeur. Elle fait partie des espèces amères. C’est un tonique généralement connu pour son efficacité dans l’atonie des organes, les affections scrofuleuses, les fièvres muqueuses , la dyspepsie, certaines diarrhées séreuses asthéniques, etc.; en un mot, dans tous les cas où la gentiane (voy. ce mot) est employée.

La Petite-Centaurée est considérée surtout comme l’un des meilleurs succédanés du quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. Nous croyons qu'on a beaucoup exagéré ses propriétés fébrifuges; pourtant il est certain que si elle ne peut remplacer l'écorce du Pérou dans les fièvres intermittentes graves, àtype pernicieux, elle peut rendre de grands services dans la pratique rurale, soit pourprévenirles accès de fièvre simple, soit pour les faire cesser, ou pour les tenir éloignés lorsqu'on s’en est débarrassé par un autre fébrifuge , tel que le sulfate de quinine ; soit enfin pour fortifier les convalescents et dissiper les engorgements dus à l'influence paludéenne et aux accès pyrétiques.

Cette plante passe pour vermifuge et antigoutteuse. «Elle est aussi, dit Chomel, propre à emporter les obstructions des viscères, faire couler la bile par le ventre, guérir la jaunisse, désopiler le foie, pousser les ordinaires, fortifier l'estomac et faire mourir les vers. » La plupart de ces assertions ne s’appuient sur aucun fait probant; nous ne les mentionnons seulement que pour donner une idée du style, de la crédulité et des connaissances physiologiques des anciens auteurs.

Récolte. La Petite-Centaurée fleurit et se récolte dans les mois de juillet et août. La dessiccation doit en être opérée rapidement, avec la précaution de l’envelopper dans des cor-

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nets de papier pour ménager la couleur de ses fleurs et leur conserver toutes leurs propriétés.

PRÉPARATIONS , DOSES

Infusion (sommités fleuries) : 15 à 30 gr. par kil. d’eau,

Poudre : 2 à 4 gr. et plus dans du vin, comme stomachique, tonique, antigastralgique, fébrifuge.

Extrait : 1 à 4 gr. en pilules.

Suc : 30 à 60 gr. ;

Sirop : 15 à 60 gr. On le remplace souvent par celui de gentiane.

CHARDON-BÉNIT. Centaurea benedicta, L.

Centaurée bénite, C, sudorifique, C. lanugineuse,

Le Chardon-Bénit (pl. xxxnx, 3) croit spontanément dans presque tous les départements méridionaux de la France, en Provence, en Languedoc; on le cultive dans quelques jardins.

Plante annuelle de 30 à 60 cent., de la famille des Synanthérées, tribudes Carduacées, genre Centaurée (237-359, G), à tiges herbacées, rameuses, rougeâtres, lanugineuses (1); à feuilles alternes, profondément denoléas avec une petite épine à chaque dentelure; les supérieures plus petites et serrées, formant une sorte d’involucre extérieur.

Fleurs en capitule terminal et solitaire , qui renferme 20 à 25 fleurons jaunes, et dont l'involucre est conique, composé d’écailles terminées par une épine pinnatifide ; fleurons à 5 divisions, entourés de beaucoup de poils et posés sur un réceptacle plan garni de poils soyeux. Semences à aigrette sessile, glabres, etc.

Propriétés, usages. Cette plante est inodore, mais douée d'une amertume très prononcée, non persistante pourtant. Ses propriétés médicales se rapprochent beaucoup de celles de la petite-centaurée, de la gentiane et de la chausse-trappe, c'est-à-dire qu'elle est tonique, propre à relever le ton des organes, à combattre la faiblesse des actions vitales, ainsi que la fièvre intermittente.

On l’a vantée surtout comme sudorifique ; on l’administrait

(1) Une seule est figurée sur le dessin,

dans les inflammations de poitrine (pneumonie et pleurésie) où elle devait nuire plus souvent qu’elle ne déterminaitla diaphorèse, car celle-ci résulte de la diminution du stimulus mor- bide plutôt que de l’action excitante des médicaments réputés sudorifiques. — Employé à l'extérieur en lotions, le Chardon- Bénit aurait, suivant ce qu’on lit dans certains livres, guéri d'anciens ulcères.

