‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 120 sur 177 · PA · texte numérisé non relu

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châtres surtout à la face inférieure, soyeuses : les inférieures tripinnaüfides, celles du milieu bipinnatifides, les supérieures simplement pinnatifides, seoments lancéolés. Racine forte, ligneuse, très fibreuse. |

Fleurs en capitules globuleux, petits, pendants, jaunes, disposés en épis dont la réunion forme une panicule allongée pyramidale (juillet-septembre). Involucre tomenteux composé de folioles obtuses, imbriquées ; fleurons hermaphrodites au centre du réceptacle, qui est hérissé de longs poils ; fleurons femelles à la circonférence , les premiers à corolle tubuleuse 5-fide, contenant 5 étamines; les seconds à corolle grêle, irrégulière, à 2 dents; style bifurqué; ovaire nu. Petites graines sans aigrette. à :

Propriétés, usages. L’Absinthe est très. odorante; son odeur est forte, pénétrante, sa saveur est amère et aromatique. L'analyse chimique y a signalé une huile verte, un extrait et une résine, tous les trois d’un goût très amer. Cette plante agit de deux manières différentes : par son principe amerelle est tonique, fébrifuge; par son principe aromatique elle devient stimulante, stomachique à la façon de la camomille:,

Toutefois, les praticiens ne s'accordent pas sur le mode d'action de l’Aluine; car tandis que Mérat et Delens veulent qu'on proscrive ce médicament dans tous les cas où se montre le moindre signe d'excitation gastrique, l’école de Giacomini, au contraire, le considère comme hyposthénisant, c'est-à-dire comme un calmant de l’action vitale gastrite; mais nous l'avons déjà dit plus haut, cette doctrine n'est pas acceptée en France. Cependant MM. Trousseau et Pidoux inclinent à admettre dans l’Absinthe des propriétés vireuses, un peu narcotiques : « Il est certain au moins, disent-ils, que la liqueur connue sous le nom d’eau ou de crême d'absinthe enivre très facilement, produit des vertiges et un état nauséeux qui n’appartient pas alors à l'alcool, mais à l'absinthe; cet état retrace à un faible degré et incomplétement une légère intoxication par quelque substance narcotique. » Il importerait pourtant qu'on sût à quoi s'en tenir à cet égard : en effet, si cette plante est tonique et stimulante, elle ne doit être admi-

nistrée que dans les affections atoniques pures, qui sont les moins fréquentes de beaucoup; que si, au contraire, l'opinion de Giacomini se confirmait par de nouvelles observations, nul doute que l'emploi de l’Absinthe ne püûts’étendre à beaucoup de maladies où l’on craint aujourd'hui de l’administrer.

Quoi qu'il en soit de ce point de doctrine, l'Absinthe est généralement considérée comme tonique, stomachique, fébrifuge , anthelminthique et emménagogue. On peut done l'employer dans les cas que voici : 1° pour exciter l'appétit, faciliter les digestions, combattre les dyspepsies nerveuses, les leucorrhées et diarrhées chroniques, tonifier le système général; 2° pour combattre les fièvres intermittentes, soit en prévenant les accès, soit en en suspendant le cours, soit en dissipant leurs effets, qui consistent, comme l’on sait, dans l’engorgement de la rate, la bouffissure et la pâleur des tissus, l'œdème ou l’anasarque , l’atonie générale ; 3° l’Absinthe convient aux enfants soupçonnés d'affection vermineuse, surtout lorsqu'ils sont en même temps anémiques, chlorotiques, étiolés ; do enfin elle est propre à favoriser l'apparition des règles chez les femmes dont le système utérin languit, ou qui sont pâles et sans énergie vitale.

Récolte. On cueille l’Absinthe au mois de juillet, à l'époque de la floraison; on dispose ses sommités fleuries en guirlandes, après les avoir mondées, puis on les fait sécher à l’étuve ou au séchoir. La plante conserve ses propriétés après la dessiccation; lorsqu'on l’achète dans les boutiques, il faut la choisir peu longue, portant des feuilles nombreuses, non tachées de noir ou de jaune, aussi odorantes que dans l'état frais et d'une amertume très prononcée.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion aqueuse : 4à 8gr. pour 1 kilog. d’eau, comme tonique, fébrifuge et

vermifuge. , — vineuse : 30 à 60 gr. pour 500 gr. de vin blanc, que l’on prend par cuillerées à bouche à la fois. — Cette préparation peut remplacer chez les pauvres

les vins de quinquina et de Séguin, pour combattre les fièvres intermittentes et les effets des intoxications marécageuses. Elle leur serait même supérieure dans

a 422 PLANTES MÉDICINALES.

les cas compliqués d’œdème, d'hydropisie, Fe que l'apristhen née à >

temps diurétique.

Poudre : 1 à 4 gr. comme fébrifuge. » tr SES Extrait : 1 à 4 gr., en pilules ou potion. «9 34 Vin d'absinthe : 30 à 125 gr. NU:

Sirop : 30 à 60 gr. comme édulcorant. ,

Les campagnards préparent quelquefois un cataplasme en faïsant bouillir l'ab sinthe dans du lait avec DRRTUES PPUPEEE da et LES sur le ventre des enfants tourmentés par les vers. y x VA EE. en E A On lit ce qui suit dans l'ouvrage de Chomel : « Willis ant cs fort pour. * l’anasarque le remède suivant : Faites caleiner jusqu’à blancheur les cendres à ee d’absinthe ; passez-les par un tamis, et en mettez en digestion 4 onces (125 € a: à dans 2 livres (1 kil.) de vin blanc, dans un vaisseau bien bouché, pendantetrois heures; passez la liqueur, La dose en est de 6 onces, même de 8, deux: fois par jour, » . dE

L'ABSINTHE MARITIME (Artemisia maritima) est quelquefois . employée à la place de la Grande-Absinthe. Cette plante, qui, croît sur nos côtes maritimes, est moins amère, encore pays blanche et plus cotonneuse que la précédente. TS

L'ABsINTHE PONTIQUE (Art. pontica), Petite-Absinthe, Abs. romaine, qui croît naturellement sur les bords de la mer Noire, est cultivée dans nos jardins. Elle a 30 cent. environ, des tiges nombreuses garnies de feuilles finement découpées et deux fois ailées, des fleurs petites, arrondies, penchées en grappes droites et terminales. Son arôme est agréable, analogue à celui duthym; sa saveur est moins améreet son action plus faible que dans l'Absinthe commune. — Ces deux espèces s’emploient surtout comme vermifuges.

ACORE AROMATIQUE. Acorus calamus, L..

Acore vrai, Roseau aromatique.

L'Acore (pl. xxxv, 2) croît dans les fossés marécageux de la Belgique, de l'Alsace, de la Bretagne, des Vosges, de la Normandie.

Plante de la famille des Aracées, tribu des Orontiacées (145, B), composée d'une racine rampante, noueuse, garnie de fibrilles brunâtres, qui donne naissance à des touffes de feuilles étroites, eusiformes, engainantes, glabres, de 50 à

60 cent. de long, du milieu desquelles s'élève une hampe simple, un peu plus longue que les feuilles , laquelle s'ouvre sur ses côtés, à sa partie moyenne environ, pour laisser sortir un spadice couvert de fleurs hermaphrodites serrées les unes contre lesautres et composées comme il estdit au genre. Le fruit est une petite capsule triangulaire à 3 loges, entourée par le calice persistant.

Propriétés. C'est la racine que J'on emploie. Elle a une odeur aromatique agréable et d’une saveur un peu amère qui l'ont fait employer comme sudorifique, stomachique , Carmi-

native, contre la goutte, les fièvres intermittentes, les dyspepsies et gastralgies venteuses, ete. Lebeau, médecin au Pontdu-Château, à fait l'éloge de ce médicament dans l’épistaxis et dans les hémorrhagies quisuivent l'avortement; ilrapporte que son père, pendant une pratique de 60 ans, l’a souvent employé avec succès dans différentes espèces d’hémorrhagies. — L’Acore est très usitée en Allemagne, en Sibérie, dans l'Inde, etc., contre plusieurs affections; mais en France, on ne la prescrit plus.

Récolte. Cette racine nous vient de la Belgique, de la Pologne et de la Tartarie, bien qu’on pourrait la tirer de la Bretagne et des Vosges où elle est très commune. Elle est de la

“grosseur du petit doigt, spongieuse, brunâtre à l'extérieur, rosée en dedans.

PRÉPARATIONS, DOSES

Décoction : 8 à 16 gr. par kilog. d’eau.

Infusion : 3 à 16 gr. par kilog. d’eau.

Poudre : 1 à 4 gr.

AIL COMMUN. Allium sativum, L.

L'Aïl est cultivé dans tous les jardins potagers comme plante d'assaisonnement; en Italie, il croît naturellement. Il constitue un genre assez nombreux de la famille des Liliacées, tribu des Scillées, auxquelles nous renvoyons pour ses caractères génériques (184, D.)

Propriétés. L’Ail est un excitant énergique : onemploie le bulbe, dont l'odeur forte, pénétrante et la saveur âcre et

chaude nous sont connues, comme diurétique , éxpectorant, fébrifuge, anthelminthique, antiscorbutique et épispastique. — Bartholin, Cullen, Sydenham ont observé de bons effets de cette substance dans l'hydropisie ; — on a vanté son usage dans l'asthme, la coqueluche, le catarrhe pulmonaire, la dyspnée ; — d’autres l'ont employée dans le scorbut, où, en effet, elle peut être utile comme produisant une action stimulante analogue à celle des Crucifères. — Comme fébrifuge, l'Aïl à été recommandé par Celse, Bergius, ete. Ce dernier en faisait prendre aux fiévreux un bulbe le matin etunle soir, en . augmentant d'un par jour jusqu'à ce qu'on fût arrivé à cinq.— Enfin, l’Aïl est réputé vermifuge, et son emploi, qui remonte à la plushaute antiquité, est assez fréquentetsouvent heureux dans les campagnes. Faisons toutefois une remarque : c'est qu'un médicament aussi désagréable sera toujours négligé

tant qu'on pourra se procurer d’autres substances aussi effcaces.

Terminons en signalant l’action rubéfiante du bulbe en question; elle est telle qu’elle peut produire la vésication au bout de 1 ou 2 heures.

PRÉPARATIONS, DOSES

Ail en substance : 1 à 5 gousses, avalées entières ou hachées menu, comme vermifuge, — Le fréquent usage de l’ail cru a guéri les hydropiques (Petrus Forestus).

Décoction ou infusion : faite dans du lait, elle est souvent employée par le peuple comm: vermifuge et comme béchique dans les maladies de poitrine, — Lenisson rapporte qu’un jeune homme, sujet aux vers, en fut délivré en buvant chaque jour une ou deux tasses de lait dans lequel on écrasait une ou deux gousses d'ail, — M, F, Dubois dit avoir vu, à Tournai, employer la préparation suivante par les femmes du peuple. Prenez 1 gousse d'ail coupée menu, faites cuire dans une poêle avec un peu de beurre, et puis ajoutez une certaine quantité de lait; faites bouillir, et administrez aux enfants vermineux,

Suc exprimé : quelques gouttes dans une potion ou en pilules. C’est la préparation la plus sûre.

Pour l'extérieur, on fait une sorte d'onguent en pilant l'ail avec de l’huile ou de Ja graisse ; on l’applique à la plante des pieds dans les affections paralytiques, rhumatismales, la coqueluche, les catarrhes pulmonaires opiniâtres, — Le suc en frictions à la plante des pieds a été employé par Buchan, Hufeland, ete.,

contre la coqueluche. — On mêle quelquefois l’Ail pilé à la moutarde pour sinapismes, etc.

AGRIPAUME, Leonurus cardiaca, L.

Cardiaque,

Plante herbacée, vivace, de 60 à 80 cent., à tige dressée, ferme (pl. xxxv, 5), striée, presque glabre et carrée, pleine d'une moelle blanche ; feuilles opposées, palmées , larges, les inférieures à 3 lobes incisés et dentés, les moyennes plus étroites et à lobes plus pointus, atténuées en pétioles, les supérieures presque entières.

