‹ Traitè des plantes mèdicinales indigènes prècèdè d'un cours de botaniqueChapitre 8 sur 50 · CLASSIFICATION DES PLANTES MÉDICINALES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES PLANTES MÉDICINALES

Nous avons vu dans le Cours de Botanique combien il a fallu d’efforts, de travaux, de temps et de génie pour arriver une classification satisfaisante des végétaux, considérés sous le rapport de leurs caractères physiques dîflérentiels. Leur classification thérapeutique n’offre guère moins de difficultés, parce que leur action est généralement complexe, et qu’elle varie suivant la partie de la plante employée, suivant la dose, les conditions pathogéniques que l’on a à combattre, etc. 11 ne faut donc pas croire que les médicaments agissent par une force occulte, une faculté particulière , spécifique, en vertu de laquelle chacun d’eux devient propre à combattre une affection déterminée, sans qu’il soit nécessaire d’aider leur action par d’autres moyens. Ni les médicaments composés, ni, à plus forte raison, les simples ( nom donné par les anciens aux plantes médicinales qu’ils croyaient douées de vertus spéciales contre des affections bien définies) ne peuvent agir autrement qu’en relâchant ou en tonifiant les tissus, en excitant, en modérant ou en régularisant

l’action vitale, en ouvrant ou en fermant les voies sécrétoires, etc. Mais seuls, sans le secours des précautions hygiéniques et du régime, sans l'aide surtout et l’intervention de la bonne nature, de ce que le père de la médecine, Hippocrate, a appelé naiura medicatrix, ce nouvel ange gardien de l’existence physique, ces moyens sont impuissants à guérir les maladies. Nous portons du secours à l’organisme en travail d’élimination de la cause morbifique, nous favorisons les crises, nous obvions autant que possible aux accidents qui surviennent; mais ce n’est, encore une fois, ni le médecin ni l’art qui guérit, c’est le principe vital, principe si puissant et si intelligent môme, qu’il arrive à son but malgré les traitements les plus mal dirigés et les plus contraires. Car, hélas I que nous serions effrayés des malheurs que cause l’emploi inopportun des médicaments, si la force médicatrice pouvait parler ou du moins sc faire comprendre ! Elle ne demande souvent que quelques jours de repos, de calme, d’abstinence, l’usage d’une boisson délayante, l’éloignement des circonstances défavorables, et on lui refuse tout cela, parce que c’est un préjugé aussi fatal aux hommes que la guerre, que faire diète et rester dans l’inaction c’est s’affaiblir; parce que, d’un autre côté, l’on ne veut point abandonner ses affaires, et que le culte du Yeau d’or passe avant celui de la Santé.

La classification des plantes médicamenteuses doit avoir pour base le mode d’altération des propriétés vitales dans les maladies, et leur mode d’action sur l’organisme souffrant. Or, si, comme nous avons essayé de le faire dans notre Anthropologie, l’on peut rapporter toutes les altérations de la santé à trois modifications principales de l’action vitale, l’excitation, la diminution ou la perversion, il est naturel, logique, de diviser les végétaux en trois grandes classes: les débilitants, les toniques et les calmants.

Oui, assurément, il est possible de faire entrer tous les médicaments dans cette division première et fondamentale; mais il faut observ er que plusieurs substances ne calment, ne tonifient ou ne débilitent que d’une manière secondaire et plus ou moins éloignée, tandis qu’elles produisent presque immédiatement des effets sensibles, soit en surexcitant l’action vitale languissante, soit en évacuant les humeurs, soit en irritant les tissus, soit en détruisant la cause par une action spécifique. Par conséquent, pour établir une classification qui éclaire l’esprit sans l’éblouir, nous n’admettrons que six classes de médicaments: 1° les débilitants; 2 • les toniques; 3* les stimulants ou excitants; 4° les calmants; ï>° les irritants; 6“ les spécifiques.

INTRODUCTION. 5

Ensuite, chacune de ces classes fondamentales formera des sousdivisioDS, de manière à comprendre par faisceaux à la fois distincts et réunis tous les modes d'action des divers agents thérapeutiques, et à former le tableau synoptique que voici:

1° Déboîtants

Page 1