PLANTES STERNUTATOIRES
Les plantes de cette classe sont assez nombreuses, si on les considère sous le rapport spécial de l’action irritante qu’elles peuvent exercer sur les fosses nasales; mais si on les envisage sous d’autres points de vue, leur propriété sternutatoire se montre trop limitée dans ses applications pour qu’on les sépare des autres groupes, où elles sont plus employées comme émétiques ou purgatives, comme irritantes ou vésicantes, ou même comme narcotiques. Le Tabac, l'Euphorbe, le Cabaret, \ Hellébore, le Muguet, la Marjolaine, la Bétoine, la Ptarmique, etc., sont réputés sternutatoires. Nous n'avons à parler que des deux dernières plantes, que nous avons oubliées plutôt que réservées pour cette elasse.
Il est inutile de faire remarquer que l’ammoniaque, le chlore, les acides en général, les gaz irritants, les moyens mécaniques, comme le chatouillement de là luette, les corps étrangers, ete., sont très propres à provoquer la sternutation.
Po
BÉTOINE. Betonica officinalis, L.
Cette Labiée (249, M) croît dans les taillis, sur la lisière des bois, où ses fleurs se montrent tout l'été,
Plante vivace de 30 à 60 cent. [pl. Lv, 4), à tige simple, droite, carrée, raide, pubescente, ne portant qu'une ou deux paires de feuilles {opposées) dans ses deux tiers supérieurs. Feuilles la plupart radicales, à très long pétiole, ovalesoblongues, cordées à la base, à dentelures mousses, ridées, un peu velues ; les supérieures plus étroites, à court pétiole, puis subsessiles. Racine noueuse, brunâtre, de la grosseur du petit doigt, munie de beaucoup de fibres.
Fleurs purpurines, en verticilles très rapprochés, formant un épi serré, interrompu (juin-septembre). Calice tubuleux, poilu en dedans, à dents acérées; corolle bilabiée, à tube allongé, beaucoup plus long que le calice : lèvre supérieure
entiere, dressée; l'inférieure presque plane, à 3 lobes, 2 latéraux petits et arrondis, un moyen plus grand, entier. Etamines 4, didynames, plus courtes que la corolle, presque cachées par les poils glanduleux de celle-ci; anthères noirâtres. Ovaire quadrilobé, glabre; style. simple , stigmatesbifide. Quatre semences brunes au fond de.
Propriétés, usages. Odeur aromatique faible ; saveur amère, légèrement acerbe et comme salée. Cette plante est stimuus Elle à jadis été employée pour guérir la pulñonie, la paralysie, la rage, mais évidemment elle a été, comme tant d'autres, l'objet d’un engoûment que rien ne légitime. Au- Jourd'huï elle est tout-à-fait négligée. Cependant sa racine est émétique et purgative ; ses feuilles et ses fleurs ont été mises en usage à titre de sternutatoires ; et les seules préparations qu'on en fasse, c'est une poudre que l’on prise, seule ou mêlée avec d'autres poudres ptarmiques, pour combattre les maux de tête nerveux. Lé
On peut récolter la Bétoine pendant toute la belle saison ; elle à plus de force néanmoins lorsqu'elle est soumise à la dessiccation avant la floraison.
PTARMIQUE. Achillea plarmica.
Achillée ptarmique, Herbe à éternuer.
Plante tiges de 40 à 80 cent., dressées, simples, rameuses en haut; feuilles linéaires-lancéolées, très finement dentées, sessiles, glabres.. Famille des Synanthérées, genre Achillée (257-40, T).
Fleurs blanches en capitules disposés en corymbes terminaux, irréguliers ; demi-fleurons au nombre de 8-12; involucre hémisphérique à folioles entourées d'un rebord scarieux, brunâtre (juillet-septembre).
Propriétés. Cette plante est douée d'une odeur aromatique et d'une saveur âcre. Ses feuilles ontune analogie d'action avec celles de la Pyrèthre; ses racines mâchées provoquent l'éternûment et la salivation.
Elle croit aux lieux humides. On cultive quelquefois sous
MÉDICATION SIALAGOGUE. 659
le nom de Bouton-d'Argent une variété de cette espèce à fleurons tous ligulés (demi-fleurons).
SIALAGOGUES OU MASTICATOIRES.
2° À ; Les Sialagogues sont à substances qui, introduites dans . la boucheet soumises ou non à la mastication, augmentent les À flux salivaires et muqueux de cette cavité.
L'augmentation provoquée de ces liquides a pour but: 1° de remédier à une affection des parties glanduleuses ou membraneuses de la bouche, à l'engorgement et à l'infiltration de la glande parotide, par exemple, en produisantune expuition plus grande du fluide qu'elle sécrète, pourvu que cet engorgement tienne au manque de vitalité et de tonicité ; 2° d'opérer une sorte de dérivation propre à détourner un état fluxionnaire siégeant aux yeux, aux oreilles, au nez, au cerveau, au larynx, au pe non même, à remédier à la paralysie de la langue, à la migraine , à la céphalalgie, au rhumatisme des enveloppes du crâne, etc.
Ilne faut pas confondre les Sialagoques avec les Salivants : ces derniers, qui sont fournis par les préparations mereurielles, sont donnés moins pour produire la salivation que pour agir soit spécifiquement sur le virus syphilitique, soit comme altérants dans certaines affections plus ou moins graves, telles que le croup, Le rhumatisme aigu, la péritonite, la pleurésie, la fièvre cérébrale, dans lesquelles alors la salivationtémoigne de l'intolérance de l'économie pour le remède.
Les Sialagogues sont des stimulants aromatiques ou des irritants plus ou moins âcres. Parmi les premiers sont les racines d’'Angélique, de Livèche, 4 Impératoire, etc. ; parmi les seconds nous trouvons le Tabac, la Ptarmique, la Passerage, la Pyréthre, le Raifort, le Cresson de Para, ete. Toutes ces plantes ont été étudiées ou le seront, et nous y renvoyons le lecteur.
Nous n'avons pas cité les plantes exotiques, telles que le Cardamome, le Bétel, le Poivre, le Gingembre, ete., qui sont des masticatoires puissants, mais très rarement employés, ainsi du reste que les masticatoires indigènes.
è 660 PLANTES MÉDICINALES.