Fleurs roses ponctuées de pourpre, diépoteaie en n verticilles axillaires au haut de la tige etsoutenusparune sorte de petite collerette de folioles très fines (juin-septembre). Leurs caractères génériques sont ceux de la famille des Labiées, genre Agripaume (219, L). Calice à 5 dents triangulaires terminées en une pointe épineuse; corolle à tube court, lèvre supérieure droite, arrondie en cuiller, velue, laineuse en dehors , l'inférieure réfléchie et à trois lobes dont le moyen est plus grand que les latéraux {1}; 4 étamines dont 2 moins longues (didynames); style à stigmate bifide, quatre akènes oblongs-trigones, nus.

Propriétés, usages. L’Agripaume a une odeur aromatique peu forte etpeu agréable; sa saveur esttrèsamère, un peu àcre. Ses propriétés thérapeutiques sont mal déterminées. C’est ainsi qu’on l’a proposée comme tonique, sudorifique etdiurétique ; comme propre à faire cesser les palpitations chez les enfants, à exciter les fonctions de la matrice, à détruire les vers, etc. Les anciens lui attribuaient des vertus cordiales, d’où son nom de Cardiaque. Peyrilhe la croît utile dans les débilités de l'estomac qui produisent les glaires, etc. En résumé, cette plante exerce sur nos organes l’action excitante des Labiées en général (220.)

Récolte. Elle peut se faire pendant toute la belle saison, pourvu que la plante ne soit pas encore défleurie ; on la cueil-

(1) Deux de ces lobes sont enlevés sur la figure afin de laisser voir les étamines,

lera même avant la floraison pour la conserver. On la trouve dans les haies, les lieux incultes, au bord des chemins. Par la dessiccation elle perd beaucoup de ses propriétés et ses feuilles noircissent un peu et deviennent fragiles.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : une petite poignée pour 1 kilog. d'eau. L ?

AULTATRE, Erysimum alliaria , L. si

D" A Velar, Julienne alliaire, Herbe aux aulx,

Très commune dans les haies, sur le bord des chemins couverts, des fossés, où elle est annuelle ou bisannuelle , cette plante (pl. xxxv, 1) présente une tige herbacée dressée, de 60 à 80 cent. {1}, simple ordinairement, ferme, poilue à la partie inférieure; des feuilles alternes pétiolées, presque u bres, cordiformes, les inférieures réniformes, largement er nelées, avec un long pétiole creusé en gouttière, les supérieures aiguës et presque sessiles

Fleurs blanches, petites, courtement pédoneulées, en grappe lâche à l'extrémité du rameau, rappelant les caractères de la famille des Crucifères à laquelle appartient la plante (292, G). Calice à 5 divisions ou sépales étroits, cadues; corolle 2 fois plus grande que le calice, à 4 pétales onguieulés, en croix, cordiformes-obtus et entiers; 6 étamines dont 2 plus courtes ; ovaire allongé, style gros, stigmate bilobé. Siliques étalées, 7-8 fois plus longues que le pédicelle.

Propriétés. L'Alliaire doit son nom à la propriété qu'ontses feuilles de répandre une odeur alliacée lorsqu'on les écrase ; ses fleurs sont inodores. Cette plante est au nombre des antiscorbutiques, mais elle n’est plus usitée aujourd'hui. On pourrait employer ses graines pour préparer des sinapismes. — Les usages seraient d’ailleurs ceux du vélar.

Ù LL {1} Le rameau figuré présente des fleurs en haut, des fruits (siliques) en des-

sous, plus bas une feuille supérieure.

ANGÉLIQUE. Angelica archangelica , E:

Angélique des ncdins: Racine du Saint-Esprit, Angétique “officinale.

L'Angélique (pl. xxxv, 4) croît naturellement sur les Alpes, les Pyrénées, en Suisse, en Bohême ; on la cultive dans les jardins.

Plante qui s'élève jusqu’à 1 m. et demi et plus {1}; tige assez grosse, dressée, cylindrique, creuse intérieurement, striée, rameuse, couverte d’une poussière" “glauque ; feuilles très grandes, bi ou tri-pinnées, vertes en dessus, blanchâtres en dessous ; folioles opposées, lobées et dentées en scie; le pétiole est fistuleux et présente deux grandes expansions à sa base. Racine grosse, fusiforme, longue, brunâtre, blanche en dedans. .

Fleurs blanches ou d’un vert jaunâtre, disposées en,ombelles nombreuses, arrondies et présentant les caractères génériques des Ombellifères (248-535, B). Involucre nul ou à 1-2 folioles, involucelles de 8 folioles linéaires ; calice peu distinct ; corolle à 5 pétales ouverts en rosette et dont l'extrémité est un peu recourbée en dedans ; 5 étamines plus longues que les pétales; 2styles courts et réfléchis (2). Fruit ovoïde, cannelé, bordé d'une aile membraneuse, surmonté des 2 styles divergents.

Propriétés, usages. L'Angélique doit son nom à l'odeur aromatique suave qu'elle répand; sa saveur est un peu amère, aromatique et âcre. La racine, qui est la partie la plus employée, est aromatique et chaude, douceâtre d’abord, puis amére, excitant un peu la salivation. , Là

Cette plante est donc stimulante, stomachique et carminative. Elle a joui d’une grande estime chez quelques peuples, et l'on s'étonne qu'elle soit aujourd’hui si peu employée. Cette sorte d’oubli est dû, sans doute, à l’anis, dont l’usage est plus

{1) La figure n’en représente qu’un rameau portant des fleurs et des fruits sur la tige.

(2) Ils ne sont pas visibles sur la fleur figarée détachée, où l’on voit toutefois les deux mamelons du disque épigyne qui se confondent avec la base des deux styles.

répandu, mais donc l'action cependant n’est pas identique à celle de l’Angélique. « Après ce que nous avons dit de l’anis, il y a péu de chose à ajouter sur l’Angélique, si ce n'est qu'elle a de plus que lui des propriétés toniques assez marquées qui la rendent plus recommandable dans les affections muqueuses, les fièvres catarrhales qui laissent après elles une si profonde langueur de l'estomac et une tendance interminable à cette sécrétion blanchâtre et pultacée qui tapisse alors la muqueuse buccale, et dont la présence est tout à la fois cause et effet de cette inertie désespérante des forces digestives

qui entraîne des convalescences interminables, et peut-être …

la cause d’une foule de maux ultérieurs. L’infusion des jeun tiges d'Angélique rendra alors des services évidents » (Trousseau et Pidoux). ;

On à fait usage de cette plante dans le scorbut, les scrofules, l'aménorrhée, la chlorose, les catarrhes chroniques, principalement dans la débilité de l'estomac, les dyspepsies et les coliques venteuses. — Les confiseurs préparent avec ses tiges un condiment fort agréable, tonique et stomachique. — Ariel Camoux, qui mourut à Marseille à l’âge de 121 ans, attribuait sa longévité à la racine d'Angélique qu'il mâchait habituellement.

Récolte. Elle se fait en juin et juillet pour les tiges, en septembre pour la racine. On fend celle-ci en morceaux pour la sécher, puis on l’enferme dans des boîtes de bois. Les feuilles conservent peu de propriétés en séchant; les semences, au contraire, ont une saveur aromatique et d'une âcreté prononcée. «

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (racine, jeunes tiges) : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau.

Poudre : 2 à6 gr, dans unecuillerée de vin ou autrement.

Conserve : celle que préparent les confiseurs, lorsqu'elle est récente, peut remplacer toutes les autres préparations.

Chaumeton vante une boisson faite avec une infusion de racine d’angélique (30 gr. pour 1 kilog. d’eau), à laquelle on ajoute un peu d’eau-de-vie, du sirop

de vinaigre et quelques gouttes d'essence de citron.

L'ANGÉLIQUE DES BOIS Où SAUVAGE (Angelica sylvestris) est

ai

Là

une plante assez fréquente dans nos bois et nos prairies un

peu humides, aux lieux ombragés , sur les bords des fossés

et des ruisseaux ; elle ressemble beaucoup à la précédente,

sauf qu’elle est de proportions moindres, que sa tige est

moins rameuse et moins grosse, ses feuilles plus petites, sa. racine moins épaisse et plus blanche, ses propriétés plus fai-

bles. Les ombelles de 25-30 rayons, sont très amples; fleurs

blanches, paraissant en juillet-septembre. — On la vend

quelquefois dans le commerce pour remplacer l’Angélique

officinale. On l'a vantée, comme anti-épileptique, à la dose

de 4 gram. en poudre dans un verre de vin blanc le matin à jeun

ANIS. Pimpinella anisum, L.

Anis boucage, Anis vert, Boucage à fruits suaves.

__ L'Anis est originaire du Levant où il croît naturellement; on le cultive en France. — C’est une plante annuelle de 30 à 40 centim, au plus (pl. xxxvi, 1), de la fam. des Ombellifères, tribu des Pimpinellées, genre Boucage (248-539, A), àtige herbacée, cylindrique, rameuse etpubescente ; à feuilles alternes, glabres, un peu charnues , les radicales pétiolées, trifoliées, dentées ; les moyennes subrénifornes, arrondies,-incisées ou simplement dentées; les supérieures découpées en lanières d'autant plus étroites qu’elles sont plus voisines du sommet. Racine fusiforme, fibreuse et blanche.

Fleurs blanches (1), petites, en ombelles terminales ,dépourvues d’involucre et d’involucelles. Calice nul ou à peine visible ; corolle de 5 pétales égaux à sommet rabattu en dessus; 5 étamines plus longues que les pétales; 2 styles très courts (2). Fruit ovoïde, strié, nu, légérement blanchâtre, composé de graines accolées par une surface plane. Son volume égale celui d’une tête d'épingle (3).

Propriétés, usages. La semence d’Anis (vulgair. l’Anis) a

(1) Les ombelles du milieu, sur la figure, représentent des fruits.

(2) On voit au centre de la fleur figurée détachée les deux mamelons du disque épigyne qui forment la base des deux styles,

(3] La figure le représente très grossi.

uñé odeur agréable très prononcée, une saveur aromatique un peu chaude, stimulante, et sucrée en même temps. On l’a de tout temps considérée comme stimulante, stomachique, antiventeuse, antipituiteuse et propre, suivant Dioscoride, à + faire uriner, à augmenter Ja sécrétion du lait, à provoquer & Ja luxure, ete.

L'état morbide qui présenté l'indication la plus marquée pour ce genre de remède, c’est celui qui, bien que multiple et complexe, est désigné sous le nom de dyspepsie. « La dyspep- ” sie, disent MM. Trousseau et Pidoux, consiste dans une altération primitive des forces digestives qui trouble ét enraie l'accomplissement des opérations succéssives que Subissent les aliments avant de passer dans les secondes voies : difficilis sf et tarda concoctio, suivant l'expression de Vogel.» L' atonie, le spasme, la douleur, la flatulence les vices de l’action crétoire se combinent de diverses SO É pour. former les ments principaux des. phénomènes dyspepsiques, na existent d’une manière essentielle et indépendante de tout lésion localisée, où bien consécutivement à un état gén 1 , qui la domine, comme la diathèse goutteuse, ou comme produit d'une maladie qui n’existe plus, mais qui a frappé de langueur ou de pérversion les forces digestives, ou enfin comme symptôme d’une maladie existante, d’un état düxrritation inflammatoire du canal intestinal : dans ce dernier cas, les excitants aromatiques ne peuvent être que contraires. * Les dyspepsies que réussissent le mieux à faire cesser ces médicaments, au nombre desquels sont le fenouil, l'angélique, la menthe, la mélisse, etc., sont celles qu'on a désignées sous le nom d’antispasmodiques et flatulentes. Les personnes qui y sont sujettes sont pour la plupart des femmes hystériques, des hommes hy pochondriaques, mélancoliques, les gens de lettres, les individus tourmentés par de profonds soucis ou même de simples contrariétés, ceux qu'ont affaiblis des pertes de sang trop abondantes, l'abus des purgatifs et des sudorifiques, l'excès" dans les plaisirs vénériens. » L'Anis passe pour le premier carminatif ou antiventeux; il . convient encore dans les coliques spasmodiques; on l'associe

MÉDICATION STIMULANTE. 431 à certains purgatifs pour neutraliser lés flatuosités, le ténesme ét les tranchées qu’ils occasionnent. Les nourrices peuvent calmer les coliques de leurs nourrissons en prenant une infusion de ces graines, qui communiquent au latleur odeur caractéristique, eten augmentent, dit-on, la sécrétion. A titre d'expectorant, de béchique, de diurétique et d'emménagogue, l'Anis n'a que des propriétés fort douteuses ; aussi n'insisterons-nous pas sur ce point.

