‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 121 sur 177 · MÉDICATION STIMULANTE. : 467 PRÉPARATIONS, DOSES · texte numérisé non relu

MÉDICATION STIMULANTE. : 467 PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion [sommités] : 4 à 8 gr. par kilog, d’eau; — 15 à 30 gr., pour lotions, fomentations.

Eau distillée : 30 à 100 gr. en potion. — Elle sert aussi pour la toilette comme cosmétique.

Teinture alcoolique : 1 à 4 gr.et plus en potion.

Huile essentielle : 5 à 10 gouttes en potion. — On se sert de cette huile, surtout de celle qu’on retire dela lavande stœæchas, pour tuer les poux : on en graisse un papier brouillard que l’on applique sur la tête des enfants. — La même huile, dit Chomel, mêlée avec celle de millepertuis et de camomille, fait un excellent liniment pour les rhumatismes, la paralysie et les mouvements convulsifs.

La Lavanne-Spic (Lavendula spica) (pl. xxxix, 5), encore appelée Grande-Lavande, Lavande mâle, Aspie, Faux-Nard, diffère très peu de la précédente, dont elle se distingue surtout par ses bractées linéaires, par une odeur etunesaveur plus prononcées, partant par des propriétés plus actives. Du reste, les usages sont les mêmes pour les deux espèces. C’est dela Lavande-Spic qu'on retire l'huile volatile connue sous le nom d'huile de spic, par corruption huile d'aspic, laquelle est jaunâtre, âcre, chaude, aromatique, d'une odeur pénétrante, contenant beaucoup de camphre, employée en médecine, dans l'art vétérinaire surtout, et dans les arts industriels.

La Lavanpe-SræœcHas, nom qui lui vient de ce qu'elle croît aux îles Stœchades (ou Hyères), est réputée antispasmodique, emménagogue, expectorante. Elle entre dans le sirop de stæchas, employé dans les affections de poitrine avec embarras des bronches et de la respiration ; dans la fhériaque, le mithridate, etc.

LAURIER. Laurus nobilis, L.

Laurier d’Apollon, Laurier ordinaire, Laurier franc, Laurier-Sauce,

Originaire des contrées orientales de l'Europe, le Baurier (pl. xiv, 2) s'est naturalisé dans le midi de la France et se eultive dans tous les jardins. Genre type des Lauracées (477), il présente les caractères suivants :

Arbre toujours vert, à tige dressée, rameuse ; à feuilles al-

ternes, ovales-aiguës, entières, d'un vert persistant, plus vif en dessus qu’en dessous.

Fleurs d'un jaune blanchâtre ou herbacé, dioïques : fleurs mâles en petits faisceaux munis chacun de 4 bractées caduques, ayant le calice à 4 divisions profondes , 12 étamines, sans pistil; fleurs femelles formant aussi de petits capitules involucrés, avec un calice turbiné à 4 divisions, un style épais et court, recourbé, sur un ovaire uniloculaire et uniovulé : les étamines semblent remplacées par 4 appendices alternes. Drupe ovoïde, un peu charnue.

Propriétés, usages. Les feuilles et les baïes du Laurier sont les parties qui ont été employées. Les premières sont douées d'un arôme balsamique et d’une saveur aromatique chaude, amére et piquante ; lorsqu'on les brûle, elles répandent une fumée d’une odeur suave. Elles sont réputées stomachiques, carminatives et antispasmodiques ; partant elles conviennent dans les débilités de l'estomac, les flatuosités, la gastralgie, ete. On les à proposées dans beaucoup d’autres maladies, mais nous devons le dire, les observateurs n’ont rien publié qui mérite confiance à cet égard. = En sorte que le Laurier n’est guère usité que pour aromatiser les mets de haut goût, lesquels ne peuvent convenir aux estomacs irritables.

Les fruits ou baies du Laurier possèdent des propriétés encore plus prononcées que les feuilles; elles sont dues à une huile volatile contenue en grande quantité dans leur péricarpe. L'amande fournit de son côté une huile grasse verdâtre, semisolide,donton se sert pour embrocations résolutives.Cequel'on délivre généralement dans le commerce pour de l'huile de Laurier, c'est tout simplement de la graisse de porc colorée en vert et rendue aromatique par la macération des feuilles de Laurier et de Sabine réduites en pulpe.