Récolte. Elle se fait dans le mois de juin, avant l’épanouissement des fleurs qui dure presque tout l'été, parce qu'alors la plante contient un suc rougeâtre doué de propriétés actives. Il faut en rassembler les feuilles et les sommités fleuries, puis on les dispose en paquets minces qu'on fait promptement à l'étuve ou au soleil. FF

PRÉPARATIONS , DOSES

Infusion |[sommités fleuries et feuilles) : 16 à 60 gr. par kil, d’eau, — On en fait quelquefois une infusion vineuse qui se prend par cuillerée avant le repas.

Extrait : 2 à 4 gr.

Suc exprimé : 30 à 100%: — Donné dans la pleurésie après les remèdes généraux, il procure, 56 n mel, une expectoration très favorable.

Poudre [des feuilles] : Simon Pauli la recommande pour les vieux ulcères chancreux, les bassinant avec de l’eau distillée et les saupoudrant ensuite. « Arnaud de Villeneuve dit avoir vu un homme dont la chair de la jambe était rongée jusqu’à l'os par un vieil ulcère, qui fut guéri par ce moyen. »

se

CHARDON-MARIE. Carduus marianus , L.

"y On trouve ce végétal (pl. xix, 2) aux lieux incultes, sur le

bord des chemins, au voisinage des vieux châteaux, ete.

Plante des mêmes famille et tribu que la précédente (237-39), à tige de 3-15 déc., rameuse, pubescente; à feuilles légèrement pubescentes en dessous, pinnatifides ou sinuées, à lobes courts; les radicales rétrécies en pétiole, les caulinaires amplexicaules.

Fleurs en capitule très gros, globuleux et composé de fleurons purpurins (juin-août); folioles extérieures de l'involuere terminées par un appendice épineux, etc.

Propriétés, usages. Très préconisée au moyen-âge, cette plante est aujourd’hui sans usages, si ce n’est que dans eer-

MÉDICATION TONIQUE-NÉVÉBSAHÉNIQUE. 391

tains cantons on mange ses jeunes pousses en saladétet en friture :-— Les taches blanches de ses feuilles seraient dues, suivant la superstition populaire, à des gouttes de lait tombées du sein de la Vierge : de là sans doute ses prétendues, | vertus désobstruantes, apéritives.

Inutile de parler de la récolte d'une plante qu'on n’emploie plus.

CHAUSSE-TRAPPE. Centaurea calcitrapa, L.

Chardon étoilé, Calcitrapa, Centaurée étoilée, Pignerole. +

+. Le Chardon étoilé (pl. xxxiv, 2) croît en abondance dans les lieux arides, secs, sur le bord des chemins, où il fleurit presque tout l'été.

Plante annuelle de 30 à 40 cent. environ, de la famille

des Synanthérées, tribu des Flosculeuses, genre Centaurée (237-39, C). Tige anguleuse, très rameuse et formant petit buisson arrondi {1}; feuilles alternes, pubescentes, les radicales pinnatipartites, à lobes éloignés et dentés, rétrécies en pétiole, étalées. en rosette, les caulinaires sessiles, les supérieures entières, petites. he, Fleurs en capitules épineux, ovoïdes-oblongs, composés de fleurons de couleur purpurine, disposés en cyme et portés sur un pédondule entouré de bractées ; involucre formé d'’écailles ovales terminées par une épine forte, longue et divergente, qui est pinnatipartite à sa base ; fleurons en tube irrégulier, quinquéfides, posés sur un réceptacle poilu, hermaphrodites au centre, neutres à la circonférence. Akènes blanes, oblongs, à aigrette sessile.

Propriétés, usages. La Chausse-Trappe est sans odeur, mais ses fleurs et ses feuilles sont d’une amertume très prononcée, tandis que sa racine et ses semences sont douces. On emploiera donc les sommités fleuries comme toniques dans les | cas que la petite-centaurée et la gentiane, avec eette différence que l'on devra moins compter sur ses propriétés, qui sont et effet beaucoup moins actives.