Récolte. L'Anis fleurit au mois de juillet, et l’on récolte sa graine à l'automne. Pour cela, la plante est récoltée tout entière ; on la fait sécher en l’étendant au grenier; puis on la frappe avee des baguettes pour en détacher les fruits, qu’on sépare des corps étrangers à l’aide de la main, du van et du crible. |

” PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : 4 à 8 gr. par 500 gr. d’eau. à CTI

Poudre : 1 à 4 gr., pure, délayée dans de l'eau, ou mêlée avec du sucre, de la magnésie, etc. : Û à

Huile ssentieile, : quelques gouttes comme aromate.

ARISTOLOCHE, CLÉMATITE. Aristolochia clematis, L.

Aristoloche commune, Poirier.

L’Aristoloche (pl. xxxvi, 2) est une plante vivace, herbacée, de 4 à 8 décim., commune dans les haies, les vignes, les bois, les lieux incultes. Tige dressée, simple, anguleuse: feuilles alternes, pétiolées, assez amples, glabres, coriaces, ovales-cordiformes, veinées-réticulées. Racine rampante ou profondément traçante, longue, fusiforme, et de la grosseur d'une plume d’oie.

Fleurs jaunâtres, placées par 3-6 à l’aisselle des feuilles (ma-septembre), dont les caractères sont ceux de la famille des Aristolochiacées (479, A). Calice en forme de corolle et qui en tient lieu, dont le tube est soudé avec l'ovaire dans sa partie inférieure, qui est un peu renflée, et qui s’élargit au sommet et se déjette en une languette unilatérale allongée; 6 étamines soudées et confondues avec le style et le stigmate; les anthères subsessiles sont soudées au style par leur dos; le

style est court, et le stigmate à 6 lobes est disposé en étoile

au-dessus des anthères (1). Capsule grosse, piriforme, pendante.

Propriétés. La racine de l'Aristoloche clématite a une odeur forte, désagréable, et une sayeur amère un peu âcre, qualités qui sont moins prononcées dans le reste de la plante. C'est un excitant qui a reçu beaucoup d'éloges dans l'antiquité, surtout comme emménagogue, propre à faire couler les lochies, d'où lui vient même son nom d’Aristoloche. On l’a vantée depuis comme fébrifuge, antigoutteuse. Gilibert la conseille dans l’ aménorrhée, la Élosose l'asthme humide, la fièvre intermittente ; néanmoins, on l’emploie fort peu maintenant, d'abord à cause de son énergie, qui peut être dangereuse, puisque Orfila a fait périr des chiens en leur en donnant de 1 à 2 gr.; ensuite parce que son action thérapeutique est mal déterminée ou infidèle, et qu’enfin ses propriétés varient considérablement suivant les localités où on la récolte.

PARPARARONE AL DOSES.

Infusion [racine): 10 à 15 gr. par kilogr. gr Poudre A à 4 gr: au plus. ?

Beaucoup de recettes pour la goutte contiennent ane tolohes la plus célèbre est la poudre du duc de Portland, composée ainsi: petite-centaurée, 4; racine de gentiane, aristoloche longue, feuilles de germandrée et d’ivette, de chaque 2. La dose est de 4 gr. par jour pendant 3 mois, de 3 gr. pendant 3 autres mois, de 2 gr. pendant 6 mois, enfin de 2 gr. tous les 2 jours pendant la seconde année. Il paraît que cette poudre est réellement puissante, mais que souvent elle a remplacé la goutte par d'autres maladies chroniques plus ou moins graves.

L’ARISTOLOCHE RONDE (Arist. rotunda) | pl. xiv, 3), de la même famille et du même genre que la précédente (179, A), en possède aussi les propriétés. Commune dans les champs et les vignes du midi de la France, elle se distingue par ses feuilles sessiles à nervures très saillantes sur la face inférieure, par ses fleurs solitaires aux aisselles des feuilles supérieures, son limbe calicinal déjeté d'un seul côté et comme

{1} Voir la petite figure représentant la coupe perpendiculaire du calice et de l'ovaire, qui est infère,

ligulé, et un peu échancré au sommet, et principalement par sa racine, qui est tuberculiforme, charnue, de la grosseur d'une noix environ.

L'ARISTOLOCHE LONGUE (A. longa) fournit une racine très longue, fusiforme, de la grosseur du doigt, ridée, grise ou brunâtre en dehors, d'un blanc jaunâtre en dedans; elle croît dans le midi de la France, et son emploi est plus répandu que celui des deux précédentes espèces, dans les mêmes cas d'ailleurs.

ARMOISE. Artemisia vulgaris, L.

Armoise commune, Herbe de la Saint-Jean,

L'Armoise {pl. xxxvi, 3), très commune dans tous les lieux incultes de l'Europe, fait partie de la grande famille des Synanthérées, tribu des Corymbifères (2537-40, P).

Plante vivace, herbacée, de 1 mètre et plus, à tiges dressées, rameuses supérieurement {1}, rondes, cannelées , d'un vert blanchâtre, un peu pubescentes ; feuilles alternes, pinnatifides, à folioles lancéolées en haut de la tige, les florales linéaires, pointues et entières, vertes en dessus, blanches, tomenteuses en dessous.

Fleurs en capitules ovoïdes disposés en petits épis axillaires, formant une panicule longue et étroite au bout de chaque rameau (juillet-octobre). Chaque capitule se compose d’un involucre oblong à folioles ovales et cotonneuses, imbriquées, et de fleurons jaunes, tous tubuleux, avec cette différence que ceux du centre sont hermaphrodites, à 5 dents au limbe, et ceux de la circonférence presque filiformes; réceptacle dépourvu de soies. Le reste comme l’absinthe.

Propriétés, usages. L’odeur de l'Armoise est aromatique, peu prononcée; sa saveur est un peu amère. Cette plante est stimulante, antispasmodique, et s'emploie dans les mêmes circonstances à peu près que l’absinthe, dont toutefois les propriétés sont plus énergiques et que l’on doit préférer.

(1) La figure n’en représente qu'une sommité fleurie,

Depuis la reine Artémise, qui s'en serait servie utilement. la première et lui aurait donné son nom, l’Armoise à traversé les siècles avec la réputation d’être un emménagogue puissant, un anti-hystérique efficace. Tous les ouvrages en parlent dans ce sens, et pourtant les médecins ne l'emploient que rarement, peut-être parce que le peuple en parle trop souvent. S'il est certain que ses effets ne répondent pas ordinairement à ce qu’on en attend, dans la suppression ou le retard des règles, à ce que lui demande un emploi coupable et clandestin dans le cas de grossesse illégitime, il serait contraire à la vérité et aux faits révélés par l'observation de lui refuser toute action emménagogue. L'Armoise favorise certainement l'écoulement menstruel dont le retard ou la disparition dépend

d'une cause purement atonique ou nerveuse, pourvu qu'on l'administre à dose un peu forte.

Sa racine en poudre a été vantée dans ces derniers temps contre l’épilepsie. Les premières expérimentations ont été faites en Allemagne par Burdach,Graefe, Broex, Hufeland, ete., mais elles n'ont pas été répétées en France, que nous sachions. — L'Armoise a encore été mise en usage dans la chorée, les névralgies, les vomissements-nerveux chroniques. — En Chine, on fait des moxas avec ses feuilles battues et froissées, et on a essayé ce moyen chez nous.

Récolte. On doit y procéder dans le mois de juin. On choisira la plante croissant dans les lieux secs, parce qu'elle y est plus active. On la monde, et on la porte au séchoir après en avoir fait des guirlandes.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (sommités fleuries] : 10 à 30 gr, par kilog. d’eau, On ajoute souvent du sirop de cannelle ou de menthe.

— vineuse : même dose dans du vin blanc.

Poudre (plante sèche) : 4 gr. dans du miel ou du vin.

— (racine) : 2 à 4 gr, dans un peu de bière chaude, avant l’aecès épileptique (Burdach},

Pour fumigations : 60 à 100 gr. par kilog. d'eau bouillante, dont on dirige Ju

vapeur sur les organes,

ARNICA ou ARNIQUE. Arnica montana, L.

Bétoine dus montagnes, Plantain des Alpes, Tabac des Savoyards, Tabac des Vosges, Doronic d'Allemagne, Nard celtique, Herbe aux prêcheurs.

L'Arnica (pl. xxxvi” 4) croît dans les pâturages montagneux des Alpes, des Cévennes, des Vosges, des Pyrénées, de l'Auvergne, etc.

Plante vivace de la famille des Synanthérées, tribu des Corymbifères (2537-40, X), haute de 45 cent. environ, à tige dressée, arrondie, un peu velue, simple ou donnant en haut deux rameaux à fleurs, indépendamment de la fleur terminale. Feuilles radicales sessiles,ovales-allongées, ànervures comme le plantain, formant une rosette de 4 à la base de la tige; 2 autres feuilles caulinaires opposées plus petites et lancéolées. Racine fibreuse, noïrâtre, blanche en dedans.

Fleurs d'un jaune doré, grandes, belles, terminales : la principale accompagnée de 2 autres plus petites (juillet). Involucre composé d’un seul rang d’écailles velues, lancéolées ; fleurons du disque réguliers, hermaphrodites, à 5 dents; demi-fleurons de la circonférence femelles et très grands, à 3 dents. Graines allongées surmontées d’une aigrette sessile légèrement plumeuse.

Propriétés, usages. L/ Arnique est dune d’une odeur aromatique particulière peu agréable, qui provoque l’éternûment, et d’une saveur amère etacerbe : ces qualités sont moins prononcées dans les feuilles et les fleurs que dans la racine, qui est la partie la plus employée. Cette plante est considérée comme tonique et stimulante d’un genre particulier, car son action se porte tout d’abord sur le canal intestinal, et puis sur le système nerveux cérébro-spinal. En effet, donnée à dose un peu forte, elle produit des nausées, des vomissements, suivis de céphalalgie, de fourmillements dans les membres et de mouvements spasmodiques.

C'est un de nos médicaments indigènes les plus actifs, dont cependant les usages ne sont pas parfaitement connus, ni les effets bien déterminés, puisqu'on l’a conseillé dans une foule de maladies de natures différentes. Comme stimulant

#4 436 PLANTES MEDSNBLES.

de l’action nerveuse cérébro-spinale, l'Arnica est employé dans les paralysies. « Ce médicament est surtout utile, dit Frank, si la maladie est ancienne, si elle est l'effet d'une seconde attaque d’apoplexie, si le malade est épuisé, si le pouls est mou et la face päle. » Les rétentions d'urine par faiblesse paralytique de la vessie, chez lés vieillards, ont été efficacement combattues par la tisane d'Arnica. Scarpa aurait obtenu de grands succès de la teinture de cette plante dans les amauroses légères et nerveuses.

L'Arnica propage son action stimulante par une sorte de diffusion dans tous les tissus vivants; c’est à cause de cela qu'il se moutre utile dans les fièvres adynamiques, les rhumatismes chroniques, les fièvres intermittentes, les dyssenteries, la chlorose, l’ictère, et surtout dans les cas d’accidents résultant de chutes. — Stoll faisait grand cas de ce médicament dans les fièvres putrides avec prostration, et après lui Colin l’a beaucoup vanté dans les mêmes circonstances : ces médecins préparaient les premières voies à en recevoir l'impression en les débarrassant des saburres par des évacuants; ils l’employaient aussi avec succès dans les fièvres tierces et quartes. Dans les autres maladies susnommées, l’'Arnica n'a qu'une efficacité très douteuse, qui ne compense pas les inconvénients d’une administration intempestive. |

Mais c'est surtout contre les accidents résultant de coups et de chutes que cette plante a été vantée avec le plus d’exagération. Dans les campagnes où elle croît, les paysans ont une foi aveugle dans ses propriétés, et ils en font un usage abusif comme vulnéraire. Son infusion peut, en effet, relever l'action vitale ébranlée ou près de s’éteindre ; mais elle ne doit être administrée que dans la période de collapsus ou de sidération qui suit immédiatement l'accident ; dès que le pouls se relève et que la réaction commence, surtout si l’on remarque un commencement de mouvement fébrile, il faut en suspendre l'emploi.

