‹ Traitè des plantes mèdicinales indigènes prècèdè d'un cours de botaniqueChapitre 24 sur 50 · SUDORIFIQUES ET DÉPURATIFS · texte numérisé non relu

SUDORIFIQUES ET DÉPURATIFS

On appelle Sudorifiques les médicaments dont l’action excitante se porte, d'une manière spéciale et constante, ou favorisée par des circonstances particulières, comme l'idiosyncrasie des sujets, vers la membrane cutanée. La plupart des excitants généraux et un grand nombre de substances diverses peuvent produire ce résultat, mais moins sûrement que les sudoriliques proprement dits.

La médication sudorifique, qui a aussi pour agents beaucoup de pratiques externes, telles que les bains chauds ou de vapeur, les frictions, etc., est surtout indiquée dans les maladies constitutionnelles, le rhumatime, la goutte, les scrofules, la syphilis et les dartres chroniques, etc. En favorisant la tendance des courants vitaux vers la surface cutanée, elle présente à chaque instant le sang au plus vaste émonctoire de' l’économie, et chaque jour, à chaque instant, un peu des produits morbides ou de la cause morbifique quelconque est éliminé.

Les Sudorifiques sont donc des dépuvalifs lents, dont l’emploi doit durer trois, six, dix mois et plus dans les maladies constitutionnelles que nous venons de nommer. Nous parlons des sudorifiques vrais, car les excitants généraux, qui n'activent la diaphorèse que parce qu’ils excitent l’économie tout entière, ne pourraient être continués aussi longtemps sans donner lieu à des inconvénients qui seraient encore plus grands s’il y avait habituellement de la fièvre. Les sudorifiques, quels qu’ils soient, ne sont donc point indiqués lorsqu'il y a surexcitation fébrile, parce qu’alors ils excitent davantage sans diriger les forces vitales vers la peau. Nous exceptons les cas de maladies exanthémateuses, dont la crise naturelle est un mouvement fluxionnaire cutané, mouvement qu’on peut favoriser par quelques remèdes diaphorétiques administrés à propos et avec discernement.

Les médicaments sudorifiques sont fournis par le règne minéral et le règne végétal. Le premier ne donne guère que le soufre et l’antimoine diaphorétique; encore le soufre agit-il sur la peau d'une façon toute particulière et sans provoquer une véritable transpiration. Quant aux végétaux réputés sudorifiques, ils sont extrêmement nombreux. Ils s’administrent ordinairement en infusion ou en décoction, et l’on peut dire alors que l’eau qui sert de véhicule à leurs principes actifs devient l’agent le plus puissant de la médication; car l’eau simple, prise chaude, est un puissant sudorifique, pourvu que le corps soit placé dans le repos, le calme, et à l’abri du froid.

FLANTES SUDORIFIQUES ET DÉFURAT1VES.

Astragale, racine.

Bardane, racine, feuillet.

Bai», dois, feuillet.

Canne de Provence, racine.

Douce-amère, ligee.

Laiche des sables, racine.

Œillet, pétales.

Orme, écorce.

Patience, racine.

Pensée sauvage, l’herbe.

Rosage, feuillet, fleurs.

Roseau à balais, racine.

Saponaire , fruilUs, tiges, racint.

Seal) i en se, fleurs.

Souehet long, racine.

Sacciee, plante.

Sureau , fleure , feuilles , écorce.

Vipérine, plante.

On trouve des Sudorifiques dans la plupart des autres classes ; parmi les émollients, c’est la Bourrache, la Violette; parmi les excitants, beaucoup de plantes aromatiques; dans les névresthéniques, la Fumeterre, etc.; dans les narcotiques, l'Aconit, etc; les purgatifs donnent YHyèble ; les irritants, la Chélidoine, la G ratiole à dose altérante, etc.

