HYMÉNOMYCÈTES
131. Cette tribu comprend les véritables Champignons, qui sont charnus, de formes variées, et dont les sporidies sont placées à la surface de l'hymenium, membrane prolifère recouvrant une partie déterminée de leur surface.
À. Cravarre (Clavaria). Champignons charnus en forme de massue, où plus souvent de branches de corail ramifiées ; hymenium soudé, lisse, appliqué sur toute la surface.
CLAVARIA CORALLOIDES (Barbe-de-Chèvre, Gallinète, Espignesle, Buissons, etc.). Touffes serrées, branchues, charnues; couleur rosâtre ou d'un june orangé:
chair blanche, cassante, comestible.
B. More (Morchella). Champignons charnus , sans volva ; chapeau globuleux recouvert supérieurement de larges alvéoles formées par l'hymenium, ayant les bords membraneux.
MoRCHELLA ÆESOULENTA (Morille ordinaire). Chapeau presque globuleux,
grisâtre, alvéolé; pédicule creux, lisse, blanc; commun dans les places où l’on «
brûlé du charbon: comestible. — Bord des fossés, des bois, des haïes humides.
C. Poryrore (Polyporus). Chapeau avec ou sans pédicule, garni à sa face inférieure de tubes serrés, perpendiculaires, confondus avec lui.
POLY PORUS PU MÉLEZE (Agarie blanc).
P. 16xJamIUS (Agaric de chéne).
D. Bocer |Boletus). Tubes distincts du chapeau, se séparant facilement les uns des autres.
BoLErus EPULIS (Girolle, Cèpe, Porchin, Bolet). Couleur jaune grisâtre où bru= nâtre ; chair presque blanche, ne changeant pas de couleur quand on la casse; saveur agréable, rappelant la noisette ; comestible.— Bois, pelouses ; automna,
E. Acaric (Agaricus). Champignons charnus, chapeau garni à sa surface inférieure de lames perpendiculaires ou feuillets rayonnants, simples; pas de volva.
AGARICUS CAMPESTRIS (Agaric des champs, Champignon de couche). C’est la seule espèce qui se vende à Paris; elle se propage par la culture en projetant du mycelium (blanc de champignon] sur des couches de fumier situées dans des lieux obscurs.
A. PROCERUS (Agaric élevé, Coulemelle, Couleurrée, Parasol, ete). Tige à collier, haute de 20 à 30 cent., bulbeuse à sa base, creuse, recouverte d’écailles brunâtres ; chapeau large de 10 à 12 cent., de couleur bistre, chargé d’écailles imbriquées, et bon à manger. — Pelouses découvertes ; automne.
A. ANNULARIUS (Agaric annulaire, Téte-de-Méduse). Il croît par groupes de 40 à 50 individus, à terre ou sur les vieilles souches ; couleur fauve roussâtre ; stipe charnu de 8 à 10 cent. de hauteur, écailleux supérieurement, collet annulaire; chapeau mamelonné à son centre, écaïlleux, large de 10 cent., lames inégales; espèce vénéneuse. — Bois; automne.
A. MOUSSERON. Pédicule de 2 à 4 cent. de long, épais, sans collier; chapeau très convexe; couleur d’un blanc sale; odeur agréable; comestible.
A. DU HOUX, À. OREILLETTE, À. FAUX MOUSSERON. Pourvus de collier: de couleur généralement jaune, etce.; comestibles.
A. OLEARIUS (4. de l'olivier). Couleur vive d’un roux doré; chair filandreuse ; pédicule court, avec collier, attaché sur l’un des côtés du chapeau; lames décurrentes ; espèce très vénéneuse. ;
A. URENS (A. brülant). Pédicule long de 12 à 13 cent., glabre, strié; chapeau de 5 à 6 cent. de largeur; lames inégales, de couleur brune; champignon d'un jaune sale, essentiellement vénéneux. — Bois humidés ; feuilles mortes.
- À. DELICIOSUS (A. délicieux). Champignon à suc laiteux, de couleur de brique ; pédicule de 5 à 8 cent.; chapeau fauve ou rougeñtre ; lames inégales; saveur âcre que la cuisson fait disparaître; non vénéneux, mais non délicieux.
A. NECATOR (4. meurtrier). Champignon d’un brun roux ; bords roulés en dessous; feuillets inégaux ; suc blanc ou jaune, âcre, caustique, vénéneux.
A. PYROGALUS (A. caustique). Couleur d’un rouge vif, pédicule jaunâtre : fenillets inégaux et rougeâtres ; suc jaunâtre très caustique; vénéneux.— Bois.
A. srypTICUS (4. siyptique). Pédicule latéral long de 1 à 2 cent.; chapeau hérnisphérique ; couleur jaune cannelle ; feuillets inégaux, se détachant facilement : végétant sur les troncs d'arbres; vénéneux. — Sur les vieux troncs d'arbres.
