L LT
Récolte. Elle peut se faire en toute saison pour la racine, qui est très grosse, et que l’on coupe par rouelles pour la sécher, Les feuilles se ent dans leur temps; leurs propriétés disparaissent presque entièrement après la dessiccation. Où n’emplôié de nos jours ni les graines ni les feuilles.
PRÉP ARATONS ; DOSES.
vu Décortion (racine) : 15 à 30 gr. par kil d’eau. On peut doubler la % Surww
si on emploie la racine sn
Sirop (deurs) : : c’est le sirop de nymphœa, employé comme émollient, calmant,
CRE ‘vs EM
Le Nénuprar JAUNE [Nymphœwa lutea) est plus petit; il a 5 ot au lieu de 4; ses pétales sont jaunes ; il habite plutôt les eaux courantes. Du reste, il possède les mêmes propriétés que le Nénuphar blanc. D 1 " LC ON Asxcrrateurs OU TÉTANIQUES.
Les médicaments désignés sous ce nom sont des stimulants énergiques dont l’action se porte sur les centres nerveux {moelle épinière, , cerveau), et qui donnent lieu à des contractions musculaires spasmodiques, brusques, passagères, parfois d’une grande violence. On emploie les agents excitateurs, dont le nombre es T'AS très +2. arms pour du la motilité den, araly r r mouvement ou augrnenter $ fo À il t distinguer les’ cas. Si la j araly ie dé jend. d'une ls, cérébrale où
spinale, lésion ique, matéric of dit, dépendante soit d’un “hémorrhagie, “soit Fe nrntion ou d'une violence extérieure, ete., les D ne éolivien-
dront pa tant qué cette même altération matérielle ne sera pas guérie, tant que l'épanchement ne sera pas résorbé ou la déchirure de la pulpe nerveuse cicatrisée, Dans les paralysies Féputécs idiopathiques sine materia, selon le lang: des auteurs, telles que celles qui surv ienne@iuoldieé Ré ché les hystériques et los cataleptiques chez les individus soumis à certaines émanations fortement édorantes, où qui travaillent,
manient le plomb, comme les fabricants de blane de céruse, les
«ee MÉDICATION TÉTANIQUE. 667 peintres en bâtiments, etc., dans ces sortes de paralysies, disons-nous, les excitaturé peuvent être employés dès le début, à moins de contre-indication particulière du côté des voies digestives, et ils y produisent généralement de bons*effets ; tandis que, dans les cas précédents, leur utilité"est toujours très bornée et même contestable, lors même que l’on a lieu de croire dissipés les désordres matériels dont elles étaient la
conséquence. Se Le Les médicaments excitateurs, MER Eption du p 48 qui peut entrer en effet dans cette catégorie, sont foi ur par le règne végétal; ils nous viennent des Indes ou du Na Monde. Tels sont la Noix vomique, la Fève de Suint-Ignace, le Bois de Couleuvrée et l'Upas tieuté, qui font partie des Apocynées (204)et dontles principes actifs, nommés strychnine et bru-
ne constituent des poisons d'une extrême activité.
* Quant à nos plantés indigènes, il n’y a guère que le Seigle ergoté et l'Arnica qui produisent quelques effets analogues à ceux des tétaniques; mais il en a été question ailleurs. Restent les Sumacs [(Rhus toxicodendron et Rhus râdicans) qui, bien que végétaux exotiques p peuvent trouver place i ici, par la raison qu'on les cultive soit dans le midi de la France, soit dans les serres. N
SUN NENENEEX, Rhus toxicodendruin » L.