{1} Le dessin n'en représente qu'un rameau supérieur.

Cettéplante, très anciennement connue et usitée {car on prétend que les J uifs S'en servaient pour assaisonner l'agneau pascal), a fixé l'attention de plusieurs expérimentateurs.

Tournefort, Geoffroy, Chrétien, d'après J. Bauhin, l'ont employée comme fébrifuge; Valentin a vanté ses vertus diaphorétiques, et Desbois de Rochefort assure qu'elle faisait la base du remède de Baville, réputé efficace contre la gravelle et autres maladies des reins ; enfin les semences passent pour un puissant diurétique. — Et cependant ces éloges, y compris même ceux de MM. Cazin et Bertin, qui tout récemment l'ont proposé ecomme un de nos meilleurs amers fébrifuges indigènes, n'ont pu lui concilier la faveur des médecins, qui la négligent complétement aujourd'hui.

Récolte. Le Chardon étoilé doit être cueilli avant l’épanouissement de la fleur, parce que plus tard il est sec et sans sucs : c’est dire aussi qu'il doit être employé de préférence à l'état frais. La forme des écailles de l’involucre distingue cette plante de toutes les autres, soit dans les champs, soit dans les boutiques. da

PRÉPARATIONS , DOSES

Infusion ou décoction [sommités fleuries) : 80 gr. par kilog. d’eau. — Lando faisait bouillir 2 poignées de fleurs dans trois livres de vin blanc, et il donnait 6 à 8 onces [180 à 240 gr.) de cette décoction avant l’accès de fièvre, et par cuillerée pendant sa durée.

Extrait : 4 à 6 gr. — Extrait alcoolique : 50 cent. à 1 gr. 20 cent., en pilules comme fébrifuges [Bertin]. — Buchner administrait les fleurs en poudre ou en extrait à la dose de 4 à 12 gr.

Suc exprimé (plante fraîche) : 60 à 120 gr. d

Macétation [de la semence) : 4 gr. pour 500 gr. de vin blanc, cos puissant diurétique [Cazin). $

CHICORÉE SAUVAGE. Cichorium intybus, L.

La Chicorée sauvage (pl.xxxiv, 5) est très commune sur le bord des chemins, dans les champs, les lieux incultes : on la cultive aussi en abondance dans les jardins où elle présente plusieurs variétés. .

Plante vivace de la famille des Synanthérées, tribu des Chicoracées (2537-41, 1), haute de30 à 60 cent. à l’état sauvage,

MÉDICATION TONIQUE-NÉVROSTHÉNIQUE. 393

de 1 à 2 mètres lorsqu'elle est cultivée; dressée, rameuse, glabre, striée; feuilles peu nombreuses, sessiles, les radicales ovales-oblongues, à lobes dentés, anguleux ; les caulinaires plus petites, entières, lancéolées. LA

Fleurs bleues, quelquefois blanches, grandes, en capitules axillaires, sessiles ou pédonculés, solitaires ou deux ensemble le long des rameaux et au haut des tiges. Involucre double, dont 5 folioles extérieures ovales, ciliées, plus larges que les extérieures, qui sont au nombre de 8. Corolle formée de 18 à 20 demi-fleurons prolongés en languette plane 5-dentée au sommet; 5 étamines, synanthères dans chaque, dont les anthères réunies laissent passer un style à stigmate bifide. Réceptacle plan, présentant de petites cellules où se logent les ovaires. Petits akènes anguleux surmontés d'une aigrette très courte, contenus dans " calice commun.

Propriétés, usages. La Chicorée n’a pas d’odeur, mais sa saveur est amère. Cette amertume, qui n’est pas désagréable d’ailleurs, est plus prononcée dans la racine que dans les feuilles, et dans l'espèce sauvage que dans la cultivée. Cette plante est considérée comme tonique, un peu dépurative, fondante et apéritive. On l’emploie en conséquence très fréquemment dans l’atonie du canal intestinal, pour ranimer les forces digestives à la suite des fièvres muqueuses et intermittentes ; dans les maladies de la peau, l'ictère, les obstructions du foie. — On en prépare un sirop que l’on rend purgatif en y mêlant de la rhubarbe et du séné, et dont on abuse trop souvent pour purger les enfants.

