‹ Traitè des plantes mèdicinales indigènes prècèdè d'un cours de botaniqueChapitre 37 sur 50 · SEMEN-CONTRA · texte numérisé non relu

SEMEN-CONTRA

Le Semen-Contra (mots latins qui signifient graine contre, sous entendu venues, vers) n’est pas une plante. Mais on en parle si fréquemment en thérapeutique, surtout lorsqu'il s'agit de l’afiection vermineuse, que le peuple s’imagine avoir affaire à un végétal, et qu'il est bon, en conséquence, qu’il en trouve l’histoire dans ce livre, quand ce ne serait que pour reconnaître son erreur.

Le Semen-Contra représente les semences de plusieurs espèces du genre Armoise, telles que l'Artemisia judaïca, Y A. contra, ou plutôt aux fleurs non épanouies de ces plantes, mélées de pédoncules coupés menu. Ce mélange est vermifuge, doué d’une action stimulante; il s'administre soit en poudre incorporé dans du miel, soit en extrait ou en infusion. On unit quelquefois le Semen-Contra

aux semences de tanaisic, d’aurone et de santoline à feuilles de cyprès : autre mélange qui a reçu le nom de Barbotine.

Le Semen-Contra de Barbarie et celui d’Alep et d’Alexandrie étaient les plus estimés.

Le Semen-Contra fournit une huile essentielle qui est vénéneuse : elle tue les lapins à la dose de 2 grammes, en déterminant des convulsions de la tête aux extrémités, suivies de paralysie ascendante ; elle n’est pas vermifuge, parce qu’elle est absorbée dans l’estomac et qu’elle n’arrive pas en contact avec les lombrics.

On appelle santonine une matière cristallisable, fusible, volatile, amère et Acre, isolée du Semen-Contra et des sommités fleuries de la santoline. Plusieurs observateurs ont signalé des accidents graves et même des empoisonnements mortels survenus à la suite de l’administration de la santonine, laquelle a cette singulière propriété de faire voir les objets colorés en vert. Comme elle donne à l'urine une coloration citron ou orange, on suppose que le phénomène de la teinte verte des objets vus tient à ce que la substance a coloré en jaune le sérum du sang.

Quoi qu’il en soit, la santonine est aujourd’hui un des plus sûrs vermifuges que l’on connaisse. Pure, elle manque presque complètement de saveur. On prépare des dragées vermifuges de santonine {à 25 milligr.) dont on donne 2 soir et matin aux enfants de six mois; 3 matin et soir à ceux d’un an ; 4 à ceux de deux ans.

SENEÇON. Setiecio vulgaris , L.

(Fnm. Composées.)

Plante petite, annuelle, très-commune dans tous les lieux cultivés. Tiges rameuses, striées, flstulouses. Feuilles alternes, embrassantes, molles, épaisses, ailées, légèrement pubescentes eu dessous. Fleurs flosculeuses, jaunâtres, solitaires, disposées en corymbe, se montrant tout l’été; fleurons courts, nombreux, hermaphrodites, à 5 divisions ; 5 étamines, 1 style ; semences ovales, longues, brunes, aigrettées.

usages. — Le Séneçon est à peu près inodore, et d’une saveur faible, herbacée, qui a quelque chose d’acide et d’âcre, si on le mâche longtemps. On l’estime émollient, résolutif, vermifuge ; mais les médecins le négligent complètement. Cest à l’extérieur surtout qu’on en a fait usage, soit en cataplasme sur les tumeurs inflam matoires, soit en décoction pour lotions et injections, soit cuit dans

du lait ou frit dans du Leurre frais pour être appliqué sur les hémorrhoïdes douloureuses, sur les mamelles engorgées, sur les articulations goutteuses, etc. On administre le suc exprimé à l’intérieur (30 à 60 gr.) pour tuer les vers. Mais, sous quelque point de vue qu'on la considère, cette plante doit céder le pas aux autres émollients, résolutifs et anthelminthiques.

La Jacobée (Senecio jacobœa), vulgairement Herbe de Saint- Jacques, est une espèce de Séneçon de plus grande dimension (60 à 90 cent.). Tige simple en bas, rameuse en haut, ronde, striée, pubescente ou rougeâtre. Feuilles alternes, pétiolées, pinnatifldes, lobes inégaux, dentés. Fleurs jaunes, plus grandes que celles du Séneçon commun, et disposées en corymbe, se montrant en juin et juillet dans les pâturages et les bois. — Cette plante a une odeur faiblement aromatique, une saveur amère un peu acerbe ; par conséquent, elle est peu émolliente. On l’a employée en décoction pour faire des gargarismes et des cataplasmes.

SERPOLET. Thymus serpillum.

(Fam. Laoikcs.)

DESCRIPTION. — Plante de 10 â 15 cent., vivace; à tiges nombreuses, sous-lrutescentes à la base, rameuses et touffues, couchées, puis redressées dans leur partie supérieure. Feuilles petites, opposées, ovales, glabres, rétrécies en forme de pétiole en bas. Fleurs purpurines, petites, verticillées, présentant les caractères du genre Thym.

propriétés. — Elles ne diffèrent pas de celles du Thym, auquel nous renvoyons : elles sont moins actives toutefois. Le Serpolet n’est pas sans avoir été recommandé contre une foule d’affections, soit comme stomachique, antispasmodique, expectorant, emménagogue ou antiflatulent, etc. Il est tout cela, sans doute, et pourtant son emploi est peu répandu. — C’est un remède populaire contre les flueurs blanches par atonie générale. Linné lui attribue la propriété de dissiper l’ivresse et la céphalalgie qu'elle cause. Enfin, pour citer du merveilleux, « M. Ray, dit Chomel, rapporte qu’elle est merveilleuse pour faire recouvrer la parole aux apoplectiques, sur le témoignage du docteur Soame. »

Le Serpolet sert aux usages extérieurs auxquels on soumet les Labiées en général.

récolte. — Cette plante se cueille en été sur les pelouses sèches.

les collines. On la sèche entière et fleurie ; par la.dessiccation elle ne perd aucune de ses propriétés.

doses. — Infusion (sommités fleuries) : 5 à 15 gr. par kilog. d’eau. Poudre : 2 à 4 gr. dans du vin ou du miel.

S1SYMBRE SOPHIE. Sisymbiium sophia, L.

{Fum. Crucifères.)

Nom ru Ig. : Sagesse des chirnrgiens.

description (pl. xxii, 1). — Plante de 3-9 décira., à tige dressée, rameuse en haut ; à feuilles bi-tripinnatiséquées, à segments linéaires étroits, entiers ou incisés. Fleurs jaunes, présentant les caractères génériques de la famille. Pétales plus courts que le calice, parfois nuis par avortement (avril-octobre). Siliques glabres, grêles, ascendantes, à pointe très-courte.

propriétés. — a La réputation de cette plante comme vulnéraire l’a fait appeler Sophia chirurgicorum ; on appliquait ses feuilles confuses sur les plaies; on donnait leur décoction contre la diarrhée» le crachement de sang, la leucorrhée, etc. On employait aussi ses graines comme vermifuges, fébrifuges, antinéphrétiques, à la dose

d’un gros (4 gr.) b (Mérat et Delens.)

récolte. — Celte plante est commune dans les décombres, les carrières, sur les vieux murs et le bord des chemins, où il faut la cueillir pendant la floraison, à moins qu’on ne veuille se procurer la graine, partie qui porte plus spécialement le nom de thalictron.

doses. — Infusion (plante) : 15 à 30 gr. par kilog. d’eau. Suc : il est utile, dit-on, pour le crachement de sang, les flueurs blanches. Semence : on la donne à la dose d’un gros (4 gr.) pour arrêter les cours de ventre : c’est un remède fort familier aux pauvres, et tou3 les auteurs conviennent de cette propriété (Chomel). « Toute la plante pilée et appliquée extérieurement guérit les blessures et nettoie les ulcères. »

SOLDANELLE. Convolmlus soldanella, L.

(Fais. Convolvulacées ; genre Liseron.)

Nom vu Ig. ; Cboa marin.

description (pl. Lvni, 2). — Plante vivace, à tiges rameuses, étalées sur la terre, pliantes, de 25 cent, de long environ. Feuilles alternes, longuement pétiolées, irrégulièrement réniformes, cordées ù

la base, lisses, glabres, un peu épaisses et succulentes. Fleurs d’un rose un peu foncé, rayées de blanc, grandes, solitaires sur de longs pétioles axillaires qui se terminent par deux bractées embrassant le calice. Quant aux autres caractères, ce sont ceux du genre Liseron.

propriétés. — Pas d’odeur, mais saveur àcre, amère et salée. Quoiqu’elle fût connue des anciens pour un bon purgatif hydragogue, cette plante était oubliée des médecins lorsque Loiseleur- Deslongchamps soumit ses feuilles, ses racines et la résine qu’on en retire à une série d'expériences. Toutes ces parties provoquent des évacuations alvines, et ont été proposées pour remplacer le jalap. Néanmoins son usage est négligé, d’abord parce qu’elle ne croit que sur les côtes et dans les plages maritimes, ensuite parce qu’on peut la remplacer par d'autres purgatifs tout aussi sûrs et plus faciles à se procurer.

préparations. — Décoction (feuilles sèches) : 15 à 30 gr.Eflet peu constant. Poudre (racine) : 50 à 60 cent. Préparation plus sûre et même énergique. Résine de soldanelle : 75 cent, à 1 gr. !0 cent. Effets semblables à ceux des meilleurs purgatifs (Loiseleur-Deslongchamps). Suc : les habitants des bords de la mer se purgent en en prenant une cuillerée environ dans du bouillon ou une tasse d’eau miellée.

SOUCHET LONG. Cyperus longus, L.

(Fnm. Cypébacées.)

.Vom eu Ig. : Souohet adorant.

DESCRIPTION (pl. X, 5). — Plante vivace, à tiges de 5-10 décira., dressées, simples, triangulaires, nues. Feuilles très-longues, engainantes, planes ou à peine carénées, étroites, pointues, rudes aux bords, glabres. Souche rampante. Fleurs en épillets d’un brun rougeâtre, minces, portés sur des pédoncules longs au nombre de 5 au moins qui simulent les rayons d’une ombelle, lesquels ont à leur base un involucre de 3 à 5 feuilles beaucoup plus longues que les pédoncules florifères (juillet-septembre). Calice formé d’une écaille ovale, carénée ; 3 étamines à anthères oblongues; ovaire surmonté d’un style à 3 stigmates linéaires et poilus.

propriétés. — La racine du Souchet long a une odeur aromatique agréable, une saveur amère un peu astringente, tandis que la plante elle-même est à peu près insipide et inodore. Son action sur l’éco-

nomie est tonique, un peu excitante, ce qui a pu la faire considérer comme stomachique, sudorifique, emménagogue, car elle est tout cela selon l'idiosyncrasie du sujet; mais, en résumé, on n’a pas encore déterminé ses véritables propriétés, et d'ailleurs elle est aujourd’hui fort peu employée.

récolte. — On trouve la racine de Souchet dans les lieux humides, marécageux, sur le bord des étangs, des canaux, etc. 11 laut l’arracher à l’automne ou au printemps. Telle que le commerce l’oilre, elle est de la grosseur d’une plume de cygne, brune, etc.

préparations. — Infusion : 30 à 00 gr. par kilog. d’eau. Poudre : t à 4 gr.

SOUCI. Cakndula officinalis, L.

A'omj ttiif. : Souci officinal , Souci des jardins.

description (pl. XLifi, 4). — Plante annuelle, de 30 à 45 cent., à tige dressée, anguleuse, striée-velue, rameuse. Feu illes alternes, sessiles-embrassantes, pubescentes, oblongues- lancéolées, lâchement sinuées-dentées. Racine fusiforme, blanche, chevelue. Fleurs jaunes, grandes, en capitules solitaires et terminaux sur de longs pédoncules, se montrant presque toute l’année ; fleurons du centre 5-fides avec 5 étamines synanthères et style renflé supérieurement, la plupart stériles ; demi-fleurons de la circonférence femelles et fertiles ; involucre à folioles égales bisériées ; réceptacle presque plan, sans paillettes. Amènes irréguliers.

propriétés, usages. — L’odeur de cette plante est aromatique, forte, un peu vireuse, désagréable; sa saveur est un peu amère et âcre, plus prononcée dans la racine et les feuilles que dans les fleurs. De nombreuses propriétés ont été accordées au Souci, par les habitants de la campagne surtout, qui le considèrent comme propre à pousser les sueurs, les urines, les menstrues, à guérir les scrofules, les pâles couleurs, la fièvre, etc.

Cette plante est stimulante, en eflet; mais comme telle elle peut agir de ces différentes manières, suivant les circonstances particulières de son administration. Elle est emménagogue dans l’atonie générale chez la femme; si cette atonie est bornée à la matrice, locale comme on dit, elle sera plus efficace, étant employée en fumigations dirigées vers ou dans le vagin.

