‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 72 sur 177 · C. MEDIUM (Carillon). 5 stigmates · texte numérisé non relu

C. MEDIUM (Carillon). 5 stigmates

C, TRACHELIUM [Trachélie, Gant de Notre-Dame} (pl. xvur, 4). Feuilles radicales cordiformes ; tige anguleuse, dressée. — Bois.

C. PERSICIFOLIA (Bäton-de-Jacob). Fleurs en épi lâche ; 3 stigmates, — Bois taillis ; cultivé.

C. ceRvICARIA. Feuilles lancéolées, crénelées; corolle velue sur les angles, — Coteaux pierreux.

C. PRISMATOCARPUS [Prismatocarpe, Miroir-de- Vénus). Corolle en roue, étalée et presque aussi longue que le calice | C. speculum), ou resserrée et moitié plus courte que le calice {C. hybridus). — Moïssons.

LOBÉLIÉES.

Corolle irrégulière; étamines soudées.

A. Loséute (Lobelia). Genre exotique. — Amérique.

230. Usages.— Les Campanulacées sont presque toutes lactescentes: leur suc est amer, âcre, souvent masqué, surtout dans les jeunes plantes, par la présence d’une assez grande quantité de mucilage qui les rend quelquefois alimentaires (C. Raiponce). — Les Lobélies sont les plus irritantes, elles sont parfois même corrosives et délétères. On fait peu usage de ces végétaux en médecine.

A. Le genre Campanule est très riche en espèces, qui, presque toutes, servent à l’'ornement des jardins. Nous citerons la C. pyramidale, grandes et belles fleurs bleues ou blanches, disposées en thyrses pyramidaux; — la C. de Marie [C. medium), à corolle grande et renflée, bleue, blanche ou purpurine : on l'appelle vulgairement Carillon; — la C. à feuilles de pêcher (C. persicifolia), épis de grandes fleurs bleues ou blanches; — la C. dorée, plante de serre tempérée dont le calice et la corolle sont jaunes ; — la C. miroir de Vénus, espèce indigène annuelle, à corolle bleue; tout le fond est tapissé d’un disque jaune; elle croît abondamment parmi les moissons ; — la C. Raiponce et la Trachélie feront le sujet d'un article à part.

B. On cultive encore dans les jardins la Trachélie aux fleurs d'un bleu d'azur, petites, nombreuses et disposées en cyme

au sommet des rameaux :—les Jasiones, dont les fleurs bleues imitent celles de la scabieuse; — la Canarine [Canarina campanula) est une herbe des Canaries, cultivée en serre tempérée par les amateurs, et qui fleurit l'hiver; — les Michauxia et les Rœlla sont aussi des plantes exotiques qui ornent les serres des horticulteurs, etc.

56e Famille. — CUCURBITACÉES.

(P2, xvin, 5, Momordique : a. feuilles, fleurs et boutons ; b. pistil; c. étamines ; 4, fruit.)

251. LesCucurbitacées sont des plantes herbacées, souvent volubiles et grimpantes, couvertes de poils courts et rudes; leurs feuilles sont alternes, plus ou moins lobées, avec des vrilles simples ou rameuses, naissant à côté des pétales; les fleurs sont axillaires, presque généralement unisexuées et monoïques, ainsi composées : calice monosépale, offrant, dans les fleurs pistillées (femelles), un tube globuleux qui adhère à l'ovaire, et un limbe à 5 lobes imbriqués soudé avec la corolle dans ses deux tiers inférieurs. Cette corolle est, dans les deux genres de fleurs, monosépale, régulière, à 5 lobes, souvent plissés longitudinalement et réunis entre eux par le calice; seulement, dans les fleurs femelles, l'ovaire, qui est infére, forme un renflement au-dessous du calice; étamines au nombre de 5 : 4 soudées 2 à 2, et 1 libre (triadelphes), ou bien monadelphes. Le style, simple ou trifurqué à son sommet, se termine par 3 stigmates épais. Le fruit est une péponide; graines ordinairement comprimées. — Voici les genres principaux :

A. Cource (Cucurbita). — Fleurs monoïques; calice à 5 divisions sétacées; corolle presque plane et comme rotacée, à 5 divisions profondes; étamines triadelphes dans les fleurs mâles, imparfaites dans les femelles qui ont le style surmonté de 3 stigmates dilatés: oraines nombreuses, renflées sur les bords et nichées dans des cellules non pulpeuses.

