‹ Traitè des plantes mèdicinales indigènes prècèdè d'un cours de botaniqueChapitre 38 sur 50 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

f réparations, doses. — Décoction (plante entière) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau. — Le docteur Lange fait bouillir une demi-poignée dans 3 tasses d’eau jusqu’à réduction d’un tiers : la malade en prend une tasse à la fois. Suc exprimé : 8 à 16 gr.

CHÉLIDOINE. Chelidonium majus, L.

(Fam. Papavkhackes.)

Noms tulg,: Graiide-Chélidoine, Eclaire, Grando-Éclaire, Pelougno,

Herbe d'hirondelle. .

description (pl. lviii, 6). — Plante vivace, de 60 à 90 cent. Tige cylindrique, rameuse, cassante, rougeâtre, parsemée de poils mous, épars. Feuilles alternes, pétiolées, pinnatifldes, à lobes arrondis, incisés et dentés, contenant un suc laiteux et jaunâtre. Fleurs jaunes, rassemblées plusieurs ensemble à la partie supérieure des ramifications de la tige (I), se montrant depuis avril jusqu’en septembre. Calice à 2 sépales caducs, un peu colorés ; corolle à 4 pétales ouverts, plans, entiers, plus étroits à la base; beaucoup d’étamines égales; ovaire libre, allongé; stigmate bilobé. Silique allongée et grêlqde 2-4 cent, s’ouvrant en 2 valves qui se détachent de la base au sommet.

propriétés, usages. — La Chélidoine est inodore, mais toutes ses parties renferment un suc jaunâtre qui en découle facilement lorsqu’on les incise ou qu’on les écrase, suc doué d’une odeur forte, nauséabonde, d’une saveur âcre et amère, irritant fortement les organes digestifs. Les animaux auxquels Orfila en a fait prendre ont succombé au bout de peu de temps en offrant les accidents propres aux poisons narcotico-âcres.

Administrée à doses modérées, cette plante agit comme excitante, diurétique, purgative ou altérante. On l’a beaucoup employée autrefois dans l’hydropisie, l’ictère, les engorgements viscéraux, les fièvres intermittentes, les dartres, les scrofules, la syphilis, la goutte, etc. Elle a pu être efficace dans les hydropisies et l’ictère par ses propriétés diurétiques ou purgatives; mais si elle a eu quelque succès dans les autres affections que nous venons de nommer, c’est sans doute par l'effet d'un mode d’action tout différent, pour lequel les modernes ont inventé le mot altérant. Récamier regardait la Chélidoine comme ayant une influence particulière sur les

(1) Le dessin représente nn rameau florifère portant une ombelle do fleur» en boutons et, & son extrémité, une fleur épanouie accompagnée de trois autres son écloses.

engorgements indolents de la rate. Il savait d’ailleurs qu’avant lui Sennert et Gilibert en avaient obtenu de bons résultats dans ces affections.

Mais disons la vérité, la Grande-Éclaire a toujours été considérée plus particulièrement comme purgative, c’est à ce titre sans doute qu’elle a mérité la confiance de Linné, de Murray, de Bodard, de Biett, et dès la plus haute antiquité celle de Dioscoride, de Galien, etc., comme plante anti-ictérique. Si elle guérit l’ictère par le fait seul de la purgation qu’elle provoque, tous les autres purgatifs en peuvent faire autant; ils auront même l’avantage, pour la plupart, d'être moins irritants ; que si, au contraire, on lui attribue une vertu particulière, spéciale, on est forcé de la rattacher à une propriété altérante. Cette réflexion se rapporte surtout à l'emploi de la Cbélidoine dans les dartres, les aflections scrofuleuses et dartreuses d’origine syphilitique, emploi qui a été tenté avec succès par Biett et M. Cazin.

Cette plante est mise en usage à l’extérieur pour détruire les cors et les verrues, pour préparer des pédiluves irritants, des collyres substitutifs, pour déterger, modifier avantageusement les ulcères sordides, échauffer, enflammer les tumeurs froides et en amener la résolution, etc.

récolte. — La Grande-Éclaire croît naturellement dans les lieux incultes, auprès des vieux murs, au milieu des décombres, dans les lieux pierreux secs ou humides. Elle est beaucoup plus active croissant sur les vieux murs et dans les endroits secs que dans les lieux ombragés et humides. On en emploie la racine, l’herbe et les fleurs. Il ne faut pas la choisir tn p jeune, ni trop grande, ni après la floraison. Autant que possible, on doit l’employer fraîche, parce que la dessiccation lui enlève son suc, qui est surtout la partie active. On croit généralement que ses propriétés sont plus énergiques dans la racine.

préparations, doses. — Infusion ou décoction (feuilles) : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau. L’infusion est d’un beau jaune clair et n’a rien d’âcre. On peut la donner comme laxative pour rétablir les forces digestives.

Décoction (racine) : 10 à 15 gr. par kilog. d’eau. Galien administrait cette racine dans du viu blanc pour la guérison de l'ictère ; Forestus la faisait bouillir dans la bière. Ces préparations ont été employées par M. Cazin dans l’hydropisie et les embarras atoniqucs des viscères; par Gilibert dans l'ictère; par Linné dans les fièvres intermittentes.