F. AMANITE (Amanita). Ce genre est enveloppé en partie ou en totalité d'une bourse ou volva avant son développement, et son pédicule est bulbeux à sa base : ces caractères le distinguent de l’Agaric.
AMANITA AURANTIACA (Amanite oronge; vulg. Dorate, Jaserand, Cadran, Jaune-d'œuf). Volva ovoïde, blanc, qui recouvre totalement le champignon et lui donne la forme d’un œuf; après la déchirure de cette enveloppe, l’oronge se montre d’une couleur rouge orangé éclatant; pédicule jaune avec un collet pendant ; chapeau large de 10 à 12 cent., glabre et lisse; lames jaunes épaisses, inégales ; comestible. — Bois; automne.
À. MUSCARIA (Amanite fausse oronge, Agaric aux mouches) (pl. 1x, 2). Volva incomplet; chapeau tacheté de plaques jaunâtres appelées verrues; pédicule et lames blanches, et non jaunes, comme dans l’espèce précédente à laquelle elle ressemble beaucoup. I1 importe donc de distinguer ce champignon, qui est dangereux, d'autant mieux qu'il esttrès répandu dans nos forêts pendant l’automne.
A. VENENOSA (Amanite vénéneuse). À cette espèce se rapportent l'Oronge ciguë blanche, l'O. ciguë jaunâtre et l'O. ciguë verte, dont les chapeaux sont de la couleur désignée ; champignons vénéneux qui ont de la ressemblance avec l'Agarie de couche, lequel en diffère toutefois en ce qu’il n’a ni bulbe, ni volva à la base de son pédicule; que ses lames sont toujours rosâtres, jamais blanches, et que
son chapeau ne porte point de verrues.— Bois ombragés.
Usages. — Nous indiquerons les usages des Champignons employésen médecinelorsque nous en traiterons spécialement. Quant aux usages domestiques, il estinutile d'y revenir. Nous dirons seulement que, comme il est difficile de distinguer les espèces alimentaires des toxiques, la prudence ordonne de soumettre tous les champignons dont on n'est pas sûr, avant de les cuire, à une macération de quelques minutes dans de l'eau aiguisée de vinaigre, attendu que cet acide jouit de la propriété de dissoudre leur principe vénéneux.
3e Famille. — LICHÉNACÉES.
{ PL. 1x, 8, Lichen pulmonaire. )
132. Les Lichens sont des végétaux cellulaires, vivaces, se montrant sous forme d’expansions membraneuses, foliacées ou crustacées, simples ou ramifiées, ou sous celle de tiges simples ou divisées, s'étendant sur les pierres, la terre, l'écorce des arbres, et présentant des nuances variées, rarement vertes. Ils puisent leur nourriture dans l'air seulement par tous
les points de leur surface. Ils sont munis de spores, contenues dans des sporanges ou thèques en forme de sacs appelés apothécions, scutelles et lyrelles, selon leur forme globuleuse, discoïde ou allongée; mais ils se reproduisent aussi par des utricules distinctes des spores, répandues dans tous les points de la fronde. — Les genres sont très nombreux ; on les divise en plusieurs tribus.
A. CÉTRARIE (Cetraria). Fronde foliacée, où membraneuse, dressée, divisée en lobes, nue ; conceptacles orbiculaires, à l'extrémité des lobes ; disque coloré, bordé par une portion mince de la fronde.
CETRARIA ISLANDICA (Lichen d'Islande).
B. Sricte (Sticta). Fronde foliacée, coriace, lobée, ayant inférieurement des fossettes remplies d’une matière pulvérulente ; scutelles arrondies, bordées ; disque coloré.
STICTA PULMONACEA (Lichen pulmonaire ou de chéne) (pl. 1x, 3).
C. PELTIDÉE (Peltida). Fronde membraneuse, tomenteuse à sa partie inférieure, ou veinée; scutelles déprimées, nues, non marginées, recouvertes d'une membrane très mince qui se déchire de bonne heure.
Pecrina APHTHOSA {Lichen aphtheur). Expansions d’un vert grisâtre en des-
sus, blanchâtres en dessous, qui setrouvent sur la terre ; scutelles arrondies au sommet des lobes.
D. Cénouyce. Fronde crustacée divisée en lobes ou lanières étroites, foliacées, sur lesquelles se montrent des appendices en forme d’entonnoir allongés ; conceptacles arrondis.
CENOMYCE PYxIDATA (Lichen entonnoir). Très commun dans les bois et sur les rochers.
E. Usxée (Usnea). Une espèce de ce genre, l’Usnéehumaine, était une sorte de mousse qui croissait sur le crâne des individus attachés depuis longtemps au gibet, et qui passait pour jouir de propriétés tellement merveilleuses, qu'elle se payait Jusqu'à mille francs l’once.