On la prescrit encore comme antispasmodique, dans l’hystérie et les affections nerveuses qui en dépendent; comme fondant dans la jaunisse, leg scrofules; comme fébrifuge, etc.

Le Souci est usité à l'extérieur : pilé et appliqué sur les tumeurs scrofuleuses ulcérées, il a paru les modifier avantageusement. Suivant Hecquet, les feuilles fraîches écrasées sur les verrues font disparaître ces excroissances. Cependant c’est un médicament abandonné par les médecins.

récolte.— On peut cueillir les fleurs tout l’été, ainsi que les sommités des tiges, pour les employer fraîches, car la dessiccation leur fait perdre leurs propriétés.

préparations, doses. — Infusion : 30 à 60 gr. par kilog. d'eau. Suc exprimé : 100 à 130 gr. Décoction : pour fomentations, lotions, injections. Murhsbeck a rapporté deux cas de vomissements chroniques traités avec succès par l’extrait de souci à la dose de 20 centig. cinq fois par jour.

Les fleurs macérées dans du vinaigre paraissent réussir à faire disparaître les verrues.

Le Souci DES champs (Calendula arvensis), ou Souci de vigne, plus petit dans toutes ses parties, se distingue par ses capitules beaucoup moins amples, sa tige moins élevée, ses graines hérissées d’aspérités sur le dos, etc. Ses propriétés et usages sont analogues à ceux du Souci des jardins. Les fleurs passent pour cordiales, sudorifiques. On trouve cette espèce dansles vignes,leschamps, où elle fleurit touti’été.

STAPHISAIGRE. Delphinium staphysayria, L.

(Fara, Kenoxculacées; genre Dauphinkli.e.)

Nom» tulg. : Herbe aux poux, Mort aux poux.

description. — riante de 30 à CO cent. Tige dressée, arrondie, velue, un peu rameuse. Feuilles alternes, pétiolées, à 3-7-9 lobes profonds, lancéolés, presque glabres en dessus, pubescentes en dessous. Fleurs bleues, à pédoncules velus, munis de 3 bractées linéaires, formant des épis lâches, terminaux (juin-juillet). Calice à 3 divisions inégales, velues, la supérieure terminée par un court éperon recourbé en dessous. Corolle à \ pétales distincts, irréguliers, dont 2 éperonnés; 15 étamines au moins; 3 styles courts surmontant 3 carpelles, qui deviennent 3 capsules.

propriétés. — Les graines de Staphisaigre, seules parties de la plante employées, sont d’une saveur très-âcre, et produisent un sentiment de cuisson dans la bouche, suivi d’une abondante expuition de salive. Elles constituent un poison violent pour l'homme et les

PLANTES MÉDICINALES, animaux, et cependant leur usage inférieur a été essayé soit pour chasser les vers, purger ou faire vomir. Mais on a, avec juste raison» abandonné ce médicament dangereux.

Aujourd'hui ce n'est qu’à l’extérieur qu’on emploie ces semences pour détruire les poux, guérir la gale, et encore cet usage est- il rare, timide, tant on craint l’irritation qu'elles produisent au cuir chevelu.

récolte. — La Staphisaigre croît naturellement dans le midi de la France ; on est obligé de la cultiver dans l’intérieur. Ses graines mûrissent en automne ; elles sont grisâtres, irrégulièrement triangulaires, comprimées; on les trouve dans le commerce.

préparations, nosEs. — Poudre (semences) : KO cent, à 1 gr. à l'intérieur, contre les vers ou pour produire des évacuations. Moyen totalement abandonné comme dangereux. A l’extérieur, cette poudre est employée, soit seule pour saupoudrer la tête, soit en pommade (8 gr. sur 24 de cérat ou d'axonge), pour faire des onctions sur cette partie afin de détruire les poux. Décoction : 32 gr. de poudre de staphisaigre dans 1,K00 gr. dVau, à laquelle on ajoute 1 gr. 20 cent, d’opium. Roques dit avoir employé avec succès cette décoction en lotions sur plus de 600 galeux. M. Cazin l’a mise en usage avec avantage dans la phthiriase ou maladie pédiculaire.

Delphine: c'est le principe actif des semences de staphisaigre; scs propriétés sont fort analogues à celles de la vératrine. Turnbull a expérimenté cette substance alcaloïde très-vénéneuse : il l'a administrée, à la dose de 2 millig. à K cent, en pilules, dans les névroses, les névralgies, les rhumatismes, la goutte, l'amaurose, la surdité, etc. Mais son usage est resté à l'état d’essais.

STRAMOINE. Datura stramonium , L.

(Fun. Solankcs.)

Soins vulg. : Pomme épineuse, Pomme du diable, Pommette, Herbe du diable, Herbe aux sorciers, Chasse-Taupe, Endormie, etc.

description (pl. liv, 5). — Plante annuelle, d’un mètre de hauteur environ. Tige forte, dressée, cylindrique, creuse, rameuse, diffuse, glabre (1). Feuilles alternes, pétiolées, assez grandes, molles, ovales-acuminées, sinuées-auguleuses, à dents larges et aiguës, d’un

(1) On a représenté l'extrémité d'un rameau portant une fleur, un fruit et dos feuilles.

vert foncé, blanchâtres en dessous. Fleurs blanches ou violettes, trèsgrandes, axillaires et solitaires sur de longs pédoncules. Calice longuement tubuleux, à 5 dents pointues ; corolle infundibuliforme très-allongée, à 5 plis longitudinaux, à S lobes courts brusquement acuminés ; étamines 3, incluses; ovaire couvert de petites pointes ; style filiforme, stigmate en fer achevai, glanduleux. Capsule de la grosseur d’un œuf de poule, hérissée de pointes fortes et piquantes, o tirant à sa base les restes du calice, et 4 loges contenant des semences noires.

propriétés, usages.— Odeur forte, vireuse; saveur un peu amère, âcre, nauséeuse. Action narcotico-âcre sur l’économie, analogue à celle de la belladone, mais plus délétère ; elle produit un délire furieux, la cécité, la paralysie, et enflamme l’estomac, etc. On cite beaucoup d’histoires d’empoisonnements par cette plante, les uns produits par imprudence ou méprise, les autres dus à des desseins criminels. Il y a eu, des bandits, connus sous le nom d ’endormeurs, qui se servaient de ce végétal pour dépouiller les voyageurs ou violer les femmes sans obstacle. Ils mêlaient au breuvage, au vin surtout, l'infusion, ou bien oflraient du tabac mélangé de leur poutre. Les sorciers et les enchanteurs en faisaient prendre aux amants et aux crédules pour faire naître chez eux des hallucinations et leur procurer des plaisirs imaginaires.

/usqu’à Storck, qui la soumit à ses curieuses investigations, la Stramoine n’avait pour ainsi dire pas été employée en médecine. Frappé de son action sur le cerveau, ce célèbre médecin l’essaya dans les maladies chroniques de cet organe, telles que la folie, l’épilepsie et la chorée. Les résultats qu’il obtint furent de nature à encourager les praticiens, et de tous côtés on se mit à répéter ses essais. De nombreuses observations furent publiées par Bergius, Schneider, Amelung, Barton, etc., tendant à démontrer son efficacité dans la manie. Le champ de l’expérimentation s’étendit bientôt aux névralgies, à l’asthme, au rhumatisme chronique, etc.

Le Stramonium a paru très-efficace dans le traitement des névralgies, particulièrement du tic douloureux : c’est le médicament qui a le mieux réussi, dans ces cas, à MM. Trousseau et Pidoux, qui l’emploient surtout à l’exiérieur. Ces médecins en ont encore retiré de plus grands avantages dans les spasmes de la poitrine et des bronches, spécialement dans l’asthme essentiel. Le mode d’administration qu’ils préfèrent est l’aspiration de la fumée au moyen de la pipe ou mieux de la cigarette. Dans la phthisie et les catarrhes.

ces fumigations sont très-efficaces pour calmer la toux et l’oppression. — La teinture de stramonium a paru très-utile à Zollickofler dans le rhumatisme chronique. Lebreton a préconisé l’extrait de semences, à dose croissante jusqu’au délire, contre les rhumatismes articulaires aigus, et sa méthode a eu l’honneur d’obtenir l’approbation de M. Trousseau.

D'après les essais de M. Moreau (de Tours), le Stramonium serai une sorte de spécifique contre l’élément hallucination dans la folie, pourvu qu’on insiste sur son usage, et qu’on en élève progressivement la dose jusqu’à commencement d’intoxication : il agirait alors comme remède substitutif, puisque, dans l’état physiologique, il détermine précisément une sorte de délire sensorial. — Cette plante, à dose élevée, serait un puissant aphrodisiaque, suivant Maly et Fabert; ce qu’il y a de certain, dit M. Michéa, c'est que, chez environ 10 aliénés auxquels j’ai fait prendre depuis 5 jusqu’à 25 cent, d’extrait de Datura par jour, j’ai observé deux fois que ce moyen produisait une disposition extrême aux jouissances vénériennes. Cependant Maly prétend guérir la nymphomanie en donnant, de 2 en 2 heures, 5 gouttes de teinture alcoolique de cette plante : ici encore faudrait-il admettre une action homœopathique ?

récolte. — La Stramoine croit dans les lieux incultes, les décombres, aux environs des jardins et des villages, où elle fleurit tout l’été. Ses feuilles se récoltent au mois de juillet pour fournir l’extrait ou être soumises à la dessiccation.

préparations, doses. — Extrait (de semences et de feuilles) : depuis 23 millig. jusqu’à 40 cent, par jour, en augmentant progressivement. — On en prépare une pommade (2 gr. pour 60 d’axonge) et un Uniment (2 gr. pour 123 d’huile d’olive), qu’on emploie en frictions contre les névralgies. Poudre (feuilles) : 5 à 30 cent. Peu usitée. Teinture : 10 à 15 gouttes en potion, lnfuaon ou décoction : 20 à 60 gr. par kil. d'eau pour l’usage externe. Fumigations : on môle les feuilles sèches avec parties égales de feuilles de sauge, et l’on fume soit avec une pipe, soit avec une cigarette de papier. La dose de feuilles doit être de 73 centig. pour chaque pipe ou ciga rette : on commence par une demi-cigarelte pour aller jusqu'à deux par jour. Si du vertige se manifeste, il faut suspendre ce moyen ; si, au bout de quinze jours, ces fumigations ne soulagent pas, il faut les cesser définitivement. Pour les hommes qui font usage habituel du tabac, on mêle la Datura au tabac lui-même. — On peut faire brûler les feuilles sur des charbons ardents, et en répandre la fumée dans la chambre du malade.

SUMAC. Rhus toxicodendmm, L.

(Fun. Tébebixthackes.)

Les deux espèces mentionnées par Linné sous les noms de Rhus radicans et Mus toxicodendron n'en forment qu’une seule pour la description dans les auteurs modernes : seulement il y a cette différence que dans la première les folioles sont glabres, tandis qu’elles sont pubescentes dans la seconde.

description (pl. xxi, i). — Arbrisseau parvenant à une grande hauteur dans son pays natal (Virginie, Canada), mais, dans notre climat, n'ayant que des tiges rampantes divisées en nombreux rameaux grimpants qui s’attachent aux arbres au moyen de sortes de suçoirs. Feuilles alternes, longuement pétiolées, trifoliées, à folioles ovales entières, les deux latérales à court pétiole partiel. F leurs dioïques, verdâtres, petites, en petites grappes axillaires dressées (juillet-août) : les mâles, beaucoup plus grandes que les femelles, se composent d’un calice petit 5-partit ; corolle à 5 pétales ovales, plus longs que les sépales, recourbés en dehors de la fleur ; 3 étamines saillantes, insérées au pourtour d’un disque périgyne ; les femelles, 3-4 fois plus petites ; 1 ovaire globuleux uniloculaire, entouré d’un disque périgyne ; style court, triflde. Petite drupe ; un seul noyau uniloculaire et monosperme.

propriétés, usages. — Cet arbrisseau a des qualités nuisibles. 11 suffit de toucher ses feuilles pour que la main se couvre d’ampoules en peu de temps, tant est âcre le suc blanchâtre et résineux qu’elles contiennent ; les émanations elles-mêmes occasionnent des accidents très-graves, déterminent une éruption pustuleuse sur tout le corps des personnes qui y sont exposées pendant quelques instants, etc. Orflla a reconnu, par ses expériences, que les feuilles et l’extrait du Sumac vénéneux, ingérés dans l’estomac, agissent à la manière des poisons âcres ; qu’ils enflamment la muqueuse , et puis, étant absorbés, exercent une action stupéfiante sur le système nerveux.

Quoique vénéneuse, cette plante est recommandée, à doses altérantes, contre les dartres invétérées, l’épilepsie, les paralysies. M. Bretonneau assure avoir retiré de bons effets du Rhus radicans dans les paraplégies consécutives à des commotions traumatiques de la moelle épinière (coups, chutes, eflorts) n’entrainant pas de lésions organiques.

préparations, doses. — Extrait (préparé avec les feuilles frai-

ches et confuses) : 1 gr. deux ou trois fois dans la journée ; cette dose est ensuite portée jusqu’à 4 et 8 gr. par 24 heures. M. Dufresnoy, de Valenciennes, fait les plus grands éloges de ce médicament, et dit qu'il lui a presque constamment réussi.