SUPPLÉMENT 50

Suc exprimé (de la plante) : 1 à 4 gr. dans de l’eau sucrée ou du * miel. Wendt a conseillé le suc de la racine depuis 4 grains jusqu’à 20 (20 cent, à 1 gr. 10 cent.) «Au printemps et à l’automne, dit M. Cazin, je n’emploie que le suc de la racine, et en hiver je donne l’extrait de la plante entière, dont je forme des pilules de 10 cent. Je commence par en donner 2 ; puis j’arrive progressivement jusqu’à 10, et je continue cette dose jusqu’à la guérison. » Ce médecin parle du traitement des dartres, contre lesquelles il a encore employé avec succès des pilules composées avec l’extrait de chélidoine et de calomel, ainsi que contre les affections scrofuleuses, les engorgements du foie, les constipations opiniâtres dues à l’inertie des intestins.

Le suc de chélidoine, mêlé avec de l’eau ou du miel, a été employé en collyre, en injections et lotions excitantes. On l’applique pur sur les verrues et les cors pour les détruire; mais son action caustique est trop faible; il ne fait qu’enflammer les parties.

DIPLOTAXE. Diplotaxis murale , 0. C.

(Film. Crucifères; genre Sisyhdriue Je h.)

C'est une plante herbacée, bisannuelle ou vivace; à tiges de 10 à 40 centim., ascendantes ou dressées, velues-hérissées inférieurement, feuillées dans leur partie inférieure. Feuilles vertes, velues, sinuées pinnatipartites. Fleurs jaunes, pédicellées, sépales peu étalés non gibbeux, hérissés; pétales beaucoup plus longs que le calice, à onglet brusque et étroit. Silique linéaire, comprimée, à bec court.

La Diplotaxe n’a pas de titres de noblesse comme bien d'autres plantes moins importantes qu’elle. Elle date d’hier, pour ainsi dire, en tant que considérée comme médicinale, et c'est M. Moquin- Tandon, croyons-nous, qui vient d’appeler l’attention sur elle.

On lit, en eflet, dans sa Botanique médicale, cette phrase : « J’ai fait plusieurs fois préparer un sirop antiscorbutique excellent en remplaçant le cochlcaria, le cresson, le ményanthe et le raifort indiqués par le Codex, par les feuilles de la Diplotaxe des murs. »

Et c’est tout ce que nous avons à dire de ce végétal, qui peut fournir un « sirop antiscorbutique excellent, » mais, croyons-nous, non supérieur à celui du Codex.

La Diplotaxe est assez connue dans les lieux arides, aux bords des chemins, le long des vieux murs. Les fleurs se montrent en maiaoût, époque à laquelle on peut récolter ses feuilles.

FUSAIN. Evonymus europaus, L,

(Fam. Rhamnbe».)

Noms mlg. : Bonnet de prfitre, Bonnet carré.

Description. — Arbrisseau de nos haies et taillis, très-rameux, à rameaux opposés. Feuilles oblongues, acuminées, finement dentées, à court pétiole, glabres. Fleurs blanchâtres, petites, en cymes pauciflores au sommet de pédoncules axillaires (mai). Calice & 4 divisions étalées, arrondies; 4 pétales oblongs; 4 étamines insérées sur un disque épigyne. Capsule à 4 lobes obtus, quadrangulaire et dont la forme imite un bonnet carré, rose à la maturité, qui a lieu en août-septembre.

propriétés. — « Il existe dans l’écorce, les feuilles et les fruits du Fusain un principe âcre éméto-cathartique et drastique. Si les médecins ont différé d’opinion sur les effets de cette plante, c’est parce que son énergie est plus ou moins prononcée suivant la saison où elle est recueillie. Au printemps, il n’en faut qu’une petite dose pour provoquer le vomissement, tandis que dans d’autres saisons elle est moins active. Les jeunes pousses, surtout, sont drastiques à un tel degré qu'on ne les emploie presque jamais à l’intérieur : elles sont mortelles pour les moutons, les chèvres et môme les vaches, quand elles produisent une vive inflammation sans évacuations ou qu’elles superpurgent jusqu’à déterminer une violente inflammation du tube digestif. » (Cazin.)

On prépare avec le bois de ce végétal le crayon qui porte son nom, et aussi du charbon pour la poudre à canon.

préparations, doses. — Fruits : Les Anglais en prennent 3 ou 4 pour se purger (Coste et Willemet). Décoction (jeunes tiges) : employée à l’extérieur comme détersif sur les ulcères sordides, atoniques, gangréneux. On peut la mêler avec la décoction de noyer. — (fruits) : 13 â 30 gr. par kil. d’eau; elle est d’un usage populaire contre la gale. — Les vétérinaires font cette décoction dans du vinaigre pour guérir la gale des chiens et de3 chevaux. Poudre (fruits) : répandue sur la tête, elle fait périr les poux.

GRÉMIL. Lithospennum officinale, L.

(Fam. Borraginkks.)

Nom vulg. : Herbe-aux-Perles.

