‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 116 sur 177 · MÉDICATION RS ON · texte numérisé non relu

MÉDICATION RS ON

de 5 étamines pendantes à filets courts et à anthères longues ; fleurs femelles contenues dans des cônes écailleux de couleur verte qui passe au Jaune rougeâtre; ces cônes sont pédonculés, accompagnés d’une bractée, composés d’écailles ovales qui enveloppent chacune un ovaire petit, surmonté de 2 stigmates filformes très longs, de telle sorte que cette écaille peut être considérée comme un seul sépale (1). Akène à péricarpe jaunâtre, chargé de glandes résineuses très odorantes.

Propriétés, usages. La plante est pewodorante et peu sapide, mais ses cônes ont une amertume franche et une odeur très prononcée qui rappelle celle du chanvre et qui produit aussi un léger narcotisme. Ces cônes sont réputés toniques, antiscrofuleux, fébrifuges, anthelminthiques, et en même temps légèrement diurétiques ou diaphorétiques, selon les cas. Aussi en conseille-t-on l’emploi dans l’atonie générale, la prédominance du tempérament lymphatique, le rachitisme, les longues suppurations, les cachexies, les flueurs blanches, le carreau, les maladies constitutionnelles, les affections calculeuses avec atonie, etc.

Ajouté à la bière, le Houblon la rend agréable et d’une digestion plus facile, mais non plus enivrante, comme on l'avait cru autrefois. « Plus la bière est forte, plus elle contient d’alcooi; plus elle est ancienne, plus elle mousse, et conséquemwent plus elle contient d'acide carbonique, et l’on sait que ces deux principes sont capables de produire l'ivresse. »

Récolte. Les fruits du Houblon, mieux désignés sous le nom de cônes écaïlleux ou florifères {houblon du commerce), se récoltent vers la fin du mois d'août. On les Rech au four ou à l’étuve, parce qu'à l'air ils seraient exposés à se pourrir au centre, et ils passent de la couleur plus où moins verte de l'état frais au jaune doré. Leur saveur et leur odeur ne diminuent pas par la dessiccation.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (cônes) : 15 à 30 gr. par kil, d’eau.

« Ce tonique, dit Barbier, produit un bien manifeste lorsqu'on le fait prendre

11) La petite figure détachée fait voir cette disposition.

Lei

aux enfants qui sont pâles, bouflis, et dont le tissu cellulaire paraît trop développé; qui ont peu d’appétit, chez qui l'assimilation est viciée, et dont toutefois les organes digestifs ne sont pas irrités ou phlogosés. On mêle alors son infusion avec un sixième de vin, et on fait prendre cette boisson aux malädes en mangeant. » — Extrait : 1 à 4 gr. — Suc exprimé : 10 à 30 gr. :

Poudre : c’est le lupulin ou Ta Hipuline qui s'obtient en effeuillant les cônes et en les agitantsur un tamis très fin, Elle consiste en une poudre regardée comme un. produit de” Sécrétion et. le principe actif du- houblou. La lupuline; d’après M. Yves, serait tout à la fois aromatique, tonique et narcotique. On ne tre à la dose de 30 cent. à un gr. en plusieurs fois, dans les mêmes cas que le Houblon lui-même. — Mage, de Philadelphie, prétend qu’elle ést anaphrodisiaque; selon lui, pour suspendre les € ctions, il suffit d’en prendre 0,25 à 0,50 cent. le soir ; elle ne produit aucun autre symptôme fâcheux.

HOUX. Ilex aquifolium, L.

Le Houx (pl. xxvin, 1} est un arbre vert, genre type des Aquifoliacées (224), très commun dans les bois et les haies, à trone ramifié recouvert d’une écorce lisse; avec des feuilles alternes, ovales, ondulées sur les bords et-épineuses, lisses et d'un beau vert sur la face supérieure. L =

Fleurs blanches, petites, axillaires, polygames (car on trouve sur le même individu des fleurs unisexuées, soit mâles, soit femelles, et des fleurs hermaphrodites) dont la composition est celle indiquée au K 224.