Les deux espèces m ionnées par Linné sous les noms de Rhus radicans et. Khus toxicod jendron, groù edes Térébinthacées (277), n’en form ent qu’ une S\ ule pour à description dans les auteurs mot ernes : < ,ily a cette différence que dans la première les folioles sont glabres, tandis qu'elles sont
pubescentes dans la SR + va enant à une grande h 1 dans
Arbrisseau dioïque D:
son pays natal (Virginie, Canada); mais, dans notre climat, n'ayant que desst rampantes Ps én nombreux r'ameaux grimpants qui s’attachent aux arbres au moyen de sortes de sucçoirs. Feuilles alternes, longüement pétiolées, trifoliées, à folioles ovales entières, les deux latérales à court pétiole partiel.
ni EL DE 4 % 4
66e #4 PLANTES MÉDICINALES.
Fleurs verdâtres, petites, dioïques (pl. xx1, 1), en petites grappes axillaires dressées (juillet-août). Les fleurs mâles, beaucoup plus grandes que les femellés, se composent d’un e calice petit 5-parti ; corolle à 5 pétales ovales, plus longs que les sépales, recourbés en dehors de la fleur; 5 étamines saillantes, insérées au pourtour d'un disque périgyne ; fleurs femelles, 3-4 fois plus petites ; 1 ovaire globuleux uniloculaire, entouré d’un disque, périgyne ; style court trifide. Petite drupe : un seul noyau uniloculaire et monosperme. Î
Propriétés, usages. Cet arbrisseau a des qualités nuisibles ? Il suffit de toucher ses feuilles pour que la main se couvre d’ampoules en peu de temps, tant est âcre le sue blanthâtre et résineux qu'elles contiennent; les émanations elles-mêmes occasionnent des accidents très graves, déterminent une éruption pustuleuse sur tous le corps des personnes qui y sont exposées pendant quelques instants, ete. Orfila a reconnu pa ses expériences que les feuilles et l'extrait du Sumae vénéneux, ingérés dans l'estomac, agissent à la manière des poisons âcres ; qu'ils enflamment la muqueuse, et puis, étant absorbés, exercent une action stupéfiante sur le système nerveux.
Cette plante vénéneuse est recommandée, à doses altérantes, contre les dartres invétérées, l'épilepsie, les paralysies. M. Bretonneau assure avoir retiré de bons effets du Rhus radicans dans les paraplégies consécutives à des commotions traumatiques de la moelle épinière , chutes, efforts), n’entraînant pas de lésions organic
s. C'est en considération de cette propriété [qu'on estimera tétanique ou altérante) que nous avons placé ici l'histoire de ce médica- # ment, dont l'emploi, toutefois, doit être surveillé. LT, », PRÉPARATIONS, DOSES.
Extrait (préparé avec les feuilles fraîches et contuses) : 1 gr. deux ou trois
Æ jusqu'à 4 et 8 gr. par
24 heures. M, Dufresnoy, de, Valenciennes, fait les plus grands éloges de ce -
fois dans. M journée; cette dose est ensuite po
médicament, et dit qu’il lui a presque constamment réussi, M. Bretonneau fait préparer l'extrait avec le suc non dépuré de la plantewet
l’administre en pilules (extrait de rhus rad., 5 gr.; excipient inerte, quantité
MEDICATION ALTÉRANTE. 669 % suflisante : faites 25 pilules}. On commence par une pilule et on augmente d'une tous les jours jusqu’à ce qu’on soit arrivé à 16 chez les adultes.
Poudre (des feuilles): 25 cent.; augmenter de la même quantité de jour en jour (Trousseau). sé
æ ALTÉRANTS OU FONDANTS.
Il est des médicaments qui exercent une action latente, peu sensible, mais continue, sur les humeurs de l’économie, en vertu de laquelle ils les modifient, les dénaturent, les altérent et les rendent moins aptes à la nu ition interstitielle
* qui leur est propre, et, par conséquent, à la génération de
produits accidentels ou de phlegmasies : on les appelle altérants: — Dans certaines circonstances, ces mêmes médicaments agissent de manière à rendre l'absorption plus active: alors on leur donnele nom de fondants. PA
Les Altérants s'emploient dans les cas où l'organisme est profondément et sourdement atteint, non par quelque maladie plus ou moins localisée, ostensible, facile à démontrer, mais par un état général particulier qui nécessite une modification générale de la crâse des humeurs..Sans doute les évacuations opérées au moyen de la saignée et des purgatifs constituent d'excellents altérants; mais ces agents débilitants qui sont très utiles dans les affections aiguës, ont l’inconvénient, dans les maladies,chroniques, de détruire les éléments réparateurs du sang et de ne pouvoir être employés long- FEuDs sans ce C'est pour obvier à ces inconvénients qu'on a cherché F autres remèdes capables de modifier profondément L économie sans trop affaiblir da tonicité des tissus.