F. Orserzce (Rocella). Genre qui fournit une matière tinctoriale violette.
Usages. — Les Lichens sont des végétaux assez utiles ; les uns sont employés en médecine, d'autres pour la teinture, d'autres enfin servent à l'alimentation de l'homme et des animaux |Lic. comestible, L. de la Tartarie, L. des Rennes).
Deuxième classe.
Acrogènes.
133. Les Acotylédones désignés sous ce nom diffèrent des Amphigènes (125), en ce qu'ils sont pourvus d’un axeet d’appendices latéraux, et que leur accroissement s'opère par les extrémités de l'axe. [ls comprennent les Hépatiques, les Mousses, les Lycopodes, les Equisétacées et les Fougères.
Le Famille. — HÉPATHIQUES.
(Pl. 1x, 4. Marchantie polymorphe : a. plante entière ; h. réceptacle contenant les organes mâles, grossi ; c. réceptacle des organes femelles ; d. sporidies. *
154. Ce sont de petites plantes qui végètent dans les lieux humides, les cours ombragées: Intermédiaires entre les Lichens et les Mousses, elles offrent des frondes vertes, tantôt étalées et diversement découpées, tantôt pourvues d’un axe chargé de petites feuilles. Les organes générateurs, très variés, consistent dans des anthéridies placées à l'aisselle des feuilles ou dans la substance même de la fronde, et dans des sporanges (124, À) enveloppés dans le premier âge par un sac membraneux, qui contient : 1° des cellules renfermant chacune quatre spores et se détruisant rapidement ; 2° des cellules fusiformes (élatéres), contournées en spirales et servant à disséminer les spores autour d'elles.
ÿe Famille. — MOUSSES.
{ PL 1x, 6, Polytric commun : a. tige ; b. urne; c. urne du Polytric aloïfolium (1. opercule, 2, umne); d coiffe recouvrant lopercule; e. urne découverte contenant des spores agglomérées autour d’un axe central; Z. anthéridie ou fleur mâle; g. fleur femelle {tous organes grossis),
155. Petites plantes formant des touffes épaisses, qui croissent dans les lieux humides et ombragés où elles tapissent la surface de la terre, les rochers, l'écorce des arbres. Considérées en général, elles ne présentent aucune figure bien déter-
minée ; mais, examinées dans les détails, on distingue en elles des racines fines et touffues, une tige herbacée, des petites feuilles vertes, subulées, indivises, alternes et sessiles. Quant aux organes de la reproduction, ce sont des anthéridies et des spores, tantôt séparées sur deux individus distincts, tantôt réunies sur le même sujet. Les sporanges ou organes femelles consistent en des capsules ou urnes portées sur une longue soie, et qui s'ouvrent au sommet par la séparation d'une coiffe circulaire, ressemblant à un couvercle de marmite, destinée à laisser échapper les séminules reproductrices. L'urne présente intérieurement un axe central appelé coluwmel ; son contour, appelé péristôme, se montre denté, cilié, bouché par une membrane, ou tout-à-fait nu. — La famille des Mousses est extrêmement nombreuse. Les principaux genres sont :
A. Les Srxacnes, qui peuplent les marais.
B. Les Brves, qui tapissent le sol de nos forêts. C. Les Mxrs, qui croissent sur les rochers.
D. Les Fonrmazes etles HyPxes, dont les formes élégantes sont remarquables.
136. Usages. — Étant sans saveur et sans odeur, les Mousses ne se recommandent par aucune propriété médicamenteuse. Le Polytric commun (pl. 1x, 5) a été employé comme béchique cependant, mais est abandonné aujourd'hui. — On emploie quelques espèces pour calfater des bateaux, pour lier des argiles, ete. — On se sert, dans certains pays du nord, de la Fontinalis antipyretica contre l'incendie, mais cette mousse n'agit pas autrement que par l'humidité dont elle est imprégnée, et qui l'empêche de s’enflammer.
6° Famille. — LYCOPODIACÉES.
(PL, 1x, 6, Lycopode en massue : a. plante entière ; b. l’une des écailles de l’épi, grossie, recouvrant une capsule contenant des anthéridies,)
137. Ce sont des plantes vivaces pourvues d'une tige rameuse, souvent roulée et rampante, d'autres fois dressée ; feuilles très nombreuses et très petites, serrées ou imbriquées
et toujours vertes, qui, par leur port, tiennent le milieu entre les Mousses et les Fougères. Les organes reproducteurs consistent dans des sporanges solitaires à l'aisselle des feuilles, ou rapprochés en épi, s’ouvrant en deux ou trois valves, remplis de spores cohérentes par quatre. — Un seul genre :
A. LycoPope (Lycopodium). Spores arrondies, s’ouvrant à la maturité en plusieurs valves, et répandant une poussière inflammable.
LyCoPODIUM CLAVATUM (Pied-de-Loup, Herbe aux massues) (pl. 1x, 6). Longs épis en massue; feuilles terminées par un poil. — Forêts montagneuses.
L.coMPLANATUM. Feuilles disposées sur quatre rangs réguliers.