Usages. — On emploie les racines des Valérianes, qui
toutes sont très odorantes, comme antispasmodiques; — on mange en salade la Valerianelle [Mäche) qui n'a aucune propriété médicale; — le Nard, fort célèbre chez les anciens,
était composé de racines aromatiques dans lesquelles entraient celles de plusieurs espèces de valérianes. Le nard était un parfum exquis chanté par les poètes comme ouvrant
le cœur aux sentiments amoureux , et même augmentant les facultés viriles : c'étaient des baumes, des essences, des onguents, qui servaient à la toilette, qu'on portait sur soi, et que les médecins prescrivaient même comme alexipharmaques pour chasser les venins, ete; — le Nard indien (car il ÿ en avait plusieurs) n’est autre chose que la racine de la Valériane celtique et de la V. Nard : c'est le plus célèbre; on le trouve encore dans le commerce. Le parfum précieux, dit un auteur, que Marie versa sur les pieds de Notre Seigneur et qui embauma toute la maison, était probablement aromatisé avec du nard indien.
Le Centhranthe rouge est une espèce vivace que l'on cultive dans tous les jardins à cause de ses fleurs pourpres disposées en panicules. On cultive aussi la V. corne d'abondance dont les fleurs, en corymbe arqué, sont rosées.
59e Famille. — SYNANTHÉRÉES ou COMPOSÉES.
PI, xIX, 2, Chardon-Marie : a. sommité de la plante; 4. fleuron; c. organes sexuels {1 style, 2 étamines synanthères formant tube autour du pistil}; 4. anthères ; e. filets staminaux.)
257. Voici l'une des familles les plus naturelles et les plus nombreuses; elle se compose de végétaux herbacés, mais souvent de sous-arbrisseaux et d’arbrisseaux. Les feuilles sont simples, non stipulées, alternes, quelquefois opposées, souvent décomposées. Fleurs petites, réunies en capitule | téte),
c'est-à-dire portées sur une espèce de plateau charnu [réceptacle), dans la substance duquel elles se nichent quelquefois comme dans autant de petites fossettes [alvéoles); elles sont hermaphrodites au centre, et unisexuées ou neutres à la eirconférence, plus rarement unisexuées au centre et hermaphrodites à la circonférence; un involucre formé d'un ou plusieurs rangs d’écailles entoure le capitule. — Étudions maintenant la composition des fleurs, qui, prises séparément, reçoivent le nom de fleuron ou de demi-fleuron, selon la forme de leur corolle. |
À. Chaque fleur est accompagnée ordinairement de bractées squammiformes où sétiformes (en forme de soies). Le ca-
lice, adhérent à l'ovaire, a le limbe composé de poils simples ou rameux, ou d'écailles variables en nombre eten formes, ou bien ce limbe est nul, ou il forme un rebord membraneux. La corolle est monopétale, tantôt régulière, tubuleuse et infundibuliforme, dont le limbe offre 5 divisions ou incisions auxquelles correspondent les nervures longitudinales du tube (fleuron); tantôt elle est irrégulière, déjetée d'un seul côté en une languette offrant 5 dents à son sommet tronqué ([demifleuron); étamines au nombre de 5, distinctes par leurs filets, mais réunies par leurs anthères [synanthères); ovaire adhérent et infère, à 1 loge et 1 ovule : style grêle qui traverse le tube formé par les anthères soudées; stigmate ordinairement bifurqué. Le fruit est un akène de forme très variée, tantôt nu au sommet, tantôt couronné d’une aigrette soyeuse ou plumeuse.
B. Le style est indivis dans les fleurs sans étamines ; il est bifurqué, comme nous venons de le dire, dans les fleurs hermaphrodites, et, de plus, ses branches sont munies de papilles stigmatiques et de poils collecteurs. Or, comme le style, qui est beaucoup plus court que les étamines avant l'épanouissement, croît rapidement et traverse le cylindre formé par ces étamines soudées, il enlève le pollen, dans son passage , en charge ses poils collecteurs et apparaît au-dessus du tube qu'il vient de balayer. Mais ce pollen, au lieu de féconder la fleur qui l’a fourni, tombe sur les fleurs voisines, qui écartent les branches de leur style pour le recevoir : ainsi s'opère la fécondation dans les composées.
238. On divise les plantes de cette immense famille en trois grandes tribus, suivant que les capitules sont composés : 1° de fleurons seuls ; 2° de demi-fleurons, ou 3° de fleurons et de demi-fleurons.
CARDUACÉES où FLOSCULEUSES.
239. Capitules formés de fleurons [d'où leur nom de Flosculeuses) ; pas de demi-fleurons. Ces fleurons sont hermaphrodites, unisexués ou neutres ; réceptacle garni de soies très
nombreuses où d’alvéoles ; style muni d’un bouquet circulaire de poils collecteurs situés au-dessous de la bifurcation du stigmate. Les genres de cette tribu ont les fruits sans aigrette, ou avec aigrette poilue ou plumeuse.
A. CARTHAME (Carthamus). Involucre renflé à sa base, composé d’écailles très serrées sur la partie renflée, écartées et foliacées en haut. Fruits dépourvus d’aigrette.
CARTIAMUS TINCTORIUS |Carthame des teinturiers, Safran bâtard). Fleurs grandes, d’un jaune rougeâtre; tube de la corolle très long et grêle, limbe à 5 divisions égales lancéolées. — Plante de l’Inde cultivée dans le Midi pour la
teinture.
B. EcuixoPe (Echinops). Fleurs en tête sphérique, munies chacune d’un involucre particulier ; involucre commun court, peu apparent ; réceptacle nu ; graines pubescentes, sans aigrette. |
ECHINOPS SPHŒROCEPHALUS. Têtes de fleurs globuleuses, blanchâtres. — Lieux arides, haies,
C. CHarpon ([Carduus). Involucre globuleux, imbriqué d’écailles épineuses ; réceptacle garni d’un grand nombre de soies ; fleurons tous hermaphrodites et fertiles ; aigrette poilue, caduque.
CARDUUS MARIANUS [Chardon-Marie) (pl. XIX, 2). Feuilles non décurrentes, larges, marquées de blanc.— Lieux cultivés.