CucurBITA LADENARIA [C.-Calebasse). Fruit étranglé vers®le sommet, dont

l'enveloppe ou écorce sert à faire dos sortes de bouteilles ou de vases. — Cul-

tivée,

FAMILLES, 167 C. crrruLLUS (Pastèque, Melon d'eau). Fruit globuleux, lisse, plem à l'intérieur, vert extérieurement, C. maxIMA [Potiron). Limbe de la corolle rabattu en dehors; feuilles horizontales ; fruit très gros et charnu. — Cultivé, C. PEPO (Pépon). Limbe de la corolle droit; feuilles verticales.

B. Cucumère où ConcomBre(Cucumis). Fleurs monoïques ; calice et corolle campanulés, soudés ensemble par leur base; étamines en 3 androphores distincts, avortés dans les fleurs femelles; 1 style, 3 stigmates bifurqués. Fruit à 3 loges; graines lisses, à bords aigus.

Cucums MELo (Melon). Feuilles à lobes obtus; fruit ovoïde ou arrondi, — Cultivé.

C. saTIvus [Concombre]. Feuilles à lobes aigus ; fruit allongé, cylindrique Récolté jeune, ce fruit constitue le Cornichon.

C. corocynTais (Coloquinte|. Feuilles à 5 lobes, dont le moyen est plus marqué ; fruit globuleux du volume d’une grosse pomme. — Cultivé.

C. Moworpique (Momordica). Genre dont les espèces sont exotiques, sauf la suivante :

MoMORDICA ELATERIUM {Concombre sauvage) (pl. XvtI1, 5). Pas de vrilles ; fruit de la grosseur d’une noix, hispide, c’est-à-dire garni de poils rudes, — Lieux pierreux incultes du Midi.

D. Brvoxe (Bryonia). Fleurs monoïques ou dioïques; calies 5 dents; corolle campanulée à 5 lobes, soudée avec les 2 tiers inférieurs du calice; 5 étamines triadelphes; androphores distincts à leur base; dans les fleurs femelles, l'ovaire infère forme une saillie globuleuse surmontée d'un style terminé par 3 stigmates bifides et poilus. Fruit pisiforme contenant ordinairement 6 graines.

BRYONIA ALBA | Bryone blanche, Couleuvrée, etc.] (pl. LV, 5). Flante grinipante; fleur d’un blanc verdâtre. — Haies.

252. Usages. — Il existe dans la racine des Cucurbitacées en général, outre de la fécule, de la gomme, etc., un principe âcre qui les rend purgatives et qui est surtout prononcé dans la Bryone et l'Elaterium. Le fruit de la coloquinte possède aussi ce principe, qui fait place, dans les autres espèces, à des propriétés douces, mucilagineuses et sucrées. Les graines

LA

sont huileuses, adoucissantes. Tout le monde sait les usages que l'on fait de la plupart de ces plantes en économie domestique.

L'Angurie de Makoy et V Anguine à fruits en serpent sont des espèces exotiques qu’on a introduites dans les serres chaudes d'Europe.

57e Famille. — DIPSACÉES.

(PZ. xviu, 6. Chardon à foulon: a.sommilé de la plante ; b.fleur séparée; c corolle fendue et étalée; d. coupe de l’ovaire ; e. fruit.)

253. Petit groupe de plantes herbacées, rarement sousfrutescentes, à feuilles opposées, sans stipules; à fleurs réunies en capitules, serrées, et portées sur un réceptacle commun garni d'écailles et entouré d'un involucre. Chaque fleur est munie d’un involucre propre, immédiatement appliqué sur le calice, ou dont le limbe, en forme de coupe, est denté et porte des soies, et la partie inférieure est adhérente à l'ovaire; corolle monopétale, tubuleuse, irrégulière, à 4 ou 9 lobes; étamines 4 ou 5; ovaire infère, uniloculaire, monosperme; style et stigmate non divisés; akène recouvert par le calice. — Deux genres principaux, qui, sous le rapport de leurs fleurs capitulées, offrent une analogie frappante avec les globulariées et les synanthérées, mais elles en diffèrent par leur double calice, leur ovaire adhérent et leurs anthères libres.

A. CaARDERE (Dipsacus). Fleurs disposées en capitule, réceptacle garni de paillettes épineuses plus longues que les fleurs. Chacune de celles-ci offre : calice tronqué en haut, où il présente 4 angles, entouré d’un involucre monophylle tétragone, adhérent à l'ovaire infère ; corolle monopétale tubuleuse à 4 lobes inégaux; 4 étamines saillantes; akène recouvert par le double calice.