M. Bretonneau fait préparer l’extrait avec le suc non dépuré de la plante et l’administre en pilules (extrait de r/m* rad., 5 gr.; excipient inerte, quantité suffisante : faites 23 pilules). On commence par une pilule et on augmente d’une tous les jours jusqu’à ce qu'on soit arrivé à 1 6 chez les adultes.

Poudre (des feuilles) : 23 cent.; augmenter de la même quantité de jour en jour (Trousseau).

SUREAU. Sambucus nigra, L.

(Fam. Càprifouacées.)

Le Sureau est un petit arbre qui croit dans les haies, les bois, les terrains gras. Comme chacun le connaît, nous pensons qu’il suffit d’avoir indiqué ses caractères génériques, en parlant de ceux de la famille à laquelle il appartient, sans entrer dans les détails d'une description toujours ingrate, sinon tout à fait superflue, lorsqu'on n’a ni la nature ni le dessin sous les yeux.

propriétés. — Disons d'abord qu’on emploie les fleurs, les baies, les feuilles, l’écorce intérieure et le liber de la racine, et que ces di” verses parties ont des usages bien diflérents.

Les fleurs de Sureau, à l’état frais, répandent une odeur nauséeuse et comme fétide ; à l’état sec, leur odeur est plus faible et presque agréable. Elles sont réputées diaphorétiques, et souvent administrées, non pas dans les rhumatismes, la syphilis, etc. (elles ont une action trop faible pour cela), mais au début des rhumes et des inflammations de la gorge causés par un refroidissement ; pour rappeler la transpiration cutanée, une éruption trop brusquement disparue ; pour combattre le frisson initial des accès fébriles, des diarrhées, etc. Elles doivent être employées sèches, car, à l’état frais, elles relâchent le ventre, purgent et activent la sécrétion urinaire.

Les baies de Sureau sont sudorifiques à petite dose, et purgatives à dose plus élevée : elles ne se prennent qu’en rob.

Les feuilles de cet arbre sont laxatives, mais peu usitées. Wauters dit que les paysans flamands s’en servent souvent en décoction dans le lait de beurre, pour se purger. Hippocrate en faisait usage dans l’hy dropisie ; mais peut-être que leur efficacité tenait à une action

diurétique, car, infusées dans du petit-lait ou du bouillon, ces feuilles augmentent notablement la sécrétion urinaire.

D’un autre côté, M. Cazin dit avoir vu employer avec succès, a contre les diarrhées et les dyssenteries chroniques, les feuilles de sureau récoltées au commencement delà floraison, séchées à l'ombre, pulvérisées, et infusées à la dose de t à 2 gr. pendant 12 à 15 heures dans 120 gr. de vin blanc, que l’on administrait chaque matin jusqu’à guérison. Ce remède que je tiens d’une dame charitable, ajoutet-il, m’a réussi dans trois cas de diarrhée chronique, dont l’un durait depuis six mois et avait résisté à l’emploi de tous les moyens rationnellement indiqués. La poudre de feuilles de sureau, donnée à petite dose, aurait-elle gur la muqueuse gastro-intestinale une action analogue à celle de l'ipécacuaoha ? »

La seconde écorce ou l’enveloppe verte de la tige qui se trouve sous l’épiderme a une action purgative, hydragogue, que Boerhaave, Sydenham, etc., ont mise à profit pour combattre l’hydropisie. Dan ces derniers temps, MM. Daumerie et Bigot, médecins belges, ont vu, dans les campagnes, des paysans employer avec beaucoup de succès un remède composé de suc de Sureau et de vin blanc.

Le docteur Vandebergh a guéri des hydropisies avec l'écorce de Sureau agissant non pas comme drastique, mais comme diurétique. Nous donnons plus bas la formule qu’il emploie.

Enlin la racine du Sureau est purgative comme les feuilles et l’écorce. Martin- Solon en a expérimenté le suc, qui produit des selles liquides, faciles et dont l'effet est terminé au bout de 8 à 10 heures sans vomissement ni fatigue. 11 a vu des cas non équivoques d’ascite guérir par ce moyen, qu’il préfère, comme moins fatigant, aux autres hydragogues.

Un mot maintenant sur les usages externes du Sureau. L’infusion des fleurs sèches passe pour résolutive ; on l’emploie très-fréquemment, en compresses imbibées, sur les inflammations superficielles de la peau, les érysipèles, l’engorgement du tissu cellulaire, l’œdème, etc. On y ajoute souveut de l’acétate de plomb (extrait de saturne) pour augmenter son action résolutive. — Les feuilles sont quelquefois appliquées soit fraîches, soit en cataplasme, cuites avec du persil, sur les hémoi rhoïdes, dont elles calment les douleurs,etc.

récolte. — Le Sureau fleurit au mois de juin ; c’est le moment de cueillir ses fleurs aussitôt qu’elles sont écloses ; on les sèche à la manière ordinaire. Les baies se récoltent en automme, les feuilles pendant tout l’été, la seconde écorce un peu avant la floraison. On

obtient celle-ci en rûclant légèrement avec un couteau l'épiderme gris, puis en enlevant par lambeaux l’écorce verte qui est dessous. Il faut l’employer fraîche, car elle perd ses propriétés en séchant.

préparations, doses. — Infusion (fleurs sèches) : 2 à 10 gr. par kilog. d’eau, comme sudorifique ; — 30 à 60 gr., pour lotions, fomentations. On ajoute quelquefois une cuillerée d’extrait de saturne par litre. Décoction (feuilles et seconde écorce) : 20 à 30 gr. par kilog. d’eau, comme purgatif hydragogue. Suc (de la racine) : i 3 à 50 gr. Extrait ou rob (suc épaissi de baies) : 4 à 8 gr.

M. Vandebergh vante la préparation suivante comme puissant diurétique : écorce moyenne de sureau, 8 gr.; baies de genièvre, 30 gr.; faites bouillir dans quantité suffisante d'eau '; passez et ajoutez 350 gr. de colature (cette décoction passée) ; rob de genièvre, 30 gr. — A prendre par cuillerée d'heure en heure.

Vin de Sureau : Les baies de sureau sur dy whisky constituent un remède familier pour combattre le rhumatisme chronique. C’est sous cette forme, dit le Dublin medical Press, qu’elles attirèrent l’attention du docteur Laurence Torn Bull, de Philadelphie, qui s’en servit avec succès pour prévenir les attaques de rhumatisme. Pour ce motif, il fit préparer la teinture suivante : On prend 2 onces de baies de sureau et 2 pintes d’alcool dilué. On laisse macérer pendant quatorze jours, on exprime et on filtre ensuite à travers papier. La dose est de t à 3 gros par jour dans le rhumatisme chronique.

Les baies de sureau ont un goût doux et acidulé provenant d'une petite portion de matière sucrée et d'acide malique qu’elles contiennent. Le jus obtenu par expression est susceptible de fermenter par l’addition de sucre, et on obtient ainsi un vin très-agréable, contenant 8,79 p . c. d’alcool.

Ce médicament est diaphorétique et diurétique et est pour ce motif un remède usuel contre le rhumatisme, la goutte, les affections éruptives et syphilitiques. Il est contre-indiqué dans la diathèse urique acide, mais rend de grands services dans la diathèse phosphatique ; son acidité dans ce cas prévient le dépût des phosphates terreux.

TABAC. Nicotiana tabacum , L.

(Fam. SoLAioiïs.)

iVoffli ra/ff. : Nicotiano, Herbe b la reine, Herbe à l’ambassadeur. Herbe du Grand-Prieur, Herbe à tous maux, Herbe de Sainte-Croix, Herbe sacrée, Tournnboue, Petun, etc.

description (pl. lv, 1). — Plante de 1 mètre 30 à 1 mètre 60 c..

à tige dressée, forte, rameuse, creuse, pubcsceute. Feuilles très-amples, alternes, sessiles-embrassantes, ovales-allongées-pointues , molles, un peu glutineuses, d'un beau vert. Fleurs jaunâtres -purpurines, en panicules lâches terminales (juillet-août). Calice ovale à S dents aiguës, velu; corolle infundibuliforme, à tube renflé-allongé, limbe rougeâtre à 5 lobes pointus, présentant un pli longitudinal ; S étamines aussi longues que la corolle ; style à stigmate écbancré. Capsule embrassée par le calice, bivalve; graines trèspetites.

propriétés, usages. — Le Tabac (nous parlons de la plante telle qu’on la recueille et non de celle qu’on soumet dans les manufactures à des préparations qui lui communiquent des qualités irritantes), le Tabac, disons-nous, n’a qu’une faihle odeur tant qu’il est vert; ses feuilles sont amères et âcres. C’est une plante délétère à la manière de la belladone et du datura stramonium, sauf qu'elle a moins d’énergie comme narcotique, mais beaucoup plus comme irritante. On en retire une huile empyreumatique (nicotine) douée d’une activité telle, qu’une seule goutte déposée sur la langue d’un chat le fait périr en quelques minutes.

Le Tabac est peu employé comme médicament ; cependant on l’a vanté dans les affections nerveuses, l’asthme, l’hydropisie, la hernie étranglée, la gale, etc., sous forme de fumigations, de lotions, de pommades, d’applications directes des feuilles et de lavements. Rarement on le fait prendre à l’intérieur.

On sait combien est répandu l'usage du Tabac à priser et à fumer, usage qui serait souvent salutaire, à titre de sternutatoire et de sialagogue, s'il était ménagé, mais qui n’a plus que des inconvénients du moment que l'économie s’est habituée à ses effets et qu’il a émoussé la sensibilité des organes qui en reçoivent l’impression. Ce côté de l’histoire du Tabac appartient à l'hygiène, et nous nous garderons bien de dous y arrêter après tout ce qui a été écrit sur les inconvénients de cette herbe âcre, puante et sale, qui épuise la santé et la bourse de tant d'individus, en rendant leur haleine et leurs vêtements infects. — Les ouvriers employés dans les manufactures de tabac sont sujets à une altération du teint, à un faciès spécial qui tient de la chlorose et de certaines cachexies.

récolte. — Originaire du Mexique, le Tabac fut importé en Europe par Jean Nicot, ambassadeur de François II, de Portugal, qui en envoya, dit-on, les premières graines à Marie de Médicis en i960. Son nom lui vient de Taba'co, ville d’Amérique où les Espagnols le

PLANTES MÉDICINALES, trouvèrent pour la première fois. En France l'Etat a le monopole de la culture en grand de cette plante dont le débit lui produit plus de 200 millions de francs par an.

préparations, mses. — Infusion (feuilles) : t à 2 gr. par 500 gr. d’eau pour l’usage interne, comme vermifuge; ou en lavement, à dose double, contre la hernie étranglée (Pott). Rarement employée. Teinture (Fowler) (30 gr. par 500 gr. d’eau ; on laisse macérer 1 heure au bain-marie ; on exprime 120 gr. de cette infusion, à laquelle on ajoute 60 gr. d’alcool rectifié) : 40 gouttes de cette teinture et plus deux fois par jour, dans l'hydropisie. Décoction : 60 gr. par 500 gr. d’eau, pour l’usage externe, en lotions contre la gale, les poux et morpions : moyen d'un emploi vulgaire dans les campagnes, et qui peut causer des accidents si la peau est dénudée, comme dans la teigne, les excoriations, etc. Poudre : 2 gr. pour 30 d’axonge; pommade employée aux mêmes usages que la décoction. Feuilles fraîches : Boerhaave les appliquait sur le front et les tempes dans les douleurs névralgiques, sur les articulations goutteuses et rhumatisantes, pour calmer la douleur. Fumée de tabac : elle a été conseillée en lavement contre l’asphyxie par submersion, l’iléus et la hernie étranglée. Ce moyen, qui nécessite l'emploi d’un appareil particulier, trouve rarement son application et n'est pas sans danger.

Le Tabac rustique (Nicotiana rustica) a une tige de 60 cent, à 1 mètre, rameuse, pubescente; des feuilles pétiolées, ovales-obtuses, un peu épaisses. Fleurs d’un jaune verdâtre j corolle tubuleuse-hypocratériforme, à divisions obtuses ; capsule subglobuleuse, etc. — Cette plante, que l’on dit avoir été la première naturalisée en Europe, et qui est subspontanée çà et là sur les décombres, a une odeur forte, vireuse, nauséabonde, et une saveur âcre, piquante, qui sont pourtant moins prononcées que dans l’espèce précédente. Tout ce qui a été dit sur cette dernière lui est applicable.

TANAISIE. Tanacelum vulgare, L.

(Fam. Stnanthèbéks.)

