ET USUELLES INDIGÈNES
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INTRODUCTION
Nous entendons par Plantes médicinales tous les Végétaux qui jouissent de propriétés médicamenteuses, et qu'on emploie dans la but de conserver ou de rétablir la santé de l’homme.
Les végétaux, considérés au point de vue de leur action sur l'organisme, se divisent en i° alimentaires, 2* médicamenteux, 3* vénéneux ou toxiques.
Les végétaux ou plantes alimentaires sont ceux qui, renfermant des principes alibiles, des matériaux chyliûables, sont digérés et apaisent la faim.
Les plantes médicamenteuses ne fournissent pas de chyle, ne nourrissent pas, mais produisent sur l’organisme vivant une action générale ou locale qui constitue la médication.
Les plantes vénéneuses diffèrent des précédentes en ce que leur action est énergique, ennemie de la vie on peut dire, et que le trouble profond qu’elles produisent dans l’économie est suivi do mort si la dose employée est quelque peu élevée.
Physiquement parlant, est-il possible d'établir une ligne de démarcation entre ces trois catégories de plantes? Malheureusement non; car, d’une part, les mêmes végétaux sont très- souvent employés soit comme aliments, soit comme médicaments, suivant les circonstances et selon les parties mises en usage, leur mode de préparation, etc. D’autre part, non-seulement il est beaucoup de poisons qu’on emploie comme médicaments à des doses déterminées, mais encore certaines substances médicamenteuses non réputées
toxiques peuvent produire des symptômes d’empoisonnement lorsqu’elles sont administrées à dose trop élevée. Ajoutons enfin, pour montrer que la nature est loin de se prêter à nos divisions et à nos méthodes, qu'il est telle plante, telle racine ou tel fruit qui, jouissant de propriétés vénéneuses à l’état frais, les perd par l’ébullition dans l’eau et devient ainsi alimentaire.
Tels sont en deux mots les différences et les points de contact existant entre les aliments, les médicaments et les poisons.
Le Remède diffère encore de ces trois choses; on entend généralement par ce mot tout ce qu’il peut être utile au malade de faire, d’é viter, de rechercher ou de modifier, etc. Les remèdes sont partout, et il est toujours possible d’en trouver de plus ou moins efficaces : un peu de chaleur ou de fraîcheur, une certaine position du corps, le silence, l'obscurité, une parole d’espoir ou d’amour, etc., peuvent remédier à certains troubles de la santé bien mieux que les médi- ' caments. La vaste classe des maladies nerveuses ne réclame que des remèdes, dont la diversité est aussi grande que le sont les causes de ces affections; toutes les pratiques de l'hygiène sont des préservatifs , qui rendraient le plus souvent l’emploi des médicaments inutile, si elles étaient mieux comprises et observées.
Avant de chercher le médicament qui ne s'adresse qu’aux effets, 11 faut demander le remède qui s’attaque d’abord à la cause. Que peut faire le médecin et toute la thérapeutique dans le cas où la vie succombe sous le poids des chagrins, du désespoir; dans ceux où la répétition des mêmes causes morbifiques, soit physiques, soit morales, entretient et accroît sans cesse le mal ? N’eqt-il pas évident que, pour obtenir quelques effets avantageux, des résultats réellement efficaces de l’emploi des médicaments, il faut d’abord annihiler, détruire la cause ; il faut enlever l’épine, tuer le ver rongeur? Si c’était ici le lieu, et que nous en eussions le temps, nous ferions comprendre, par quelques exemples particuliers, combien la Médecine, cette science si belle, si universelle, quand on l’envisage sous le rapport théorique, si puissante dans quelques cas même, est limitée dans son action, incertaine et décourageante quand elle ne peut détruire les conditions étiologiques et que celles-ci persistent. Que d’efforts inutiles alors, que de tisanes, de pilules, de potions qui n’ont d’autre but que d’occuper l’esprit du malade (ce qui est bien quelque chose sans doute), mais aussi quel faible sujet d’orgueil pour nous, et comme l'horizon est borné dans les applications! Aimons et honorons la médecine, cette science d’où
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découlent toutes les autres ot qui les embrasse toutes; honorons et glorifions le médecin véritablement digne de ce nom , qui , reconnaissant des limites à son savoir et à l’art, se méfie de lui-même, s’attache à se faire des amis de ses malades, à en devenir le confident, et cherche à le3 convaincre de cette vérité trop peu comprise : que les conseils hygiéniques valent souvent mieux que toutes les prescriptions pharmaceutiques. Mais aussi flétrissons ces ministres indignes qui font métier et marchandise de leur sacerdoce ; ces médecins avides qui, flairant les souflrances humaines et spéculant sur les défaillances morales qui en sont l'effet, font retentir aux oreilles des malheureux que le désespoir accable, ces paroles captieuses qu'ils se font payer d'autant plus cher qu elles outragent davantage la vérité, le bon sens, la science, la civilisation et l’humanité : « Vous ôtes malade, abandonné des médecins, venez à moi, j’ai un sirop, un élixir, une pommade, etc., qui vous guérira. Si vous êtes éloigné, écrivez-moi, exposez votre état, et je vous traiterai par correspondance. — Mais, ajoutent ils, l’usage est de payer une partie des honoraires d’avance, etc... » Voilà ce qu'en plein xix" siècle on lit chaque jour à la quatrième page des journaux, et, chose plus honteuse, voilà ce qui séduit encore et ce qui séduira peut-être toujours la foule.