. Le Grèmil (pl. xxvu, 1) se trouve au bord des chemins, aux lieux

SUPPLÉMENT. SU

incultes. Cette plante a de 35 à CO cent, de hauteur. Tiges droites, rameuses, rudes. Feuilles alternes, sessiles, lancéolées, rudes au toucher et d’un vert foncé. Fleurs blanches, solitaires à l'aisselle des feuilles, paraissant tout l’été : calice à S divisions profondes, linéaires ; corolle un peu plus longue, à S lobes arrondis; gorge dépourvue d’appendices; S étamines courtes; style plus long, stigmate bifide ; 4 semences petites, osseuses, perlées.

propriétés. — L ’Herbe-aux-Perles est inodore, mais d’une saveur acerbe, un peu désagréable. Les anciens lui supposaient la propriété de hriser la pierre dans la vessie, par suite de la consistance pier reuse de ses graines ; mais aujourd’hui celles-ci sont sans usages, quoiqu'on puisse en faire une émulsion comme avec les graines de chanvre. Que penser encore de cette pratique, qui consistait à donner un demi-gros de ces semences dans du lait de femme, à celles qui étaient en travail ? (Mathiole.)

MOURON ROUGE. Anagallis arvensis , L.

(Fum. Phimulàcèes.)

Nom tulg. : Mouron des champs.

description (pl. xxvn). — Plante annuelle, haute de 30 cent, environ; à tiges faibles, courbées, quadrangulaires, rameuses, tortueuses et glabres. Feuilles opposées, sessiles, pointues. Fleurs rouges, axillaires, longuement pédonculées, se montrant tout Tété : calice à 5 divisions; corolle rolacée à 5 divisions ovales-rondes, 5 étamines courtes ; style filiforme, stigmate en tête.

propriétés, usages. — Le Mouron rouge, qu’il ne faut pas confondre avec le mouron des oiseaux ou morgeline , est inodore, mais d'une saveur amère , un peu acerbe et nauséeuse. On lui a attribué jadis, on ne sait pourquoi, des propriétés curatives dans une foule de maladies diverses et de nature opposée, telles que les obstructions, l’hydropisie, la goutte, le cancer, l'épilepsie, la mélancolie, la rage, la peste même ! etc. ; mais aucun des faits relatés n’a pu soutenir l'examen d’une observation saine et dégagée des idées hypothétiques des temps reculés.

Le l'ait est cependant que cette plante n’est pas sans action ; bien au contraire, Orfila a prouvé par ses expériences que son extrait peut, à la dose de 12 gr., donner la mort à un chien, en enflammant l’estomac. Les troupeaux ne la mangent pas, et ses graines tuent les oiseaux. Quant à ses propriétés médicales réelles, on peut dire

qu’elles sont encore inconnues, bien que l’on sache que son action

sur l’économie est analogue à celle des poisons narcotico-âcres.

Le Mouron bleu ne diffère du rouge que par la couleur des fleurs qui varie du bleu au blanc , par des tiges plus droites et plus rameuses, etc.

PETASITE. Tusnlago pe tantes, L.

Nom Milg. : Herbe aux teigneux.

Plante vivace ( Synanthéries ), incomplètement dioïque , à tiges de 20 à 50 cent. , herbacées , pubescentes , cotonneuses , chargées d’écailles membraneuses. Feuilles toutes radicales, en rosette, longuement pétiolées, ne paraissant qu’après la floraison, devenant très-grandes. Fleurs rougeâtres, en capitules disposés en une grappe oblongue (mars-avril). Involucre à 1-2 rangs de folioles; réceptacle plan, demi-fleurons tubuleux, nombreux, tous femelles, à l’exception de quelques mâles placés au centre, ou tous mâles, sauf quelques-uns femelles à la circonférence ; stigmates des fleurs stériles , courts, obtus.

propriétés. — Les racines de cette plante sont amères, un peu âcres, et réputées vermifuges, sudorifiques, astringentes, dépuratives. Leur infusion a été conseillée dans les fièvres éruptives, les catarrhes, la teigne, etc. ; on les a appliquées écrasées pour résoudre les tumeurs, modifier les ulcères. Les fleurs passent pour pectorales, comme celles du tussilage. — Médicament d'ailleurs oublié.

SAUVE-V1E. Asplénium ruta muraria, L.

Noms vu Ig. : Rue de muraille, Doradillc des murs.

Fougère dont les racines chevelues poussent des feuilles nombreuses, en toufle , de 50 cent, à t mètre ( compris le long pétiole ), pinnatiséquées, coriaces, ressemblant un peu à celles de la Rue : folioles cunéiformes, lobées, incisées, ayant 2 ou 3 lignes de fructification très-petites.

Cette plante croit dans les vieux murs , les rochers ; elle est inodore et d'une saveur un peu acerbe. Autrefois vautée dans une multitude de maladies , elle est aujourd’hui abandonnée. 11 paraît cependant que son nom menteur lui vaut encore l’honneur d’être récoltée par les herboristes, chez lesquels le peuple va la demander quelquefois. La seule propriété qu’on puisse supposer à la Rue des murailles c’est d’être légèrement astringente et apéritive.

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