Propriétés, usages. Les feuilles de houx sont quelquefois employées à titre de toniques-amères ou de disphorétiques ; mas elles n'ont acquis une certaine importance que sous le rapport de leurs propriétés fébrifuges, admises par les uns, rejetées par d'autres. En effet, plusieurs médecins, depuis et y compris Durande, de Dijon, qui expérimenta le premier ce médicament, ayant rapporté un certain nombre de faits tendant à démontrer l'efficacité des feuilles de Houx contre la fièvre intermittente, MM. Chomel et Magendie firent des essais qui amenèrent des conclusions contradictoires. Le premier, après les avoir employées chez 32 malades à la Charité, vint déclarer à l'Académie de médecine (séance du 19 janvier 1830) qu'il n'en avait obtenu aucun résultat favorable ; le second, chargé par l’Institut de vérifier les assértions d'un autre défenseur du Houx, M. Rousseau, médecin à Paris, as-

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sura avoir fait cesser les accès fébriles chez treize femmes auxquelles il administra soit la poudre, soit la décoction des feuilles. Que conclure de tout cela! Que ce fébrifuge indigène, sans être abandonné ni dédaigné, ne doit être employé qu'après l’insuccès des autres, ou quand on n’en a pas de meilleurs à sa disposition.

La matière poisseuse connue sous le nom de glu se retire de l'écorce intérieure du Houx. On sait les usages qu'en font les .oiseleurs. En médecine, on l’a employée en topique comme émolliente et résolutive sur les tumeurs arthritiques.

PRÉPARATIONS, DOSES

Déroction (feuilles) : 30 à 60 gt. par kilog. d’eau, Poudre : 4 à 12 gr. dans de l'eau ou du vin,

INULE DYSSENTÉRIQUE. Inula dyssenterica, L.

Aunée antidyssentérique, Énule tonique, Conyse des prés, Herbe de Saint-Roch,

Plante vivace de 4 à 8 décim., de la famille des Synanthérées (2357-40, G}, croissant au bord des fossés, des eaux, dans les lieux humides. Feuilles blanchâtres en dessous, ovales, lancéolées, à base élargie, amplexicaule.

Fleurs en capitules hémisphériques terminaux, involuere tomenteux à folioles linéaires! fleurons jaunes, ceux de la circonférence raÿonnants et dépassant longuement les fleurons du centre [juillet-séptembre).

Propriétés, usages. Cette plante est un peu aromatique et âcre. Elle a été vantée contre les hémorrhagies et les flux diarrhéiques. On emploie sa racine et ses fleurs en décoction. Elle est plutôt astringente que tonique : aussi est-ce à un oubli de notre part qu’elle doit d’être placée dans le groupe des névrosthéniques, quoiqu’elle soit une variété de l’aunée.

LAMIER. Lamium album, 1.

Ortie blanche, Ortie morte, Lamier blanc, Lamion, Archangélique.

Plante commune dans les haies, les bois, les lieux incultes, de 30 à 40 cent., de la famille des Labiées (249, N). Tiges carrées, eouchées à la base, puis dressées, pubescentes;

feuilles opposées pétiolées, subcordiformes-aiguës, à grandes dents aiguës.

Fleurs blanches assez grandes, disposées en verticilles ou glomérules de 4-10 à l'aisselle des feuilles supérieures [avriloctobre). Calice pubescent à 5 dents subulées, étalées après la floraison: corolle à long tube contracté à la base, puis brusquement dilaté et droit-ascendant, à lèvres un peu jaunâtres en dedans, la supérieure courbée en faulx, velue er dehors, l’inférieure à 2 lobes; 4 étamines didynames, courbées sous la lèvre supérieure, à anthères jaunes et noirâtres. Quatre semences nues.

Propriétés, usages. Le Lamier ou Ortie blanche a une odeur aromatique peu agréable, une saveur amère. C'est une plante qui ne présente aucune qualité thérapeutique déterminée: les uns la considèrent comme astringente, d’autres comme légèrement tonique; probablement qu'elle n’est rien de tout cela. Aussi les médecins l’ont-ils complétementabandonnée.Cependant nous ne devons pas omettre de dire qu’elle a été préconisée contre les hémorrhagies, les flueurs blanches et les affections scrofuleuses.