La racine séchée et torréfiée constitue le café-chicorée, que l'on mêle au vrai café pour en modifier la saveur et les propriétés, quand ce n’est pas plutôt posa profit de la fraude. L'usage abusif de la Chicorée torr 6 passe pour entretenir la leucorrhée chez les femmes : nous ne savons jusqu'à quel point cette assertion est fondée; mais ce qu'il y a de sûr, c'est ‘ cet age communique à la peau une teinte jaunepaille. 6

Récolte. La racine dé Chicorée, qui est de la grosseur du doigt, pivotante et brunâtre à l'extérieur, se récolte au mois

de septembre; les feuilles au mois de juin, lorsqu'elles sont

encore toutes radicales. Quoiqu’ on fasse sécher pour l'u-

sage, il vaut mieux les employer à l’état frais; Ja chose est

possible en toute saison pour laracine, qui est vivace. PRÉPARATIONS, DOSES.

Infusion (feuilles) : 8 à 12 gr. par kilog. d’eau.

Décoction (racine) : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau.

Suc exprimé [des feuilles) : 30 à 120 gr. soit seul, soit mêlé an sue de plantes amères, crucifères, ete,

Sirop : le simple se prescrit à la dose de 30 à 60 gr.; le composé est un

gatif à la dose de 8 à 40 gr. pour les enfants.

La Crcorée ENDIvE (Cichorium indivia), vulgairement Escarole, Chicorée frisée, se cultive dans les jardins comme plante potagère. Étiolée par la culture, elle est connue sous le nom de Barbe-de-Capucin.

FUMETERRE, Fumaria ofjicinalis, L.

Fiel-de-terre, Faiererc officinale,

Plante de 30 cent. environ (pl. xiv, 5), de la famille des Fumariacées dont elle constitue le genre unique (296), à tiges rameuses, grêles, couchées, anguleuses; à feuilles alternes, pétiolées, bi ou tripinnatiséquées, à folioles ailées, obovales.

Fleurs ordinairement purpurines ou d’un bleu rougeñtre, nombreuses et petites, disposées en grappes terminales assez lâches, se montrant depuis mai jusqu'en octobre. Calice à 2 sépales ovales-lancéolés, n'atteignant pas la moitié de la longueur de la corolle; 4 pétales, le supérieur terminé à la base en éperon courtet recourbé; les iniérieurs cohérents au sommet, présentant une aile membraneuse et des épaississements latéraux; 6 iyamines bypogynes réunies en 2 faisceaux; ovaire libre, uniloculaire, à style filiforme arqué, caduc. Akène globuleux, glabre.

Propriétés, usages. La Fumeterre est sans odeur, mais qe d'une saveur amère très prononcée qui augmente encor la dessiccation. C’est une des plantes indigènes les p commandables, et qui possède des propriétés toniques, fondantes, dépuratiyes et vermifuges On l'emploie dans l'atome

% di

MÉDICATION TONIQUE-NÉVROSTHÉNIQUE. 395

générale, l'ictère, les obstructions, l’hypochondrie, lagoutte, les dartres, les scrofules. Le suc des feuilles fraîches peut remplacer celui de trèfle d'eau ou renforcer son action dans les affections scorbutiques.

On récolte la Fumeterre au mois de juin, lorsqu'elle a beaucoup de feuilles et qu'il n'y a que peu de fleurs ouvertes. On la soumet à une dessiccation prompte. Les lieux où elle croît naturellement sont les champs, les vignes, les terres cultivées, les jardins.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : 8 à 15 gr. par kilog. d’eau.

Décoction : 6 à 12 gr. par kil. d’eau ou de lait.

Suc exprimé : 30 à 120 gr., seul ou mêlé au petit-lait. C'est la en la meilleure, la plus certaine dans ses effets.

Extrait : 1 à 6 gr. en pilules.

