‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 139 sur 177 · PLANTES ANTI-APHRODISIAQUES · texte numérisé non relu

PLANTES ANTI-APHRODISIAQUES

Comme, en thérapeutique, on n’a pas établi une classe Spéciale de médicaments anaphrodisiaques, et que cependant il est des agents qui semblent calmer les désirs vénériens, du

moins qui ont Joui de cette réputation, tels que l'Agnus castus et le Nénuphar, nous ne trouvons pas de moment plus favorable pour parler de ces plantes que celui où nous venons de donner la définition des aphrodisiaques. — Il est d’autres substances qu’on a considérées comme susceptibles d’amortir les feux de la concupiscence : telles sont les semences froides des Cucurbitacées, les acidules, les mucilagineux, le Lupulin (V: Houblon), la Grande-Ciquë [(V. ces mots).

AGNUS CASTUS. Vitex agnus castus, L.

k Gattilier, Poivre sauvage, Petit-Poigre.

Arbrisseau de la famille des Verbenacées (215, B), + à tronc nu du bas, ou en buisson formé de beaucoup de branches flexibles, carrées, un peu pubescentes, rougeñtres aux extrés mités; feuilles ressemblant au chanvre, gpposées, pétiolées, à 5-7 folioles allongées, pointues, entières, cotonneuses en dessous avec une nervure moyenne sur les deux faces.

Fleurs violettes ou purpurines, er. es, en épis nus, terminaux (juillet-août). Calice court, 5-denté, cotonneux; corolle à tube deux fois plus long, limbe à 6 découpures inégales ; 4 étamines didynames saillantes ; filets à 2 stigmates, ete.

Propriétés, usages. Odeur aromatique forte, agréable; saveur amère, âcreet comme poivrée, les semences possèdent ces qualités encore à un plus h: aut degré. Elles enbprrticulièrement employ és, le rait-on, pour émousser les désirs vénériens, malgré Heur # n iérita lement stimulante. Mais autrefois les préjugés, ee e absurde tradition, décidaient des vertus qu'il fallait is uer aux plantes. Il serait curieux cependant de pouvoir remonter à l'origine de cette croyance qui s'était emparée des femmes d’ Athènes, qu'en formant leur couche avec des feuilles d' Agnus*castus, elles deviendraient plus fortes dans la chasteté.

Nous ne dirons rien de la récolte du Gattilier,si ce n'est qu'il croît naturellement dans les lieux humides, le long des courants d'eau dans le midi.de la France, et que, dans jes autres parties, on ne l’obtient que par la culture.

a NÉNUPHAR. Nymphœa alba, L.

Nénuphar blanc. Lis des étangs, Blanc d’eau, Volet, Lune d’eau, Baratte, etc. ”

Planteaquatique, vivace, du groupe des Nymphéacées(298, A), à rhizome souterrain, rameux, donnant naissance à des tiges, ou mieux à des pétioles ie qui conduisent chacun à la surface de l’eau une feuille grande, ‘arrondie-cordiforme, à limbe

coriace et entier. dE

Fleurs blanches, très grandes (pl. xx, 4), solitaires, nageantes au haut d'un gros pédoncule (juin-septembre]: Calice à 4 sépales libres, herbacés ou colorés; corolle à pétales très blancs, au nombre de 15 environ, insérés sur deux rangs au moins sur toute là surface externe et inférieure de l'ovaire: és intérieurs plus courts et paraissant finir en se changeant en étamines. Celle#ei, en nombre indéfini, hypogynes, paraissent quelquefois *s'insérer à la surface de l'ovaire par la soudure de leur N | inférieure avec un disque très developpé. Stigmate sessile. Fruit ressemblant assez à une capsule de pavot.

Propriétés, usages. Odeur presque nulle dans les fleurs, désagréable dans les feuilles ; :éellés-ci ont une saveur un pd nées moins prononcée es la racine. Cette racine contient une Eha e quantité de fécule, unie à unprincipe un peu âcre et ne Ses proprié aie nenteuses sont mal déterminées : c’est un astringent ] pour r les uns, un rubéfrant pour d’autres; quelques aute is prétendent ‘avoir arrêté des fièvres intermittentes en en appliquant dé hes épaisses et fraîches sur la Ft nte des pieds.

Les fleurs paraissent posséder une vertu narcotique et sédative. Depuis la ré quité on leur a attribué une action anti-aphrodisiaque qui les a fait employer pendant longtemps dans les cloîtres et les « nts pour réprimer les désirs vénériens, et même, préténdfit-on, pour abolir la fa-

culté génératrice. Cette erreur, comme tant d’äutres, s’est

dissipée au flambeau de l'observation et des connaissances physiologiques.

LA

Page 1