‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 90 sur 177 · Usages. — L'action des Crucifères sur l’économie est · texte numérisé non relu

Usages. — L'action des Crucifères sur l’économie est

uniforme ; elles sont stimulantes àdes degrés divers, propriété qu'elles doivent à la présence d’une huile volatile qui leur communique en même temps une odeur aromatique, et d'un peu de soufre. C’est dans cette famille, principalement, qu'on trouve les antiscorbutiques. Quelques-unes de ces plantes acquiérent par la culture des principes aqueux, mucilagineux et même sucrés, qui les rendent alimentaires (Chou, Navet, Rave, etc.\. — Le Pastel fournit une couleur tinctoriale bleue, que les anciens Pictes mirent à profit pour se teindre le corps. — Outre les principes communs à toutes les parties de la

es Crucifères contiennent dans leurs graines uné

vette, du Colza, de la Cameline. ,

Comme plantes d'ornement, citons la Giroflée, à fleurs d'un jaune rouillé ; — les Mathioles, à fleurs blanches, roses, rouges ou violettes ; — les Juliennes, dont l'odeur est lus suave après le coucher du soleil ; — les Lunaires, je Corbeille d'or et le Malcolmia maritima, qui sont employés pour bordures, etc. — La Rose de Jéricho (Anastatica hierochuntica) est une petite crucifère d'Égypte qui ouvre ou ferme ses silicules, écarte ou

rapproche ses rameaux, selon qu'elle s’imprègne d'humidité ou qu'elle se sèche. Il est de croyance parmi le peuple égyptien que la Vierge a étendu les drapeaux de l’Enfant-Jésus sur cette plante; et les femmes, lorsqu'elles sont sur le point d'accoucher, la mettent tremper dans l’eau, persuadées que leur délivrance sera heureuse si elles la voient s'ouvrir peu à peu.

19e Fanille. — PAPAVÉRACÉES.

(P4, xx11, 2. Pavot-Coquelicot : a. fleur bouton et feuille ; à. anthère grossie ; €, pistil; d. coupe de l'ovaire ; e. semence grossie.)

294. Cette famille, à laquelle le Pavot a donné son nom, sé compose de plantes herbacées, rarement de sous-arbrisseaux, dont les feuilles sont alternes, simples ou lobées, entières ou dentées. Les fleurs sont généralement grandes, solitaires, axillaires ou terminales ; calice à 2 sépales concaves, très caducs; corolle également caduque, à 4 pétales plissés et comme chiffonnés avant leur épanouissement, rarement 8 à 12 pétales. Étamines nombreuses quelquefois au nombre de 24, de 20, de 16, de 12; elles sont libres, hypogynes, plurisériées (disposées en plusieurs séries ou rangs). Ovaire libre, ovoïde ou oblong, pluriovulé ; style très court, ou nul ; stigmate rayonné ou lobé. Capsule ovoïde polysperme, couronnée par le stigmate, s'ouvrant au sommet par des trous placés sous celui-ci ; ou capsule allongée, valvaire.

A. Pavor. (Papaver). Calice à 2 sépales, cadue ; corolle à { pétales ; étamines très nombreuses ; stigmaté rayonné ; cap-

sulé ovoïde, cloisonnée, à graines très nombreuses, «+ "9 cente ou s’ouvrant par des trous pratiqués sous. de stigma: te: LS

PAPAVER SOMNIFERUM (Pavot somnifère) (pl. Liv, 3]. Tige, feuilles et cap, sules glabres.

P. ARGEMONE. Capsule en massue, hérissée de poils droits. — Moissons.

P. HyYBRIDUM: Ca sule globuleuse, hérissée de poils crochus. — Moissons.

Cul

P. RHœAS ( (pt. xxI1, 2). Grandes fleurs d’un beau rouge; stigmate à 10 rayons.

P. pugium. Petites fleurs rouges ; stigmate à 6 ou 7 rayons. — Moissons maigres.

B. CHétipoinE (Chelidonium). Calice à 2 sépales ; 4 pétales ; étamines nombreuses ; stigmate à 2 lobes ; capsule siliquiforme, uniloculaire, polysperme:

CHELIDONIUM MAJUS (grande Éclaire] (pt. Lvur, 5). Capsule lisse, longue d’un pouce au plus. — Haies.