L'Arnica est très en faveur en Allemagne. « Cartheuser, célèbre professeur, dit Chomel, prétend que l'infusion de ses

MÉDICATION STIMULANTE. 437 fleurs est capable de diviser l'humeur épanchée, de la dissoudre et de la faire sortir soit par les urines, soit par une sueur abondante. Il ajoute même que, dans le cas où le sang serait extravasé et reporté dans l'estomac, il sortirait par le vomissement; et dans le cas où le sang serait répandu dans les intestins, il sortirait par le fondement, enfin qu'il pourrait sortir même par la partie blessée, si elle était ouverte. » Inutile de faire remarquer qu'aux yeux de la médecine moderne ces merveilleuses propriétés sont imaginaires.

Les montagnards fument l'Arnica en guise de tabac. Récolte. Les fleurs se récoltent dans le mois de juillet, les racines en septembre. On les monde et on les sèche à l’étuve.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion [fleurs] : 4 à 20 gr, par kilog. d’eau. On la fait plus forte s’il s’agit de couper la fièvre intermittente.

— (feuilles) : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau.

Décoction [racine] : 4 à 15 gr. par kilog. d’eau.

Poudre [de la racine] : 1 à 4 gr. dans un Sirop ou du miel.

mEztrait : 6 décig. à 1 gr. — Colin a guéri 142 cas de fièvres intermittentes ou de l'extrait des fleurs.

AURONE CITRONNELLE. Artemisia abrotanum, L.

LR fe ns a à Citronnelle, Armoise mâle, Armoise des jardins, Armoise citronnelle.

Sous-arbrisseau de 60 à 95 cent. (pl. xxxvi, 5), à tiges dressées, rameuses {1}, cendrées, les rameaux verdûtres; feuilles très divisées en découpures linéaires presque capillaires, un peu pubescentes, d’un vert grisâtre ou blanchâtre. Fleurs en capitules jaunâtres, nombreux, disposés en grappes terminales, présentant les caractères génériques du genre Armoise, famille des Synanthérées (2537-40, P). Involucres co- . tonneux, etc. {2) (août).

Propriétés. La Citronnelle, ainsi que l'indique son nom, a

{1} On n’a représenté qu'une sommité fleurie.

(2) Les trois petites figures représentent : l'une, un capitule grossi; l'autre le pistil; la troisième, enfin, une corolle ouverte montrant le pistil traversant le tube formé par les 5 anthères soudées ettrès grossies.

dv

une odeur de citron très pénétrante, surtout lorsqu'on la froisse. Voisine de l’armoise et de l'absinthe, elle en a aussi les propriétés, mais à un plus faible degré. « On peut en préparer une espèce de thé qui est très agréable, stomachique, anthelminthique et utile contre les vents. Murray pense que la prétendue efficacité contre l'alopécie accordée à l'Art. abrolanum pourrait bien provenir de la forme capillaire de ses feuilles, et être une signature. M. de Lamark affirme que l'huile essentielle de cette plante donné du camphre » (Mérat et Delens).

Récolte. La Citronnelle peut se récolter toute l’année, soit dans les départements méridionaux, où elle croît spontanément, soit dans nos jardins où elle est cultivée et se montre également vivace. Sa dessiccation ne diminue ni sa saveur, ni l'aspect blanchâtre de ses feuilles, à moins qu’elle ne soit ancienne ou mal séchée.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (sommités vertes] : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau. — [sommités sèches] : 15 à 30 gr. par kilog, d’eau. Poudre : 4 gr. en pilules ou dans du vin.

BALSAMITE. Tanacetum balsamita, L.

Balsamite odorante, Grand-Baume, Baume-Coq, Coq des jardins, Menthe-Cogq, Menthe". Notre-Dame. | |

La Balsamite odorante (pl. xxxvu, 1) fait partie #de l'i mense groupe des Synanthérées, tribu des Corymbifères ‘257-40); on l'avait confondue avec les Tanaisies (240, Q), mais elle diffère de ce genre par ses fleurons tous quinquéfides et hermaphrodites, et par ses fruits couronnés d'une membrane unilatérale. Elle croît dans les lieux incultes du midi de la France, et on la cultive dans tous les jardins.

Plante à plusieurs tiges dressées, très rameuses, blanchàtres et comme pulvérulentes, hautes de 60 à 95 cent. et plus, s'élevant d'une racine vivace et fibreuse. Feuilles radicales à long pétiole, ovales-allongées, dentées, d'un vert clair et pulvérulentes; feuilles caulinaires sessiles.

Fleurs en nombreux capitules formant, par leur réunion,

une sorte de corymbe terminal; involuere hémisphérique, composé d'écailles imbriquées ; fleurons tous hermaphrodites à 5 divisions, très serrés les uns contre les autres, ete.

Propriétés. Cette plante a une odeur forte, pénétrante, agréable; une saveur chaude et amère. Elle esttonique, excitante, réputée antispasmodique, vermifuge et vulnéraire. Jadis elle a joui d’une grande réputation, surtout à titre d’anti-hystérique et antimélancolique; mais elle est à peu près oubliée aujourd’hui. Il n’est pas mutile cependant de répéter que ses fleurs peuvent remplacer la tanaisie contre ler vers lombrics.

BARBARÉE. Erysimum barbarea, L

Barbarée officinale, Herbe au charpentier, Herbe de Sainte-Barbe, Cresson de terre.

Plante bisannuelle, herbacée, de 30 cent. de haut environ (pl. xxxvir, 2), de la famille des Crucifères (292, E), à tige dressée, glabre, cannelée, simple en bas, rameuse en haut; à feuilles sessiles, les inférieures grandes, pinnatifides, dont le lobe terminal est plus grand, arrondi, denté, les latéraux elliptiques, presque entiers; feuilles supérieures plus petites, lyrées.

Fleurs jaunes, petites, en grappes terminales {1}; calice égal, non bossu à sa base, à 4 sépales dressés, caducs ; corolle à 4 pétales en croix; 6 étamines dont 2 plus courtes que les 4 autres; 4 petites glandes à la base des filets staminaux. Siliques allongées, tétragones.

Propriétés. La Barbarée est imnodore, mais sa saveur est analogue à celle du cresson. Ses feuilles, qui sont légèrement àcres, sont estimées antiscorbutiques. On en fait des salades dans plusieurs cantons, malgré sa saveur piquante.

Quant à sarécolte, c'est dans les bois, le long des ruisseaux, aux lieux humides, qu’il faut la faire, ou quelquefois dans les jardins, où ses fleurs doublent.

{1} La plante représentée offre sur les mêmes rameaux des fleurs écloses, tout à-fait à l'extrémité, des fleurs non ouvertes, et des fruits ou siliques.

BECCABUNGA. Veronica beccabunga, L. "

Véronique beccabunga, Véronique aquatique, V. cressonnée, Cresson de cheval.

Plante de la famille des Serophulariacées, genre Véronique (249, J), croissant dans les lieux aquatiques, les ruisseaux et les fontaines, où elle se montre vivace. Tige de 2 à 6 décim., robuste, couchée-rampante, puis ascendante | pl. x1mr, 5), simple ou rameuse, glabre, tendre et succulente. Feuilles opposées, ovales-larges, dentées, glabres, comme charnues. Racine fibreuse, blanche.

Fleurs bleues, très petites, dont les pédicelles sont munies de 2 bractées étroites; elles sont disposées en grappes lâches à l'extrémité des rameaux axillaires et s'ouvrent en mai-septembre. Calice à 4 divisions oblongues-lancéolées ; corolle dépassant le calice; 2 étamimes; style filforme à stigmate simple sur un ovaire biloculaire. Capsule presque ovale à 2 loges plurispermes.

Propriétés, usages. La Véronique beccabunga possède les vertus des Crucifères, à un moindre degré toutefois. Elle est inodore, d’une saveur amère, un peu âcre ; on l'emploie comme antiscorbutique et dépurative, dans les mêmes cas que le cresson et le cochléaria, par exemple.

Récolte. Le Beccabunga s'emploie toujours vert. On doit le cueillir pendant la floraison ; car avant, au commencement du printemps, ses jeunes tiges ont.à peine de la saveur, et plus tard, lorsqu'il a fourni ses graines, il ne lui reste qu'une légère astringence. Les qualités de cette plante varient encore selon les lieux où elle croît et son exposition.

PRÉPARATIONS, DOSES

Suc : 60 à 125 gr., seul ou dans du lait, ou mêlé au suc de cresson.

On mange la plante en salade,

Les feuilles pilées sont quelquefois appliquées en cataplasme sur les ulcères entretenus par le vice scorbutique. — Sinon Pauli assure que ce cataplasme

apaise la douleur des hémorrhoïdes et les guérit.

La VÉRoNIQUE-MouroN D'EAU | Veronica anagallis) se distingue du Beccabunga par ses tiges droites et plus hautes, ses feuil-

les étroites et lancéolées, ses fleurs plus petites et bleues, qui

ne s'ouvrent qu'en juillet; elle est aquatique également et

possède des propriétés analogues, mais un peu moins actives. 6 “M 9

BERCE. Heracleum sphondylium , L.

Branc-Ursine, Fausse Branc-Ursine, Sphondyle,

Plante vivace de la famille des Ombellifères, tribu des Sélinées (248-419, K), à tige de 5-15 décim., robuste, fortement sillonnée, fistuleuse, rameuse supérieurement, rude, veluehérissée ; feuilles inférieures pinnatiséquées, à segments velus-pubescents, surtout en dessous, bi-trilobés ou pinnatipartits à lobes ovales dentés ou crénélés.

Fleurs blanches, en larges ombelles planes et terminales de 15-20 rayons; involucre de 1 ou 2 folioles ; involucelles de 4 à 7 (juin-septembre). Calice à limbe 5-denté ou entier ; corolle de 5 pétales échancrés ; 5 étamines ; 2 styles plus courts. Fruit elliptique, comprimé, strié, à 3 graines. Columelle bipartie. "

Propriétés. Elles ne sont pas tout-à-fait semblables dans les différentes parties de la plante, qui est d’ailleurs inodore : l'écorce de la raciné est âcre et rubéfiante; la tige, au contraire, est douée d’une saveur douce et offre un aliment recherché dans certains pays. En Russie on en retire par la fermentation une liqueur alcoolique très enivrante.

Toutefois la Berce est sans emploi thérapeutique, du moins en Eraïice, parce que ses propriétés ne sont pas encore assez bien déterminées. En Suède on en fait un usage assez étendu. On prétend que son suc détruit la vermine; on a employé aussi la décoction des racines et des semences, qui sont les parties les plus actives, contre Ja gale, les engorgements abdominaux, etc.

On trouve la Berce en abondance dans les prés, les bois et les champs, où elle s'élève à hauteur d'homme. Le commerce en néglige la récolte.

BERLE. Sium angustifolium, L.

Ache d’eau, Berle à feuilles étroites.

La Berle est encoré une Ombellifère (248-49, I), qui croît au bord des étangs, des fossés humides et des ruisseaux, dans les lieux marécageux, où elle fleurit en juillet-septembre.

Plante de 4-8 décim. à tiges très fistuleuses, sillonnées, rameuses, glabres; feuilles à segments ovales-aigus , incisés et à lobes dentés, feuilles inférieures longuement pétiolées.

Fleurs blanches, en ombelles de 8-12rayons, courtement pédonculées ; involucre et involucelles à plusieurs folioles lobées et pointues. Calice à 5 dents très peu apparentes; corolle à 5 pétales réfléchis en dedans ; 5 étamines ; 2 styles courts, etc.

Propriétés. On a vanté l’Ache d’eau dans le scorbut, les obstructions du ventre, la suppression des menstrues, les rétentions d'urine, ete. Ses propriétés sont à peu près celles de l’ache ordinaire, et c’est parce qu’elle en porte aussi le nom qu'elle doit d’être récoltée par les herboristes ; mais les médecins n’en prescrivent jamais l'emploi.

. BOTRYS. Chenopodium botrys, F

« Ansérine-Botrys, Piment, Herbe à printemps, Botride.

L'Ansérine-Botrys (pl. xxxv, 3) croît dans les lieux sees et sablonneux du midi de la France: On la cultive dans quelques jardins pour la bonne odeur de son feuillage. "1

Plante de la famille des Chénopodiacées (188, A); tige de 30 cent. environ, visqueuse, ferme, verte, couverte de poils : feuilles alternes, oblongues, sinuées et presque pinnatifides ou à découpures irrégulières, pubescentes comme Ja tige et couvertes d'une matière visqueuse. Racine grosse, charmue, fusiforme, à radicules fibreuses, d'un gris rosâtre, blanche en dedans.

