VOMITIFS
Les moyens qu’on emploie pour produire le vomissement sont de deux sortes : les uns agissent mécaniquement : telle est la titillation de la luette; d’autres exercent une action thérapeutique directe et spéciale sur la muqueuse gastrique, comme l’émétique, l’ipécacuanha et toutes les plantes indigènes proposées pour suppléer ces deux substances, et que nous allons bientôt passer en revue. 11 est d’autres causes encore au vomissement, comme la migraine, une affection morale, la gastralgie, etc. ; mais nous n’avons pas à nous en occuper, non plus que du mécanisme physiologique du vomissement, sujet d’ailleurs très-controversé.
Si les Vomitifs (encore appelés émétiques ) constituent des remèdes héroïques dans beaucoup de. circonstances, nul doute aussi qu’ils n'offrent souvent de graves inconvénients; il importe donc de préciser les cas où ils sont indiqués et ceux où il faut les proscrire.
Le but principal et pour ainsi dire banal des émétiques, c’est l’évacuation de la bile, des saburres ou humeurs peccantes, selon le
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langage des anciens. Les saburres consistent dans un enduit pâteux qui tapisse la surface muqueuse de l’estomac et môme des intestins, et qui est dû à une sécrétion vicieuse de cette membrane. Cette altération de sécrétion, qui constitue l'embarras gastrique, dépend tantôt de l’abus d’aliments grossiers ou de mauvaise qualité, de liqueurs alcooliques, de boissons sapides, de mets trop succulents, etc.; tantôt et plus souvent encore d’une irritation inflammatoire du canal intestinal. Elle s’annonce par des éructations acides et nidoreuses, des vomituritions, de l’inappétence, un enduit blanchâtre de la langue, de la soif avec désir des boissons aigrelettes, le tout accompagné ou non de mouvement fébrile et de céphalalgie sus-orbitaire. Or, le moyen par excellence de dissiper l'embarras gastrique, c’est le vomitif. Comment agit celui-ci? Ce n’est pas seulement en provoquant l’expulsion de l’enduit, en en débarrassant l’estpmac, car les aliments pourraient en faire autant en entraînant et nettoyant les surfaces; selon MM. Trousseau et Pidoux, l’émétique ( ils parlent surtout du tartre stibié) agit en même temps comme médicament substitutif, c'est-à-dire qu’il provoque une irritation artificielle qui se substitue à celle dont dépend l’état saburral.
Les Vomitifs constituent des agents thérapeutiques énergiques : par leur moyen on évacue l’estomac, on sollicite la sortie de la bile de ses canaux, l’on transforme tout l’appareil digestif en un centre fluxionnaire auquel viennent se rendre les liquides abondants provenant du foie, du pancréas, des follicules muqueux et des exhalants intestinaux, etc., ce qui explique l’abondance des matières vomies, et l’on épure la masse du sang. Mais ce qui surtout fait leur succès, c’est le grand mouvement qu’ils impriment à l’économie, d’où il résulte que la circulation capillaire devient plus libre, que les sueurs et les urines sont plus abondantes, que les selles se régularisent, l’appétit devient meilleur, etc. Pour le vulgaire le vomitif est le moyen d’évacuer la bile; pour le médecin, c’est un excitant général qui produit de grands effets par une sorte de perturbation dont, à la vérité, on ne peut prévoir tous les résultats, ce qui précisément rend circonspect à son égard. Le vomitif produit encore un effet sédatif favorable à la disparition de certaines congestions, même de celles de la muqueuse gastro-intestinale, par les lipothymies et la demi-syncope dont il s’accompagne. 11 convient enfin dans toutes les maladies compliquées d’état saburral, dans la fièvre bilieuse, la fièvre intermittente, la dyssenterie, la
PLANTES MEDICINALES.
péritonite puerpérale, la métrorrhagic, et même l’apoplexie quand l’embarras gastrique est bien évident. L’indication des évacuants se présente encore plus souvent lorsque ces allections régnent sous forme épidémique.
Quant aux contre-indications, ce sont les hernies, les congestions cérébrales, lies écoulements critiques survenant naturellement et surtout l'état inflammatoire de l'estomac. Cependant nous dirons que cette dernière circonstance n’est pas un motif de proscrire le vomitif d’une manière absolue, à moins qu'il n’y ait douleurs épigastriques vives, fièvre intense ou altération organique, par cette considération que le remède peut agir substitutivement, comme nous l'avons dit plus haut, pour guérir l'irritation.
rL\NTE8 VOMITIVES OU ÉHF.TIQIES.
Ataict, racine, feuillet. I Narcisse de» pré», bulbe , I Violette, racine.
I firme.
Nous avons beaucoup d’autres plantes qui peuvent fournir, au besoin, les moyens de satisfaire aux indications vomitives. Nous citerons l’irrocfte, le Colchique, le Dompte-Venin, le Genêt, la Graliole, le Lierre grimpant, le Muguet, le Raifort, la Roquette, la Scille, la Vermiculaire, etc. — Nous n’avons pas besoin de rappeler que le Tartre stibié et Ylpécacuanha sont les deux vomitifs par excellence. \
rORGATIFS.
.Médicaments qui provoquent les déjections alvines, sollicitent la diarrhée. On les distingue en laxatifs, cathartiques et drastiques.