C. GLAUCIUM (Pavot cornu). Capsule rude, longue de 3 à 6 pouces. —Lieux

pierreux.

C. HyPrecoum (Hypecoum). Calice à 2 sépales ; 4 pétales à 3 divisions ; 4 étamines ; capsule siliquiforme, à RARES monospermes.

HYPECOUM PROCUMBENS. Petite plante annuelle ; fleurs jaunes. —Moissons. H. PENDULUM. Variété du précédent,

D. SANGUINAIRE (Sanguinaria). Genre exotique.

295. Usages. — Les Papavéracées exhalent une odeur vireuse, et fournissent un suc laiteux doué de propriétés actives, qui sont narcotiques dans les Pavots, rubéfiantes dans la Chélidoine, émétiques dans la racine de Sanguinaire. Les graines de ces diverses plantes sont néanmoins huileuses et dépourvues de suc délétère.

On cultive comme plantes d'agrément le Pavot somnifère, qui double facilément et dont les pétales varient beaucoup ; — le Pavot oriental, espèce du Levant, à pétales très grands, d’un rouge orange taché de noir à l'onglet ; — le Pavot à bractée, dont les pétales sont plus grands, d'un rouge vif, avec une grande bractée au-dessous du calice ; — le Coquelicot, etc.

— La Sanguinaire de | Amérique boréale a un suc laiteux d'un

rouge de e. des fleurs blanches, et une feuille unique wei- Le ! L 4 née de rouge. ’

80° Famille, — FUMARIACÉES.

(PE, xxN1, 8. Fumelerre bulbeuse: a. sommité fleurie; b. étamines diadelphes et pistil ; c. pistil; d. coupe de l'ovaire; e. fruit.)

296. Herbes à feuilles composées, alternes. Calice à 2 sépales caducs ; corolle de 4 pétales inégaux, prolongés en éperon à la base ; étamines 6, formant deux faisceaux ; ovaire supère ; capsule indéhiscente, monosperme ousilique polysperme. — Cette famille se distingue des Papavéracées par ses étamines en phalanges, ses pétales irréguliers, et par son suc aqueux au lieu d’être laiteux.

A. FumETERRE (Fumaria). Caractères de la famille : le calice est très petit ; les 2 faisceaux staminaux portent chacun 3 anthères ; le fruit est une capsule 1-sperme.

FUMARIA OFFICINALIS (| Fumeterre officinale| (pl. xLv, 5). Tiges rameuses ; feuilles à découpures élargies, planes, un peu obtuses.— Lieux cultivés.

F. mepraA. Tige un peu grimpante. Feuilles à découpures linéaires.

F. BULBOSA [Corydalis, Fumeterre bulbeuse) (pl. xx11, 3). Racine tubéreuse ; tige simple; bractées entières ou à plusieurs loges. — Coteaux boisés.

297. Usages. —— Les Fumeterres sont estimées toniques et dépuratives. Quelques espèces exotiques sont cultivées dans les jardins : tels sont le Dicentra spectabilis de la Chine, dont les fleurs sont en grappes purpurines, allongées ; — l'Alltunia cirrhosa, du Canada, fleurs blanches, mélangées de rose.

Vingtième classe.

Dirotylédones polypétales hypogynes ou périgynes, à placentation axile.

S1° Famille. — NYMPHÉACÉES.

(PL, XX, 4, Nénuphar blanc : a. fleur; D. étamines fixées sur les parois extérieures de l'ovaire ; c, coupe de l'ovaire ; d. stigmate.)