Les Sudorifiques sont en même temps dépuratifs, puisqu’ils purgent les humeurs par la peau. Mais les vrais dépuratifs sont les amers, tels que la Fumeterre, la Gentiane, le Houblon, etc., plus les stimulants de la famille des Crucifères, comme le Cresson, le Gochléaria, la Passerage,. la Capucine, etc. Ils agissent sur le sang et les humeurs d'une manière tout à fait diflérente des sudorifiques dépuratifs, en stimulant les actions vitales, les fonctions de l’estomac, partant en tonifiant, mais non en éliminant par la peau ou tout autre émonctoire les principes morbifiques.

muKÉTIQUES ET APÉRITIFS.

Les Diurétiques sont des médicaments qui exercent une influence stimulante sur les reins, et augmentent la sécrétion de l’urine. Toutes les boissons, quelles qu’elles soient, sont susceptibles d’augmenter cette sécrétion, surtout étant prises en abondance et chaudes. Mais il faut distinguer trois eflels différents : 1° ou bien l’urine est plus copieuse, sans autre modification qu’une diurèse en rapport avec ce que l'on a bu; 5° ou bien elle est modifiée dans sa nature, elle est plus chargée de matériaux hétérogènes, mais non rendue plus abondante; 3° ou enfin cette urine est notablement augmentée de quantité, et d'une manière qui contraste avec les boissons prises. Dans ce troisième cas il y a ce qu’on peut appeler une diurèse véritable, due à l’action spéciale de certains agents auxquels le nom de diurétiques convient particulièrement.

On entend par Apéritifs les substances médicamenteuses qui facilitent la sortie des humeurs ou des principes altérés, retenus dans des voies sécrétoires. Comme les voies urinaires donnent issue à ces matières peccantes, selon le langage des anciens, en Lien plus grande abondance que les autres, il en résulte que les médicaments qui fa-

vorisent leur action dans ce sens, produisent le deuxième effet que nous avons signalé, et méritent le nom de diurétiques-apéritifs ; tout comme ceux, d’ailleurs, qui augmentent le flux des règles, la sécrétion biliaire, la transpiration, etc., doivent être considérés comme des apéritifs d’une autre classe.

Quant aux boissons aqueuses et plus ou moins chargées de principes mucilagineux ou acidulés qui n’augmentent la diurèse que parce qu’elles sont prises en quantité plus considérable que l’économie n’a l'habitude d'en recevoir, elles n’agissent pas comme diurétiques proprement dites, mais comme délayantes, el sous ce rapport, elles favorisent singulièrement l’action de la médication diurétique, quand elles ne la suppléent pas complètement.

C’est qu’en effet les diurétiques ne s’administrent pour ainsi dire qu’en dissolution dan3 un véhicule aqueux, qui les porte sur les reins plus directement que lorsqu'ils sont pris en poudre ou en pilules; leur action se manifeste davantage quand les liquides ingérés sont à une température un peu chaude, et que le corps est dans une atmosphère ou un milieu qui ne favorise pas la diaphorèse, car généralement les urines diminuent en raison directe de l’abondance de celle-ci.

L’action des Diurétiques, dans les maladies chroniques, est analogue à celle des sudorifiques; mais comme elle est plus énergique et plus rapide, elle n’a pas besoin de s'exercer aussi longtemps. D’ailleurs, ce sont des médicaments souvent actifs qui agissent en congestionnant les reins et en irritant d’abord la muqueuse gastrique. 11 n’en est pas de même des délayants ni môme des apéritifs.

Les diurétiques-délayants ou émollients se donnent dans les affections fébriles, inflammatoires, pour rafraîchir, tempérer la chaleur du sang : ils sont fournis, pour la plupart, par les tempérants. (V. ce mot. ) — Les diurétiques-apéritifs conviennent dans les maladies qui paraissent dépendre ou s’accompagner de particules morbifiques que charrient le sang ou les humeurs, comme lajgoutte, les rhumatismes, le scorbut, un certain embarras des voies biliaires et urinaires, etc.

Enfin les diurétiques-excitants, ceux qui stimulent les reins, causent une véritable dérivation sur ces organes en augmentant leur sécrétion : ce sont le flolchique, la Scille, les baies d’Alkekenge, etc., qui trouvent leur indication dans les hydropisies. Il en est qui jouissent d’une action sédative sur le système circulatoire, comme la Digitale, la Scille, etc.