Terminons en disant que, dans l'antiquité, le Laurier était consacré au dieu de la poésie et des arts, d'où son nom de Laurier d'Apollon; et qu'alors, comme de nos jours encore, on en ceignait le front des vainqueurs et des héros.

RC MEDICATION STIMULANTE.

PRÉPARATIONS, DOSES

Infusion (feuilles) : 10 à 15 gr. par kilog. d’eau. — (baies) : 4 à 10 gr. pour même quantité d’eau. Huile essentielle : 1 à 10 gouttes, en potion. Huile exprimée : quantité suffisante en frictions.

LIiVÈCHE. Ligusticum livisticum, L.

Angélique à feuilles d’ache, Ache des montagnes, Séséli,

La Livèche (pl. xxxix, 3) habite les montagnes du midi de la France, et est cultivée dans les jardins. Appartenant aux Ombellifères (248-49, E), elle offre les caractères que voici :

Plante de près de 2 mètres, à tiges dressées, creuses, glabres, peu rameuses ; à feuilles grandes, deux fois ailées, composées de folioles incisées ou même lobées, à grandes dents pointues, planes, luisantes en dessous et d’un vert peu foncé. Racine grosse, branchue, etc.

Fleurs jaunâtres , en ombelles terminales, avec involucre et involucelles de plusieurs folioles, se montrant en juin. Calice 5-denté ; corolle à 5 pétales entiers roulés en dedans au sommet; 5 étamines ; 2 styles.

Propriétés. La Livèche a beaucoup d'analogie avec l’ache et le céleri par son odeur surtout et sa saveur qui est assez agréable. On emploie la racine comme stimulante et carminative : « On la recommandait autrefois dans les cas de digestions difficiles, lorsque l'estomac avait besoin d’être fortifié . On l’a crue pendant longtemps un remède spécifique contre la Jaunisse.

« On à vanté l'usage de ses feuilles, prises intérieurement comme un excellent moyen de rétablir les évacuations menstruelles supprimées. Mais aujourd’hui, sous aucun rappor t.

on ne fait plus usage de la Livèche. — On assure que ses feuilles mêlées avec le fourrage guérissent ia tonx aes bes. tiaux » (Loiseleur Deslonchamps). ,

Il est inutile de parler de la récolte d'une plante si peu employée. Disons cependant que c’est sa racine que l’on vend dans les pharmacies sous le nom de racine d’ache.

PRÉPARATIONS , DOSES

Infusion (racine) : 10 à 15 gr. par kilog. d’eau. — (semences) : 6 à 12 gr. par kilog. d’eau.

MARJOLAINE. Origanum majorana, L.

Marjolaine des jardins, Marjolaine d'Angleterre, Marjolaine sauvage, Grand-Origan.

Plante vivace, de 30 cent. environ, de la famille des Labiées (249), àtiges dressées, fermes, grêles, très rameuses, pubescentes, anguleuses ; feuilles petites, opposées, ovales-obtuses, velues, d'un vert blanchâtre.

Fleurs blanches ou rougeâtres, petites, en épis courts et terminaux qui forment corymbe dans leur ensemble; calice à 2 divisions; corolle comme celle de l'origan [V. ce mot); étamines à anthères panachées de rouge, etc.

Propriétés. La Marjolaine a une odeur aromatique très prononcée, une saveur chaude un peu âcre. Elle a joui d’une grande réputation dans le traitement des maladies du cerveau et des nerfs; on la faisait entrer dans une foule de-préparations officinales qui ne sont plus en usage ; sa poudre est un sternutatoire puissant, etc. Pour plus de détails, nous renvoyons à l'histoire de l’origan, dont elle possède les propriétés.

Quant à sa récolte, on ne peut la faire que dans les départements méridionaux, où elle croît spontanément, à moins qu'on ne se serve de la plante cultivée dans les jardins, ce qui a presque toujours lieu d’ailleurs.

MARUM. Teucrium marum, L.

Germandrée maritime, Petite-IHerbe-aux-Chats.

La Germandrée maritime est un sous-arbrisseau Vivace du ia de la France, où elle croît dans les lieux stériles, aux iles d'Hyères, ete. Elle appartient aux Labiées, genre Germandrée (219, F), et présente les caractères spécifiques suivants : tiges dressées, nombreuses, grêles, rameuses, cotonneuses et très blanches, atteignant rarement 35 cent; feuilles

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