SIXIÈME CLASSE. — DES IRRITANTS
Nous comprenons dans cette classe les végétaux qui, appliqués sur les tissus vivants, y déterminent l'irritation, la rubéfaction, la vésication et même la cautérisation. Ils se distinguent par conséquent en rubéfiants, en visitants, et en caustiques. Ces trois sousclasscs ne désignent point des médicaments qui ditièrent de nature, elles n’expriment, au contraire, que des différences de degré dans le mode d’action; aussi, avant de faire l’histoire de chacun de ces agents thérapeutiques, croyons-nous devoir commencer par celle des indications générales qu’ils remplissent.
INTRODUCTION
RUBÉFIANTS.
Ce sont des agents thérapeutiques que l'on applique sur la surface cutanée pour y produire de la rougeur, c’est-à-dire une augmentation de calorique et l’appel d'une plus grande quantité de sang et de vitalité. On les met en usage dans le but de déplacer, par l’irritation qu’ils causent, une irritation morbide fixée sur un organe important, ou de remplacer un état d’excitation interne par une stimulation externe plus prononcée, mais infiniment moins grave.
Les rubéfiants s’emploient, par conséquent, pour détourner les congestions sanguines, réchaufler la surface cutanée dans la période algide des fièvres et du choléra, pour combattre la prostration des forces et autres symptômes qui caractérisent l'état adynamique. Quelquefois on a pour but, en s’en servant, de guérir, par leur application directe, des phlegmasies locales, en déterminant une inflammation analogue qui se substitue à l'irritation primitive, ce qui constitue un genre de médication, connue sous le nom de *«6slilutive.
KP1SPASTIQUES OU YÉSICANTS.
On nomme ainsi des agents de révulsion qui, irritant d'abord la peau à la manière des rubéfiants, exercent bientôt sur elle une action plus puissante et déterminent une inflammation vive accompagnée d’une sécrétion de sérosité, laquelle s’amasse sous l’épiderme, le soulève, et donne naissance à des vésicules ou ampoules, appelées phlyctinet, analogues à celles des brûlures légères. Outre l’irritation locale qu’ils produisent et les effets révulsifs qui en sont la conséquence, ces épispastiques modifient la masse des humeurs; ils tendent à la diminuer, à la débarrasser des mauvais principes qu’elle peut contenir, et c’est ce qui constitue la médication spoliative; de plus, ils exercent une action stimuUmtesuT divers appareils organiques plus ou moins éloignés du point d’application, quelquefois même sur toute l’économie, par l'elfet des connexions sympathiques, ou par suite de l’absorption de leurs principes actifs.