Les vrais e iérants se tirent. du régne minéral: ils sont d'ailleurs en petit nombre. En tête de la liste se trouve le mercure; puis viennent l'or, l'iode, le baryum, l’arsenic, les alcalins, le nitrate de potasse. Les maladies ou mieux les états diathésiques qui en réclament l'emploi sont la syphilis M à tutionnelle, les,scrofules, les dartres, les inflammations pseudo- He TN URRe, le cancer, le rhumatisme et la voutte. L'usage de ces substances doit être surveillé, lool à cause de leur action immédiate, mais encore parce que leurs
effets'8e continuent pendant un certain temps après qu’on en a cessé l'administration, et qu'ilimporte de suspendre celle-ei dès que quelque signe facheux se manifestes sn À
Les altérants se prennent en grande partie parmi les contro-stimulants : seulement tel médicament, comme le mercure, par exemple, agira me contro-stimulant à dose élevée, et comme altérant É 4
On trouve quelques contro-stimulants parmi les plantes,
lant à doses fractionnées.
mais pas d’altérants pour ainsi dire. Cependant: doutes celles qui sont douées depropriétés énergiques et qui agissent de * telle facon qu'elies ne produisent aucun effet diurétique, sudorifique ou purgatif, ete., quoiqu'elles modifient sensiblement l’économie, toutes ces plantes, disons-nous, doivent , être considérées, du moins dans les cas spéciaux que nous signalons, comme des altérants. Il résulterait de cette manière d'envisager la question que nous aurions à étudier beaucoup de plantes altérantes, si ces mêmes végétaux n'avaient des usages plus nombreux, plus importants, soit comme évacuants, soit comme xubéfiants ou irritants, ete. Ilnous suffit, du reste, d'avoir défini ce genre de médication et d’avoir mis le lecteur sur la voie d’une explication satisfaisante, sinon parfaitement rigoureuse, relativement à certains effets thére peutiques qui n'ont en RPRAOREE aucun rapport avec les propriétés de leurs agents. > Néanmoins, voici une ne liste de plantes que nous cônsidérerons spécialement comme altérantes, bien qu'elles aient d’autres usages non moins importants que nous ferons connaître éclats. ;
% PLANTES ALTÉRANTES.
Bois-Gentil, écorce. Dompte-Venin, racines,| Gratiole, herbe fleurie,rac. Chélidoine, racine , feuil-| feuilles. Pulsatille, feuilles. des. du Frêne, feuilles. Vermiculaire, feuilles. L'ART 2
m L'Aconit, la Ciguë, l'Orme, le Garou, la Clématite, ete., Sont
encore des altérants dans certains cas.
BOIS-GENTIL. Daphne mezereum, L.
gr
Mézéréon, Faux- Giro, Lauréole femelle, Lauréole gentille, Bois d' fgille, Mexlion,
Sous-arbrisseau de 50 cent. à 1 mètre; À tige rameuse ; feuilles alternes, ovales-lancéolées, entières, glabres, d’un vert foncé un peu glauque en: de Mious, ne se développant qu'après les fleurs, non persistantes.
Fleurs roses, en fascicules 2-3-flores le long des rameaux, au- dessous du bouquet terminal des jeunes feuilles (p£.xiv, 4), se montrant en février-mars, avant ces dernières. Caractères des Daphnacées (181, A); calice pétaloïde infundibuliforme, à limbe 4-fide, pubescent, cadue; 8 étamines incluses; style court à stigmate en tête. Fruit rouge.
