‹ Traité des plantes médicinales indigènes, précédé d'un cours de botanique (volume 2)Chapitre 96 sur 177 · S 4 SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

S 4 SECONDE PARTIE

Les PLanTes dites MÉpicinaLes sont celles qui jouissent de propriétés médicamenteuses, et qu'on emploie dans le but de conserver ou de rétablir la santé de l’homme. Ce sont, par conséquent, des médicaments, c’est-à-dire des substances qui, prises à l’intérieur, ne fournissent pas de chyle, ne nourrissent pas, mais produisent sur la vitalité une action générale ou locale qui constitue la médication. Les plantes alimentaires, au contraire, sont digérées, fournissent des matériaux à la chylification et apaisent la faim. Toutefois, il est Impossible d'établir une ligne de démarcation, dans le règne végétal, entre ces deux genres d’action, parce que très souvent les mêmes plantes sont employées, tantôt comme aliments, tantôt comme médicaments, selon les circonstances, les parties mises en usage, le mode de préparation, etc.

Les plantes vénéneuses diffèrent des médicamenteuses en ce que leur action est énergique, que le trouble qu’elles causent est profond, progressif, et même qu'elles produisent la mort si la dose est quelque peu élevée. Cependant il est encore difficile d'établir une limite entre ces plantes et les précédentes, attendu que beaucoup de poisons sont employés comme médicaments ; que certaines substances médicamenteuses actives peuvent produire des effets toxiques lorsqu'on les administre à trop forte dose, et que, par opposition, il est telle plante ou telle racine réputée vénéneuse à l’état frais, qui, soumise à l'ébullition dans l’eau, perd ses principes redoutables pour

ne conserver que les féculents, et devenir alimentaire. te à 17

7 71 | . % 258 PLANTES MEÉDICINALES. fs

Tels sont en deux mots les différences'et les points de cc #4

tact existant entre les dliments, les médicaments et les 8. — Le Reméde diffère encore de ces trois choses : emeffet, on entend généralement par ce mot tout ce qu'il peutêtre utile au malade de faire, d'éviter ou de modifier, ete. Les remèdes sont partout; 1l est toujours possible d'en trouver de plus ou moins efiicaces : ainsi un peu de chaleur ou de fraîcheur, telle ou telle position du corps, le silence, l'obscurité, une parole: d'espoir ou d'amour, etc., peuvent remédier à certains troubles de la santé bien mieux que les médicaments. La vaste classe des maladies nerveuses ne réclame que des remèdes dont la diversité estaussi grande que celle de leurs causes ; toutes les pratiques de l'hygiène sont des remèdes préservatifs, qui rendraient le plus souvent l'emploi des médicaments inutile, si elles étaient mieux comprises et observées.

Avant de chercher le médicament qui ne s'adresse qu'aux effets, il faut demander le remède qui s'attaque d'abord à la cause. Que peut faire le médecin et toute la thérapeutique dans le cas où la vie succombe sous le poids des chagrins, du désespoir ; dans ceux où la répétition des mêmes causes morbifiques, soit physiques, soit morales, entretient et accroît sans cesse le mal? N'est-il pas évident que, pour obtenir quelques effets avantageux, des résultats réellement efficaces de l'emploi des médicaments, il faut d’abord annuler ou détruire la cause; il faut enlever l’épine, tuer le ver rongeur ? Si c'était ici le lieu, et que nous en eussions le temps, mous ferions comprendre, par quelques exemples particuliers, combien la Médecine, cette science si belle, si universelle, quand on l’envisage sous le rapport théorique, si puissante dans quelques cas même, est limitée dans son action, incertaine et décourageante quand elle ne peut détruire les conditions étiologiques, et que celles-ci persistent. Que d'efforts inutiles alors, que de tisanes, de pilules, de potions qui n'ont d'autre but que d'occuper l'esprit du malade (ce qui est bien quelque chose sans doute}, mais aussi quel faible sujet d'orgueil pour nous, et comme l'horizon est borné dans les applications LAïmens et honorons la médecine, cette science qui découle de

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