‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 34 sur 177 · CALENDRIER DE FLORE · texte numérisé non relu

CALENDRIER DE FLORE

Janvier, — Hellébore noir. Juillet. — Chironie, petite Centaurée. Février. — Daphné bois-gentil. Août, — Scabieuse.

Mars. — Soldanelle des Alpes Septembre. — Cyclame d'Europe. Avril, — Tulipe odorante. Octobre — Millepertuis de la Chine. Mai. — Spirée filipendule. Novembre. — Ximénésie encéloïde. Juin. — Pavot-coquelicot. Décembre. — Lopésie à grappe.

La fleur étant épanouie, et comme si elle s'était parée de ses plus beaux ornements pour préluder à ses amours, les éta-

mines prennent un développement rapide ; très souvent elles se rapprochent du pistil, qui s’infléchit aussi de manière à se mettre dans une position plus favorable pour le contact fécondant du pollen.

78. Pendant la floraison, la fleur expire de l’acide carbonique, au lieu d’exhaler de l'oxygène, comme font les parties vertes ; elle produit en même temps de la chaleur, et se rapproche ainsi des animaux par ces phénomènes chimiques. D'où vient cet acide carbonique ? Du charbon que le sucre et la dextrine contiennent. Aussi ces principes disparaissent-ils de la plante à l’époque de la floraison ; aussi doit-on récolter les végétaux cultivés pour le sucre qu’ils contiennent, avant qu'ils aient montré leurs fleurs. l

Phénomènes essentiels de la fécondation.

79. Lorsque le pistil et les étamines ont acquis leur entier développement dans la floraison, les anthères s'ouvrent et laissent échapper le pollen. Les grains polliniques qui vont se fixer sur le stigmate se gonflent bientôt et laissent sortir de leur intérieur un ou plusieurs tubes remplis de liquide fécondant (36). Ces tubes microscopiques s’insinuent dans la cavité du style et pénètrent jusque dans celle de l'ovaire et des jeunes ovules. Sous l'influence de leur contact, la vésicule embryonaire s'organise petit à petit en une masse celluleuse qui constitue l'embryon.

80. Le mécanisme de la fécondation est très simple, en général, dans les plantes hermaphrodites. Nous disons en général, parce que dans les Synanthérées, par exemple, ce mécanisme offre quelque chose de particulier que nous ferons remarquer. Mais dans les plantes dioïques, c'est-à-dire dans celles où les deux sexes sont portés sur des individus séparés, la fonction est moins facile à comprendre, en ce qu’il faut que le pollen soit transporté soit par l'air, les insectes ou l’eau, etc., selon les cas, sur les fleurs femelles, à quelque distance que celles-ci se trouvent. Notre Chanvre, nos Saules, la Mercuriale, se fécondent de cette manière. Sans doute, en raison de leur multiplicité et du voisinage des deux sexes,

on comprend le transport de la poussière fécondante ; mais peut-on en dire autant des Palmiers, dont les fleurs femelles se fécondent à plusieurs lieues de distance des fleurs mâles? Quoi qu'il en soit, on peut opérer artificiellement la fécondation en suspendant au-dessus des fleurs pistillées des bouquets de fleurs staminées dont le vent disperse le pollen. En Arabie, cela se pratique ainsi pour les Dattiers.

81. Les plantes aquatiques s’élèvent à la surface de l’eau pour opérer la fécondation, parce que le pollen, en sa qualité de matière huileuse, ne peut se mêler à ce fluide ; mais aussitôt après, elles plongent dans leur élément, où murit le fruit.

« Ici nous devons citer à l'appui de cette théorie une plante curieuse nommée Vallisneria spiralis, qui démontre à la fois et la loi générale et le stratagème ingénieux que la nature emploic pour triompher des difficultés.

« La plante que nous venons de citer est monoïque, elle habite le fond des eaux, ses organes reproducteurs s’y développent, et l'on peut bientôt remarquer que les pédoncules qui supportent les fleurs femelles affectent la forme d'un tirebouchon ou d'un élastique de bretelles. Lorsque les organes sont convenablement préparés et disposés à recevoir la fécondation, le pédoncule élastique s’allonge et se distend jusqu'à ce que les fleurs femelles viennent surgir à la surface de l’eau. Là elles se trouvent dans les conditions voulues pour recevoir la fécondation ; mais leurs fleurs mâles, situées au fond du liquide, sont dépourvues d'un pédoncule élastique analogue à celui des fleurs femelles, et qui leur permette de venir faire saillie hors de l’eau. Comment y suppléer? La nature y a pourvu! Le pédoncule des fleurs mâles se détache et vient surnager, la poussière des étamines se répand sur les fleurs femelles qui l'avoisinent, et la fécondation est opérée. Alors l'élastique se replie et la maturation a lieu au fond de l'eau. »

Phénomènes consécutifs de la fécondation.

82. La fécondation étant opérée, la fleur se fane, perd son viant coloris ; ses pétales tombent et les étamines éprouvent

la même dégradation. Le pistil reste donc seul ; mais bientôt il se dépouille lui-même du stigmate et du style, devenus inutiles : en sorte que l'ovaire seul, en définitive, demeure, à moins que le calice ne soit persistant (28, R).

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