Sirop : 30 à 90 gr. en potion ou tisane.

La FUMETERRE BULBEUSE (Pumaria bulbosa) (pl. xxr, 3) diffère de l’officinale par sa tige simple de 12 à 15 cent; ses feuilles composées à folioles assez larges, incisées, labiées, obtuses ; ses fleurs plus grandes, munies d’un éperon plus allongé, et de bractées; sa racine bulbeuse; l’époque de sa floraison, qui est févr.er-avril. Cette espèce n’a que des propriétés fort douteuses et est sans usages.

GALÉGA. Galega officinalis, L.

Galéga commun, Lavanèse, Rue de chèvre.

” Plante vivace de 1 m.à 1 m.30c. (pl. xivi, l},à tiges dres-

sées, rameuses; feuilles imparipinnées à folioles nombreuses.

Fleurs blanches, rosées ou bleuâtres, disposées en grappes axillaires longuement pédonculées, s'ouvrant en juin-Juillet. Leurs caractères spécifiques sont ceux des Légumineuses, tribu des Papilionacées (2792-73, K).

Propriétés. Le Galéga est inodore, sauf ses fleurs dont l’odeur est agréable mais faible; il est insipide, sauf ses feuilles qui ont un peu d’amertume. Cette plante a joui autrefois d'une certaine réputation contre des maladies graves et opposées de nature; aujourd'hui elle est complétement abandonnée.

Si l'on veut en essayer l'emploi, il faut l'aller chercher dans les bois et les prés, où d’ailleurs elle n’est pas très commune.

GENTIANE, Gentiana lutea, L.

Grande-Gentiane, Gentiane jaune.

La Gentiane (pl. xxxiv, 1) croît naturellement et en abondance dans les prairies élevées du midi de la France, des Vosges et des Alpes ; dans les prés secs, au bas des montagnes, etc.

Plante vivace de la hauteur d'un mètre environ, à tige droite, simple, arrondie; feuilles opposées ovales, aiguës, entières, embrassantes, à 5-7 nervures longitudinales saillantes; les inférieures plus grandes, pétiolées, plissées en long et nervurées, d’un beau vert.

Fleurs jaunes, grandes, nombreuses, axillaires et comme verticillées, en épi au haut de la plante, quiest de la famille des Gentianées (200, A). Calice à 5 divisions pointues, fendu d’un côté jusqu’àla base ; corolle presque rotacée, régulière, à 5 divisions profondes, étroites, lancéolées{juin-juillet); 5 étamines attachées à la base deschaque division et plus courtes qu'elles; anthères oblongués : ovaire allongé, uniloculaire, style à 2 stigmates. Capsule aplatie, membraneuse sur les bords, uniloculaire, plurisperme.

Propriétés, usages. La Gentiane a une odeur faible, une saveur très amère. Elle est sans contredit l’un de nos plus p cieux toniques indigènes, tant à cause de ses propriétés que de la facilité avec laquelle on se la procure. C’est la racine qu'on met en usage sous différentes formes et dans diverses affections dépendantes de la faiblesse générale, de la prédominance du système lymphatique, de l'atonie du canal intestinal. Les dyspepsies, les flatuosités, les diarrhées séreuses, la chlorose, les affections scrofuleuses et scorbutiques, ete., sont depuis longtemps combattues par ce remède.

Avant la découverte du quinquina, la racine de Gentiane occupait le premier rang parmi les fébrifuges. Ses propriétés antipériodiques, si vantées par Willis, Chomel, Peroival,

Put

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Albert, Franck, etc., sont contestées par les auteurs modernes ; mais nous dirons, avec le D' Roques, qu’elles dépendent beaucoup du sol où elle a été recueillie; que celle qui croît dans les montagnes, et surtout dans les Alpes, est douée d'une action plus marquée, plus énergique.

