‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 14 sur 177 · DU TISSU VÉGÉTAL · texte numérisé non relu

DU TISSU VÉGÉTAL

3. Le tissu végétal se présente sous trois formes distinctes: l’utriculaire , le fibreux ou ligneux et le vasculaire. Étudiés au microscope , ces trois tissus offrent, comme base commune de leur organisation, la cellulosité. Le tissu cellulaire ou utriculaire se trouve en abondance et prédominant dans toutes les parties de la plante, comme chez les animaux, où il se modifie de plusieurs manières pour constituer la trame essentelle des divers organes.

Tissu utriculaire.

4. Le tissu utriculaire est formé de cellules ou vésieules. On entend par ces mots de très petites cavités, de formes très diverses et closes de toutes parts, réunies ou mieux soudées entre elles par une matière particulière, sorte de colle organique, appelée matière intercellulaire, qui se dissout lorsqu'on fait bouillir le tissu végétal dans l’eau, ce qui permet aux utricules et aux vaisseaux de se séparer et de montrer la forme qui leur est propre. Les cellules ont une membrane très mince, diaphane; elles ne communiquent entre elles que par des pores intermoléculaires tout-à-fait invisibles. Elles contiennent de l'air, de la sève, des huiles, de la fécule, de la chlorophylle, ete., selon la nature et les parties de Ja plante. |

Le tissu cellulaire des végétaux est plus ou moins dense, selon que lés utricules sont plus ou moins serrées les unes contre les autres; quand celles-ci ne laissent pas d'intervalle appréciable entre elles, ce tissu est d'une densité très marquée ; il est, au contraire, très lâche, lorsqu'elles laissent des intervalles sensibles, qui portent alors le nom de lacunes.

La moelle de sureau fournit un exemple de tissu à larges lacunes,

Tissu fibreux.

5. Le tissu fibreux des végétaux tient le milieu entre le tissu utriculaire, dont il n’est qu’une modification, et le vasculaire. Ilse compose de cellules allongées, terminées en fuseau ouen pointe à leurs deux extrémités. Ces sortes de tubes fibreux prennent des formes très variées en se pressant les uns contreles autres ; leurs parois, d'abord minces et simples, s’épaississent progressivement avec le temps, se doublent, pour ainsi dire, et leurs cavités, diminuant proportionnellement, finissent par disparaître entièrement.

Les cavités oblongues du tissu fibreux contiennent diverses substances, dont la plus importante est le ligneux, principe immédiat qui entre en grande quantité dans la composition du bois.

Tissu vasculaire.

6. Le tissu vasculaire est formé de canaux allongés, à parois minces, qui résultent généralement d’utricules transformées en tubes, par suite de la disparition des cloisons qui les séparent les unes des autres. Ces canaux différent encore des cellules et des tubes fibreux en ce qu'ils sont toujours plus ou moins ramifiés. On les distingue en lacticifères trachées, eten fausses trachées.

À. Vaisseaux lacticifères. — Ce sont les conduits spéciaux de la sève descendante, c’est-à-dire de la sève élaborée, appelée latex. Ils sont clos, à parois minces, sans pores ni fentes, et ils s'anastomosent fréquemment entre eux.

B. Trachées. — On appelle ainsi des tubes cylindriques ex-

cessivement minces, diaphanes, qui contiennent un corps

mince, filiforme, roulé en spirale dans leur intérieur, à la mamère des élastiques de laiton dont on se sert pour les bretelles, corps appelé spiricule. Les parois du tube qui renferme la spiricule ne sont pas toujours bien évidentes, surtout lorsque les tours de la spirale sont tellement serrés qu'ils sont comme soudés ensemble. Les trachées servent à former l’étui

de la moelle au centre de la tige des dicotylédones; mais ils sont épars dans toute la tige des monocotylédones. Nous donnerons plus loin le sens de ces mots.

C. Fausses trachées. — Ce sont des vaisseaux qui offrent des ponctuations ou des lignes transversales d’une transparence plus grande que le reste des parois. On les observe facilement dans la tige de la Balsamine des jardins.

Page 1