Toutefois, on ne doit espérer un succès complet de l’emploi des Diurétiques en général que dans les seuls cas où l’hydropisie est idiopathique, c'est- à-dire exempte soit d’inflammation du péritoine, des plèvres ou des autres séreuses, selon le siège de la collection aqueuse, soit d’altérations matérielles profondes du foie, du cœur ou autres viscères.

Peut- on donner des boissons abondantes dans les liydropisies? 11 y a des médecins qui craignent d’en permettre l'usage. Nous sommes de l’avis de Cullen, qu’on peut en donner à volonté toutes les fois que la quantité des urines rendues est égale à celle des boissons. Mérat et Delens pensent qu'on peut les permettre même dans le cas contraire, d’abord pour satisfaire la soif qui est parfois considérable , puis « parce que l’absorption cutanée saurait bien reprendre dans l'atmosphère ce que les boissons ne lui fourniraient pas. »

PLANTES DIURÉTIQUES ET APÉR1TIVES.

Aehe, racine.

Alkékeugc, fruits, feuilles.

Arrête-bœuf, racine.

Aapergo, racine, tarions.

Bouleau, feuilles, écorce.

Bruyère.

Bueacrolle, feuilles.

Cerfeuil, herbe ;

Cétérach.

Chardon-Roland, racine.

Colchique, bulbe, semences.

Ga, H, jeunes pousses fleuries.

Genévrier, fruits, sommités, bois.

Herniaire, plante.

Hépatique, plante.

Pariétaire, plante.

Petit-Houx, racine.

Pimprenelle, feuilles.

Pissenlit, racines, feuilles.

Plantain d'eau, racine.

Prêle, liges, feuilles.

Reine - des - prés , racine

sommités.

Saxifrage, racine.

Scille, bulbe.

Les classes précédentes, ainsi que celles qui suivent, renferment un grand nombre de plantes qui agissent comme diurétiques lorsqu’on emploie certaines de leurs parties, ou qu'on les met en usage dans des circonstances idiosyncrasiques particulières. Nous citerons les suivantes : Ail, Alliaire, Bardane, Cerisier, Chiendent, Epine- Vinette, Digitale, Jlicble, Linaire, Raifort, Roquette sauvage, Pin et Sapin, Saponaire, Sureau, etc. Les semences de CéUri, de Cumin, de Carotte , de Fenouil, etc., sont des diurétiques aromatiques, etc.

EXPECTORANTS, BÉCHIQUES, INCISIFS.

Ces trois expressions désignent généralement les substances médicamenteuses dont l'action se porte sur la muqueuse broncho-pul-

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monaire. Mais il y a une distinction à faire entre leurs manières d’agir, qui ont chacune leurs indications particulières.

Les Expectorants sont des excitants qui provoquent la sortie des matières muqueuses des voies aériennes, lorsque celles-ci sont affaiblies et manquent de la force nécessaire pour chasser les mucosités épaisses, visqueuses, abondantes qui les obstruent.

Les Incisifs ne sont que des expectorants dont l’action, suivant les auteurs, serait surtout efficace pour diviser en quelque sorte les molécules à expulser et en faciliter le glissement, tout en donnant au poumon la force nécessaire pour l’exécution d'une facile expectoration. Cette théorie n'est que spécieuse, il n’y a pas incision ; et lors môme qu’elle aurait lieu, on ne pourrait former une classe de médicaments incisifs, lesquels seraient, eneffet, tantôt les émollients, tantôt les vomitifs ou les purgatife, tantôt les expectorants ou les apéritifs, etc. Néanmoins le mot est resté, et l’on considère la Scille, l’Ipéeacuanha, le Polygala, le Colchique, etc., comme des incisifs puissants.

On donne le nom de Béchiques aux médicaments doux, émollients et calmants, qui apaisent la toux, les irritations de poitrine, et facilitent, par leur humidité et leurs propriétés mucilagineuses, le glissement et l’expulsion des matières bronchiques sécrétées. Tels sont la gomme, le lait, les infusions pectorales mucilagineuses, les légers opiacés, etc.