Propriétés. Ce Sont celles du Daphné-Garou (V. Garou); mais cet arbuste est plus particulièrement employé à l’'intérieur comme altérant ou sudorifique. M. Cazenave en fait l'éloge dans le traitement des dartres chroniques ; Hufeland l'a mis en usage avec succès contre les douleurs ostéocopes, le sonflement his os, administré seul ou avec le mercure.
Les baies sont purgatives; les paysans russes se purgent en en prenant the trentaine; Villers affirme que, , dans le Dauphiné, les campagnards imitent cette pratique, mais qu'ils n en avalent que 8 à 10 seulement.
Récolte. Le Bois-Gentil habite les bois montagneux du Midi, et on le cultive dans quelques jardins. 11 ne faut'employer que l'écorce du tronc de l'arbre et des branches principales ; elle est mince, roussâtre ou d'un brun pâle.
PRÉPARATIONS , DOSES
Décoction (écorce) : 4 à 8 gr. par kilog. d’eau qu’on réduit du tiers A en surveiller l’action sur les voies digestives.
Extrait : Leroux, pharmacien à Vitry-le- -Français, prépare un. extrait alcoolique de mézéréon, qui, employé en frictions, agit, selon lui, de la même manière que l’huile de croton tiglium. XL :
Les usages externes du bois-gentil sont entièrement n à à ceux du
garou.
La LaurÉoLe (Daphne laureola) est un sous-arbrisseau trés voisin, de 50 à 80 cent., qui diffère du Mézéréon par $es
feuilles persistantes; ses fleurs d’un jaune verdâtre, dispo- La sées en petites grappes axillaires ; son fruit noir ; sa floraison qui à lieu {en aars-avril. Il se trouve plus communément
les jardins. 11 peut remplacer le Bois-Gentil et le Garou. é ©:
CHÉLIDOINE. Chelidonium majus, L
Grande-Chélidoine, Eclaire, Brie, Pelougne, Herbe d’hirondelle.
La Grande-Eclaire (pl. Lvm, 5) croît naturellement dans les lieux incultes, auprès des vieux due milieu des décombres, dans les lieux pierreux secs où humides. Étant du oroupe des Papavéracées (294, B), elle offre les caractères botapiques suivants : -
Plante vivace de 60 à 90 cent.; tige cylindrique, rameuse, cassante, rougeâtre, parsemée de poils mous, épars ; feuilles alternes, pétiolées, pinnatifides, à lobes arrondis, inciséset … dentés, contenant un suc laiteux et jaunâtre
Fleurs jaunes, rassemblées plusieurs ensemble à la partie supérieure des ramifications de la tige (1}, se montrant depuis avril jusqu'en septembre. Calice à 2 sépales cadues, un peu colorés; corolle à 4 pétales ouverts, plans, entiers, plüs étroits à la base beaucoup d'étamines égales he libre, allongé; s ; sticmate bilobé. Silique allongée et grêle de 2-deent. s’ouvrant en 2 valves qui Adachent de la Fa au sommet.
Propriétés, usages. La Chélidoine est inodore, mais toutes °* ses parties renferment un suc jaunâtre qui en découletfaci ment lorsqu'on les incise ou qu’on les écrase, suc doué d’une odeur forte, nauséabonde, d’une saveurâcre et amère, irritant fortement les organes digestifs. Les animaux auxquels Orfila en à fait prendre ont noube au bout de peu de temps en offrant les accidents propres aux poisons narcotico-âcres.
