DE L'ACONIT. GA
veau; il s'est couché sur le côté, était peu sensible, et il a expiré au bout de vingt-six heures. On n’a trouvé aucune lésion remarquable après la mort.
Expérience vi°. On a injecté dans la veine jugulaire d’un petit chien robuste 36 grains du même extrait dissous dans 2 gros d’eau. L'animal a poussé des cris sur-lechamp; peu de temps après il a été profondément assoupi; les organes des sens sont devenus insensibles ; il n’a pas eu de convulsions. Quatre minutes après, il à fait un dernier effort pour respirer, et il estmort. On l’a ouvert dans le mèmeñinstant. Le cœur se contractait avec assez de force ; le sang contenu dans le ventricule gauche était fluide et d’un rouge vif; celui que renfermait la cavité ‘droite était coagulé et noïrâtre. Les poumons étaient roses et crépitans.
Expérience vn°..On a appliqué sur le tissu cellulaire
‘du dos d’un petit chien un gros 6 grains d'extrait alcoolique d’aconit : l’animal est mort trente heures après, et il avait éprouvé des vertiges. L'ouverture du cadavre n’a éclairé en aucune manière sur la cause de la mort. Expérience vin*. On a injecté dans la veine jugulaire d'un petit chien 18 grains d’extrait alcoolique d’aconit suspendus dans un gros et demi d’eau. Au bout de cinq minutes, l'animal était assoupi ; un quart d'heure après, sa marche était chancelante. Le lendemain il était abattu et refusait les alimens. 11 est mort le sixième jour. Les organes intérieurs ne paraïissaient pas altérés.
840. Ces expériences ont'été faites avec l'extrait d’aconit qui se vend dans quelques pharmacies, et que l’on prépare le plus souvent en faisant une forte décoction de la plante , et en évaporant le produit à une température assez élevée. I] était aisé de prévoir que l’extrait ainsi préparé ne devait pas être aussi actif que celui qui aurait été obtenu en exprimant le suc de la plante fraiche et en l’évaporant au
52 DES ROISONS ACRES.
bain-marie : en effet, il existe un certain nombre ds substances végétales qui se volatilisent à la température de l’eau bouillinte ; d’autres sont décomposées ; et il n’est pas douteux que la couleur noiré de la majeure partie des extraits que l’on trouve dans le commerce ne dé pende de la décomposition d’un ou de plusieurs des principes qui faisaient partie du végétal. Ces considéra= tions nous ont engagé à entreprendre de nouvelles expériences dans Le dessein de comparer les propriétés délétères de ces deux espèces d'extrait d’aconit. Nous avons étendu ces recherches aux principales préparatiomsède ce genre employées en médecine, et nous pouvonssaflirmer, 1° que cerlains extraits préparés én exprimant les sues des plantes fraiches , et en les évaporant au bain-marie , sont incomparablement plus actifs que ceux que l’on obtient par : tout autre. procédé; 2° qu’ils sont d'une couleur jaunätre qui contraste singulièrement avec la couleur noire de ceux que l'on trouve dans le commerce, ce qui dépen sans doute de la décomposition que ceux-ci éprouvent par de calorique ; 3° que les extraits de ces plantes que l’on vend dans les pharmacies diffèrent beaucoup entre eux sous le rapport de leur action’ sur l’économie animale; qu'ilen est ur tres-grand nombre qui ne jouissent d'ancune vertu : ce qui nous sémble devoir fixer particulièrement l’altention de MM. les Professeurs chargés de visiter les pharmacies.
On sentira facilement lexactitude de ces conclusions, en comparant attentivement les expériences précédentes avec celles dont nous allons rendre compte, qui.ont été faites avec de l'extrait d’aconit préparé avec le plus grand soin (1).
(1) M. Richard, professeur de chimie, et pharmacien à l'hôpital de la Charité, a bier voulu se charger de préparer