CLASSIFICATION
toutes les autres et qui les absorbe toutes ; honorons et glorifions le médecin véritablement digne de ce nom, qui, reconnaissant des limites à son savoir et à l'art, se méfñe de luimême, s'attache à’se faire des amis de ses malades, à en devenir le confident, et cherche à les convaincre de cette vérité : que les conseils hygiéniques qu’il leur donne valent souvent mieux que toutes les prescriptions pharmaceutiques qu'il pourrait leur faire, et qu'ils aiment tant en général. Mais aussi flétrissons ces ministres indignes qui font métier et marchandise de leur sacerdoce ; ces médecins avides qui, flairant les souffrances humaines et spéculant sur les défaillances morales qui en sont l'effet, font retentir aux oreilles des malheureux que le désespoir accable ces paroles captieuses, qu'ils se font payer d'autant plus cher qu'elles outragent davantage la vérité, le bon sens, la science, la civilisation et l'humanité : “ Vous êtes malade, abandonné des médecins, venez à moi, J'ai un sirop, un rob, un elixir, etc., qui vous guérira. Si vous êtes éloigné, écrivez-moi, exposez votre état, et je vous traiterai par correspondance... Mais, ajoutent-ils, l'usage est de payer une partie des honoraires d'avance, etc... » Voilà ce qu’en plein xix° siècle on lit chaque jour à la quatrième page des journaux, et, chose plus honteuse, voilà ce qui séduit encore et ce qui séduira peut-être toujours la foule.