Noms ni Ig. : Herbe aux vers, Barbotine, Herbe amère, Herbe de Saint- Marc.

description (pl. lx, 5). — Plante vivace, de 60 cent, à 1 mètre et plus. Tiges dressées, robustes, glabres, simples en bas, donnant naissance en haut aux rameaux de l’inflorescence. Feuilles pinnatiséquées, à segments oblongs, allongés, pinnatifides, décurrents sur

la côte moyenue ou rachis, qui est ainsi ailé, lobé. Pleurs jaunes, en capitules hémisphériques, nombreux et disposés en corymbes raraaux très-compactes (juillet-septembre). Involucre à folioles glabres, scarieusesau sommet ; réceptacle convexe, dépourvu de paillettes (t). Fleurons tous tubuleux : les femelles très-petits, trifides à la circonférence (2); les mâles hermaphrodites, quinquéfldes (3), occupant le centre en grand nombre, à 5 étamines synanthères. Akènes couronnés d’un rebord membraneux.

propriétés, usages. — La Tanaisie est d’une odeur forte dans toutes ses parties, d’une saveur nauséeuse très-amère. C’est un tonique, un excitant, qui passe pour vermifuge, fébrifuge, antispasmodique et emménagogue, etc. — On a employé les semences à l’intérieur et la planté en infusion et en cataplasmes sur le ventre, pour expulser les vers lombrics. — La Tanaisie peut remplacer l’absinthe dans les maladies atoniques, la chlorose, les lièvres intermittentes, etc. Les paysans s’en servent assez souvent pour couper la lièvre. — Son odeur pénétrante et désagréable l’a fait employer dans l'hystérie, les coliques spasmodiques,' la gastralgie, la chorée et autres affections nerveuses. — Enfin on l’a préconisée, nous ne savons à quel titre, dans la goutte, l’hydropisie, la rage, etc.

Employée à l’extérieur, en fomentations et cataplasmes, cette plante s’est montrée utile comme résolutive, détersive, antiseptique. — On prétend que, répandue entre les matelas, elle met en fuite les puces et les punaises.

récolte. — La Tanaisie est commune dans les prés, les lieux incultes, humides, pierreux, sur les berges des rivières, etc., où elle fleurit en été. On recueille ses fleurs au mois d'août, ses graines un ou deux mois plus tard. La plante se sèche oïdinairement en fleurs, sans les racines ni même les tiges; elle conserve assez bien ses qualités après la dessiccation. — Coste et Willemetalfinnent que la semence de Tanaisie, dont ils vantent les propriétés antbelmiathiques, se vend dans les pharmacies de la Lorraine pour le Seuien- Contra. Wauters la préfère à ce dernier, qui, le plus souvent, contient diverses substances avec lesquelles on le falsifie.

préparations, doses. — Infusion (sommités fleuries) : 4 à 15 gr.

(1) Ces objets se voient sur la figure détachée qui représente un capitule dépourvu de Heurons.

(2) Voyez la petite figure du milieu qui montre un fleuron femelle trèa-grosei.

(3) Voir la figure de droite.

par kilog. d’eau bouillante. On la donne comme anthelmintkique, antispasmodique, sudorifique, emménagogue, carminative. — (graines) : 8 à 16 gr. pour 500 gr. d'eau ou de lait, comme vermifuge. Poudre (sommités fleuries) : 4 à 8 gr. — (graines) : 1 à 4 gr. Elle s’emploie plus rarement. Cependant Schenkius rapporte qu'un enfant, affecté de fièvre, et auquel on fit prendre de la semence de Taoaisie avec du sirop violât, rendit plus de 100 vers longs d’un pied, et tut délivré de sa maladie. Cataplasme (feuilles) : appliqué sur le bas- ventre, il est vermifuge. Geoffroy, médecin de l'Hôtel-Dieu de Paris, rapporte qu’ayant fait appliquer de la Tanaisie sur le ventre d’un individu affecté de maladie grave, il évacua 32 lombrics et fut sauvé (Mérat et Delens). Les lavements préparés avec cette plante et le lait sont considérés par Hoffmann comme un des meilleurs moyens pour détruire les ascarides.

THYM. Thymus vulgaris, L.

( Fam. Labiées. )

A'onw wlg. : Tin, Frigoule, Pote.

description. — Plante sous-frutescente, petite, haute de 13 à 23 centim. Tiges rameuses, redressées, portant des feuilles opposées, sessiles, petites et roulées sur les côtés, ce qui les fait paraître linéaires-lancéolées, pubescentes en dessous, ayant souvent à leur aisselle des fascicules de feuilles plus petites. Fleurs roses ou purpurines, rarement blanches, en verticilles formant épis terminaux (juin-octobre), présentant les caractères assignés au genre ; étamines 4, didynames, recourbées et divergentes ; style dépassant la corolle. Quatre petits akènes.

propriétés. — Chacun connaît l’arome prononcé, agréable duThy m, si recherché par les abeilles; sa saveur aromatique, amère et piquante. Cette plante est très-employée dans l’art culinaire ; peut-être est-ce à cause de cela que i’on met si peu d’empressement à s’en servir en médecine. Cependant elle est stimulante, tonique, stomachique, propre à relever les forces, à remonter l’estomac débilité, à remplacer avantageusement le serpolet, dont les propriétés sont moins prononcées.

A l’extérieur, on l’emploie de diflérentes manières, comme tonique et résolutive. Van Swieten combattait le lumbago au moyen des fumigations de Thym dirigées sur la partie douloureuse pendant une demi-heure. — M. Cazenave a traité la gale par des lotion| avec

l’infusion de Thym, et il a eu à s'en louer. — yuant aux bains, litières, matelas, préparés avec cotte Labiée, nous renverrons le lecteur auxousages de cette famille.

récolte. — Le Thym croit spontanément dans le midi de la France; on le cultive dans les Jardins. C'est après la dorai -on qu’on se le procure pour les usages de la médecine; on dispose la plante mondée en guirlandes, et on la porte au séchoir.

préparations, doses. — Infusion (sommités): 4 à 15 gr. par 300 gr. d’eau ; — 60 gr. par kilog. d’eau, avec addition de 280 gr. de vinaigre, pour lotions contre la gale trois fois par jour (Cazenave). Huile essentielle : 2 à 5 gouttes en potion pour apaiser la colique venteuse, fortifier l’estomac, pousser les mois et les urines Chomel). — On en met sur les dents cariées, comme on fait celle de girofle, pour calmer l'odontalgie.

TILLEUL. Tilia europcea, L.

(Fam. Dilucèes.)

Nmt rulg. : Tillau, Tillet.

description. — Arbre généralement connu. Feuilles alternes, arrondies-cordiformes, pétiolées, dentées en scie, glabres en dessus, un peu pubescentes en dessous. Fleurs d’un jaune tendre réunies 2-6 en une petite grappe, portée sur un pédoncule commun, lequel est soudé avec une bractée foliacée (pl. xxiv, 4), étroite, oblongue, d’un jaune pâle, que soutient une petite tige axillaire (mai-juin). Les caractères spécifiques des fleurs sont ceux du genre.

propriétés, usages. — Les fleurs sont les parties usitées; elles ont une odeur faiblement aromatique, assez agréable ; leur saveur est comme visqueuse, un peu sucrée. On les emploie journellement en infusion tbéiforme, soit comme antispasmodiques dans les affections nerveuses, telles que l’hystérie et ses accidents, l’hypochondrie, la migraine, la cardialgie ; soit comme diaphorétiques et aromatiques, dans la diarrhée séreuse, le refroidissement, la première période des fièvres intermittentes. Plusieurs auteurs en ont parlé comme d’une sorte de spécifique contre l'épilepsie, nouvelle preuve du peu de crédit que doivent avoir les assertions des observateurs peu rigoureux.

Les feuilles et l'écorce du tilleul contiennent une assez forte proportion de mucilage ; elles peuvent fournir en conséquence des décoctions émollientes propres à remplacer celles des Malvacées.

PLANTES MEDICINALES.

récolte. — On cueille les fleurs de Tilleul d’Europe dans le mois de juillet; on conserve presque toujours les bractées, mais c'est un tort, car elles n'ont aucune propriété, et unies aux fleurs, elles en augmentent le volume et le poids Bans rien ajouter à leurs vertus, bien au contraire. La dessiccation se fait à l'étuve ou au soleil, et n’alière pas leurs propriétés médicamenteuses.

préparations. — Infusion (fleurs) : t ou 2 fortes pincées par 750 gr. d’eau. On ajoute du sucre ou un sirop, et l’on a une boisson agréable. — 11 faut 4 pincées lorsque les bractées sont conservées. On joint très-souvent à l’infusion quelques feuilles d’oranger, ce qui constitue la tisane de tilleul oranger. Eau distillée : 50 à 100 gr. comme véhicule de potions calmantes et antispasmodiques ; action très-faible. Décoction (écorce, feuilles) : 30 à 60 gr. par kilog. d’eau.

TORMENT1LLE. Tormentilla erecta, L.

(Fam. Rosacées.)

A'onu nul g. : Tormentille droite, Tonrmentille.

description (pl. xxxn, 2). — Plante vivace de 30 cent, environ. Tiges dressées, nombreuses (t), naissant d’une souche épaisse, courte, presque ligneuse, à surface inégale, rugueuse et bruDâtre, un peu chevelue inférieurement. Feuilles sessi'es à 3 ou 5 folioles ovalesallongées, dentées, un peu pubescentes et d’un vert plus foncé en dessus qu’en dessous; stipules foliacées à 3-5 lobes profonds. Fleurs jaunes, assez petites, solitaires sur des pédoncules axillaires (maijuillet). Calice à 8 divisions, c’est-à-dire calicule et calice de 4 folioles chacun ; corolle à 4 pétales (rarement 5), à peine plus grands, que les sépales, cordiformes et unguiculés ; plusieurs étamines ; styles filiformes. Graines nues lisses.

PROPRœrÉs, usages. — La Tormentille est un de nos meilleurs astringents. Sa racine est employée principalement dans les diarrhées et les dyssenteries chroniques, les hémorrhagies passives, le relâchement des organes, l’incontinence nocturne d’urine par faiblesse générale, etc. M. Dubois, de Tournai, cite plusieurs cas qui démontrent l’efficacité de cette plante dans les trois premières de ces maladies. — En Belgique, les habitants des campagnes emploient ce remède pour arrêter le pissement de sang auquel leurs troupeaux sont sujets. ,

(1| One seule est eonser vie sur 1» planche.

La racine de Tormentille a encore été vantée comme fébrifuge d’abord par Cullen, puis par d’autres, surtout si on l'associe à la gentiane. C’est encore, dit-on, un bon médicament contre la leucorrhée.

A l’extérieur, la décoction de Tormentille est usitée pour gargarismes et lotions, contre les ulcération? et saignements des gencives; pour résoudre les contusions, les ecchymoses, exciter les ulcères blafards, atoniques, etc. — or La Tormentille, disent Mérat et Delens, est un des meilleurs astringents indigènes connus; c’est une plante trop négligée, etc. » De son côté, M. Cazin affirme que la Tormentille et la bistorte peuvent remplacer le ratanhia, et qu’il leur a constamment trouvé la même efficacité.

récolte. — Elle se fait toute l’année quand on veut employer la racine fraîche ; dans la belle saison, pour sécher et conserver le médicament, que l’on va cueillir dans les bois et les pâturages secs. Il faut choisir les plus grosses racines et les débarrasser de toutes les tiges et radicules.

préparations, rosES. — Décoction (racine) : 16 à 30 gr. par kil. d’eau, en tisane; — 30 à 60 gr. par kil. d’eau pour lotions, gargarismes, etc. Poudre : 4 à 12 gr. dans du vin généreux. Cataplasme : le Dr Morni, de Rouen, a recommandé d’une manière toute particulière le remède suivant contre le panaris : on fait Bêcher au four la racine de Tormentille; on la pulvérise, et, au moyen d'un jaune d’oeuf, on lui donne une consistance pâteuse. On étend sur un linge une ou deux lignes d’épaisseur de cette pâte, et on en enveloppe la partie malade ; on doit, de plus, avoir la précaution de recouvrir le tout d’un cataplasme ordinaire, afin de retarder la dessiccation de la pâte par la chaleur de la partie malade.

TRAINASSE. Polygonum aticulare, !..

(Fam. Poltgonéis; geme Bixooée.)

Nom vulg. : Centinode.

description. — Cette plante étale sur la terre ses tiges vertes, herbacées, articulées, divisées en nombreux rameaux longs de 35 à 50 centim., garnis de stipules courtes. Feuilles entières, petites, sessiles, alternes, ovales. Fleurs axillaires sessiles, calice à 5 découpures, 8 étamines; ovaire trigone à 3 styles très-courts. La racine est longue, dure, fibreuse, perpendiculaire ou rampante.

propriétés. — Pas d’odeur, saveur légèrement astringente, her-

bacée. La Ceatinode a été employée quelquefois dans les cas de diarrhée, de dyssenterie. 11 y a longtemps que ce remède est dans l’oubli, mérité d’ailleurs.