Administrée à doses modérées, cette plante agit comme excitante, 0 purgative ou altérante. On l'a beaucoup employée dans un temps dans Phydropisie, l'ictère, les en-
(1) Le dessin représente un rameau florifère portant une ombelle de fleurs en boutons et, à son extrémité, une fleur épanouie accompagnée de trois autres
non écloses,
gorgements viscéraux, les fièvres intermittentes, les dartres, les scrofules,. la syphilis, la goutte, ete. Elle a pu être efficace dans les hydropisies et l'ictère par ses propriétés diurétiques ou purgatives ; mais si elle a eu quelque succès dans les autres affections que nous venons de nommer, c’est sans doute par l’effet d’un mode d'action tout différent, pour lequel les modernes ont inventé le mot altérant. Récamier regardait la Chélidoine comme ayant une influence particulière sur les engorgements indolents de la rate. Il savait d’ailleurs qu’avant lui Sennert et Gilbert en avaient obtenu de bons résultats dans ces affections.
Mais disons la vérité, la Grande-Éclaire a toujours été considérée plus particulièrement comme purgative. C'est à ce titre sans doute qu'elle a mérité la confiance de Linné, de Murray, de Bodard, de Biett, et dès la plus haute antiquité celle de Dioscoride, de Galien, etc., comme plante anti-ictérique. Si elle guérit T'ictère par le fait seul de la purgation qu'elle provoque, tous les autres purgatifs en peuvent faire autant; ils auront même l'avantage, pour la plupart, d'être moins irritants; que si, au contraire, on lui attribue une vertu particulière, spéciale, on est forcé de la rattacher à une ’ propriété altérante. Cette réflexion se rapporte surtout à l'emploi de la Chélidoine dans les dartres, les affections scrofuleuses et dartreuses d'origine syphilitique, emploi qui& été tenté avec succès par Biett et M. Cazin.
Cette plante est mise en usage à l'extérieur pour détruire les cors et les verrues, pour préparer des pédiluves irritants, des collyres substitutifs, pour déterger, modifier avantageusement les ulcères sordides, échauffer, enflammer les tumeur froides et en amener la résolution, etc.
Récolte. La Chélidoine est beaucoup plus active croissant sur les vieux murs et dansles endroits secs que dans les lieux ombragés et humides. On eh emploie la racine, l'herbe et les fleurs. Il ne faut pas la choisir trop jeune, ni trop grande, ni après la floraison. Autant que possible on doit l’employer
fraiche, parce que la dessiccation lui enlève son sue, qui est
Le
surtout la partie active. On croit généralement que ses pro
priétés sont plus éncrgiques dans la racine. : pet DOSES. PR
Infusion ou décoction [feuilles] : 15 à 30 gr. par kil. d'eau. L'infuslonent d’un beau jaune clair et n’a rien d’âcre. On peut la donner comme laxative pour ré tablir les forces digestives,
Décoction [racine] : 10 à 15 gr. par kilog. d’eau. Galien administrait cette r'acin? dans du vin blane pour la guérison de l’ictère; Forestus la faisait bouillix dans la bière, Ces préparations ont été employées par M. Cazin dans l’hy. dropisie et les embarras atoniques des viscères ; par Gilibert dans l’ictères par Linné dans les fièvres intermittentes. #
Suc exprimé [de la plante] : 1 à 4 gr. dans de l’eau sucrée ou du miel. Wendt a conseillé le sue de la racine depuis 4 grains jusqu’à 20 [20 cent. à 1 gr. 10 cent.) « Au printemps et à l'automne, dit M, Cazin, je n’emploie que le suc de la racine, et en hiver je donne l'extrait de la plante erffière, dont je forme des pilules de 10 cent. Je commence par en donner 2; puis j'arrive progressivement jusqu’à 10, et je continue cette dose jusqu’à la guérison. » Ce médecin parle du traitement des dartres, contre lesquelles il a encore employé avec succès des pilules composées avec l'extrait de “chélidoine et le calomel, ainsi que contre les affections scrofuleuses, les engorgements du foie, les constipations opiniâtres dues à l’inertie des intestins. v
Le suc de chélidoïine , mêlé avec de l’eau ou du miel, a été employé ensçollyre, en injections et lotions excitantes. On l’applique pur sur les verrues et les cors pour les détruire; mais son aë@tion caustique est trop rite Me fait qu'enflammer les parties. :
# * DOMPTE-VENIN. Asclepias vincetoxicum, à.
® Asclépiade blanche,
Le Dompte-Venin (pl. Lvr, 2) se montre dans les bois sa,
blonneux ou pierreux, les lieux secs, les coteauxancultes, où il fleurit depuis mai jusqu’en août.