Haller la considère comme très précieuse dans les affections doutteuses. « Ce n'est pas, disent MM. Trousseau et Pidoux, que la Gentiane puisse rien contre la goutte ellemême, mais elle est singulièrement propre à ranimer les fonctions digestives ordinairement si profondément lésées pendant les convalescences des accès de goutte inflammatoire, et presque constamment chez ceux qui sont tourmentés par la goutte atonique. »

La Gentiane est d’une utilité plus incontestable dans les

maladies dites par vice scrofuleux ; on l'associe alors souvent au quinquina, à la bistorte, aux ferru ineux. On sait qu’elle fait partie du célèbre élixir de Peyrilhe, si vanté autrefois comme antiscrofuleux. — Elle est enfin réputée vermifuge, mais elle répugne aux enfants à cause de son amertume.

À l'extérieur, cette racine est employée : 1° en poudre ou en décoction sur les plaies gangréneuses, scorbutiques ; 2° en nature, comme l'éponge préparée, pour Pie certains trajets fistuleux; 3° on en fait aussi des pois à cautères, propres, par leur nature spongieuse, à rendre au fonticule l’étendue que le temps lui a fait perdre. +

Récolte. La racine de Gentiane se récolte la deuxième année au plus tôt, après la chute des feuilles. Elle a pour caractères d'être perpendiculaire, rameuse, d’une texture spongieuse, d'un jaune foncé à l'extérieur. Lavée et mondée, on la coupe par rouelles et on la porte à l’étuve. On peut l’em- ployer fraîche, mais on le fait rarement parce que dans le commerce on la trouve toujours sèche.

PRÉPARATIONS, DOSES

Macération : 4 à 15 gr. par 500 gr. d’eau.

Décoction : mêmes doses.

Poudre : 50 centigr. À 1 gr. comme tonique, stomachique, dans une cuilkerée de potage. — 8 à 16 gr. comme fébrifuge,

Cm

Vin [1 p. de la racine sur 16 de vin) : 30 à 60 gr.

Estrait : 2 à 8 gr.

Sirop : 30 à 60 gr.

On peut préparer l’élixir de Peyrilhe en mettant dans une bouteille d’eau-devie ordinaire 8 à 30 gr. de racine de Gentiane, et 4 à 16 gr. de carbonate de potasse, avec du sucre ou un sirop. Cet élixir se donne avant le repas depuis une cuillerée à café jusqu’à une cuillerée à bouche, suivant la force: médicament et l’âge du malade. |

Le gentianin, principe actif de la Gentiane, est une substance jaune, inodore, sous forme de petites aiguilles, qui s’administre à la dosede 0,5 à 0,15 centigr. On l’emploie rarement.

Sont douées de propriétés semblables la GENTIANE CrorsETTE, dont les feuilles sont posées en croix ; la G. ACAULE, qui est très petite, à fleurs grandes et bleues; la GENTIA- NELLE, à fleurs d'un bleu-hlas ; la G. PNEUMONANTHE, qui ouvre ses grandes fleurs d'un beau bleu au mois de septembre dans les environs de Fais Je G. pourPRE, qui habite les Alpes, les Pyrénées.

GERMANDRÉE. Teucrium chamædrys, L.

Germandrée-Petit-Chêne, G. officinale, Sauge amère, Chasse-Fièvre, Calamandrié,

La Germandrée | pl. xxxvIII, D) est très commune dans nos bois, dans les lieux pierreux, les coteaux arides, calcaires ou sablonneux. Appartenant aux Labiées, genre de son nom, (219, F), elle offre les caractères suivants :

Plante vivace de 15 à 25 cent., à racine traçante, rameuse-fibreuse; à tiges nombreuses {1}, un peu couchées vers le bas, grêles, rameuses, pubescentes; à feuilles opposées, oblongues-lancéolées, courtement pétiolées, crénelées, coriaces et luisantes, d'un vert jaune en dessous.

Fleurs roses où purpurines, rarement blanches, situées 2-3 à l’aisselle des feuilles supérieures, qui sont souvent colorées, fleurs rapprochées en grappe terminale feuillée (juillet-septembre). Calice à 5 divisions pointues; corolle d'apparence unilabiée, à tube court inclus dans le calice ; lèvre supérieure très courte et profondément fendue ; lèvre infé-

{1} Une seule est figurée, mais on voit le tronc coupé de plusieurs autres. w

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rieure pendante, à trois lobes, dont. les 2 latéraux sont petits, oblongs ou lancéolés, le moyen beaucoup plus grand, concave, entier; 4 étamines didynames faisant saillie par la fente de la lèvre supérieure. Akènes obovales, nus, glabres.