Les Laxatifs, encore appelés minoratifs , sont généralement des substances douces et émollientes qui provoquent des évacuations plutôt en relâchant ou affaiblissant les intestins qu’en les irritant, et dont l’effet ne s’accompagne jamais de symptômes d’excitation. Les plus employées sont, parmi les indigènes, les huiles d’olive, de ricin et A' amandes douces, la manne, les pruneaux, etc.; puis viennent la cosse, les tamarins. Les laxatifs conviennent lorsque l’on veut rendre le ventre libre, purger doucement sans irriter le canal intestinal : leur usage est donc permis dans toutes les inflammations, même dans celles des viscères abdominaux accompagnées de constipation.
Les Cathartiques ou purgatifs proprement dits sont des médicaments plus actifs qui produisent la diarrhée en stimulant la mem-
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brane muqueuse intestinale, augmentant la secrétion de ses follicules, provoquant le flux biliaire dans le duodénum et augmentant le mouvement péristaltique du canal digestif, ce qui cause les coliques dont ils s’accompagnent. Ce sont des substances excitantes dont l'ingestion cause une sensation de chaleur interne, de dégoût, des borborygmes, des nausées, puis souvent des phénomènes généraux, tels que chaleur, élévation du pouls, soif. Mais à ces phénomènes succèdent bientôt, d’une manière secondaire : 1* le ralentissement de la circulation par suite de l’évacuation des matières alvines et de l’augmentation des fluides sécrétés et expulsés; 2 l’accroissement de l’absorption, comme conséquence naturelle de la diminution qu’a éprouvée la masse des humeurs en circulation ; 3' l’augmentation de la sécrétion biliaire et de plus la liberté rendue à l’écoulement de la bile dans ses canaux; 4* une action révulsive tendante à détourner le sang de la tête, du cœur et de la poitrine, et à diminuer l’impulsion du sang vers ces viscères. C’est en effet pour obtenir un ou plusieurs de ces résultats que l’on administre les purgatifs dans les fièvres, les hydropisies, les maladies du foie, les affections catarrhales, les dartres, les engorgements glandulaires, les ophthalmies, les fluxions, les congestions cérébrales et une foule d’autres états morbides qu’il serait trop long d’énumérer.
Les purgatifs sont fournis par les minéraux et les végétaux. Les premiers sont constitués par des sels neutres à base de potasse, de soude ou de magnésie. Us agissent spécialement, mais d’une manière passagère, sur l’estomac et les intestins grêles, très-faiblement sur le gros intestin, ce qui fait que leur emploi n’est pas suivi de constipation comme cela a lieu pour certaines substances végétales, et qu’au contraire, dans les cas où il existe une diarrhée d’embarra» intestinal (état saburral), ils la font cesser en évacuant les saburres ou bien en substituant, dans d’autres circonstances, leur irritation propre à celle qui entretient le dévoiement.
Les purgatifs fournis par le règne végétal agissent généralement avec plus d’énergie ; ils sont aussi plus irritants pour les intestins. Ils doivent leur action à des résines, des matières gommo-résineuses eu des principes extractifs amers. — C’est parmi eux que se trouvent les drastique» et les hydragogues, médicaments purgatifs dont l’action est le plus énergique. Voici par ordre alphabétique les plantes indigènes qui fournissent des médicaments purgatifs, et dont nous avons à tracer l’histoire.
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Actée, racine.
An&gyre, feuillu.
Baguenaudier, feuillet.
Be!le-de-NTuit, racine.
Bonrgène, écorce.
Bryone, racine.
Coloquinte, fruit.
Coronille, feuilles.
Eapatoire, racine, (millet.
Euphorbe, semences, suc, racine.
F aax-Bbénier, pousses.
M.ANTE9 laUGATIVES.
Fusain, fruits.
Globulaire, feuilles.
Hellébore, racine.
Hclléboro blanc, rocine.
Hicbla , racine , écorce , fleurs.
Iris, racine.
Lierre grimpant , baies , feuillet.
Lin purgatif.
Liseron, feuillet, racine.
Mercuriale, herbe.
Motnordique, fruit, racine.
Nerprun, fruilt.
Pécher, feuilles, fleuri.
Pigamon, racine.
Polypode.
Prunier, pruneaux.
Rhapontio, racine.
Rioin, fruits.
Soldanolle, feuillet, roc.
Tamier, racine.
Velvotc, plante.
Un grand nombre d’autres végétaux fournissent des médicaments purgatifs : ce sont, entre autres, la Moutarde blanche, YAgarie blanc, le Genêt à balai, la Gratiolc, la plupart des plantes irritantes , celles de la classe des émétiques, etc.
ÉMÉTO- CATHARTIQUES .
Médicaments qui provoquent des évacuations par le haut et par le bas simultanément. Comme ils sont presque toujours composés de tartre stibié et d’un sel neutre, nous n’avons pas à nous y arrêter, nous qui ne nous occupons que des végétaux. Cependant nous verrons que certaines plantes, telles que l 'Hellébore blanc, les baies du Lierre, l’écorce de la racine de Bourgène, agissent à la manière des éméto-cathartiques, surtout lorsqu’on en élève la dose. L’indicaliou de ces agents est fournie par l’état saburral de l’estomac et des intestins.