Plante vivace de 4-8 décim. de Hauteur, à tiges dressées, simples, feuillées, glabres ; à feuilles opposées, ovales-lancéolées, entières, un peu coriaces. Appartenant aux Asclépiadacées, elle offre les caractères déjà indiqués (202).
Fleurs blanchâtres, petites, ses en corymbes sur des pédoncules axillaires (mai-août). Calice à 5 divisions lancéolées ; corolle à 5 lobes un peu épais, obtus, glabres, ouverts en étoile ; 5 étamines alternes à filets soudés en un tube qui
entoure l'ovaire, et munis chacun d'un appendice en forme de cornet recouvrant l’anthère correspondante ; etc.
Propriétés, usages. Voici une plante dont les effets thérapeutiques sont peu connus, parce qu'ils varient suivant les doses auxquelles on l'administre et les maladies qu'on veut combattre. Quelques auteurs l’indiquent comme alexitére, mais ce prétendu dompte-venin paraît être lui-même un bou puisque les chiens sur lesquels Orfila l’a expérimenté en sont morts, avec l'estomac enflammé. C’est donc.un irritant.
vLe Dompte- -Venin peut être employé comme purgatif, et même comme vomitif, car Coste et Wilmet conseillent de le” substituer à l’ipécacuanha. « Sa racine donnée en décoction à petite dose a été utile dans l’anasarque survenue à la suite de la scarlatine, où elle a agi comme diurétique ou diaphorétique. » Je souligne ces deux mots pour'en faire voir l'antagonisme.
L’ un altérante de cette plantesest la seule AH ebe dans ce passage de Gilibert : « Quelques auteurs, dit-il, condamnent l'usage de cette racine. Cependant la décoction, que nous avons souvent ordonné à haute dose, n’a jamais causé le foiadre accident : nous l'avons trouvée utile dans les dartres, les anasarques, les écrouelles, la chlorose et la ne des règles ; ; elle augmente sensiblement le cours des urines. Le même auteur ajoute ceci: « Extérieurement elle fe
les ulcères et arrête les progrès du vice scrofuleux. » FE paysans emploient les feuilles comme résolutives dans les engorgements lymphatiques et glanduleux, etc.
Récolte. La racine de Dompte-Venin peut se cueillir depuis l'automne jusqu’au printemps ; elle est blanchâtre, munie de beaucoup de fibres rameuses, d’une odeur forte et désagréable et d'une saveur amère, âcre et nauséeuse, tandis que le reste de la plante est à peu près inodore et beaucoup moins sapide. La. dessiccation fait perdre à cette racine la plus grande partie de ses qualités.
Décoction [racine) : 15 à 30 gr, par kilog. d’eau, à Extrait : 1 à 4 gr, en électuaire ou en pilules, etc.
st 12 ge. En Poudre (feuilles) : 1 gr. 50 cent. à 2 gr. Employée comme vomitif par les habitants du pays de Liége [Wilmet). ‘+
FRÈNE. Fraæinus excelsior, L.
Nous revenons sur l’histoire du Frêne {voir page 351) pour signaler ses propriétés antirhumatismales, exaltées tout récemment par le D'Deffis, entre autres, qui raconte qu'étant atteint depuis quatre ans d'un rhumatismeau genou et à l'épaule causant des douleurs violentes, surtout pendant la nuit, 1l a été débarrassé de ces douleurs après quinze jours de l'usage de la décoction de feuilles de frêne. Une foule d’autres rhumatisants n’ont eu, comme lui, qu'à se louer de cette médication.