Récolte. On sèche la plante entière ou le plus souvent les sommités fleuries, ou même lesorolles toutes seules préalablement mondées. Celles-ci se vendent sousle nom de fleurs d’ortie ;: on les reconnaît facilement à leur forme bilabiée et à leur couleur blanche, deux caractères, dit Gauthier, qu'on ne retrouve dans aueune des fleurs vendues habituellement dans le commerce des plantes médicinales. Séchée, l'Ortie blanche perd sa sayeur et son odeur ; en sorte qu'il vaut mieux l'em-

ployer fraîche.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion {corolles) : 2 ou 3 pincées par 500 gr. d’eau. — |sommités fleuries) : il faut doubler la dose, Cataplasme (feuilles cuites) : employé comme émollient, astringent, résolutif,

Le LamiER PoURPRE où Ortie rouge, dont les feuilles sont inégalement dentées ou crénelées, le tube de la corolle garni intérieurement d’un anneau de poils vers sa base, ete.;

Et le Lamier TACHÉ, à corolle purpurine, à anneau de poils

MÉDICATION TONIQUE-NÉVROSTHÉNIQUE. 405

horizontal, à feuilles souvent marquées à la face supérieure d'une tache blanchâtre longitudinale, etc., sont des plantes encore plus insignifiantes que la précédente.

LILAS. Syringa vulgaris, L.

Charmant arbrisseau originaire de la Perse, introduit en Europe paï Busbeck, ambassadeur de Ferdinand Le, roi des Romains, en 1562, aujourd’hui très répandu dans tous les Jardins, où son port et ses jolies fleurs sont connus de tous, ces dernières présentant les caractères assignés à la famille des Jasminacées (247, D).

Le Lilas est doué dans toutes ses parties d’une forte amertume, qui est encore plus prononcée dans les fruits et les semences ; aussi les bestiaux et les insectes {sauf les cantharides) n'y touchent-ils pas. En 1822, M. Cruveilhier, frappé de cette amertume, conçut l'idée d'essayer cette plante contre les fièvres intermittentes. Il employa l'extrait aqueux des fruits chez 6 malades qui guérirent tous, même une femme de 70 ans affectée d’une fièvre quarte depuis 23 ans. A l’annonce d’un tel succès, les praticiens s’empressèrent d’employer cet extrait, mais ils n’en obtinrent-pas le même avantage, et depuis, le Lilas paraît tout-à-fait abandonné comme médicament. À une époque antérieure, on avait conseillé ses feuilles en décoction comme toniques-astringentes dans l'hypochondrie et les coliques flatulentes.

LYCOPE. Lycopus europœus, L.

Plante vivace de la famille des Labiées (219, C). Souche traçante, tige de 4-10 cent., carrée, dressée, robuste; feuilles pétiolées, ovales-oblongues, aiguës, dentées, souvent pinna-

tifides à la base.

Fleurs petites, blanches, ponctuées de rouge, disposées enverticilles ou glomérules multiflores opposés, espacés à l’aisselle des feuilles, (juillet-septembre) . Calice à cinq dents lancéolées, subulées, presque épineuses, corolle dépassant à peine le calice, infundibuliforme , à 4 lobes presque égaux, le

Fa Êz 406 PLANTES MÉDICINALES.

supérieur plus large; étamines divergentes réduites 42 par l'avortement des 2 php ie ET triangulaires, lisses, etc.

Propriétés. Cette plante est presque inodore, d'une saveur amère, aromatique- -astringente. On pourrait en tirer parti dans les hémorrhagies iBtertiiales D fièvres intermittentes légères, ca ps immémorial les cultivateurs piémontais l’'emploient comme fébrifuge sûr; mais elle est inusitée en France. —- I] paraît qu'on peut s’en servir pour préparer une teinture noire.

NOYER. Juglans regia, KV.

Le Noyer est originaire de la Perse. Cultivé dans toutes les provinces de la France, où il redoute les hivers rigoureux, il nous est parfaitement connu; aussi nous bornerons-nous , pour tout ce qui concerne ses caractères tirés des organes de la fructification, à renvoyer le lecteur à la famille des Juglandées dont il constitue le genre-type et unique (169).

Propriétés, usages. Le noyer est un des arbres les plus utiles dans les arts, en économie domestique et en médecine. Considéré sous ce dernier rapport qui nous intéresse spécialement, car il offre un médicament astringent, tonique, antiscrofuleux, vermifuge, adoucissant, ou laxatif, selon les parties employées et les cas où on l’administre.