Fleurs verdâtres, très petites, disposées en petites grappes axillaires qui sont très nombreuses, et forment un épi terminal (juin-septembre). Chaque fleur offre la disposition de celle

MÉDICATION STIMULANTE. 443 du Bon-Henri; l'ovaire est globuleux, surmonté de 2 stigmates linéaires allongés.

Propriétés, usages. Le Botrys répand une odeur forte due au sue balsamique très abondant qui s'échappe par les pores de ses feuilles, s’effleurit à leur surface et les rend brillantes et fortement aromatiques. Sa saveur est âcre et amere. Les anciens l'employaient dans l'hystérie, l'asthme, la dysménorrhée ; il a été recommandé surtout dans les maladies chroniques de la poitrine, caractérisées par une habitude de sécrétion des bronches, une certaine difficulté de la respiration, etc., et même dans la phthisie pulmonaire, par Wauters. Il paraît que cette plante a été prônée, comme remède secret, par un charlatan du nom de Printemps, ce qui lui a valu l’une de ses dénominations vulgaires. Malgré les éloges exagérés que lui accordent plusieurs médecins, elle est abandonnée aujourd'hui des praticiens. |

Récolte. On sèche la plante entière avec ses fleurs, parce “qu'alors elle est plus odorante, résineuse; elle ne perd d’ ailleurs aucuné dé ses qualités par la dessiccation.

PRÉPARATIONS ; DOS$ES

Infusion : une forte pincé e par kilog. d’eau. pit

L'ANSÉRINE amBRorsi, dont les propriétés physiques et médicales sont à peu près les mêmes que celles du Botrys, sera étudiée dans la classe des Antispasmodiques.

ms -CALAMENT. Melissa calamintha , L. ee

DC = Mélisse calament, Calament de montagne.

Plante vivace, de la famille des Labiées,\ genre Mélisse (249, J), à tiges “# 3-6 décim., Maissant d’une souche tracante, dressées, rameuses et pubescentes; feuilles opposées, ovales, assez grandes, pétiolées, dentées, pubescentes, d’un vert peu foncé surtout en dessous.

Fleurs violettes ou purpurines, sur des pédoncules axillaires, formant des espèces de verticilles munis de petites bractées (juillet-septembre). Calice tubuleux à 6 dents lon-

vues etaiguës, 3 en haut, 2 en bas plus longues formant 2 le. vres bien marquées ; corolle dont le tube dépasse longuement le calice, à lèvre supérieure échancrée et plus large au les 3 divisions de la lèvre inférieure.

Propriétés On Jui attribue celles de la Mélisse, et à cause de cela on l’'emploie peu, parce qu'on lui préfère cette dernière. Cependant l'odeur du Calament se rapproche davantage de la menthe ou de la matricaire. C’est un aromatique, tonique, excitant, cordial comme la plupart des Labiées (220), mais dont les vertus réelles ne sont pas encore bien déterminées.

On récolte cette plante en fleurs sur les coteaux arides, dans les pâturages montueux, les buissons, etc.

PRÉPARATIONS, DOSES. ë ke

Infusion (sommités) : une pincée pour 500 gr. d’eau, comme emménagogue, céphalique, alexitère, stomachique [Chomel).

Décoction : employée comme résolutive à l'extérieur. 4

Le

*CAMELINE. Myagrum sativum, L. Camelina sativa, D. C.

Calamine,

Plante de 4 à 8 décim., à tige dressée, rude, velue; à feuilles velues ou presque ce les inférieures oblongués, les caulinaires lancéolées-sagittées à la base, entières ou denticulées.

Fleurs jaunâtres ayant les caractères des Cruciféres(292, E), ouvrant en juin-juillet. Silicule obovale-piriforme, un peu compr imée et terminée par le style persistant. »

Propriétés, usages. La Cameline n’est pas émployée en thérapeutique, à moins qu'on ne se serve de son huile fraîche comme de celles d'olive, d'amandés. Cette huile, que l'on mange dans quelques cantons, sert principalement pour l'éclairage, après qu'on l'a dépurée de son mucilage.

La Cameline croît dans les blés, mais on la cultive en grand pour l'huile que fournissent ses graines. Elle peut encore

servir de fourrage.

CAMOMILLE. Anthemis nobil Camomille romaine, Camomille noble, che odorante,

4 Camomille romaine (pl. xxxvir, 3) croît naturellement dans les lieux un peu humides, sur les pelouses de nos bois, aux lieux aides; on la cultive en orand dans quelques pays, et ses fleurs doublent facilement.

Plante vivace de la famille des Synanthérées, tribu des Corymbifères (2537-40, S), à tiges de 35 cent. de haut, étalées, presque couchées {1}, plus rarement dressées, un peu rameuses, anguleuses, faibles et velues. Feuilles composées de beaucoup de découpures linéaires courtes et pointues [pinnatiséquées), peu velues.

Fleurs blanches, en capitules solitaires sur de longs pédoncules velus et blanchâtres, se montrant en juillet-septembre. Involucre écalleux d’un vert blanchâtre, velu; fleurons hermaphrodites et quinquéfides au centre du disque ou réceptaele, qui est oblong-conique ; à la circonférence, demi-fleurons femelles à languette ovale à 3 dents peu marquées. Akènes d'un jaune brunâtre, lisses, sans aigrette.

Propriétés, usages. Les capitules (vulg. fleurs) de Camomille ont une odeur fortement aromatique, pénétrante, qui rappelle un peu celle du coing ; leur saveur est d'une amertume âcre, moins prononcée dans les feuilles. Ces fleurs sont stimulantes, toniques et antispasmodiques; on les emploie pour combattre l’atonie des organes, les fièvres Intermittentes, les coliques nerveuses et venteuses, les gastralgies indépendantes d’une inflammation de l'estomac, les névroses, les vers, etc.

La plus importante de ses propriétés est la propriété fébrifuge ; elle était connue de Galien, qui rapporte que les mages ou sages de l'Égypte dédiérent la Camomille au soleil à cause de son insigne efficacité contre les fièvres. Dioscoride, Morton, Cullen, Hoffmann, et une foule d’autres, en ont fait l'éloge : tous s'accordent à donner la préférence à la poudre

(1} La figure représente un rameau fleuri de Camomille double.

de fleurs sur tou "4 les autres.préparations. Cette poudre ré

finement pulvéris tait Le par m' Coyth eomme aussi sûre que le quinquina.

« Les particularités qui sont le x Ps disent Trousseau et Pidoux, sont l'activité de cette poudre dans le pr d'insuccès du fébrifuge ordinaire, activité manifestée surtout alors que les accès sont peu réguliers, que la fièvre n’est pas née sous l'influence miasmatique des pays marécageux, ete. : telles sont beaucoup de fièvres vernales, surtout dans les orandes villes et chez les personnes nerveuses. »

La Camomille, comme la plupart des fébrifuges indigènes, a réussi et peut réussir encore dans des cas où le quinquina

s'est montré impuissant. Cela veutril dire que ces fébrifuges

l'emportent sur l'écorce du Pérou? Nullement, parce qu d'abord celle-ei n’a l'infériorité que par exception assez A et qu'ensuite tous les médecins savent parfaitement quul y a certains organismes ou certaines fiévrés qui ne sont pas modifiables par tel agent ou le sont par tel autre, la Camomille, par exemple; « non que celle-ci soit plus héroïque, mais parce qu’elle estautre, et que l'inertie apparente du quinquina n’est que relative à une idiosyncrasie, de même que l'activité apparente de la Camomille n’est relative qu'à cette même idiosyncrasie. C’est ainsi qu'un simple changement d'habitation, une légère émotion morale, font cesser une habitude fébrile que n'avaient pu atteindre les plus fortes doses de sulfate de quinine. »

Dans toutes les autres circonstances que les fièvres intermittentes, la Camomille s’administre en infusion théiforme. Ces circonstances sont un état nerveux, hystérique ou hypochondriaque, accompagné de digestions lentes, de spasmes, de coliques venteuses, ete., qui ne dépendent aucunement d'une irritation inflammatoire proprement dite. L'infusion de cette plante favorise l'action des émétiques; les Anglais se servent d'une forte décoction, bue chaude et coup sur coup,

pour faire vomir.

Les lavements de C amomille, selon Scarpa, seraient eff-

caces contre les spasmes nerveux, les affections comateuses, l'aménorrhée, la suppression des lochies, l’hystérie, etc.

A l'extérieur, ce médicament est employé comme gnique résolutif, surtout sur le ventre, dans les fièvres graves, pour combattre le météorisme en ranimant la contractilité des intestins, moyen d’une utilité douteuse, même lorsqu’ on fait ‘usage de l'huile de Camomille camphrée, ce qui € ésf l'ordinaire

pe #3

La Camomille possède des propriétés réelles, exerce une action utile dans une foule de cas, et cependant elle est tombée dans une sorte d’oubli. C’est, dit Bodard, parce qu’en donnant la préférence à la camomille double des jardins qui est moins active, ou bien employant les feuilles de la matricaire qui lui ressemble beaucoup, les expérimentateurs n’ont pu constater les effets de la Camomille romaine et ont perdu confiance en elle. ë L

Récolte. C’est en juin et juillet que se cueillent les capitules de la Camomille; ce ne sont ni les plus belles ni les plus grandes fleurs qu’il faut choisir, parce qu’elles sont moins odorantes que les simples, les plus petites et d’une couleur moins blanche. On les étend en couches très minces, et on les fait sécher à l’étuve ou au soleil. La plante entière se récolte plus rarement. La dessiccation faite avec soin n’ôte rien des

propriétés des capitules, dont l'odeur doit être franche et prononcée.

I est plusieurs plantes qu'on substitue à la Camomille : ce sont la matricaire, la matricaire-camomille, la matricaire odorante, lacamomille des champs, la camomille puante, lagrandemarguerite et la grande-pâquerette [V. ces mots), qui toutes sont de la même famille, et de la tribu des Corymbiféres.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (capitules ou têtes] : n° 10 à 12 par kilog. d’eau; —2 à 4 quand c’est pour faciliter le vomissement.

Poudre (fleurs) : 50 cent. à 1 gr. comme tonique, stomachique, carminatif, — 2 à 4 gr., comme fébrifuge.

Eau distillée : 30 à 100 gr., comme véhicule de potion excitante,

La

Huile essentielle : 1 à 5 gouttes à l'intérieur, contre les crampes d'estomac; quantité voulue en frictions résolutives et antiseptiques. Huile de camomille (fleurs sèches, 1 partie; huile d'olive, 8; faites chauffer au bain-marie pendant quelques heures; passez avec expression et filtrez) : en frictions, embrocations.

hu PUANTE, Anthemis cotula, L.

Maroute,

Cette plante (pl. xxxvn, 4), de la même famille que la fes cédente et qui lui ressemble beaucoup par ses propriétés physiques et médicales, croît abondamment le long des chemins et des ruisseaux, dans les moissons, les champs en friche. Tige de 2-5 décim., dressée, rameuse, presque glabre ; feuilles bipinnatiséquées, à segments étalés linéaires.

Fleursen capitules solitaires, composées de fleurons hermaphrodites à limbe 5-lobé, jaunes et très serrés sur le réceptacle conique; demi-fleurons blancs étalés, à 3 dents obtuses, femelles et stériles à la circonférence (juin-septembre).

Propriétés. L'odeur de la Maroute est aromatique, prononcée, désagréable ; sa saveur es ère. On peut l'employer comme la Camomille romaine, les névroses, l’hystérie, les gastraloies, les fiatuosités; mais on n’a guère à citer que le témoignage de Peyrilhe en faveur de son action fébrifuge. Cette plante serait, suivant MM. F. Dubois et Cazin, très + efficace pour dissiper les pneumatoses du canal intestinal, les gastralgies accompagnées de flatuosités. On l'emploie rarement cependant, sans doute parce qu'on lui préfère la Camomille noble, qui est presque aussi commune et qui n’en a pas

l'arôme désagréable.

La CAMOMILLE DES TEINTURIERS (Anthemis tinctoria), OEilde-Bœuf, est encore plus rarement mise en usage, quoiqu'on l'ait vantée contre les fièvres.

CAMPHREE, Camphorosma monspeliana , L.