Tous les bestiaux broutent cette herbe, qui, suivant Bechstcin, disposerait aux obstructions. Son nom d'aviculare lui vient de ce que les oiseaux sont très-friands de ses graines, qui sont petites, triangulaires, noires, recouvertes par le calice persistant. Certains vétérinaires donnent la Traînasse aux vaches affectées d’hématurie à titre de spécifique.

récolte. — Rien n’est commun sur le bord des chemins, des rivières, dans les lieux incultes, comme cette plante qui couvre la terre de ses rameaux rampants et rapprochés les uns des autres, et rayonnants eu quelque sorte. •

TRUFFE. Tuber ciborium, P.

Champignon souterrain qui se trouve dans le midi de la France et la Bourgogne, où on le récolte à la ûn de l’automne.

C’est un aliment agréable, recherché des gourmets ; un condiment délicieux qu’on met dans les ragoûts, les sauces, les pâtés, et dont on farcit des volailles pour leur communiquer un goût exquis. On a attribué aux truffes des propriétés aphrodisiaques qu’il est douteux qu’elles possèdent. Un médecin italien aurait même voulu prouver, dit-on, que les naissances étaient plus nombreuses dans les années qui correspondent à leur abondance.

La Truffe du Piémont (Tuber griseum) est également très-recherchée, quoiqu’elle soit, sous le rapport de sa conservation et des usages qu'on en fait pour embaumer les volailles, bien inférieure à celle du Périgord mais elle a un goût alliacé fort estimé des habitants du Midi. On la dit aussi très-aphrodisiaque.

TUSSILAGE. Tussilago farfara, L.

{Fam. Stnantbérêis.)

Noms vulg. : Pas-d’Aue, Herbe de Sainb-Quirin, Taconn-t, Procbeton.

description (pl. l, 3). — Plante vivace, de 10 à 20 cent.; à tiges simples, fistuleuses, cotonneuses, chargées d'écailles rougeâtres, pointues, glabres en dehors. Feuilles très-amples, suborbiculairescordées, longuement pétiolées, toutes radicales, einuées-anguleusesdenticuleuses, tomenteuses- blanchâtres en dessous, ne paraissant

qu’après la floraison. Souche épaisse à rhizomes charnus, traçants. Fleurs jaunes, en capitules solitaires à l’extrémité des tiges, paraissant avant les feuilles, en mars-avril. Fleurons tubuleux, 5-fides, hermaphrodites au centre, avec 5 étamines syuanthères ; demi-fleurons à la circonférence nombreux, sur plusieurs rangs, à languette linéaire; stigmate bifide. Involucre formé d’un rang de folioles glabres, étroites, longues, vertes, soutenues à la base par quelques petites bractées courtes, qui sont comme un second rang de folioles étalées ; réceptacle presque plan. Akènes surmontés d’une aigrette à soies capillaires très-longues et très-fines (1).

propriétés, usages. — Les fleurs de l’as-d’Ane sont peu odorantes ; toutes les parties de la plante possèdent une saveur amère et acerbe : le sulfate de fer communique à leurs différentes préparations une couleur noire qui décèle la présence du tannin.

Les fleurs sont légèrement toniques et expectorantes, employées depuis des siècles dans les maladies de poitrine, surtout dans les catarrhes chroniques, lorsqu’il B’agit de ranimer la vitalité des poumons et de faciliter l’expectoration sans craindre de réveiller le mouvement fébrile. Hippocrate faisait usage de la racine.

On a beaucoup vanté le Tussilage dans le traitement des affections scrofuleuses ; Fuller, Peyrilhe, Cullen, Bodard, Baumes, s’en sont très-bien trouvés. Selon ce dernier, « c’est un très-bon remèdecontre les obstructions des glandes, les éruptions cutanées et surtout contre la toux scrofuleuse et les affections des poumons, même lorsque la fièvre a commencé à s’établir. » 11 paraît cependant qu’Alibert, sous les yeux duquel cette plante a été administrée dans diverses affections scrofuleuses, n'en a obtenu aucun résultat. M. Cazin n’a pas été plus heureux dans deux cas où il a voulu se convaincre, dit-il, consciencieusement de son efficacité dans ces maladies. — En somme, le Tussilage est un expectorant, un béchique et un tonique qui n'est pas à dédaigner ; mais comme antiscrofuleux, on ne doit lui accorder qu’une faible confiance.

récolte. — Le Tussilage croit dans les lieux humides ou inondés l'hiver, les terrains argileux, les endroits incultes, aux bords des chemins. Sa récolte se fait au printemps en avril pour les fleurs ; en

(1) Los deux petites figures détachées les représentent. On les voit aussi, ccs aigrettes, formant une tête globuleuse sur le capitule de gauche, après la fécondation et 1a disparition des corolles, tandis que le oapitule de droite représente les fleurs épanouies; le capitule du milieu est vu avant l'épanouissement.

été pour les feuilles ; en automne et avant la floraison, pour les racines, qui s'étendent dans les Jardins d’une manière incommode. On fait sécher les fleurs à l’étuve. « Avant de les enfermer, il faut s’assurer si leur dessiccation est complète, car elles conservent souvent un fond d’bumidilé qui les détruit très-promptement. » préparations. — Infusion (fleurs) : Ici à 30 gr. par kilog. d’eau. Suc (des feuilles) : 60 à 90 gr. Baumes l’employait. Sirop ; 30 à 60 gr., comme édulcorant. On fait des cataplasmes émollients résolutifs avec les leuilles pilées, crues ou cuites. Les feuilles sèches se fument comme du tabac, pour combattre la toux, l’asthme, etc.

L'STILAGO. Ustilago maidit.

On lit dans les Annalts de médecine tétirinaire belge : a Cet Ustilago est un Champignon parasitique qui vient sur le maïs, comme l’ergot sur le seigle. Dans une étable cù l'on nourrissait les vaches avec du maïs infecté de ce parasite, onze vaches ont avorté en huit jours de temps. D’après le conseil de Haselbach, on a changé la nourriture, et les autres vaches n’ont pas avorté. Pour mieux se convaincre de la qualité nuisible de ces champignons, l’auteur, après en avoir séché et pulvérisé, en a administré, en deux jours, 6 gros (24 gram.) à deux chiennes pleines qui n'ont pas tardé à avorter.»

VALÉRIANE. Valeriana officinalis, L.

(Tara. Valérianacées.)

Sont vulg. : Herbe -aux* Chats.

description' (pl. xuv, 4). — Plante vivace, de I mèt. à t mèt. 30 cent, de hauteur environ. Tige dressée, presque simple, cannelée, flstuleuse, un peu vélue suitont en bas. Feuilles opposées, pétiolées, distantes, profondément pinDatifides et comme ailées avec une impaire, pinnées, pubescentes. Fleurs d’un blanc rosé, petites, pédonculées, disposées en cymes corymbiformes axillaires, les pédoncules se trifurquant par 3 -4, et ayant à la base des bractées linéaires. Calice roulé en dedans pendant la floraison, se déroulant en aigrette à la maturité ; corolle tubuleuse, à limbe S-lobé et dont le tube est bossu à la base, munie d’une bractée au bas de l'ovaire, qui est infère (1) : 3 étamines; style grêle à stigmate trifide. Akène ovoïde,

(1) Ces objets se voient sur les 3 petites figures, représentant l'une une oorolle entière, l'autre une corolle ouverte, de manière à faite voir le pistil et l'insertion d'une étamine.

allongé, strié, couronné par une aigrette plumeuse due au déroulement du limbe du calice.

propriétés, usages. — La Valériane est faiblement odorante dans ses fleurs; inodore dans ses feuilles; mais sa racine est nauséabonde, infecte, d’une saveur un peu sucrée d’abord, puis âcre, amère, un peu nauséeuse. Cette racine contient une huile volatile, une résine, une matière particul ère, de l'amidon, etc.

La racine de Valériane, dont nous indiquerons plus loin les caractères, jouit de propriétés qui ont été niées par les uns, exaltées par d’autres ; mais aujourd’hui son action sur le système nerveux ne peut plus êire révoquée en doute. « Les effets si bizarres et si prononcés que les chats en ressentent, disent Trousseau et Pidoux, auraient dû le faire prévoir ; chez ces animaui, l'odeur seule de la valériane bouleverse la sensibilité et les fonctions musculaires ; c’est aussi ce que nous avons observé chez certaines femmes et sur nousmême, mais à un degré bien moins remarquable. »

Ce médicament est antispasmodique, tonique et sédatif. On l'administre dans les névroses, les fièvres intermittentes, les affections vermineuses et putrides, l’amaurose, etc. Etudions-le sous ces différents points de rue.

Comme antispasmodique, la Valériane est surtout employée contre l’épilepsie, l’hystérie et la chorée.

t° Épilepsie. Un grand nombre d’observateurs, tels que Haller, Tissot, Sauvages, Boerhaave, sans compter les modernes, disent avoir constaté l’efficacité de cette racine dans celte affection rebelle ; mais d’autres auteurs non moins recommandables lui refusent toute action efficace. Pour expliquer ces divergences d’opinion, voici les remarques judicieuses que font MM. Trousseau et Pidoux, et que nous allons reproduire analysées ou textuelles. « Sous le rapport de lagravité du pronostic, disent-ils, et par conséquent sous celui de l'efficacité des divers traitements, il est important de bien distinguer l’épilepsie de la convulsion épileptiforme. L'épilepsie est à elle seule une maladie, une modification particulière, grave, profonde, essentiellement chronique de l’innervation cérébro-rachidienne, s’accompagnant d’une certaine forme convulsive et apop'ectique qui revient par accès plus ou moins rapprochés ; c'est là le morbus sucer , affection idiopathique, essentielle, presque incurable. — La convulsion épileptiforme, au contraire, n’est que la forme convulsive et apoplectique de l’épilepsie, moins l’épilepsie ; c’est une modification nerveuse quelconque empruntant à l’épilepsie, pour se manifester, sa forme seulement et rien que sa forme.

a L'épilepsie véritable est réfractaire à tous les traitements. Il faut faire une remarque cependant, c’est qu’il est commun de voir des épileptiques passer plusieurs mois, plusieurs années sans accès, bien qu'ils ne cessent de vivre sous le poids inamovible du mal qui n’était que diminué pour se réveiller plus menaçant et plus funeste ; or, l’expérience apprend qu’une médication quelconque, même la plus insignifiante, peut suspendre ainsi le mal, le plus souvent par l'impression favorable que produit sur l'esprit du malade l'espoir du succès ; mais le mal n’est que pallié, et nous ne refusons pas à la valériane ce pouvoir palliatif. »

« Quant aux convulsions épileptiformes (ici nous citons textuellement), qui, par l’appareil phénoménal de l’accès lui-même, ne difièrent en rien de l’épilepsie, elles ne sont graves qu'en raison des causes très- variées dont elles dépendent. On appelle éclampsie celles qui surviennent chez les femmes en couches et chez les enfants ; elles 6cnt graves dans ce cas, et la valériane n'est pas alors sans action quand on peut l’administrer. Celles qui signalent l’invasion de certains exanthèmes, comme la variole, etc..., disparaissent en même temps qu’apparait l’éruption. L'établissement des règles lait également tomber celles qui précèdent, chez quelques jeunes filles non épileptiques, le premier accomplissement de cette fonction, etc. Dans certains cas de plaies de tète , de méningite , d’encéphalite, de tumeurs cérébrales, d’intoxication saturnine, etc..., il y a des attaques épileptiformes, nous le répétons, chez des gens non épileptiques. Celte importante distinction rend assez bien raison des succès dont on fait honneur à la valériane dans C épilepsie. Ceux qui savent combien sont identiques une attaque d’épilepsie chez un épileptique et une attaque épileptiforme chez un sujet non épileptique, concevront très-bien qu’il n'a pas toujours été possible de se défendre de l’illusion qui a induit en erreur un grand nombre de praticiens sur la valeur thérapeutique de la valériane dans l’épilepsie. Des accès d’hystérie simulant jusqu’à un certain point i’épilepsie et guéris par la valériane ont pu en abuser aussi quelques autres. On sait de même que les vers déterminent souvent dans l’enfance des convulsions épileptiformes ; or, la valériane, jouissant de propriétés authelminthiques assez actives, a pu ainsi guérir la forme épileptique en en détruisant l’occasion. Toutefois, on pourra l’administrer dans l’épilepsie surtout récente, dans le but d’en éloigner les accèg et d’en atténuer la violence : c’est là tout ce qu'on peut se flatter d’en obtenir, mais il faut l’employer à hautes doses, pendant long-

temps, un an et souvent plus, ou en en suspendant l’usage de distance en distance pour ne pas fatiguer l'estomac. »

2° Hystérie. « C’est surtout aux maladies des femmes, continuent Trousseau et Pidoux, qu’habilement maniée s’adresse la valériane ; mais tellement aux maladies des femmes, que certains cas, qui chez les hommes paraîtraient, d’après les lois d’une légitime analogie, en réclamer l’emploi, y sont le plus souvent rebelles et cèdent à d’autres antispasmodiques, et que les affrétions des jeunes filles non pubères rentrent dans la même exception...

a Quiconque a jeté sur l’hystérie un coup d’œil véritablement médical a dû y voir une maladie mère qui empreint de son cachet et de sa nature toute la série névropathique qui s’étend depuis la vapeur la plus fugace jusqu'à l’accès ellroyable qui avait mérité des anciens la dénomination si profondément vraie de passion hystérique. Cette série est composée d’accidents protéiformes, de manières d’être pathologiques propres à la femme... Ce sont ces maladies vaguement indiquées sous le nom de spasmes, de vapeurs, mieux par Tissot sous celui de maux de nerfe. Chez l’une ce sont des étouffements, des palpitations, un sentiment de strangulation, un serrement des tempes, etc., etc.; chez l’autre des battements, divers bruits dans la tête, un enchiflrènement passager, des frissons partiels, des bouffées de chaleur au visage, etc. Celle-ci se plaint d’impatiences bizarres, de crispations, hoquets, trop souvent préludes daccidents plus violents ; celle-là accuse de la dysphagie, des borborygmes, des flatuosités, des brûlements d’entrailles, une tympanite, se développant tout à coup et disparaissant de même, des anxiétés précordiales, des frayeurs paniques, de vraies susceptibilités. Quelques-uns résument ce tableau changeant en deux mots qui, aux yeux du praticien, en peignent d’une manière assez forte toutes les fluctuations • J’ai mal aux nerfs, mes nerfs sont en mouvement, etc., etc.