Parlons d'abord des feuilles. Baudelocque, en 1833, le docteur Négrier, d'Angers, en 1811-1544, et d'autres médecins, ont constaté leur efficacité dans les maladies dites scrofuleuses, les engorgementsnôn lcérés ou abéédés, les conflements et caries des os, les ophthalmies et autres affections dépendantes du principe strumeux. Or, îl résulte des divers essais tentés par M. Négrier pendant plusicurs années : 1° que les maladies scrofuleuses sont, en sénéral, radicalement guéries par l'usage des préparations de feuilles de noyer; 2° que l’action de ce médicament est assez constante pour qu'on puisse compter sur la guérison des trois quarts des cas; 3° qu'il faut de 20 425 fours, selon la nature des symptômes, pour que les

MÉDICATION TONIQUE-NÉVROSTHÉNIQUE. 407

effets du traitement soient sensibles ; 4° que ce traitement exerce une action prompte sur les ulcères, les plaies fistuleuses ; 5° qu'il guérit plus sûrement que toute autre médication les ophthalmies scrofuleuses. +

Quoique d’autres expériences tentées par des médecins de bonne foi n'aient pas confirmé pleinement les résultats annoncés par M. Négrier, nous n’hésitons pas à les déclarer fort encourageants et à reconnaître l'important service qu'a rendu cet habile médecin à la médecine des campagnes, où l'on ne peut se procurer facilement l'huile de foie de morue, ni les préparations iodurées et autres antiscrofuleux

Toutefois, l'emploi des feuilles de Noyer remonte à une époque plus reculée. Plusieurs auteurs anciens leur ont attribué une propriété vermifuge. Frère Côme £ uérissait l’icsère en faisant prendre chaque jour à jeun une infusion préparée avec un verre de vin blanc et 4 gr. de ces feuilles séchées au four ct pulvérisées.

Mais c’est surtout à l'extérieur que leur usage à été “ plus vanté : on se sert de leur décoction pour modifier les ulcères atoniques, indolents, blafards, scrofuleux ; pour faire des injections détersives dans les trajets fistuleux, dans le vagin contre les ulcérations du col de la matrice et les flueurs blanches. M. Dubois, de Tournaï, dit s'être bien trouvé, dans différents cas de teigne, de cataplasmes de feuilles de noyer euites et de leur décoction concentrée employée en lotions. « Je puis même citer, dit-il, à l'appui de ce traitement, un cas de guérison de teigne faveuse qui avait résisté à tous les moyens employés » (Matière médicale indigène, pag. 105).

Le brou de noix, qui n’est autre chose que le péricarpe du fruit, est doué d’une saveur amère et piquante, d'une odeur forte et aromatique, et contient beaucoup de tannin. On en prépare un extrait qui est purgatif et vermifuge, et qui a paru très efficace en gargarisme.contre l’angine et le gonflement chronique dés amygdales. — On en fait aussi une liqueur de table réputée stomachique.

L’'écorce de la racine de Noyer [l'intérieure) est émétique.

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Trempée pendant une heure dans du vinaigre, elle devient vésicante, douée d'une action prompte et sûre. L: 29

L'huile de noix peut être prescrite comme laxative, surtout en lavement. Elle peut servir de véhicule pour liniments ealmants où autres.

La poudre des chatons, au dire d'Alexandre, savant bénédictin, fait cesser la dyssenterie. |

Récolte. Elle se fait à différentes époques suivant les parties : pour les feuilles, pendant toute la belle saison; pour les fleurs et les chatons, au printemps ; pour le brou, au mois de juillet. On trouve encore des feuilles de noyer séchées dans les boutiques l'hiver.

PRÉPARATIONS, DOSES

Me #7

Infusion [feuilles sèches ou fraîches) : 5 gr. par 500 gr. d’eau, en Ie.

Extrait (de feuilles) : 50 centig. en pilules; — {de brou) : 2 à 8 gr.

Décoction (feuilles) : 30 à 50 gr. par kilog. d'eau, pour lotions, injections, collyres, etc.

— {brou) : mêmes doses et usages.

On prépare le collyre qui donne de si beaux résultats à M. Négrier en ajoutant à 200 gr. de décoction de feuilles de noyer 1 gr. d'extrait de belladone.

Pour gargarisme, 4 g. d'extrait de brou de noix dans 60 g. d’eau distillée. — Le Dr Baker l’emploie, avec plein succès, à l’aide d’un pinceau, sur les amygdales engorgées,

PEUPLIER. Populus alba, L.

Grand arbre de la famille des Salicacées (17%, C.), connu de tout le monde. Son écorce est tonique-astringente. L’écorce de la racine a été employée avec succès, en décoction, dans les fièvres intermittentes, par Cottereau qui, en 1832, présenta un mémoire sur ce sujet à l'Académie des sciences. — Le peuplier joue un rôle plus rent comme excitant-diurétique : nous y reviendrons.