Camphrée de Montpellier,

Cette plante {[pl. xuv, 2) croît dans le midi de l'Europe et dans nos départements méridionaux, surtout aux environs de

Montpellier, dans les lieux sablonneux, secs et arides. On la cultive dans quelques jardins.

Sous-arbrisseau de 30 cent. à l'état sauvage, qui atteint jusqu’à 2 mètres par la culture; tige dressée, arrondie, glabre, rameuse ; feuilles très petites, linéaires, pointues, épaisses, velues, d’un vert cendré, très nombreuses, parce que dans leurs aisselles se trouvent des paquets d’autres feuilles semblables, qui sont les rudiments de nouvelles pousses.

« Fleurs herbacées, petites, en paquets axillaires le long des rameaux, où elles forment des épis lâches, s’ouvrant en juillet-août. » Leurs caractères sont ceux de la famille des Chénopodiacées (185, B) : « calice urcéolé, pubescent, à 4 divisions pointues; point de corolle; 4 étamines sortant du calice, à anthères allongées ; style bifide à stigmate aigu et plumeux ; semence comprimée, ovale. »

Propriétés. Cette plante, froissée entre les doigts, exhale une odeur de camphre très marquée selon les uns, nulle selon d’autres ; sa saveur est piquante et aussi camphrée. Ses usages sont mal déterminés, quoiqu'on l'ait employée dans une foule d'affections. Ainsi Burlet la vante dans l'asthme pituiteux et comme expectorant; Bodard assure qu'elle est utile dans ta coqueluche et les métastases goutteuses; Gilibert la préconise comme diurétique et sudorifique dans les hydropisies.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : 8 à 16 gr. par kilog. d’eau.

CAPUCINE ORDINAIRE. Tropæolum majus, L.

Cresson d'Inde.

Originaire du Mexique et du Pérou, où elle est vivace, cette plante est cultivée dans nos parterres et nos jardins, où elle est annuelle. Comme elle est généralement connue, nous nous contenterons de renvoyer, pour ses caractères génériques, à la famille des Géraniacées dont elle constitue un genre (514, D). |

« Les différentes parties de cette plante ont ke: odeur

vive ét piquante, une saveur chaude, analogue en tout à celle des plantes crucifères, à côté desquelles elle vient se ranger par ses propriétés stimulantes, qui la rendent très efficace dans le scorbut, les serofules, etc. Ses fruits et ses boutons de fleurs, confits dans le vinaigre, servent d’assaisonnement. L'usage de cette plante n'est pas aussi répandu qu'il mériterait de l'être. C’est un stimulant extrêmement énergique, et qui peut être comparé aux meilleurs antiscorbutiques produits par la famille des Crucifères » (Ach. Richard).

PRÉPARATIONS ; DOSES

Décoction : 8 à 16 gr. par kilog. d’eau.

Suc exprimé : 15 à 30 gr.

Les fleurs de capucine 8e mañgent beaucoup en salade,

CARDAMINE DES PRÉS. Cardamina pratensis , L.

Cresson élégant, Cresson des prés, Cresson sauvage, Passerage sauvage.

Plante de la famille des Crucifères (292, C), à tige herbacée, simple, eylindrique, glabre, de 30 cent. de hauteur environ (pl. xxxvir, 5). Feuilles radicales composées de folioles arrondies et anguleuses, la terminale plus grande; feuilles caulinaires imparipinnées à folioles petites, étroites-allongées. Souche à rhizôme oblique ou presque horizontal, court, tronqué. |

Fleurs d'un blanc rosé ou lilas, pédonculées-dressées, disposées en grappe terminale, s’ouvrant en avril-mai. Calice à 5 sépales ovales, dressés, trois fois moins longs que les pétales ; 6 étamines dont 2 extérieures plus courtes, toutes plus courtes de moitié que les pétales. Silique à bec court, obtus.

Propriétés, récolte. La Cardamine possède les propriétés du cresson de fontaine et du cochléaria ; elle peut les remplacer dans tous les cas où l'on prescrit l'usage de ces plantes. — Comme ces dernières, elle croît dans les prairies humides, les endroits heybeux ombragés, au bord des ruisseaux, et s'emploie fraîche.

CARVI. Carum carvi, L.

Cumin des prés.

Le Carvi (pl. xur, 5) croît sur les montagnes et dans les prairies du midi de la France.

Plante herbatée, bisannuelle, haute de 30 à 60 cent., de la famille des Ombellifères, tribu des Pimpinellées (248-49, B). Tige dressée, glabre, cylindrique, fistuleuse, simple en bas, rameuse en haut. Feuilles bipinnatifides longuement pétiolées, dont les premières divisions sont comme verticillées autour du pétiole commun.

Fleurs blanches en ombelles au sommet des rameaux ; involuere de 2-4 folioles petites, linéaires, quelquefois d’une seule; pas d'involucelles à la base des ombelles ; 5 pétales égaux munis d’une petite languette au sommet qui est replié en dessus. Fruits ovoïdes, allongés, offrant 5 côtes sur chaque moitié. Racine charnue, blanche, aromatique, de la grosseur du pouce.

Propriétés, usages. Les semences de Carvi sont douées d'une odeur aromatique et d’une saveur chaude, piquante, due à l'huile essentielle qu’elles contiennent. On les emploie en économie domestique : les Allemands en mettent dans le pain, les sauces ; les Anglais dans la pâtisserie, les confitures; on en fait des liqueurs, comme celle dite huile de Vénus, etc. Dans le Nord, l'on mange la racine, améliorée par la culture, à l'instar de celle du panais et de la carotte (Mérat et Delens).

En thérapeutique, ces semences s’emploient dans les mêmes cas que l’anis, auquel nous renvoyons le lecteur. Depuis Dioscoride et Galien, elles sont réputées carminatives, digestives et alexitères, propres à combattre la débilité des voies digestives, la cardialgie, les coliques venteuses, pourvu que ces troubles fonctionnels soient l'effet, non de l'inflammation, mais d’une véritable atonie.

Quant à la récolte, elle se pratique comme pour l’anis ; les fruits ne sont bons qu’à être employés la seconde année.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion [graines) : 4 gr. par kilog. d’eau.

Poudre : 3 décig. à 1 gr.

Huile essentielle : 5 à 15 gouttes dans une potion, contre les flatuosités, pour provoquer les règles, ete. — Quantité voulue pour embrocations.

COCHLÉARIA. Cochlearia officinalis , L.

Herbe aux cuillers, Cran offcinal,

Le Cochléaria {pl. xxxvir, 5) croît aux bords des mers d'Europe, surtout dans le Nord, sur les montagnes de la Suisse, des Pyrénées ; il est cultivé dans les jardins.

Plante herbacée, bisannuelle, de la famille des Crucifères, tribu des Alyssinées (292, P), à tiges en partie couchées ou inclinées, faibles, succulentes, rameuses, cylindriques, vertes et glabres. Feuilles radicales cordiformes-obtuses, entières, concaves, ayant un long pétiole canaliculé ; feuilles supérieures sessiles-amplexicaules, ovales-pointues avec une languette de chaque côté,

Fleurs blanches, petites, disposées en grappes corymbiformes ou en bouquets courts, serrés à l'extrémité des rameaux, s’ouvrant en mai-juillet. Calice à 4 folioles demi-ouvertes; corolle à 4 pétales, plus grande que le calice; 6 étamines tétradynames ; style court à stygmate obtus. Silicules à valves légèrement carénées.

Propriétés, usages. Le Cochléaria est à peu près inodore tant qu'il reste intact ; mais contus ou écrasé, son odeur est piquante, vive, pénétrante. Sa saveur est également piquante, amère et âcre. Cette plante est évidemment excitante; c'est, après le raifort, l’antiscorbutique le plus puissant ; elle convient, en outre, dans les cachexies, les affections scrofuleuses, les hydropisies partielles ou générales qui succèdent aux fièvres intermittentes rebelles et aux engorgements des viscères abdominaux: dans les catarrhes pulmonaires avec sécrétion abondante des bronches, l'asthme, les maladies chroniques de la peau, etmême, si l’on en croit Desbois, de Rochefort, dans les calculs, ete.

À l'extérieur, les feuilles de Cochléaria se montrent utiles,

étant appliquées sur les ulcères scorbutiques, et mâchées dans les cas de ramollissement et de saignement des gencives, etc.

Cette crucifère forme la base du sirop et du vin antiscorbutiques, si fréquemment employés dans les affections du système lymphatique chez les enfants.

Récolte. Le Cochléaria doit être cueilli pendant sa floraison, en mai-juin, et employé à l’état frais : c’est presque toujours de celui que l’on cultive qu’on fait usage.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion : 16 à 30 gr. par kilog. d’eau, de lait, de bière ou de vin. — L'ébullition comme la dessiccation ôte à la plante ses propriétés.

Suc exprimé : 30 à 125 gr. à prendre dans du petit-lait afin qu’il soit moins irritant.

On mâche quelques feuilles tous les matins pour nettoyer les dents et fortifier les gencives. — Il y a même des pays où on les mange en salade, seules ou mêlées avec le cresson, le pissenlit, etc.; mais leur âcreté doit en rendre l'usage plus nuisible qu'utile sous cette forme.

CORIANDRE CULTIVÉE. Coriandrum sativum, L.

La Coriandre (pl. xxxvin, 2) croît spontanément en Italie, en Espagne; on la rencontre dans le midi de la France et même dans quelques lieux, vignes, des environs de Paris. On la cultive très facilement dans les jardins.

Plante de 60 cent. environ, de la famille des Ombellifères, tribu des Cicutariées (248-50, D), à tige dressée, cylindrique, glabre, rameuse supérieurement; à feuilles diverses : les radicales presque entières {1}, les caulinaires inférieures pinnatiséquées, à segments lobulés-dentés ; les supérieures à segments très étroits et écartés.

Fleurs blanches ou d’un blanc rosâtre, en ombelles de 3-6 rayons, paraissant en juin-juillet; involucre nul, mais involucelles unilatérales à 3 folioles. Les fleurs extérieures des ombelles ont les pétales externes très grands et rayonnants; dans celles du centre, ces pétales sont tous plus petits ; 5 éta-

(1) Elles manquent sur la figure.

mines. Fruits globuleux, surmontés des 5 dents du calice et des 2 styles (1).

Propriétés, usages. La plante a peu d'odeur étant enticre, intacte; mais si on l’écrase entre les doigts, surtout ses fleurs, elle répand une odeur prononcée, désagréable qu'on a comparée à celle de la punaise. Sa saveur est aromatique, piquante un peu fétide. Les semences sont la partie qu'on emploie. Leurs propriétés sont analogues à celles de l’anis et du carvi, c'est-à-dire qu'on en fait usage comme stomachiques, carminatives, anti-hystériques, ete.—Elles entrent dans la composition de l’eau de mélisse; servent de condiment dans l’art culinaire, et de correctif des médicaments désagréables.

La Coriandre rassemblée en grande quantité et fraiche exhale une odeur vireuse qui détermine des nausées, des maux de tête, et qui même n’est pas exempte de danger. Ladessiccation change ces qualités; la graine surtout, qui avait l'odeur de punaise, répand un arôme agréable, suave.

Infusion : 4 gr, par 500 gr. d'eau. — Cette infusion peut servir de base aux potions carminatives, ou de véhicule à la décoction de séné dont elle masque la saveur désagréable.

Poudre : 2 à 4 gr.

CRESSON DE FONTAINE. Sisymbrium nasturtium, L.

Cette plante, que toutle monde connaît, est de la famille des Crucifères, tribu des Arabidées (29%, D). Les fleurs sont blanches, disposées en grappes ; 4 sépales ovales-obtus, dressés ; 4 pétales égaux à onglets dressés, limbe étalé, entier, arrondi; 6 étamines tétradynames ; stigmate sessile sur un ovaire cylindrique aussi long que les étamines, ete. {mai-septembre).

Propriétés, usages. Le Cresson, presque sans odeur, a une saveur piquante, amère et qui n’est pas désagréable puisqu'on le mange en salade. C’est un stimulant, antiscorbutique, expectorant, dont les propriétés thérapeutiques sont analogues

(1) Ce fruit est représenté grossi, outre que la plante porte des semences, dont le volume naturel est celui du plomb à bouteilles,

à celles du cochléaria et du raïfort, mais beaucoup moins actives. Nous étendre davantage sur ses usages, ce serait répéter ce qui à été dit ou le sera sur ces deux dernières plantes : nous y renvoyons le lecteur.