« Or, la valériane réussit merveilleusement à calmer ces nombreux phénomènes ; et, chose étonnante, y réussit d’autant mieux qu’ils s'éloignent davantage par leur forme et leur intensité du véritable accès d’hystérie. Quant à ceux-ci, la valériane peut en éloigner les retours, en diminuer la violence, mais, nous le répétons, elle les modifie d’autant plus avantageusement qu’ils sont plus incomplets et plus bizarres. »

Les paralysies circonscrites, celle de la sensibilité surtout, les aphonies, les céphalées intenses qui succèdent aux attaques d’hystérie violentes cèdent également à l’emploi de la Valériane.

3* Chorée. L'efficacité de la Valériane contre la chorée ou danse de Saint Gui est attestée par plusieurs auteurs. M. Cazin, qui l’a souvent essayée, dit qu'elle a presque toujours calmé les symptômes après l'usage des moyens généraux antiphlogistiques, les bains, etc.; mais il ajoute que cette névrose, d'après ses essais comparatifs, a toujours à peu près la môme durée, quel que soit le traitement em. ployé, comme sans traitement même. Cette racine est encore trèsutiiedans les désordres nerveux qui surviennent soit après les grandes pertes sanguines, soit à la fin des fièvres adynamiques, etc.

4* Fiivre intermittente. Desparanches, Vaidy, Pauque, ont publié des observations qui démontrent la propriété fébrifuge de la Valériane.

S* Vers. Comme anthelmin'hique, ce médicament ne vaut pas à beaucoup près le semen -contra, ni même l’absinthe, malgré les éloges qu'en a faits Marchant.

6° A Sections diverses. M. Rayer a guéri un jeune garçon affecté de polydipsie (sécrétion d’urine incolore, insipide, extrêmement abondante avec soif inextinguible), en lui faisant prendre de la poudre de Valériane pendant trois semaines, un mois. — La valériane a été considérée par les anciens comme possédant une action spécifique dans certains troubles nerveux de la vision. — On en a fait des amulettes contre les maléfices, et pour augmenter les forces viriles.

récolte. — La Valériane est une belle plante aux amples bouquets qui croit aux lieux un peu humides, dans les bois. Sa racine, qui est blanchâtre, fibreuse, est brune en dehors dans les officines et d'un blanc jaunâtre en dedans. On l’arrache au printemps, avant la pousse des tiges. Il faut donner la préférence à celle qui croit dans les lieux secs ou sur les montagnes, et la choisir grosse, bien nourrie, ayant 3 ans. Lavée et mondée, on la porte à l’étuve. Par la dessiccation, son odeur devient encore plus prononcée.

préparations, nosEs. — La racine de Valériane s’administre surtout en poudre ; c’est, en effet, la préparation la meilleure. Viennent ensuite l'extrait et l’infusion. C’est un médicament d’autant plus précieux qu’aux doses les plus élevées il ne produit pour tout accident que des vertiges, des étourdissements, etc. Poudre : 4 à 30 gr. et jusqu'à 60 contre l’épilepsie, les accidents hystériformes et les névroses essentielles. — M. Chauffard a obtenu de très-heureux résultats de la Valériane à très-haute dose (40 à 60 gr.). Extrait (2 sur 7 d’alcool) : t à 6 gr. Eau distillée : 50 à 100 gr. en potion.

L’acide valérianique, combiné avec le zinc, forme le valériannle

de sine, qui est très-employé en Italie surtout, où le prince Lucien Bonaparte l’a signalé comme corps nouveau et prôné contre les névralgies faciales, à la dose de S à 10 cent. Cet acide uni à l’ammoniaque donne le valèrianate d'ammoniaque, il. Pierlot prépare ce sel au moyen de l’acide valérianique hydraté qu’il extrait directement de la plante; sel liquide, inaltérable, qui se donne à la dose de 1 à 3 cuillerées à café par jour, étendu dans un peu d’eau sucrée.

Grande-Valériane (Valeriana phu) (pl. xix.f). Elle possède des propriétés analogues, mais est rarement employée. Sa racine est de la grosseur du doigt, nue en-dessus, garnie de fibres grêles en-dessous, plus grise au dehors et moins odorante ; ses feuilles radicales sont indivises, et son fruit présente deux lignes de poils.

Valériane dioïqüe ou Petite-Valériane (Val. dioica). Tige moins élevée. Feuilles glabres. Fleurs dioïques. Racine plus grêle, grise, d’une odeur moins désagréable.

VARIOLAIRE. Variolaria amara. (Achar.)

* (Fam. Licbénkks.)

description. — Plante cellulaire, vivace, à système végétatif ou thalle formant une sorte de croûte blanche ou cendrée, mince, étalée, rugueuse, crevassée, plus ou moins pulvérulente et de forme arrondie ou irrégulière. Les réceptacles de la fructification ou scutelles sont épars sur cette croûte, orbiculaires, munis d’un rebord, distincts, chargés de petits grains pulvérulents. Après la cbute de ces grains, on distingue une coupe concave d’une teinte grisâtre ou plombée.

Très-communes sur les vieux troncs des chênes, châtaigniers, peupliers, etc., ces plantes sont de faux parasites. Elles existent à la surface des arbres, sans y adhérer et sans y enfoncer de suçoirs. Elles se nourrissent de l’humidité ambiante qu'elles absorbent et des éléments de l’air qu'elles condensent.

Les Variolaires apparaissent sur les arbres sous la forme de taches plus ou moins saillantes Les habitants de la campagne disent que ces arbres ont la petite vérole. De là vient le nom du genre variolaria.

propriétés, usages. — La Variolaire amère possède une saveur extrêmement amère, comparable à celle du sulfate de quinine; elle se manifeste au bout de quelques instants, va en augmentant et dure un certain temps. Elle est le meilleur succédané du quinquina,

49+ PLANTES MEDICINALES.

au dire de M. le docteur Scelles de Mbntdésert à qui nous empruntons presque toute l’histoire de ce végétal. Administrée à l’homme sain, elle augmente l’appétit, facilite les digestions, rend l’assimilation plus complète, produit quelquefois de la constipation et imprime toujours une énergie plus grande aux fonctions nutritives. C’est un excellent tonique.

Depuis longtemps déjà on avait vanté comme fébrifuge le variolarin amara et le variolaria faginea. On lit dans la Flore médicale ûe Mérat et de Lens que Cambier, dès 1828, avait annoncé ces plantes comme pouvant remplacer le quinquina, et que Alms, en 1831, en avait extrait un principe cristallisable, inodore et très-amer, qu’il nomme picrolicMnine.

M. le docteur de Barrau expérimenta ces deux Variolaires ; il rereconnut qu’elles avaient des propriétés toniques, fébrifuges et antipériodiques et que J’on pouvait les employer comme succédanés du sulfate de quinine dans le traitement des fièvres intermittentes. Il les essaya contre les affections vermineuses et se convainquit de leurs propriétés anthelminthiques.

M. le docteur Dassier répéta avec le plus grand succès les expériences de M. de Barrau. Toujours ce médicament produisit une modification heureuse dans les symptômes, surtout dans la fièvre quotidienne, qui n’a jamais résisté à son emploi.

M. Bouloumié, pharmacien, le docteur Cazin et un grand nombre de praticiens ont obtenu les mêmes succès.

doses. — Dans les fièvres quotidiennes, on donne de 2 à 6 pilules, de deux heures en deux heures, après l’accès.

Dans la fièvre tierce, on commence douze heures après l’accès. Dans une observation de fièvre tierce citée par M. le docteur Cazin, ce praticien donna le matin, à jeun, la veille de l’accès, 1 gr. 50 c. de poudre de Variolaire, 4 et 9 pilules. Il y eut une diminution considérable de l'accès suivant. Il donna la même dose le surlendemain; l'accès fut remplacé par une céphalalgie et une courbature qui durèrent de cinq à six heures. Continuation de la Variolaire, de deux jours l’un pendant dix jours, à la dose de l gr. ou 6 pilules. Rétablissement complet, point de rechute.

Dans la fièvre quarte, M. le docteur Dassier donnait quatre pilules le premier jour d’apyrexie et 3 pilules le jour qui précède l’accès. La diète est une condition essentielle de la guérison.

Dans les dispepsies on donne deux pilules par jour.

M. Swann, l’un des pharmaciens de Paris les plus distingués, prépare en gros des pilules de variolaria amara.

La Variolaire doit être donnée en pilules, car son amertume est extrême et sa poudre exerce une action un peu irritante sur les amygdales et sur les glandes salivaires.

M. Bouloumié est auteur d’une préparation (la violarine) supérieure aux autres : c’est un extrait particulier mis en pilules (pilules de Bouloumié) dont la dose est de 6 à 12 et plus, jusqu’à 20 pilules.

VELAR. Erysimum officinale, L.

(Fom. Crucifères; genre Sisymbre.)

A’onu ru Ij. : Ilorbe-au-chantre, Moutarde des haies, Tortelle, Sinnpi.

description (pl. l, 4) — Plante annuelle, de 30 à 80 décim., dressée, rameuse supérieurement, rude- velue, rameaux étalés. Feuilles pétiolées : les inférieures roncinées-pinuatipartites à o-ll lobes oblongs, dentés, dont le terminal oblong- allongé. Fleurs jaunâtres, très-petites, disposées en épis le long des rameaux : 4 sépales; 4 pétales en croix plus longs que le calice; 6 étamines dont 2 plus courtes. Siliques velues, oblongues-couiques, étroitement appliquées sur la tige (1).

propriétés, usages. — Les feuilles du Velar ne sont ni âcres ni piquantes comme celles de la plupart des autres Crucifères; leur odeur est nulle. On les emploie comme tonique-expectorant dans le « catarrhe pulmonaire chronique, où leur réputation est presque populaire. Mais c’est surtout dans les enrouements, les aphonies, que leurs propriétés ont été le plus exaltées : de là même le nom vulgaire d ’Herbe-au-chantre donné à la plante.

La préparation usitée en pareil cas était le sirop. Dans ses lettres à Boileau, Racine parle de la manière suivante : « Le sirop d’Erysimum n'est point assurément une vision. M. Do dard, à qui j’en parlai il y a trois jours, me dit et m’assura en conscience que M. Morin, qui m'a parlé de ce remède, est sans doute le plus habile médecin qui soit dans Paris et le moins charlatan. Ce médecin m’a assuré que si les eaux de Bourbonne ne vous guérissaient pas (de votre extinction de voix), il vous guérirait infailliblement. 11 m’a cité l'exem le du chantre de Notre-Dame, à qui un rhume avait fait perdre entièrement la voix depuis six mois, et il était prêt à se retirei . Ce

(l) Ainsi qu’on lot voit sur la figura.