PUTIET. Prunus padus , L.

Merisier à grappes,

C’est le cerisier sauvage, arbre de petite stature, qui croît dans les bois et que l’on cultive en pleine terre, de la famille des Rosacées (264-68, B). Ses fruits, dela grosseur d’un pois,

MEDICATION TONIQUE=NÉVROSTHÉNIQUE. 409

rouges ou noirâtres, servent à la préparation du kirschenwaser en Suisse. — Ses feuilles ont été proposées contre la phthisie, à cause sans doute de l'acide hydrocyanique qu’elles contiennent et qui les rend calmantes , antispasmodiques. — L'écorce est réputée tonique, amère, fébrifuge. On doit la récolter l'hiver sur les jeunes rameaux.

SAULE BLANC. Saliæ alba, L.

Arbre très commun dans les près et les bois humides, sur le bord des petites rivicres, connu généralement de tout le monde.

Le saule blanc appartient aux Salicacées où par conséquent se trouve l'indication de ses caractères génériques (172, A). Ses fleurs sont dioiques, en chatons écailleux qui se développent en même temps que les feuilles, ce qui n’a pas lieu pour toutes les autres espèces; car quelques-unes fleurissent et commencent même à fructifier avant que les feuilles se déploient: 2 étamines, anthères jaunes; style court, 2 stigmates. Capsule glabre, subsessile.

Propriétés, usages. De tous les succédanés du quinquina, l'écorce de saule est le plus précieux, le plus efficace du moins. Douée d'une amertume forte, un peu acerbe, elle est considérée comme tonique, antiseptique, fébrifuge. On peut donc l'employer dans les débilités qui n’ont pas pour origine l'inflammation des organes, dans l'atoniede l'estomac, les leucorrhées, les hémorrhagies passives, les gastralgies et les névroses, etc.; elle peutrendre quelques services comme antiseptique dans les maladies gangréneuses, le charbon, la pustule maligne. {

Mais c’est dans le traitement des fièvresintermittentes et de leurs effets que cette écorce excelle. Wauters l’a administrée à quarante-neuf fébricitants : sur ce nombre, trente-deux guérirent complétement , onze éprouvèrent du soulagement, les autres n’en retirèrent aucun avantage. Tant de médecins ont constaté ses propriétés antipériodiques, qu'il est inutile de produire les opinions contraires. Toutefois, nous dirons qu'il

faut mettre des bornes àla confiance que peut inspirer ce mé- +:

dicament. S'il est certain que le sulfate de quinine mérite la préférence, comme fébrifuge, sur le quinquina, que celuiei à son tour soit bien supérieur à l'écorce de saule, nous con-

clurons tout naturellement que cette dernière doit être in-

suffisante toutes les fois qu'il s’agit de combattre les fièvres pernicieuses qui sont si souvent mortelles dès le deuxième ou troisième accès. Cela n'empêche pas toutefois qu'elle ne soit précieuse dans la médecine rurale, à cause du prix élevé de l'écorce du Pérou. ve

A l'extérieur, l'écorce de saule est employée en décoction ou en poudre dans le pansement des ulcères atoniques ou fongueux, de la gangrène et de la pourriture d'hôpital. On peut en faire des injections, des bains toniques pour les enfants fubles et scrofuleux, des gargarismes antiputrides, etc.

Récolte. IL convient de recueillir l'écorce de saule avant la floraison, qui a lieu en ayril-mai. Il faut la prendre sur des branches de deux ans, parce que son action est plus forte, et ne pas oublier la seconde couche qui est plus amère que l’externe. Elle se sèche au soleil ou à l’étuve. Lisse et verdâtre eXtérieurement à l’état frais, elle devient grisâtre, fauve ou brune rougeàtre par la dessiccation, et se présente en morceaux roulés en tubes ou en gouttières.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : 4 à 30 gr. d’écorce concassée pour 1 kilog. d’eau.

Poudre : 1 à 2 gr. comme tonique; — 4 à 6 gr. comme fébrifuge, seule ou melée avec la poudre de gentiane, prise dans du miel ou du vin,

Teinture [1 p. d’écorce sur 4 d’alcool) : 10 à 30 gr. en potion.

Extrait : 1 à 2 gr, en pilules ou potion.