« Comme aucun médicament ne va dans la poitrine, leur action a été expliquée par ‘la sympathie de l’estomac sur le poumon, au moyen du nerf pneumogastrique qui se rend aux deux viscères, ou par la continuité d’action des médicaments, qui, des muqueuses pharyngée, œsophagienne, gastrique, se prolonge jusqu'à celle qui revêt les bronches, ou enfin par la circulation, comme à toutes les autres parties du corps. Quel que soit leur mode d’agir, il est certain que ces médicaments facilitent d’une manière non équivoque l’expectoration, c’est-à-dire que lorsqu’ils sont donnés, surtout à l’époque de coction de la maladie, il y a une plus grande quantité de crachats projetés hors des voies aériennes. Les médicaments gazeux, pénétrant seuls dans la poitrine, pourraient être appelés des expectorants directs. » (Mérat et Delens.)

11 ne faut pas croire que les expectorants, considérés en général, soient Indiqués par cela seul qu’il y a toux : il y a des toux san s expectoration, qui dépendent, non d’une affection des bronches ou des poumons, mais de l’action sympathique de viscères plus éloi-

gnés et soutirants sur ces organes : dans ces cas, les expectorants sont inutiles et peut-être nuisibles. Et même dans les maladies des voies aériennes il faut distinguer : au début de la bronchite, lorsque la sécrétion muqueuse est encore enchaînée par l’acuité de l'inflammation, il n’y a pas de crachats à expectorer; ce sont alors les adoucissants, les émollients, les béchiques, qui conviennent. Un peu plus tard, la période de coction survenant, et avec elle l’accumulation des crachats dans les bronches, il convient de recourir aux expectorants ; et si les mucosités sont tenaces, niantes, si le sujet est asthmatique, suffoqué par leur abondance, il faut employer les t'neisifs, parmi lesquels l’ipécacuanha à dose vomitive jouera le plus grand rôle, surtout chez les vieillards et les enfants, dont les organes pulmonaires manquent de la force suffisante pour expulser les crachats.

PLANTES EXPECTORANTES ET BËCHIQCES.

Arum, racine. feuilles.

Bolet odorant, plante.

Capillaire de Montpellier, plante.

Chou rouge, feuillet.

Doradille.

Hyaope, sommités fleurie ».

Lierre terreetre, sommité».

Lichen d’Ialandc , plante.

Lichen pulmonaire, pl. Marrube, sommité», feuilles.

Phellandrc, semence» .

Polygala, sommités, roc.

Pulmonaire, t ommilét' fleuries.

Sauve-vic, plante.

Tussilage, fleurs.

Vélar, feuilles.

On trouve dans les autres classes ; i* comme béchiques, la Mauve, la Violette, le Pied-de-Chat, le Bouillon blanc, la Buglosse, etc., etc.; 2* comme expectorants, la Scille en première ligne, V Année, le Lit, V Oignon, l’Ail, la plupart des Labiées, beaucoup de Crucifères, les Iris, les plantes vomitives, etc. On a des expectorants qui, au lieu de provoquer l’expectoration, agissent plutôt en diminuant la quantité des mucosités à expectorer : tels sont la Térébenthine, le Goudron, les bourgeons de Peuplier, les baumes exotiques. On possède en outre des expectorants minéraux : le kermès, le soutre doré d'antimoine, le sulfure de potasse, etc.

EMMÉNAUOGUE3.

Les Emménagogues sont des substances médicamenteuses qui jouissent de la propriété d’exciter l’écoulement menstruel. Ces médicaments gis sent par une action spéciale sur l’utérus, considéré en tant que centre de l’exhalation des règles ; mais cette action peut

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être contestée, attendu que cet organe n'a pas, comme la peau ou les reins par exemple, une fonction continue qui n’a besoin, pour être excitée, que d’une occasion légère.