Disons seulement que comme antiscorbutique, ilest tout-àfait populaire et le plus employé ; que comme tonique expectorant, il a joui d’une réputation aussi grande que peu fondée contre la phthisie pulmonaire.

Récolte. Le Cresson se trouve sur les bords des ruisseaux, des fontaines, dans les prairies humides ; on le cultive en grand aux environs de Paris. Étant vivace et feuillé en tout temps, il peut être eueilli en toute saison pour l'usage, Il est préférable cependant de l’employerau mois de mai. La dessiccation et l’ébullition lui font perdre ses propriétés. Celui que l’on vend à Paris comme aliment, eueilli avant la floraison, est d’une saveur moins prononcée que celui qui montre ses fleurs, et qui devrait être préféré pour les usages de la médecine.

PRÉPARATIONS, DOSES

Suc exprimé : 50 à 125 gr., comme antiscorbutique, = 30 à 60 gr., mêlé dans du lait chaud, comme expectorant.

On applique les feuilles pilées sur les ulcères scorbutiques, scrofuleux, sordides, pour les modifier, les déterger et amener leur cicatrisation.

Les sucs d'herbes sont préparés avec le cresson et d’autres plantes crucifères ou amères, telles que le cochléaria, la cardamine, la chicorée, la fumeterre, le pissenlit, le trèfle d’eau, ete,; on les donne à la dose de 30 à 60 et 100 gr. par jour.

Le Cresson de fontaine peut être remplacé par les espèces

du genre Passerage, qui sont la GRANDE et la PETITE-PASSERAGE, le cREssON ALÉNoIS (292, R). (V. ces mots.)

CRESSON DE PARA. Spilanthus oleracea, L.

Plante originaire du Chili, cultivée dans nos jardins où elle se propage avec facilité, de la famille des Synanthérées, tribu des Corymbifères (257). Les tiges, de 25 à 30 cent. de hauteur, sont rameuses, arrondies, portant des feuilles opposées, cordiformes, dentelées, glabres.

Fleurs jaunes en capitules gros, solitaires sur de longs pé-

doncules nus, paraissant de juillet en octobre. Involucre à 2 rangs de folioles étroites ; réceptacle conique, garni de paillettes ; fleurons hermaphrodites rouges au centre, jaunes à la circonférence.

Propriétés. Le Cresson de Para est doué d’une saveur piquante et âcre, manifeste surtout dans les fleurs qui sont antiscorbutiques , et sialagogues à la manière du pyrèthre, étant mâächées. Les feuilles peuvent être aussi employées seules ou mélangées avec celles du Cresson de fontaine ou des autres Crucifères.

On récolte les fleurs dans la saison où elles s'ouvrent; on les fait sécher à la manière ordinaire, et on les emploie soit en infusion, soit en poudre. Les feuilles s'emploient vertes, car sèches, elles ont peu d'action. La plante est d’ailleurs presque inusitée, quoiqu'elle ait des propriétés réelles. Le docteur Rousseau a vanté, dans un mémoire spécial, ses vertus antiscorbutiques, surtout quand il s’agit du scorbut de la bouche, et avant lui, Bahi, médecin honoraire du roi d'Espagne, l'avait conseillée pour remplacer le cochléaria dans les pays où ce dernier ne croît pas.

CROISETTE. Valantia cruciata, L.

Croisette velue, Caille-lait-Croisette, Vaillantie.

C’est une plante vivace du groupe des Rubiacées (245), à tiges presque couchées, simples ou peu rameuses, très velues, de 30 à 60 cent.; feuilles verticellées par 4 en croix, sessiles, ovales-obtuses, entières, très velues, d'un vert jaunâtre.

Fleurs petites, d’un jaune verdâtre, polygames, mâles et hermaphrodites mêlées, réunies en bouquets sur un pédoncule axillaire muni de 2 bractées, se montrant tout l'été : les mâles ont une corolle rotacée à 4 découpures, 4 étamines, pistil nul ou avorté; les femelles ont le tube de la corolle un peu plus long, 4 étamines et un style bifide.

Propriétés. La Croisette a peu d'odeur et est modérément amère et acerbe. Ses propriétés sont indéterminées, si toutefois on peut dire qu’elle en a de réelles, Cependant elle passe

pour vulnéraire, désobstruante et astringente. Chose singulière , on lui a attribué la vertu de guérir les hernies étant employée extérieurement. Serait-ce cette plante qu'emploieraient encore de nos jours certains prétendus guérisseurs d'efforts et de descentes?

Pour la récolte, il faut la chercher aux bords des chemins et des haies, dans les bois découverts, le long des fossés.

CUMIN. Cuminum cyminum, L. #

Plante d'Orient, cultivée dans le midi de la France, où elle est annuelle, appartenant à la famille des Ombellifères (248-49, H). Sa hauteur est de 20 à 25 cent.; tige rameuse, glabre, striée; feuilles composées ou découpées en lanières très menues.

Fleurs blanches, petites, en ombelles de 4 ou 5 rayons ; involucre de 4 folioles capillaires et bifides {juin}. Chaque fleur se compose d’un calice entier, d’une corolle à 5 pétales échancrés au sommet, de 5 étamines et de 2 styles persistants, etc.

Usages. On emploie les semences, qui sont ovoïdes, allongées, marquées de lignes prolongées en une pointe au sommet, et dont l'odeur est forte, fatigante, la saveur chaude, amère, désagréable. Leurs propriétés thérapeutiques sont celles de l’anis et du fenouil; par conséquent, nous renvoyons à l'histoire de ces plantes pour les applications.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (semences) : 2 à 4 gr. par kilogr. d'eau.

Poudre : 2 gr. dans du vin, du miel ou un électuaire.

On composait des cataplasmes avec cette graine; on appliquait celle-ci en sachets sur les engorgements froids des mamelles, des testicules.

On en injecte l'infusion dans le conduit auditif contre la dureté de l’ouie.

On composait un emplâtre de cumin qu’on appliquait sur la région épigastrique pour diminuer la faiblesse de l’estomac,

CYMBALAIRE, Antirrhinum cymbalaria, L.

La Cymbalaire croît dans les fentes des vieux murs humides et faits de grosses pierres de taille; appartenant à la famille des Scrophulariacées, genre Linaire (212, L); elle pré-

sente les caractères suivants : plante de 2 à 7 cent., vivace, à tiges couchées-pendantes, rameuses-diffuses ; à feuilles longuement pétiolées, la plupart alternes, épaisses, découpées en 5, 6 ou 7 lobes, rougeâtres en dessous. — Fleurs violettes ou d'un rose bleuâtre (mai-octobre); corolle tubuleuse, dont la gorge est complétement fermée par le palais qui est jaune ; éperon court et arqué; 4 étamines; 1 style. Capsule subglobuleuse.

La Cymbalaire à une odeur herbacée; une saveur amère, aigrelette-poivrée. On la conseillait comme vulnéraire-astringente; mais si elle à des propriétés médicales, elles sont plutôt antiscorbutiques.

DICTAME DE CRÈTE. Origanum dictamnus, L.

Dictamne, Origan de Crète,

Cette Labiée (249) n’est pas originaire de France, mais elle y est cultivée dans les jardins; elle mérite encore que nous en fassions mention à cause de sa célébrité dans l'antiquité. — Son histoire se complète d’ailleurs par celle de l'origan. (V. ce mot.)

Plante vivace de 30 cent. environ, à tiges branchues, rougeñtres et cotonneuses ; feuilles opposées, pétiolées en bas, sessiles en haut, ovales-orbiculaires, épaisses, cassantes et toujours vertes. — Fleurs purpurines, en épis terminaux un peu pendants, avec des bractées rouges, s’ouvrant dans les mois de juillet et août.

Propriétés, usages. Le Dictame de Crète a une odeur de thym et une saveur aromatique, piquante et un peu âcre. « Tonique et excitant, ainsi que la plupart des Labiées (220-214), il a été vanté comme propre à favoriser la digestion, à stimuler le système circulatoire, à provoquer les règles, l'accouchement, l'action des nerfs, vertus qu'il possède lorsqu'il est employé convenablement, mais qui pourraient deveoir fort contraires si on le mettait en usage dans le cas d’intoxication ou d'augmentation de l'énergie vitale : vérité applicable à tous les excitants, et qu'il est pour ainsi dire

surabondant de répéter pour chacun d'eux » (Mérat et Delens).

« La puissance des dieux ne suffisait pas pour guérir les blessures des simples mortels ; ils avaient recours aux vertus de cette plante. Vénus en cueillit sur le mont Ida pour panser les blessures de son fils Énée (Æneid., lib, x, v. 413). Les chèvres blessées se guérissaient en les mangeant, et cela suffisait même aux cerfs pour se débarrasser des flèches qu'ils avaient reçues et en guérir les plaies » (Gauthier, Man, des pl. médic.).

On peut récolter cette plante dans les serres, où on la cultive quelquefois ; mais ses propriétés sont beaucoup moins prononcées que celles du dictame qui nous est envoyé de Candie,et quiest d’ailleurs déformé par le voyage, la dessiccation, le frottement.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (feuilles) : L ou 2 fortes pincées par 500 gr. d’eau.

Poudre : 1 à 4 gr. <

Le dictame entre dans la thériaque, le diascordium, la confection d’hyacinthe, etc.

DORONIC. Doronicum pardalianches , L.

On trouve le Doronic dans les bois montagneux des Alpes. Il forme un genre de la famille des Synanthérées (237-40, K), et présente les caractères spécifiques que voici : plante vivace à tige de 6-10 décim., dressée, rameuse en haut, pubescente, feuillée dans toute sa longueur , feuilles sinuées, pubescentes, à pétiole poilu, les radicales très amples, ovales, les caulinaires amplexicaules, les moyennes à base large, les supérieures ovales-lancéolées. — Fleurs en capitules terminaux, grands ; fleurons tous jaunes, ceux de la circonférence rayonnants ; paraissant en mai.

Usages. Les auteurs différent d'opinion sur les propriétés de ce végétal, qui, étant voisin du genre Arnica, est supposé lui ressembler par ses vertus thérapeutiques. C’est sa racine que l'on a employée; elle est rampante, épaisse, fibreuse, brune en dehors, blanche en dedans, d’une odeur faible et

d'une saveur douccâtre. Elle a été considérée comme vénéneuse par les uns, comme alexipharmaque par d'autres, au contraire; ceux-ci l’ont vantée contre les vertiges, et ont supposé que les danseurs de corde en prenaient avant de s’exercer; ceux-là l'ont prescrite contre l’épilepsie, pour rappeler les règles, ete.; mais, en fin de compte, elle est aujourd’hui sans usages.

Le DoroNiIcUM PLANTAGINEUM est une espèce fort voisine qui croît dans les taillis montueux des environs de Paris, et dont on donne quelquefois la racine pour celle du Pardalianches.

Le Doronicum caucasrum, qui est fréquemment cultivé dans les jardins, se distingue des précédentes espèces par ses feuilles profondément dentées.

FRAXINELLE, Dictamnus albus, L.

Dictamne blanc, Fraxinelle d'Europe.

La Fraxinelle (pl. xxnr, 3) croît dans les bois élevés du midi de la France, et on la cultive dans beaucoup de jardins pour la beauté de ses fleurs.

Plante vivace du groupe des Rutacées, genre Dictamne (308, B), à tiges simples, cylindriques, de 45 à 60 cent. de hauteur; à feuilles alternes, très longues, imparipinnées, dont les folioles sont sessiles, ovales-aiguës, denticulées.

Fleurs blanches ou rouges, grandes, pédonculées, formant de longs épis, s’ouvrant en juin et juillet. Calice étalé, profondément divisé en 5 lanières lancéolées ; corolle de 5 pétales inégaux dont 4 supérieurs dressés et L inférieur; 10 étamines déclinées; style et stigmate simples. Fruit quinquéloculaire à 5 côtes saillantes.

Propriétés, usages. Toute la plante répand une odeur aromatique très prononcée, due à une huile volatile sécrétée par une multitude de petites glandes qui couvrent la partie supérieure de la tige, le calice et la corolle. « Dans les grandes chaleurs de l'été, l'huile volatile qui s'échappe de la plante forme autour d'elle une atmosphère que l’on peut enflammer en y plongeant une bougie allumée » (Richard).