Vin : on peut préparer un vin de Saule par macération, qui remplacera celui de quinquina dans la médecine nn à

La salicine est à l'écorce de saulé ce qu'est la quinine à l'écorce de quinquina. C'est le principe amer de l’axbre, principe particulier analogue aux alcaloïdes, qui se présente sous forme de cristaux soyéux et nacrés très fins, doués d’une saveur extrêmement amère. Cette substance est puissamment antipériodique ; lle guérit neuf fois sur dix les fièvres du type tierce; elle serait moins eficace, à ce qu'il paraît, dans les fièvres quotidiennes, Le Dr Noblé, de Ver-

sailles, a fait connaître 60.ças de fièvres de tous les types guéris sans récidive,

Ce bé

MÉDICATION TONIQUE-NÉVROSTHÉNIQUE. ail

Andral, Magendie, Barbier, d'Amiens, et d’autres encore, ont publié aussi des faits qui plaident en faveur de la salicine; et cependant cet alcaloïde a trouvé des détracteurs, au nombre desquels il faut citer M. Trousseau. Hélas! que ces divergences d'opinions font faire de réflexions sur les différents talents d’observation et le degré de confiance que doit inspirer la thérapeutique!

La salicine se donne à la dose de L à 2 et 3 gr. On élèverait encore cette dose si l’on avait affaire à une fièvre pernicieuse, et qu'on ne pût se procurer du sulfate de quinine, qui doit toujours être préféré. :

Les autres espèces de Saules, dontnous avons indiqué quel-

‘ques-unes (172, A), jouissent de propriétés analogues à celles

du saule blanc.

TRÈFLE D'EAU. Menianthes trifoliata, L.

Trèfle des marais, Ménianthe Lo un Trèfle des castors.

Le Trèfle d'eau (pl. xvr, 2) est une plante herbacée, vivace, qui abonde dans les lieux Pons les étangs et les marécages. Souche horizontale, rameuse, épaisse, munie d'écailles Et LEE engaînantes laissant des cicatrices annulaires ; pas de tige. Feuilles trifoliées, ovales-arrondies, glabres et dentées, portées par de longs pétioles alternes, engaînants vers le bas.

Fleurs blanches , réunies en grappes pluriflores ou en épi presque globuleux au sommet d’un pédoneule commun {avril-

ma). Prises dans cet ouvrage pour typedes Gentianacées (200, C), celles offrent le calice campanulé à 5 divisions dressées; corolle campaniforme à 5 divisions lancéolées, aiguës, munies de longs cils blancs en dedans ; 5 étamines à anthères droites : ous globuleux, style persistant terminé par un stigmate bilobé. Capsule à une loge plurisperme.

Propriétés. usages. Les feuilles de Trèfle d'eau sont d'une amertume très rragills franche, d'une odeur presque nulle. On les emploie comme toniques, ntiscorbutiques et antisCrofuleuses dans une foule de cas Qu'il est facile de prévoir. On les a dites fébrifuges, antigoutteuses et antidartreuses. C'est un médicament ui avantageux dans les atonies et les affections cachectiques en général, mais dont ilest difficile de préciser l’action spéciale, s’il en a une. Il paraît cependant avoir plus de succès dans le scorbut que dans les autres affections.

Son administration ne doit avoir lieu que dans les cas où les organes digestifs sont exempts d'inflammation, car pour peu qu'on en élève la dose, il cause des vomissements et des évacuations alvines.

Récolte. On peut se servir de Trèfle d’eau à l’état frais pendant toute la belle sai on; on récolte ses feuilles à la fin de l'été pour les conserver; bien séchées , elles ont encore leur forme et leur amertume, ne sont pas trop jaunes ni tachées, etrestent assez flexibles. d

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion ou décoction [feuilles) : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau. Suc exprimé :°30 à 60 gr., et même 100 gr.

… VARIOLAIRE. Variolaria amara, Acu.

Espèce de lichen qui se développe assez abondamment sur le charme, le hêtre, le châtaignier. Ce végétal est doué de propriétés amères, et serait fébrifuge, si l’on en croit Achard, de Barreau, Dassier. « Plus d’une fois, dit ce dernier, j'ai pu constater ses heureux effets, dans toutes les saisons , sur des malades de tout âge, de tout sexe.et de tout rang. Il ma paru un remède br contre la fièvre quotidienne, avantageux dans la fièvre tiérée, fort incertain contre la fièvre quarte. » La dose est de 20 à 40 cent. pour les enfants; de 50 cent. à 1 gr. pour les adultes.

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