Les Emménagogues ont cela de singulier qu’ils ne s’emploient que dans le sexe féminin; qu’ils ne peuvent être utiles que dans la période moyenne de la vie, c’est-à-dire dans l’àge sexuel, et qu’enün ils ont pour but de congestionner un organe, d’y appeler le sang, au lieu de l'en éloigner, comme on s'efforce de le faire dans presque toutes les autres maladies internes. Ces médicaments sont donc appelés à remédier au défaut d'évacuation menstruelle ; mais il importe, avant de les mettre en usage, de distinguer la véritable cause de l’absence de cette évacuation parmi le grand nombre de celles de toute nature qui peuvent jouer un rôle dans cet état en apparence très-simple, mais au fond très-complexe. Or, les états morbides qui mettent habituellement obstacle à l’exercice de la fonction en question sont l’éréthisme nerveux soit général, soit local ; les états de souffrance de la matrice (inflammation chronique, ulcération , déviations) ; lesaffections aiguës ou constitutionnelles des organes importants, la chlorose, l’anémie, ou bien au contraire la pléthore et la trop grande plasticité du sang.

Tant que dure le trouble organique qui dérange la menstruation, c’est en vain qu’on emploie les Emménagogues ; pour que ceux-ci réussissent, il faut que préalablement on ait fait cesser ce trouble. Très-souvent la nature se charge de ce soin ; mais alors, ne faisant pas les choses à demi, elle provoque aussi l’apparition des règles sans le secours d’aucun médicament stimulant : comme quoi, ici et dans la majorité des cas, les médications sont des superfluités.

Mais lorsque l’obstacle est levé, et que la matrice, restant engourdie ou dans l’atonie, manque du coup de fouet nécessaire pour réveiller ses habitudes fonctionnelles, les Emménagogues deviennent réellement utiles, pourvu qu’ils n’irritent pas un estomac enflammé ou à peine remis d'un état phlegmasique plus ou moins prononcé.

On distingue les Emménagogues en directs et en indirects. Les premiers sont des excitants qui tendent à fluxionner la matrice par une action spéciale : ils sont moins nombreux qu’on ne croit. Les seconds sont ceux qui facilitent l'écoulement des règles sans provoquer de fluxion utérine, mais en faisant cesser le spasme général ou local, la rigidité de l’organe, ou bien en tonifiant l’économie, en redonnant au sang ses éléments naturels et proportionnels, en un

mot en combattant précisément les affections morbides énumérées ci-dessus comme causes de l'aménorrhée. Par conséquent, tous les agents thérapeutiques peuvent être considérés comme des emménagogues, du moment qu’ils tendent à faire disparaitre des états morbides dont la présence seule mettait obstacle & l'apparition des règles.

Mais les Emménagogues proprement dits, directs, sont, outre ceux que nous désignons ci-dessous et dont nous allons faire l’histoire spéciale, V Absinthe, l'Armoise, la Matricaire, le Marrubc blanc, la Camomille, l'Aristoloche , les Baies de Genièvre, la Nielle, et une foule d’autres plantes qui ont été étudiées dans les classes précédentes, principalement parmi les stimulants généraux.

PLANTES EMMÉNAGOGUES.

Cataire, sommités fleuries. I Rue, feuilles. i Safran, slijtnolM.

Polytric. I Sabine, feuilles. ! Seigle ergoté, sem, aliéné.

STERNüTATOIRES , ERRHTNS , PTARMIQUES. .

Ces expressions désignent tous corps solides, liquides ou gazeux, qui, dirigés dans les fosses nasales, provoquent l'irritation de la muqueuse olfactive, et par suite la sternutation avec sursécrétion de ses follicules. Mérat et Delens proposent de donner le nom de Sternutaloires aux substances qui déterminent léternüment; celui de Ptarmiques à celles qui se bornent à entretenir une fluxion locale et à produire un flux muqueux plus ou moins abondant; enfin les Errhins comprendraient tous les médicaments, irritants ou autres, employés dans les maladies des fosses nasales. Ces distinctions n’ont pas d’importance dans la pratique ; car on comprend, en effet, que l'habitude, l'idiosyncrasie du sujet, le plus ou moins de force de l’agent employé, pourront faire de celui-ci tantôt un stemutatoire, tantôt un ptarmique.