PLANTES MEDICINALES.

médecin l'entreprit, et avec une tisane d’une herbe qu'on appelle, je crois, Erysimum, il le tira d'affaire. En telle sorte que non seulement il parle, mais il chante et a la voix aussi forte qu'il l'ait jamais eue. J'ai conté la chose aux médecins de la cour ; ils avouent que cette plante d' Erysimum est très-bonne pour la poitrine, »

Vicat prétend, de son côté, avoir guéri par l’usage du sirop d’Erysimum un enrouement qui était survenu chez un prédicateur, et qui avait résisté pendant longtemps à tous les remèdes qui avaient été employés.

récolte. — L’Herbe-au-ehantre croit naturellement autour des masures, sur le bord des chemins, aux lieux incultes où elle fleurit tout l’été. On la récolte en mai et juin pour l’employer fraîche. Cette plante, comme presque toutes les Crucifères, ne devrait point être séchée; mais comme elle est moins succulente que beaucoup d'autres, elle peut subir la dessiccation sans trop perdre de ses propriétés. Quand on se propose de la conserver, il faut la cueillir le plus tard possible.

préparations, doses. — Infusion (feuilles vertes) : 30 à 60 gr. par kilogr. d’eau. Boisson expectorante, antiscorhutique. Décoction (feuilles sèches) : mêmes quantités et propriétés. Suc : 15 à 30 gr. Sirop simple: 30 à 90 gr., dans les mêmes cas que le suivant. Sirop de Lobel (sirop d'erysimum composé) : Lobel l'employait contre les enrouements, les aphonies, les maux de gorge.

« Le sirop d'erysimum était très-employé dans le siècle dernier ; on l’a abandonné dans la médeciae urbaine, contre taDt d’autres préparations d’une utilité incontestable, pour le remplacer par d'autres raoius efficaces et d’un prix plus élevé. Ne vaudrait-il pas mieux, dit M. Cazin, et nous sommes tout à fait de son avis, lui rendre sa place dans nos officines que d’y perpétuer des dépôts coûteux de sirofs de Lamouroux, de nafé d’Arabie, etc., que le charla. tanisme accrédite, et que l’on emploie autant par habitude que par conviction? »

VELVOTE. Antirrhinum elatine, L.

(Fam. Scrofolariers ; goure Muflier.)

Nomt t ulg. : Elatine, Véronique femelle, Linaiie auriculée on bâtarde, Muflier auricuié.

description. — Plante annuelle, très-commune dans les champs. Tiges nombreuses de 20 à 50 cent., couchées, rameuses, poilues.

Feuilles alternes, oblongues, entières, velues. Fleurs jaunes et noirâtres, solitaires et axillaires, pédoncules capillaires, longs, poilus (juillet-octobre). Calice à 5 divisions ; corolle comme dans la Linaire, à lèvre supérieure d’un violet foncé en dedans; éperon légèrement arqué ; anthères noirâtres. Capsule subglobuleuse.

propriétés. — Plante inodore, mais d’une saveur très-amère, dont les usages sont à peu près inconnus ou abandonnés. On la dit purgative.

VERGE-D’OR. Solidago virga aurea, L.

(F&m. Stihanthéhéks; tribu : Cortubiférks.)

description (pl. xxxi, 5). — Plante herbacée, de 60 à 80 cent, d’élévation. Tige dressée, raide, un peu anguleuse, rameuse en haut. Feuilles inférieures ovales-oblongues, dentées, un peu pétiolées, les supérieures sessiles, moins grandes, lancéolées. Fleurs d’un beau jaune doré, radiées, disposées en un long épi formé de grappes axillaires serrées en haut, plus écartées et plus longues en bas (juilletseptembre). lnvolucre à folioles imbriquées; demi-fleurons de la circonférence femelles, en petit nombre, allongés en languette peu apparente; fleurons du centre hermaphrodites, à b divisions; 5 étamines à anthères réunies ; style à 2 stigmates. Semence à aigrette simple, courte.

propriétés. — Cette plante n'a pas d’odeur, à moins qu’on ne l’écrase ; sa saveur est un peu aromatique et amère, principalement dans les feuilles. On l’a employée comme astringente dans les flux muqueux et sanguins ; comme diurétique dans la gravelle, l’hydropisie, les obstructions ; mais aujourd'hui elle est tout à fait abandonnée. — Les alchimistes l’employaient à la recherche de la pierre philosophale.

récolte. — C’est dans les lisières et les clairières des bois, dans les pàturag’s, etc., qu’il faut aller chercher la Verge-d or, que l’on cultive pour l’agrément dans les jardins, où ses fleurs deviennent beaucoup plus belles.

doses. — Infusion : 15 à 60 gr. par kil. d’eau. Poudre : Arnauld de Villeneuve a prétendu qu’un gros (4 gr.) de poudre de Verge-d’or infusée du soir au matin dans un petit verre de vin blanc, et continué 12 ou 15 jours, brisait la pierre dans la vessie !

VERMICULA1RE. Sedum acre, !..

(Fam. Cbassulacées.)

Nom tu Ig. : Petito-Joubarbe, Pain d’oiaeati, Orpin brûlant, Poivre de muraille, etc.

bescriptios (pl. LUC, S). — Plante vivace, de 8 à 1 S cent., à liges nombreuses, glabres, ordinairement rapprochées en toufle (1), les florifères divisées au sommet en 2 ou 3 branches courtes, arquées. Feuilles ovales, coniques, obtuses, sessiles, épaisses, vertes dans la jeunesse, blanchâtres ou rougeâtres en vieillissant, appliquées contre la tige. Souche rameuse, émettant des tiges radicantes à la base, les unes florifères, les autres stériles. Fleurs jaunes, presque sessiles, en 2-3 épis courts recourbés et rapprochés en corymbe terminal (juin-juillet). Calice à S divisions, quelquefois 4 ou (i ; corolle à 3 pétales lancéolés, ouverts; 10 étamines (en nombre double des pétales, 8, 10 et 12); 3 carpelles devenant autant de capsules polyspermes.

propriétés, usages. — La Petite-Joubarbe est sans odeur, mais sa saveur est piquante, poivrée, et son suc est très-irritaut, caustique, au point que deux chiens auxquels Orlila en fit prendre 123 grain, moururent en 24 heures, présentant à l'autopsie la muqueuse stomacale d’un rouge de feu. Comme tous les irritants, cette plante détermine des évacuations par le haut et par le bas. Cependant elle a paru avantageuse à quelques expérimentateurs dans l’hydropisie, les fièvres intermittentes, le scorbut, les scrofules, la chorée et particulièrement l’épilepsie. Linné rapporte qu’en Suède, pour guérir la fièvre, ou en prend la décoction dans de la bière une heuie avant l’accès ; on se sert encore avec avantage de cette boisson, qui produit souvent un ou plusieurs vomissements, contre les alfections scorbutiques. Gilibert recommande le suc de Sedum acre dans la chlorose, l’ictère, l’empâtement des viscères abdominaux , où sans doute il le donnait à doses fractionnées, altérantes. Toutefois nous ne conseillons pas l’usage de ce remède dans ces dernières maladies, parce que, neuf fois sur dix, elles dépendent d’un état inflammatoire chronique que l’on risque de convertir en phlegmasie aiguë dont les conséquences pourraient être très-graves.

Mais c’est principalement contre l’épilepsie qu'ou a employé la Vermiculaire. Des observations qui ont été publiées par Laubender, lschorn, Peters, etc., en Allemagne, par Fauverge,Godieret d’autres

(1) Une seule est conservée sur lu figure, fl côté des autres qui sont coupées.

en France, on peut conclure, disent Mérat et Delens : I" que cette plante a presque toujours été utile contre cette maladie ; 2° qu’elle a le plus souvent éloigné les accès et diminué leur intensité ; 3° que quelques malades ont été complètement guéris. Quant à la question de savoir si le Sedum acre doit ses succès à une sorte de dérivation sur le canal intestinal ou à tout autre mode d'action, les expérimentateurs ne s'expliquent pas à cet égard, mais nous inclinons à lui accorder, dans l’épilepsie particulièrement, une propriété altérante.

La Vermiculaire a été mise en usage à l’extérieur pour guérir les affections cancéreuses, les ulcères ianieux, les plaies gangréneuses, le charbon ; pour résoudre les engorgements scrofuleux, détruire les cors, etc. Marquet (de Nancy) la vante beaucoup contre le cancer et la teigne : il dit l’avoir employée avec succès dans cette dernière affection, pilée et appliquée sur la partie malade pendant quarante ans, sur quantité de sujets où elle a toujours bien réussi (Obs., etc., Paris, 1750). — En somme, c’est un médicament qui appelle de nouveaux essais dans le traitement de l’épilepsie, du cancer et de la teigne.

récolte. — La Vermiculaire croit abondamment sur les chaumières, les vieux toits, dans les bois. On l’emploie à l'état frais ou desséchée au four.

r réparations, doses. — Décoction (feuilles) : une poignée dans 1 kil. de bière réduite àmoilié, divisée en plusieurs tasses, à prendre contre la fièvre, le scorbut (Linné). Suc : 4 à 8 gr. dans du vin ou du lait, comme diurétique, apéritif, fondant, altérant dans l’ictère, les obstructions (Gilibert). Poudre (plante séchée au four) : 50 à 75 cent., mêlée avec du sucre, en augmentant progressivement la dose jusqu’à 2 gr., contre l'épilepsie. Continuer pendant 2 ou 3 mois.

VÉRONIQUE. Veronica officinalis, L.

(Fam. Scropclaribbs.)

Nom tvlg. : Thé d’Europe.

description. — La Véronique (pl. xlix, 4), assez abondante dans les bois, sur les coteaux arides de toute la France, est une plante herbacée, vivace, de 15 à 25 cent, de hauteur, à tiges presque li- . gneuses, couchées et rampantes à la base, redressées supérieurement. Feuilles opposées, pétiolées, ovales-dentées, molles, très-pubescentes et d’un vert jaunâtre. Fleurs d'un bleu pâle ou blanches

rosées, à pédicelles munies de bractées, formant grappes au sommet d’un pédoncule axillaire dépourvu de feuilles (mai-juillet). Calice à A divisions velues; corolle infundibuliforme, A i divisions étalées, inégales ; tube court dépassant le calice; 2 étamines saillantes et divergentes; ovaire bicarpellaire ; style indivis. Capsule en cœur surmontée du style persistant (I).

propriétés. — La plante est peu odorante , mais d’une saveur amère un peu styptique. C'est un léger tonique excitant auquel on s’est plu à attribuer toutes sortes de vertus. On Ta vantée, en eflet, contre les affections calculeuses, les maladies de la peau, le scorbut, les hémorrhagies, les dyspepsies, les flatuosités, et même la stérilité chez les femmes. Hoffmann la recommande dans la phthisie, le catarrhe pulmonaire, l’engouement des bronches ; et de fait, elle agit plutôt comme expectorante, vulnéraire, que de toute autre manière ; mais son usage est à peu près abandonné.

La récolte se fait pendant la floraison ou après; on doit rejeter toutes les feuilles rouges ou noires. La dessiccation ne fait rien perdre à cette plante de ses propriétés.

doses. — Infusion : 13 à 30 gr. par kilog. d’eau. Les paysans emploient les feuilles, séchées, en guise de thé, 13 gr. pour 1,0. 0 d’eau.

La Véronique CH1M0EDRY3, très -voisine de la précédente, est inusitée. 11 ne faut pas la confondre avec le Teucrium chamatdrys , qui est la Germandrée Petit-chêne, plante que désigne le mot Chamadrys dans le Codex.

La Véronique beccabunga est un expectorant. V. Beccabcnga.

VERVEINE. Verbena offrcinalis, L.

(Fam. Vebbenacées.)

Arom tulg, : Herbe sacrée.

DESCRIPTION (pl. XVII, 3). — Plante herbacée, de 30 à 80 cent., à tiges dressées, raides, glabres, carrées, un peu rameuses, A rameaux ouverts et opposés. Feuilles opposées, oblongues ou ovales, hérissées de quelques poils, profondément incisées, à lobes crénelés ou

(I) La figure représente uu épi portant fleurs épanouies en haut, au-dessus des llenrs fécondées n’ayant plus do corolle, plus bas enfin des fruits, qui sont îles capsules cordiformes.

dentés. Fleurs d'un violet pâle, petites, solitaires à l’aisselle de petites bractées, mais disposées en épis lâches, grêles et très-longs (juin-octobre). Calice à b dents ; corolle tubuleuse, limbe à 5 lobes ; étamines 4 didynames, non saillantes. Ovaire 4-loculaire; styles soudés en un style terminal indivis.

propriétés, usages. — La Verveine, aux yeux des anciens, jouissait de propriétés merveilleuses, sacrées, magiques, cabalistiques. Les Druides la faisaient entrer dans l'eau lustrale et s'en servaient pour prédire l’avenir. Le nom d’herbe sacré» lui vient de ce que les prêtres l’employaient pour nettoyer les autels avant les sacrifices ; celui de Verveine, dérivé d'herba Veneris, rappelle ses prétendues vertus aphrodisiaques, car on la croyait propre à ranimer des ardeurs près de s’éteindre, et à resserrer les nœuds de l’amitié, etc.