DipsACUS FULLONUM [Chardon à foulon) (pl. xvix, 6). Fleurs en tête allongée, paillettes florales recourbées en forme de crochet. — Cultivé.

D. SYLVESTRIS [grande Verge-à-Pasteur). Paillettes florales très droites. — Huies et chemins.

D. riLosus |Verge-à- Pasteur). Fleurs en tête arrondie, — Haies et fossés

humides.

B. Scarreuse (Scabiosa). Fleurs en capitule; réceptacle garni de poils ou de paillettes; calice double comme dans le senre précédent; mas l'interne ou calice propre ayant le limbe terminé par 4 ou 8 soies grêles et allongées; corolle à 4 ou 5 lobes inégaux, autant d’étamines. Fruit caché par le calice double.

SCABIOSA ARVENSIS (Scabieuse des champs] (pl. xLv1, 5). Feuilles inférieures pinnatifides , les caulinaires rétrécis en pétiole; fleurs bleues ou d’un violet pâle; corolle à 4 lobes, — Prés, champs.

S. SYLVATICA (Scabieuse des bois). Feuilles de la tige embrassantes, les radicales entières. —Bois montueux.

S. SUCCISA (Succise, Mors-du-Diable), Feuilles inférieures entières ou dentées, tige glabre, — Bois, collines sèches.

S. GMELINI, Fleurs jaunâtres ; corolle à 5 lobes.

234. Usages. — Les Dipsacées sont peu utiles en médecine, quoique la Scabieuse des champs soit très employée comme dépurative. — On se sert des têtes de fleurs du Chardon à foulon [ou & bonnelier) pour peigner les tissus de laine, de coton, ete.

Mais sous le rapport de l’ornement des jardins, les Scabieula S. étoilée, espèce imdi-

ses jouent un rôle assez marqué:

gène et annuelle, à ses fleurs blanches; — la S. veuve (S. atropurpurea), originaire des Indes et bisannuelle, montre pendant tout l'été ses fleurs à odeur de muse, dont la couleur passe souvent du pourpre foncé au rouge et même au rose; — la S. du Caucase, plante vivace, à larges capitules d’un bleu tendre; etc.

58e Famille. — VALÉRIANACÉES.

(PL. xx, 1. Valériane phu : a. sommité fleurie; d., c. fleur détachée, plus grande que nature ; d, fruit.)

235. Plantes herbacées, à feuilles opposées. Fleurs disposées en panicules ou en corymbes rameux; calice adhérent à l'ovaire, ayant le limbe libre, denté, ou roulé en dedans, et formant un rebord en entier, quelquefois se déroulant en lanicres plumeuses; corolle monopétale irrégulière, tubuleuse, éperonnée à &a base, à 4 lobes inégaux; 1 à 5 étamines,

alternes, attachées au tube de la corolle. Ovaire infére, triloculaire; une seule loge cependant, contenant 1 ovule: style simple; stigmate à 3 divisions; akène couronné par les dents du calice ou par une aigrette plumeuse. — Voici les principaux genres de cette famille qui a été longtemps confondue avec la précédente, dont elle se distingue cependant par des fleurs nues, sans involucre particulier, etc.

A. VALÉRIANE | Valeriana |. Calice adhérent à l'ovaire infére, ayant son limbe denté ou roulé en dedans ; corolle tubuleuse, bossue à sa base, offrant 5 lobes inégaux; 3 étamines.

VALERIANA OFFICINALIS |Valériane officinale| (pl. x11V, 4). Feuilles radicales pinnatifides. — Prés et bois humides,

V. Pau (grande Valériane) (pl. x1x, 1). Feuilles radicales très allongées: racine de la grosseur du doigt.

V. pioica (Val. aquatique). Feuilles radicales entières ; racine grêle. — Lieux humides.

B. CENTHRANTHE | Centhranthus). Corolle éperonnée à sa base; 1 étamine.

CENTHRANTHUS RUBER |Valeriane rouge]. Fleurs rouges ou blanches, — Cul tivé, et sur les murs.

C. Macue | Valerianella). Limbe du calice quinquédenté ; corolle tubuleuse, courte, sans éperon, à 5 lobes inégaux; 3 étamines ; akène couronné par les dents du calice persistant.

VALERIANELLA OLITORIA [Mäche, Doucette). Fruit glabre, un peu comprimé,

— Champs, vignes.

V. coroxATA. Fruit glabre velu, couronné de 6-10 dents; feuilles supéricures à découpures profondes.

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