Propriétés, usages. La saveur de la Germandrée est franchement amère, et son odeur peu prononcée. Cette plante, dit Gauthier, est plus amère qu'aromatique, et plus tonique qu’excitante. Aussi est-ce principalement contre les fièvres intermittentes, les serofules, les atonies, le scorbut, qu’on l’'emploie. Ses vertus ont été exaltées dans le traitement de la goutte par Solenandert et Sennert On ne peut, dit Bodard, lui refuser beaucoup d'efficacité, comme tonique amer, dans les maladies goutteuses qui reconnaissent pour principe une débilité sensible dans les fonctions digestives. Mais on sait que les médecins de Gênes firent prendre au goutteux Charles- Quint, durant 60 jours, une décoction vineuse de Petit- Chêne, sans obtenir la guérison qu'ils lui avaient promise.

En résumé, la Germandrée n’est qu'un léger fébrifuge que beaucoup d’autres plantes, la petite-centaurée elle-même, remplaceront avec avantage; mais elle est appelée à rendre de véritables services dans les affections scrofuleuses et scorbutiques. M. Chomel la prescrit très souvent aux malades convalescents de fièvre muqueuse pour relever les forces digestives.

Récolte. La Germandrée, dont on emploie toutes les parties, sauf la racine, se recueille au mois de juin et se desséche à la manière ordinaire. Il faut choisir celle qui est courte, garnie de beaucoup de feuilles. La plante conserve son amertume et même sa couleur verte lorsqu'elle est bien séchée.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : 8 à 16 gr, par kil. d’eau ou dans du vin blanc. Poudre : 2 à 4 gr.

Extrait : 2 à 4 gr. en pilules ou potion,

Eau distillée : 60 à 125 gr. pour potions,

Les autres espèces seront étudiées sous les noms de Marum, Scordium et Ivette.

HÊTRE. Fagus sylvatica, L.

Foyard, Fayard, Fau, Fouquiau.

Bel arbre du groupe des Cupuliféres (167, D), commun dans les forêts rocailleuses, qui fleurit en mai et fructifie en septembre.

Fleurs mâlés en chatons ovoïdes pendants de 3 cent. de long, composées chacune d’une écaille caliciforme à 6 lobes sur laquelle sont insérées environ 8 étamines ; fleurs femelles situées à l’aisselle des feuilles supérieures, réunies par 2 dans une cupule épineuse, qui, à l’époque de la maturité, s'ouvre en 4 seoments. Et,

Propriétés, récolte. L'écorce du Hêtre est amère et passe pour fébrifuge. Elle est plutôt astringente et apéritive, mais elle n'est pas usitée. Elle doit être prise sur un individu de

2 ans au plus pour les usages thérapeutiques. é ” Les fruits, appelés faînes, contiennent une amande qui fournit une huile grasse, douce, agréable, pouvant se conserver longtemps sans rancir, et remplacer l'huile d'olive. — Mangées en grande quantité, les faînes causent une sorte d'ivresse narcotique.

HOUBLON. Humulus lupulus, L.

Houblon grimpant.

Le Houblon (pl xxxn, 3) croît spontanément dans les haies, les lieux incultes et humides; on le cultive en grand dans le Nord pour la fabrication de la bière.

Plante vivace du groupe des Urticacées(175, C), à tiges grimpantes, simples, grèles, un peu anguleuses ou striées, couvertes de poils courts et crochus, pouvant s'élever très haut si elles trouvent des soutiens. Feuilles pétiolées, opposées, à 3-5 lobes ovales dentés, rarement entières et profondément dentées ; petites stipules pointues à la base du pétiole.

Fleurs dioïques: les mâles disposées en petites grappes terminales ou axillaires, composées d'un calice à 5 sépales et

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