On emploie les stemutatoires : 1° pour produire des secousses brusques, des mouvements subits d’expiration, afin de combattre l’asphyxie et la syncope, de provoquer la rupture des abcès des amygdales, l’expulsion des fausses membranes, et quelquefois une hémorrhagie nasale. L'effet qu’ils produisent pourrait être fatal aux individus disposés à l’apoplexie, aux épistaxis, à la hernie, ou affectés d'anévrisme du cœur ou des gros vaisseaux, comme aussi

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ils doivent être évités chez les femmes enceintes, où ils pourraient déterminer l’avortement.

2' Ces agents thérapeutiques sont plus souvent mis en usage pour établir une irritation dérivative sur ia muqueuse nasale dans le but de combattre certaines affections chroniques, telles que les cépha-. lées, les fluxions oculaires et auriculaires, l'amaurose ; et, dans ces cas, les contre-indications sus-indiquées n’existent plus, puisque les brusques secousses de Téternûment ne sont plus produites.

PLANTES STEBNUTATOIRES.

Les plantes de cette classe sont assez nombreuses, si on les considère sous le rapport spécial de l’action irritante qu’elles peuvent exercer sur les fosses nasales ; mais si on les envisage sous d’autres points de vue, leur propriété sternutatoire se montre trop limitée dans ses applications pour qu’on les sépare des autres groupes, où elles sont plus employées comme émétiques ou purgatives, comme irritantes ou vésicantes, ou même comme narcotiques. Le Tabac, l'Euphorbe, le Cabaret, l 'Hellébore, le Muguet, la Marjolaine, la Bé~ toine, la Ptarmique, etc., sont réputés sternutatoires. Nous n’avons à parler que des deux dernières plantes, que nous avons oubliées plutôt que réservées pour cette classe.

Il est inutile de faire remarquer que l’ammoniaque, le chlore, les acides en généra], les gaz irritants, les moyens mécaniques, comme le chatouillement de la luette, les corps étrangers, etc., sont trèspropres à provoquer la sternutation.

STàLAGOCCES oü masticatoires.

Les Sialagogues sont des substances qui, introduites dans la bouche et soumises ou non à la mastication, augmentent les flux salivaire et muqueux de cette cavité.

L’augmentation provoquée de ces liquides a pour but : i* de remédier à une affection des parties glanduleuses ou membraneuses de la bouche, à l’engorgement et à l'infiltration de la glande parotide, par exemple, en produisant une expuition plus grande du fluide qu’elle sécrète, pourvu que cet engorgement tienne au manque de vitalité et de tonicité; 2° d'opérer une sorte de dérivation propre à détourner un état fluxionnaire siégeant aux yeux, aux oreilles, au nez, au cerveau, au larynx, au poumon môme, à

remédier à la paralysie de la langue, à la migraine, à la céphalalgie, au rhumatisme des enveloppes du crâne, etc.

Il ne faut pa3 confondre les Sialagogues avec les Salivants : ces dernière, qui sont fournis par les préparations mercurielles, sont donnés moins pour produire la salivation que pour agir soit spécifiquement sur le virus syphilitique, soit comme altérants dans certaines affections plus ou moins graves, telles que le croup, le rhumatisme aigu, la péritonite, la pleurésie, la fièvre cérébrale, dans lesquelles alors la salivation témoigne de l’intolérance de l'économie pour le remède.

Les Sialagogues sont des stimulants aromatiques ou des irritants plus ou moins âcres. Parmi le3 premiers sont les racines d'Angélique, d eLiviche, d Impératoire, etc. ; parmi les seconds nous trouvons le Tabac, la Ptarmique, la Passerage, la Pyrithre, le Raifort, le Cresson de Para, etc. Toutes ces plantes seront étudiées, et nous y renvoyons le lecteur.

Nous n’avon3 pas cité les plantes exotiques, telles que le Cardamone, le Bétel, le Poivre, le Gingembre, etc. ; ce sont des masticatoires puissants, mais très-rarement employés; les masticatoires indigènes ne le sont guère plus 'du reste.

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