PRÉPARATIONS, DOSES
« Les feuilles de frêne doivent être cueillies lorsqu'elles laissent suinter une espèce de gomme visqueuse (selon les climats c’est au mois de mai ou de juin). On fait sécher ces feuilles à l’ombre; on en prend 32 gr., qu’on fait bouillir dapsun litre d’eau pendant un quart d'heure. On ajoute ensuite une pincée de menthe poivrée. — On boit un verre de cette tisane, sucrée ou non, matin et soir, voilà tout, L'usage doit durer pendant 20 jours ou un mois. »
GRATIOLE, Gratiola officinalis, L.
Herbe à pauvre homme, Grâce-de-Dieu, Centauroïdes, Séné des prés,
La Gratiole (pl. zvr, 5) fait partie de la famille des Serophulariacées (249, G) et se trouve dans les prairies humides, les lieux marécageux, aux bords des ruisseaux.
Plante vivace de 30 à 45 cent., à tiges simples, glabres, noueuses, rondes, avec 2 sillons alternativement opposés entre chaque paire de feuilles. Feuilles opposées, sessiles, semiamplexicaules, ovales-lancéolées, un peu épaisses, dentées, glabres, trinervées, d'un vert jaunâtre.
Fleurs d'un blanc jaunâtre ou rosé, axillaires et solitaires sur des pédoncules minces, assez longs (juin-septembre). Calice à 5 divisions linéaires, muni à la base de 2 bractées lancéolées redressées qui ont été considérées comme 2 autres sépales ; corolle tubuleuse, beaucoup plus longue que le calice; ivrégulièrement bilabiée, quadrifide à 2 lèvres : lèvre supérieure relevée et échancrée, l'inférieure à 3 lobes arrondis ;
4 étamines dont 2 fertiles insérées au haut du tube , 2 inférieures presque avortées. Ovaire simple, ovoïde, pointu à son sommet; style oblique, épaissi en haut; capsule biloculaire, polysperme.
Propriétés, usages. La Gratiole est sans odeur, mais sa sa-
veur est amère, nauséabonde, désagréable. Son action est irritante, énergique; sa racine passe pour être émétique, le reste de la plante est violemment purgatif. Comme on le suppose bien, elle a été employée dans le traitement des hydropisies, des anasarques et des affections vermineuses ; elle a paru encore utile, comme moyen dérivatif, dans la goutte, le rhumatisme, les affections cérébrales chroniques, etc. Les habitants de la campagne en font un fréquent usage pour se purger, et ne se méfient pas assez de son action irritante qui leur cause des accidents plus souvent qu’elle ne leur procure d'avantages.
La Gratiole agit comme altérante, donnée à petite dose, dans les cachexies, les dartres chroniques, la syphilis. Cette plante, au rapport de Kostreivski, a été très utile dans les ulcères vénériens, les nécroses, les caries, les tuméfactions chroniques des testicules, les douleurs ostéocopes (Desruelles). Stoll et Dehaen ont plusieurs fois associé la Gratiole au sublimé dans la curation des syphilides (Rayer). Muhcbeck regarde l'extrait de cette plante comme un remède bien préférable à l’'opium dans le delirium tremens aigu. Donnée en lavement chez les femmes, la Gratiole , suivant M. Bouvier, peut donner lieu à une sorte de nymphomanie (Journal de Médecine, vol. 54).
Récolte : avant où pendant la floraison. La plante perd peu de ses qualités par la dessiccation ; il vaut mieux l’employer sèche, parce qu'en outre elles est moins dangereuse, etc.
PRÉPARATIONS, DOSES
Infusion ou décoction [plante sans la racine) : 8 x 16 gr. dans 200 gr. d’eau environ, à prendre en une ou deux fois pour purger. Il vaut mieux en diminuer la dose et ajouter de la manne. On dit qu’elle purge plus sûrement infusée dans du petit-lait. Les campagnards la font bouillir sans mesurer les quantités ; mais ils en éprouvent souvent des accidents.
678 PLANTES MÉDICINALES. Fe