Nous n’énumérerons pap les maladies très-diverses que cette plante guérissait jadis, et contre lesquelles elle n’a aucune puissance aujourd’hui, non qu’elle soit dégénérée, mais parce que la crédulité, les préjugés et la superstition se sont évanouis. La Verveine est légèrement amère, tonique-astringente, un peu rubéfiante à l’extérieur. Le peuple l’emploie très-souvent en cataplasme sur les points de côté, les douleurs rhumatismales, et en topique sur la tête contre la migraine. Ainsi employée, elle a paru très-utile à M. Dubois (de Tournai) et à beaucoup d’autres avant lui.

récolte. — La Verveine est commune sur le bord des chemins, dans les lieux incultes. Il faut la cueillir avant la floraison, choisir les tiges bien garnies de feuilles, et pour que celles-ci restent vertes les sécher promptement.

préparations. — Cataplasme (feuilles) : on fait cuire les feuilles écrasées dans du vinaigre, on les applique sur les parties douloureuses. On peut essayer ce moyen, qui procure réellement du soulagement dans les pleurodynies, le lumbago, les maux de tête. Le peuple a une grande confiance dans ce moyeu.

Verveine odorante ou a trois feuilles (Verbena tryphilla). Tiges beaucoup plus élevées. Feuilles verticillées par 3, sessiles, oblongues, entières, glabres, rudes sur les bords. Fleurs d’un gris de lin et violettes, en panicule terminale par de petites grappes opposées 3 à 3, ou axillaires. Calice à 4 divisions ouvertes et arrondies (juilletaoût).

Cette plante, qui ne se produit en France que par la culture, est douée d’une odeur de citron que le frottement développe davantage, et d’une saveur amère, un peu piquante et aromatique. Ses som-

mités serrent à préparer une infusion théiforme qui peut remplacer celle de mélisse, de feuilles d'oranger et de tilleul, etc.

VIGNE. Vtiis c inifera, L.

(F»m. Abpkudébs.)

La Vigne est originaire d’Asie, mais il y a plus de deux mille ans qu’on la cultive dans toutes les contrées tempérées de l’Europe (voir ses caractères tome I, page 329).

La Vigne fournit à la thérapeutique sa sève, ses feuilles, son bois et ses fruits; de ces derniers on retire le verjus, le moût, le vin, l’alcool, le vinaigre, qui ont aussi des usages importants. Cette plante précieuse d >nne des produits rafraîchissants, laxatifs, diurétiques, astringents, toniques et excitants.

La site qui s’écoule des rameaux après la taille {pleurs de Vigne) est fréquemment employée dans les campagnes pour guérir les maux d'yeux, les ophthalmies chroniques ; mais ce liquide ne mérite pas la confiance qu’on lui accorde, bien qu’il contienne de l’acide acétique et de l’acétate de chaux.

Les feuilles de Vigne sont astringentes; elles peuvent rendre des services dans le traitement des diarrhées chroniques et des hémorrhagies passives. On les cueille en août, on les fait sécher à l’ombre, et on en administre la poudre à la dose de 4 à 6 gr. Le docteur Fenuglio, de Turin, a guéri plusieurs hémorrhagies utérines rebelles à l’aide de ce moyen.

Le bois (sarment), réduit en cendres, est réputé diurétique. Cette cendre est aussi utile, en lessive, dans les divers cas où les bains alcalins sont indiqués.

Les raisins mûrs constituent un fruit délicieux, rafraîchissant, nourrissant et un peu laxatif; il faut en conseiller l'usage aux personnes de constitution sèche et irritable, ou qui sont affectées de maladies inflammatoires, bilieuses, dartreuses ou nerveuses, etc. On dit que, mangés en grande quantité, ils ont fait disparaître des obstructions, des hydropisies, le scorbut. 11 va sans dire qu’il faut éviter qu’ils ne causent des coliques et la diarrhée.

Le suc extrait des raisins mûrs (moût) est très-sucré, nutritif, adoucissant et laxatif ; il ne convient pas aux personnes tourmentées par les flatuosités. On en prépare des gelées et des confitures. — Le suc des raisins non en maturité (verjus) est acide, astringent; étendu d’eau , il fait une boisson aigrelette, tempérante, utile dans

les fièvres, les complications bilieuses, etc. On en prépare aussi des gargarismes détersifs.

Les raisins secs font partie des fruits rafraîchissants et béchiques : on les prescrit en décoction dans les maladies inflammatoires.

Les pépins des raisins contiennent une huile grasse et douce qui pourrait être employée pour l’éclairage, car elle est abondante et donne une lumière vive, sans fumée. On estime que 100 livres de pépins peuvent fournir de 10 à 16 livres d’huile.

Il nous resterait à parler du vin, du vinaigre et de P alcool, considérés comme médicaments. Mais cela nous entraînerait trop loin. Disons seulement que le vin et le vinaigre étendus d’eau sont des boissons tempérantes, antiseptiques et saines. Le vin vieux est tonique. L’alcool est principalement employé en pharmacie, pour préparer les teintures médicamenteuses, les alcoolats, etc.

VIOLETTE. Viola odorata, L.

(Fam. V îoLARiKES.)

Violette odorante, Violette de mare.

description. — La Violette, petite plante vivace; racine fibreuse, rampante; tige nulle. Feuilles radicales, longuement pétiolées, cordiformes, dentées, formant de grosses touffes. Fleurs violettes portées par des pédoncules grêles et longs, qui naissent du collet de la racine au milieu des feuilles ; 5 pétales irréguliers, dont l'un se termine en éperon au-delà des divisions du calice; 5 étamines, 1 style.

ntorwÉTÉs, usages. — Les fleurs de Violette, dont l'odeur suave est connue de tout le monde, sont d’un usage vulgaire dans les inflammations de poitrine. On les prescrit journellement comme émollientes, béchiques et légèrement diaphorétiques, soit seules, soit mélangées avec les autres fleurs dites pectorales, dont elles font partie, du reste. Leur usage s'étend au traitement de toutes les autres inflammations, notamment des fièvres éruptives.

Les feuilles de Violette sont estimées émollientes, mais on les emploie rarement.

Les racines sont vomitives, analogues à l'ipécacuanha parleurs caractères physiques comme par leurs vertus thérapeutiques. Cette racine agirait, suivant Linné, Coste et Willemet, comme éméto- cathartique c’est-à-dire comme vomitive et purgative en même temps. Mais les expérimentateurs ne sont guère d’accord sur les doses, ce qui prouve que le médicament n'a pas une action bien sûre.

■jO+ PLANTES MEDICINALES.

récolte. — On cueille les fleurs de Violette dans le mois de mars, époque où elles apparaissent et se trahissent par le parfum qu’elles répandent. 11 faut choisir pour cette récolte un temps sec, et préférer la Violette des haies et des bois à celle des jardins. On les fait sécher avec leur calice, et, pour conserver leur couleur, on les soumet à la prompte dessiccation de l’étuve, ou on les expose au soleil» couvertes de papier. Elles doivent être conservées dans des boites de bois ou dans des bocaux abrités de l’action contre la lumière et de l'humidité. — Dans le commerce, on vend très-souvent les fleurs de Pensée sauvage pour celles de violette. La fraude est facile à reconnaître : les premières sont de couleurs jaune, bleue et blanche mélangées; les secondes, au contraire (Violette), sont, à l’état sec, d’un bleu foncé uniforme.

préparations, doses. — Infusion (fleurs) : une pincée pour 806 gram. d’eau. Sirop : 30 à 50 gram. comme édulcorant.

Poudre (racine) : 2 à 4 gr. selon les uns, 4 à 8 gr. selon d’autres. Décoction 'racine entière) : 8 gr. pour 150 gr. d’eau réduite du tiers. La VioHne se donne à la dose de 30 à 60 cent.

Les racines des autres espèces, telles que la Violette de chien (Viola canina), la Violette tricolore ou Pensée sauvage (pl. xxi, 5), ont des propriétés analogues à celles de la Violette odorante. Ces racines n’ont besoin que d’être étendues à l’air pour sécher en peu de jours. — teur principe actif est la violine, alcaloïde doué d’une action émétique très-prononcée.

VlPEftlNE. Echium vulgare, L.

|Fam. Borrauwées.)

Nom vulg. : Herbe aux vipère». ,

DESCRIPTION (pl. L, b). — Plante bisannuelle de 30 à 60 cent, de hauteur. Tige dressée, robuste, simple, donnant naissance en haut aux rameaux de l’inflorescence, chargée de poils raides, blancs et portés sur des tubercules noirâtres. Feuilles entières, ovales-oblongues-pointues, les radicales plus grandes, atténuées en pétiole, munies de poils rudes, étalées sur la terre, les cauünaires plus étroites, sessiles-semi-amplexicaules. Racine épaisse, pivotante. Fleurs d’un bleu tendre : grappes recourbées, foliacées, qui ont les fleurs en haut, formant dans leur ensemble une panicule feuillée (juin-septembre). Calice à 5 divisions étroites, poilu ; corolle à tube court dont la gorge est dépourvue d’appendices ; limbe à 5 lobes inégaux ; 5 éta-

mines dépassant la corolle, ainsi que le style, dont le stigmate est bifide; 4 carpelles très-rugueux.

propriétés. — A peu près inconnues. Elles se rapprochent cependant de celles de la bourrache et de la buglosse, et conséquemment sont émollientes-sudorifiques ; mais on ne les met plus en usage aujourd’hui. Cette plante, qui doit son nom aux taches de sa tige, lesquelles ont été comparées à celles de la vipère, a été proposée, sans doute d’après cette ressemblauce, pour guérir les morsures de ce reptile. Sa racine a été aussi administrée contre l’épilepsie, à la dose de 2 gr. en poudre.

On trouve la Vipérine dans les bois, les champs, aux bords des routes, où elle est très commune.

VULVAIRE. Chenopodium vul varia, L.

(Fam. Chénofodiacbes ; genre Ambrine.)

Noms vul y. : Ansérine puante, Herbe-de-Bouc.

description. — La Vulvaire (pi. xliv, 5) croit dans les lieux cultivés, dans les villages, au pied des murs, sur le bord des chemins et dans les jardins. Plante de 2-5 décim., à tige rameuse-diffuse, couchée (I). Feuilles pétiolées, les supérieures opposées, ovalesentières, d’un blanc-ci ndré et farineuses sur les deux faces. Fleurs verdâtres, en grappes axillaires et terminales dressées, rapprochées en une panicule compacte au sommet de chaque rameau (juillet-octobre). Calice à 5 sépales, enveloppant le fruit; 5 étamines; 2 styles sessiles, etc.

propriétés, usages. — Cette plante est fétide dans toutes ses parties; elle exhale par le froissement une odeur de poisson putréfié. Elle a été employée dans l'hystérie, la chorée, les névroses en général, mais aujourd’hui ou l'a complètement abandonnée.

Les cultivateurs se servent, dit-on, de sa décoction pour panser les ulcères putrides de leurs bêtes à cornes; ils y ajoutent un peu d’eau-de-vie ou de vinaigre, qui, sans doute, constitue la partie active du médicament.

(1) On n'a représenté qu’une sommité fleurie.

SUPPLÉMENT

BOURSE-A-PASTEUR, Thlaspi bursa pastoris, L.

(Fam. Crucifères.)

Noms vulg. : Thlaapi, Bonraette, Molatte-a-Berger, Tabouret.

Cette plante (pl. xxx, 3) croit dans les lieux cultivés et incultes, les décombres, vieux murs, au bord des chemins, etc. Tiges dressées, pubescentes en bas. Feuilles pubescentes ciliées, les radicales disposées en rosette, pinnatiiides, à lobes triangulaires ou linéaires, les supérieures entières, sagittées-amplexicaules. Racines petites, blanches, fusiformes. Fleurs blanches, petites, en çorymbe terrni nal, se montrant presque tout l'été. Calice à 4 sépales dressés ; pétales égaux en croix ; 6 étamines tétradynames, dépourvues d’appendices; style très-court. Fruits triangulaires, échancrés par le haut et en cœur renversé.

propriétés, usages. — Cette plante, dont l’odeur est nulle, la saveur un peu acerbe, rappelant faiblement celle des Crucifères, passe pour astringente et antiscorbutique. On la donne en tisane dans le scorbut, l'asthme humide, l’hydropisie, principalement dans les dévoiements, la dyssenterie, les hémorrhagies. D’après le docteur Lange, elle provoque les règles dont le retard dépend de l’inertie de l’utérus; elle modère, au contraire, ou arrête leur écoulement exagéré si l’hémorrhagie est passive. Un médecin de Yerviers, le docteur Lejeune, déclara à M. Loiseleur-Deslonchamps qu’il avait obtenu de bons résultats de l’emploi de la Boursette dans les maladies de poitrine, surtout dans les hémoptysies. I)e son côté, M. F. Dubois (de Tournai) dit avoir guéri une femme de 65 ans qui depuis plusieurs années urinait du sang en abondance et n’avait pu obtenir du soulagement par aucun des moyens employés, en lui administrant une décoction de cette plante.

On a prétendu que les fièvres intermittentes cédaient à des applications de Boursette sur les poignets. On a conseillé la plante entière, pilée, en topique sur les douleurs rhumatismales, les hémorrhoïdes, etc. — Les semences sont estimées propres à exciter la salivation.

récolte. — 11 faut se procurer la Bourse-à-Pastcur avant la floraison et l'employer verte, car, sèche, elle n’a plus de propriétés.

SUPPLÉMENT

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