‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 154 sur 177 · SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT

ÉPIAIRE. Stachys sylvatica, L.

Stachys des bois, Ortie puante.

Plante à tige de 50 cent. à 1 m., dressée, simple, poilue, quadrangulaire ; feuilles opposées, pétiolées, ovales-pointues, cordées à la base, dentées, ridées et velues.

Fleurs purpurines , présentant les caractères des Labices (249, X), disposées en glomérules 3-4-flores soutenus chacun par une bractée, et rapprochés en épi terminal (juin-août). Calice velu, glanduleux, corolle le dépassant longuement, tachée de blanc à la gorge, ete.

Propriétés. L'Ortie puante exhale en effet une odeur désagréable, qui disparaît presque tout-à-fait après la dessiccation. Dans les campagnes on la considère comme propre à pousser les urines et les règles. Son odeur l’a fait soupconner antispasmodique : elle possède sans doute des propriétés qui ne sont pas à dédaigner, et pourtant son usage est abandonné. — Son infusion dans l'huile était recommandée, dans d’autres temps, pour la rupture du tendon d'Achille. *

Cette plante croît dans les bois couverts et humides.

Un mot sur deux autres plantes du même genre.

ORTIE ROUGE (Stachys palustris). Plante vivace de près d’un mètre, à tige dressée, simple, rude sur les angles, hérissée de poils raides ; feuilles oblongues-lancéolées, très longues, cordées à la base, dentées, subsessiles. — Fleurs purpurines ou roses, en glomérules 3-6-flores, rapprochés en épi terminal, le reste comme dans l'espèce précédente.

Cette plante, qui croît au bord des eaux et qui à été considérée comme fébrifuge, n’est intéressante que par les tubercules de sa racine, lesquels contiennent une fécule dont on peut retirer de l’amidon et qu'on peut mêler au pain en temps de disette.

CRAPAUDINE (Stachys recta). Plante de nos pelouses sèches ; fleurs tachées de noir sur un fond blanc, en glomérules 2-4flores, dont les supérieurs sont rapprochés en épis feuillés ; tube de la corolle dépassant à peine le calice ou même plus court. — Elle passe pour excitante et vulnéraire.

ONOPORDE. Onopordum acanthium , L.

Onopordon, Pet-d’Ane, Chardon-Acanthe.

Plante bisannuelle des Synanthérées, tribu des Carduacées (4157-59, D), à tige élevée, grosse, robuste, épineuse, dont les larges feuilles, épineuses, ont quelque ressemblance avec celles de l’Acanthe. — Fleurs purpurines en capitules globuleux, solitaires, ou 2-3 à l'extrémité de la tige et des rameaux {juin-septembre). Involucre à folioles lancéolées, terminées

‘ par une épine robuste; réceptacle nu, alvéolé. Fleurons égaux, hermaphrodites.

Propriétés. Le suc de cette plante a été vanté par plusieurs expérimentateurs pour guérir les ulcères cancéreux de la face. Borellus prétend avoir guéri par ce moyen un paysan qui portait un chancre aux narines; Stahl assure même s'être guéri en 14 jours d'un chancre commençant à la face, lequel avait résisté à tout autre médicament. Nous pourrions citer d'autres témoignages en faveur de l'Onopordondans ces maladies ; mais ce quifait douter de ses vertus anticancéreuses, c’est qu'Eller observe qu’il échoue dans le cancer du sein, parce que, dit-il, cette affection a plus de malignité. Il est plus raisonnable de croire que les ulcères de la face qui ont cédé à son usage n étaient point de nature cancéreuse. —$Suivant Poiret, la décoction de la racine serait spécifique dans les blennorrhagies commençantes.

Le réceptacle des fleurs de l'Onopordon est susceptible d'être mangé comme celui de l’artichaut; la racine jaune et les tiges écorcées sont aussi alimentaires. — Cette plante fait les délices des ânes, auxquels elle cause des vents, au dire de Pline.

Page 1