‹ Traitè des plantes mèdicinales indigènes prècèdè d'un cours de botaniqueChapitre 12 sur 50 · DU RÉGIME DIÉTÉTIQUE COMME MOYEN DÉBILITANT · texte numérisé non relu

DU RÉGIME DIÉTÉTIQUE COMME MOYEN DÉBILITANT

Considéré d’une manière tout à fait générale, le régime doit être défini : l’ensemble des règles à suivre relativement à l'usage qu'on

INTRODUCTION

doit faire, dans l'état de maladie, des choses dont on usait ou pouvait user en santé. Pour nous, cette définition a un sens trop étendu, car nous venons de parler du repos, qui est le régime appliqué aux organes fonctionnant. Dans cet article, le mot régime signifie diète.

Dans l'état de santé, l'homme ne peut supporter longtemps l’abstinence, mais dès qu’il est malade, surtout qu’il est affecté de maladie aiguë, fébrile, il peut se priver l’aliments pendant plusieurs jours, et même plusieurs semaines. On a cherché des explications à ce fait. On a dit que, dans l’état morbide, le sentiment de la faim est moins prononcé ou nul, parce que le travail d’assimilation et de réparation devient moins actif ; mais c’est se payer de mots, car il reste à savoir pourquoi ces phénomènes physiologiques sont troublés si profondément. On a dit, avec plus de raison, que dans les affections aiguës, les forces vitales étant appliquées à un travail pathologique nécessaire, lequel a pour but l’élimination du principe morbifique, les forces assimilatrices sommeillent ou plutôt sont opprimées par les premières ; que si, pendant ce laborieux travail, on introduit des aliments dans l’estomac, on exige de celui-ci un surcroit d’action qui ne peut que nuire à l’élaboration pathologique et même l’enrayer tout à fait. La diète, dans ces cas, loin d’ëtre une privation pour l’économie, est, au contraire, un soulagement et un secours.

Autre explication. Pourquoi l'alimentation accroît-elle les phlegmasies et la fièvre ? Parce que la digestion est la source d’une foule d’opérations vitales auxquelles chaque tissu participe, en vertu de la loi de solidarité, et quelle intervient dans l’action intime, moléculaire de chacun d'eux, en fournissant des matériaux de réparation. Comme conséquence, si l’on remplace l'alimentation par l’abstinence, non-seulement on prévient cette action nutritive qui développe de la chaleur et stimule le sang, mais encore on appauvrit ce liquide, on le rend plus aqueux et l’on fait que le corps se débilite par lui-même. De là résulte aussi que la diète est le meilleur moyen d’opérer la résolution d’une foule d’engorgements ou de liquides épanchés.

Toutefois, il y a un terme à l'abstinence. Dans les maladies aiguës, « le travail morbide altérant une fois consommé, la diète nuit; elle engendre la débilité et les maux de nerfs, ce qu’elle ne fait pas tant que les forces de la chimie vivante sont occupées à digérer et à mûrir des produits pathologiques. » En d’autres termes, tant que

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l’aiguillon de la faim ne se fait pas sentir, on peut attendre ; mais ensuite une diète trop sévère aurait des inconvénients, tels que l’Irritation, les névroses de l'estomac, la débilité générale, etc.

Lorsque l'on juge nécessaire de revenir à l’alimentation, on doit commencer par les substances les plus divisées, telles que les bouillons, le lait, les fécules ; après cela on passe aux potages, aux crèmes, puis aux œufs fiais, aux légumes, aux poissons, aux viandes blanches, etc.

« Le régime diététique est d’une importance extrême en thérapeutique : combien d’incommodités, de maladies, d’inflrmités ne seraient-elles pas évitées si l’on savait se soumettre à ses préceptes, et combien le traitement des maladies serait heureusement simplifié si les médecins et les malades connaissaient suffisamment I» ressources qu’ils peuvent puiser dans le choix des aliments! Avec le régime, disait Broussais, on pourra souvent se passer de tous les médicaments, tandis que, sans son aide, on obtient fort peu de guérisons, malgré l’emploi des spécifiques les plus vantés. »

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