298, Les Nymphéacées sont des plantes d'eau douce dont les feuilles sont très grandes, peltées (formant un plateau orbi-

culaire}, munies d'un trés long pétiole afin de pouvoir s’étaler à la surface des eaux. Les fleurs, très grandes aussi, sont également pourvues d'un long pédoncule. Le calice est à 4 ou 5 sépales, libres (Nénuphar), ou soudés inférieurement et adhérents à l'ovaire (Euryale). Corolle multipétaloïde ; étamines très nombreuses, dont les plus extérieures se transforment en pétales. Ovaire pluriloculaire, globuleux, libre, ou adhérent avec le calice ; style nul ; stigmate sessile formant une sorte de disque lobé et en étoile qui couronne l'ovaire. Fruit globuleux, indéhiscent, charnu à son intérieur, à plusieurs loges polyspermes ; endosperme farineux, embryon homotrope.

A. NénuPxar (Nymphæa). Mêmes caractères que ceux de la famille ; l'ovaire est libre ou recouvert par les pétales et par les étamines fixées sur sa paroi extérieure; stigmate sessile.

NyMPHÆA ALBA [Nénuphar blanc, Lis des étangs) (pt. xx11, 4). Fleurs blanches, — Eaux stagnantes.

N. LUTEA (Nénuphar jaune). Fleurs jaunes.

B. Euryaze (Euriale). Genre exotique qui a l'ovaire adhérent.

299. Usages: — Nous indiquerons ceux des Nymphées en parlant du Nénuphar; disons seulement que leur rhizôme est féculent, mucilagineux, alimentaire. — Le Lotos (N. lotus) est un végétal qui croît dans les eaux du Nil et qui fut célébre dans l’antiquité : ses superbes fleurs servaient à couronner les dieux.et les rois. — L'Euryale féroce, qui croît dans les lacs du Népaul, et dont les fleurs sont sans éclat, a aussi le rhizôme comestible et des graines rafraichissantes.

L'espèce Victoria est la plus grande et la plus belle plante des Nymphéacées. Ses feuilles ont 5 à 6 mètres de circonférence. Elle fut découverte sur le Rio Mamoré par Kaenke, qui, à sa vue, ne put contenir son admiration pour les œuvres de la création et se précipita à genoux. M. Bridges en apporta des graines et put, en 1849, obtenir des fleurs qui furent offertes à la reine d'Angleterre, dont cette magnifique plante à vecu le nom,

89° Famille. — RENONCULACÉES.

(PE XX0, 5. Renoncule bulbeuse : u. sommité fleurie; 6. étamines; c. ovaire ; d. coupe de l’ovaire ; e. fruit.)

500. Dans ce groupe sont des herbes, des sous-arbrisseaux, rarement des arbrisseaux, dont les racines sont fibreuses ou tubéreuses; les tiges nulles, ou simples, ou rameuses; les feuilles alternes, quelquefois opposées, simples, entières ou multicisées, dont la base pétiolée est demi-embrassante. Les fleurs sont grandes, radicales ou caulinaires, régulières ou irrégulières, à périanthe simple ou double. Le calice corolliforme [périanthe simple) est polyphylle; la corolle (qui manque quelquefois) à 4-5 ou à un plus grand nombre de pétales, plans ou creux, d’une forme très variée; les étamines, très nombreuses, sont libres, hypogynes, uni ou plurisériées. Carpelles en nombre variable, sohtares ou groupés, où soudés ensemble, étant chacun uniloculaire, monosperme, surmonté d'un style latéral et d'un stigmate simple. Petits akènes comprimés, disposés en capitules ; ou capsules agrégées, distinctes ou soudées, uniloculaires, polyspermes ; embryon très petit. — Les plantes de cette famille peuvent être divisées en quatre tribus.

RENONCULÉES.

Fruit uniloculaire et monosperme.

Calice el corolle. w

À. RENONCULE (Ranonculus). Calice à 5 sépales; corolle de 5 pétales munis d'une petite écaille près de leur base interne ; étamines nombreuses; fruit (akènes ou caryopses) comprimés, pointus, réunis en tête.