Les fleurs ont une odeur forte, citronnée, que répandent aussi les feuilles lorsqu'on les écrase; la racine est amère, âcre et aromatique. On emploie l'écorce de cette dernière ; mais ses propriétés thérapeutiques étant appréciées d’une manière toute différente par les divers expérimentateurs, elle est tombée dans l'oubli. Storck l’a vantée dans les fièvres in- ‘termittentes, l’hystérie, l’épilepsie; ceux-ci, dans les scrofules, le scorbut, la peste; d’autres, dans les dyspepsies atoniques, etc. En définitive, cette plante est tonique-stimulante et peut être utile dans les cas où sont indiqués les stomachiques et les cordiaux.

Récolte. L’écorce de la racine de Dictamne blanc{et non Dictame) vient des départements ou des contrées qui produisent naturellement la plante, et où on la recueille au printemps et à l’automne. Cette écorce sèche est assez épaisse, roulée sur elle-même, blanchâtre, d'une odeur et d'une saveur plus prononcées que la partie ligneuse.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion [écorce de la racine) : 8 à 16 gr. par kilog. d’eau.

Poudre : 4 à 8 gr.

Teinture (alcool, 500 gr.; racine, 60 gr.) : à prendre par cuillerées {Storck).

Quand on prescrit les feuilles de dictamne, c’est toujours du dictame de Crète que l’on parle, et non du dictamne dont nous venons de faire l’histoire.

FENOUIL. Anethum fœniculum , 1.

Aneth ou Anis doux, Aneth-Fenouil, Fenouil des vignes.

Le Fenouil {pl. xxxvm, 3) croît en Italie et dans les terrains pierreux du midi de la France; on le cultive dans les jardins, les vignes, etc.

Plante vivace de la famille des Ombellifères, genre Aneth (248-49, G), ayant de 1 à 2 mètres de hauteur, des tiges dressées, nombreuses, fistuleuses, rameuses, lisses et glabres ; des feuilles découpées en lanières très étroites, à divisions principales opposées, à pétiole embrassant la tige par une membrane large. Souche épaisse.

Fleurs jaunes, petites, en ombelles terminales de nombreux

rayons inégaux, dénuées d'involuere et d’involucelles, se montrant en Juin et Juillet, Corolle à 5 pétales entiers, arrondis, roulés et repliés en dessus ; 5 étamines plus longues que les pétales; 2 styles courts. Columelle bipartie; fruits allongés et striés. |

Propriétés, usages. On emploie la racine, mais surtout les graines, qui ont une odeur aromatique, forte, agréable, une saveur sucrée un peu âcre, comme excitantes, carminatives, emménagogues et apéritives. Ce que nous avons dit des usages de l’anis s'applique entièrement au Fenouil. Nous ajouterons seulement que ce dernier passe pour augmenter la sécrétion laiteuse chez les nourrices. « Nous pourrions citer, dit Bodard, plusieurs exemples de mères qui, manquant de lait, étaient sur le point d'abandonner leur enfant à un lait étranger, et chez lesquelles nous avons rétabli la sécrétion de ce fluide précieux par une infusion théiforme de semences de fenouil édulcorée avec un peu de réglisse verte. »

Récolte. La racine de Fenouil se récolte en septembre; elle est allongée, de la grosseur du doigt, et presque sans odeur à l’état sec. Les feuilles restent vertes après la dessiceation ; les semences conservent leur odeur forte et leur saveur piquante.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (semences) : 15 à 30 gr. par kilog. d'eau.

Poudre : 1 à 4 gr.

Décoction (racine) : 30 à 60 gr. par kilogr. d’eau.

Eau distillée : employée en collyre.

Huile essentielle : 5 à 6 gouttes.

« Arnauld de Villeneuve recommande l’usage de la yraine de fenouil pour conserver et pour rétablir la vue : Tragus est de ce sentiment. Appliquées sur les tempes des enfants, elles leur procurent du sommeil » (Chomel),

FENOUIL PUANT. Anethum graveolens, L.

Aneth odorant, Fenouil bâtard Cette plante a tant d'analogie avec la précédente qu'on a

confond très souvent avec elle. Elle s'en distingue cependant par sa racine grêle, sa tige solitaire ct ses fouilles supérieures

dont la partie engaïînante est beaucoup plus courte que la partie qui porte les segments, outre qu’elle n’a pas un demimètre de hauteur.

Quant à ses propriétés, ce sont encore celles de l’anis et du fenouil, sauf que son odeur est moins agréable. Ses semences sont stomachiques, antiventeuses ; on les considère aussi comme propres à augmenter le lait des nourrices ; enfin on leur accorde une légère action narcotique qui ne jouerait pas le moindre rôle dans leurs succès contre les coliques, les vomissements, le hoquet. Cette plante ne croît pas en France et n’y est que rarement cultivée et usitée.

IMPÉRATOIRE. Imperatoria ostruthium, L.

Impératoire des Alpes ou des montagnes, Benjoin français, Otruche, Ostrute.

Cette plante {pl. xxxix, 2), de la famille des Ombellifères (248-535, C), croît dans les pâturages montagneux du Midi, où elle est vivace, et se présente avec des tiges fortes, dressées, creuses, glabres, de 30 cent. de hauteur environ; des feuilles peu nombreuses, les radicales grandes, à long pétiole, divisées en trois parties composées chacune de 3 folioles, les supérieures à court pétiole membraneux à la base : toutesovales, trilobées, dentées, glabres et d’un vert peu foncé. Racine longue, grosse, tuberculeuse.

Fleurs blanches, en ombelles assez grandes, terminales, paraissant aux mois de juillet et août. Corolle de 5 pétales réfléchis en dedans; 5 étamines; 2 styles à stigmate arrondi, etc.

Propriétés, usages. L'Impératoire est peu odorante, mais ses semences et sa racine le sont davantage ; leur saveur surtout est chaude et très aromatique. Cette racine jouit de propriétés toniques-stimulantes assez énergiques, et cependaut elle est pour ainsi dire abandonnée. « Pourquoi, se demande Roques, est-elle tombée dans l'oubli, lorsqu'on pourrait l'employer avec tant d'avantage dans l’hystérie, la fièvre tierce, les flatuosités et l’aménorrhée asthénique; pourquoi lui voiton préférer tous les jours des plantes herbacées, inodores ou

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insipides!» Ce n'est pas nous qui chercherons une explication à l'inconstance des hommes ; mais nos lecteurs en seront encore plus frappés si nous leur disons que cette même racine avait été proclamée par Hoffmann le divinum remedium.

On récolte la racine d’'Impératoire l'hiver pour la conserver, Elle est du volume du doigt, renflée et comme tuberculeuse de distance en distance, charnue, brune, rugueuse, marquée de sillons en travers, donnant naissance à des radicules secondaires. On la fait sécher après l'avoir coupée par rouelles, Celle qu'on trouve dans le commerce vient de l'Auvergne ordinairement.

PRÉPARATIONS , DOSES

Décoction : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau.

Poudre : 1 à 2 gr. comme tonique; 2 à 6 gr. comme fébrifuge.

On mâche cette racine comme sialagogue.

IVETTE, Teucrium chamæpitis, L.

Germandrée-Ivette, Petite-Ivette,

L'Ivette {pl. xxxix, L) est une Labiée du genre Germandrée (249, F}, qui croît dans les champs sablonneux, secs et arides.

Plante annuelle de 10 à 16 cent., à tige dressée oucouchée, selon les lieux où elle croît, rameuse, rougeñtre, tétragone, poilue sur deux de ses faces, qui alternent à chaque articulation. Feuilles opposées alternativement en croix, les inférieures très allongées, les supérieures très rapprochées, toutes velues, divisées en trois lobes étroits.

Fleurs d'un jaune clair, petites, verticillées à l’aisselle des feuilles, s’ouvrant en mai-juillet et août. Calice anguleux, un peu renflé , à 5 dents aiguës ; corolle unilabiée à tube très court; 4 étamines didynames saillantes; 1 style à stigmate bifide.

Propriétés, usages. Odeur aromatique qui rappelle celle du pin ; saveur très amère, aromatique et résineuse, action stimulante qui se porte principalement vers la peau, telles sont les propriétés de l'Ivette. Quant à ses usages, ils consistent principalement à combattre la goutte et les rhumatismes chroniques, Cette plante à été considérée encore comme désob-

struante, antispasmodique, emménagogue, etc. ; mais elle est peu employée aujourd’hui.

PRÉPARATIONS, DOSES

On peut employer l’infusion, la poudre et l'extrait aux mêmes doses que la germandrée, qu’elle peut remplacer du reste.

Elle faisait partie de la poudre de Portland, dont la réputation comme antigoutteuse était immense.

L'IvETTE MUSQUÉE | T'eucrium iva) se distingue de la précédente par ses feuilles ovales, dentées , plus velues; ses fleurs roses; son odeur plus aromatique, etc. Elle croît dans le midi de la France. On l'estime céphalique, antispasmodique, propre à remplacer la germandrée-ivette. Inusitée d'ailleurs.

LAVANDE. Lavandula vera, D. C.

Lavande officinale ou vulgaire, Lavande des jardins.

Nous avons à parler de trois variétés de Lavande, qui toutes sont très aromatiques et originaires du midi de la France. Celle dont nous nous occupons pour le moment {pl. xxxIx, 4) est surtout cultivée en bordure dans les jardins.

Plante vivace de la famille des Labiées (219, I), à tiges de 3-6 décim., ligneuses à la base, rameuses, rapprochées en touffes [1] feuillées en bas, nues en haut. Feuilles opposées, sessiles, étroites-oblongues , s’arrêtant sur la tige bien audessous de l'épi florifère.

Fleurs bleues ou violettes, disposées en verticilles ou glomérules de 3-5 qui forment des épis grêles, interrompus à la base, et qui sont munis de 2 bractées étroites (juin-septembre). Calice bleuâtre, tomenteux, à dent supérieure prolongée en un appendice en forme d’opercule; corolle à tube saillant hors du calice, à lèvre supérieure bilobée; l’inférieure trilobée à lobes presque égaux (2); 4 étamines incluses, les inférieures plus longues; style filiforme de la longueur du tube,

{1} Une seule est figurée, (2) Le lobe moyen, sur la figure, a été divisé en deux; ainsi que le tube, pour faire voir les étamines.

sur un ovaire quadrilobé qui se convertit en 4 petits akènes lisses, oblongs.

Propriétés, usages. Les Lavandes répandent une odeur arowatique très agréable, ont une saveur amère et chaude. Ce que nous avons dit des usages des Labiées en général leur est spécialement applicable (220 24).

Cette plante est tonique-stimulante; et bien qu’elle s’emploie plus souvent comme parfum que commemédicament, on la recommande dans les affections atoniques, serofuleuses; dans la chlorose, l'aménorrhée, les vapeurs, les spasmes, l'hystérie; dans les écoulements muqueux entretenus par une faiblesse générale, tels la bronchite chronique, l’asthme humide , la leucorrhée, ete.

A l'extérieur, la Lavande est mise en usage comme stimulante-résolutive. On en prépare des bains aromatiques, des sachets qu'on applique sur les engorgements atoniques, et sur lesquels on pourrait coucher les enfants scrofuleux pour les fortifier. La teinture alcoolique a été employée en gargarisme contre la paralysie de la langue et le bégaiement; l’on prescrit son eau distillée plus ou moins additionnée d'alcool, en lotions, sur les boutons de la couperose et de l'acné, pour en opérer la résolution. — C’est cette plante que l’on vend dans les rues de Paris pour mettre dans les garde-robes dont elle masque l'odeur, et dans les armoires parmi les hardes pour les préserver des teignes par la force de son arôme.

Répétons ici que les plantes stimulantes, les Labiées en général, la Lavande en particulier, ne doivent pas être admiuistrées à l'intérieur lorsqu'il existe de la chaleur à la peau, de la réaction générale ou locale, une certaine irritabilité des tissus, une disposition aux eongestions vers la tête, de la soif, de l'inflammation à l'estomac, ete.

Récolte. On doit la faire avant l'épanouissement des fleurs, si l'on veut que la plante jouisse de toutes ses propriétés, qui persistent après la dessiccation, et qui sont plus prononcées lorsque la culture du végétal a lien dans un terrain sec et aride.

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