RANONCULUS BULBOSUS |[Renoncule bulbeuse) (pl. XX, 5}. Racine bulbeuse, feuilles divisées; divisions dn calice ovales, rétléchies ; fleurs jaunes. — Prés, jardins. Le

R. ACRIS (Renoncule âcre, Bouton d'or) (pl. 1x, 3). Racines fibreuses ; tige fistuleuse, presque glabre ; feuilles pubescentes ; divisions du calice non réfléchies,

poilues : fleurs jaunes, — Lieux humides,

R. SCELERATUS (Renoncule scélérate) (pl. zrx, 4). Feuilles glabres ; fleurs très petites, jaunes; ovaires saillants hors de la corolle, — Marais.

R. FLAMMULA [Renoncule flammule, petite Doucette). Tige courbée; feuilles lé-

gèrement dentées, les radicales pétiolées; fleurs pédonculées, terminales. — Bord des ruisseaux, des mares.

R. ARVENSIS. Tige ferme, dressée, multiflore; divisions calicinales non réfléchies ; graines chargées d’aspérités, — Moissons,

R. RePENS (Pied-de-Poule, Bassinet). Tige poussant à sa base des rejets ram. pants ; graines lisses. — Prés.

R. AQUATILIS |Grenouillette). Fleurs blanches, pétales à onglet jaune, — Marais.

R. HÉDERACEUS. Fleurs blanches, pétales dont l'onglet n’est pas jaune:

feuilles inférieures à 3-5 lobes arrondis. — Lieux humides. Æ

B. Ficaire (Ficaria). Calice à 3 folioles caduques ; We de 7 à 10 pétales munis d'une petite écaille à leur base terne ; fruits comprimés, obtus.

FICARIA RANUNCULOIDES [RANUNCULUS FICARIA) [petite Chélidoine). Fleurs jaunes ; feuilles radicales pétiolées, entières, cordiformes, — Lieux humides.

C. Anonipe (Adonis). Calice à 4 folioles ; pétales 5 ou plus; akènes ovoïdes, pointus.

ADOXNIS ANNUA. Fleurs rouges ou jaunâtres ; feuilles finement découpées, — Moissons. Cultivée,

Calice sans corolle.

D. ANÉMONE (Anemone). Calice pétaloïde de 5 à 15 folioles, corolle nulle; involucre de 3 feuilles placé au-dessous de la fleur; akènes surmontés d’une pointe ou arête simple ou plumeuse. Feuilles radicales ou découpées.

ANEMONE NEMOROSA [Anémone des bois, Sylvie) (pl. Lvrit, 3]. Feuilles radi-

cales à 3 folioles incisées; fleurs blanches. — Bois. Avril.

À. SYLVESTRIS. Feuilles radicales à 5 divisions profondes; fleurs blanches, — Bois. Mai.

A. FULSATILLA [Pulsatille, Herbe-au-Vent) (pl, Lvx1, 4). Fleurs violettes, pétales peu ouverts. — Bois sablonneux. Avril,

À, RANUNCULOIDES. Fleurs jaunes, — Prés élevés. Avril.

. h, ; ; E. Raroncuze (Myosurus). Calice de 5 folioles colorées; corolle de 5 pétales courts ; étamines 5-20; akènes nombreux sur un réceptacle très allongé,

LA

Myosurus MINIMUS. Fleurs verdâtres. — Moissons.

F. CLÉMATITE (Clematis). Calice de 4 sépales, corolle nulle; pas d'involucre ; akènes nombreux. Feuilles opposées.

CLEMATIS VITALPA (Herbe-aur-Gueux| (pl. 11X, 1}. Fleurs blanches, tige sar- ; ni menteuse, — Haies, buissons.

Gr. Picamon | Thalictrum). Calice à 4-5 folioles caduques ; corolle nulle: feuilles ternées ou ailées.

ï, THALICTRUM FLAVUM (Pigamon, Rhubarbe des pauvres) (pl. LV, 5]. Tige de

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