Il résulte des faits que nous venons d’exposer
9, Que le suc des feuilles d'aconit introduit dans l’ese
tomac, dans le rectum, ou injecté dans le tissu cellulaire des chiens, détermine des acculens graves suivis d'une mort prompte ; v cha
2°, Qu'il en est de même de la racine de cette plante, dont les effets paraissent encore pie marqués que ceux du suc des feuilles ;
3°. Que l'extrait aqueux d’aconit préparé en.expriman® le suc de la plante fraîche, jouit à-peu-près des mêmes propriétés vénéneuses que le suc, tandis qu’il est incomparablement moins actif LE Le il a été obtenu par décpetion. L
°. Que l'extrait résineux est plus énergique que l’ex-
trait aqueux ;
59. Que ces diverses Mon sont shadrlE es , trans portées dans le torrent de 1a circulation; qu’elles agissent spécialement sur le système nerveux, et particuliè=
(1) Marmozus, ir Dioscorid., ed. C. Bauch. y PAG. 768. (2) Acserri, Jurisprudentia medica, tom. vi, pag: 724; observ. de Rodder.
60 | DES POisoNS ACRES.
rement sur le cerveau , où elles déterminent une éspècé d’aliénation mentale ;
6°. Qu’elles exercent en outre une irritation locale capable de développer une inflammation plus où moins FA j
°, Qu'elles paraissent agir sur l'homme comme sur ii se |
L’aconitum cammaruïi, tape de moine, est doué d’une saveur plus âcre que le précédent, et jouit de pro priétés vénéneuses très - énergiques.
1°. Mathiole rapporte qu'un criminel condamné à mort mangea de la racine de ectte plante. Il éprouva une saveur de poivre un peu fort, et au bout de deux heures il fut saisi de vertiges et de commotions de cerveau tellement violentes qu’il croyait avoir la tête pleine d’eau bouillante ; il se déclara une enflure générale de tout le corps ; le visage devint livide; les yeux étaient hors des orbites ; enfin le malheureux mourut au milieu des convulsions les plus horribles.
59, On trouve dans lé Sepulchretum de Bonet, et dans les Mémoires de l'Académie de Suède des faits analogüés au précédent. Autrefois on empoisonnait les flèches avec le suc de cette plante.
L’aconitum anthora paraît aussi être vénéneux. /0offmiann dit qu'il bouleverse l'estomac et détermine une chaleur brûlante accompagnée de soif et d'angoisse autour du cœur. Solier ; Lobel et Prevot ont vu cette racine déterminer des vomissemens et des déjections aivines. Com: ment peut-il donc ée faire que dés auteurs anciens aient annoncé que cette racine était l’antidote des autres espèces d’aconit ? :
L'aconitum lcoctonum (tue-loup). La racine de cette plante, mêlée avec'de la salade, occasionna beaucoup de malaise à plusieurs convives. D’autres personnes éprou-
DE LA CHÉLIDOINE, Si
vérent des vertiges, de l’ardeur et de l’enflure dans la langue pour avoir mâché des fleurs de cette espèce d’acouit (Bauminus, Le. , p.653).
EN
De la CARE,
642. La chélidoine ( chelidonium majus) appartient à la polyandrie monogynie de L. , ét'à la famille des papavéracées de Jussieu. |
Caractères. Calice caduc , à deux folioles ovales, concaves : corolle de quatre pétales presque ronds, ouverts, et d’un jaune doré; les étamines sont nombreuses, avec des filets dégagés les uns des autres et égaux en longueur. Le fruit est une silique cylindrique, simple, biloculaire, noueuse, renfermant plusieurs graines. Ses tiges sont cylindriques, rameuses et ‘légèrement velues ; ses feuilles sont ailées, grandes, molles, incisées, d’un vert tendre en dessus et d’une couleur glauque en dessous : des aisselles de ces feuilles il sort des pédoncules nus et en ombelle qui portent quatre, cinq, jusqu’à neuf fleurs , dont chacune a son pédoncule et sa stipule. La racine est d’un brun rougeàtre lorsqu'elle est récente, et noire quand elle est desséchée. Quelle que soit la partie de la chélidoine à laquelle on fasse une incision, il s’en écoule un suc jaunâtre, amer, caustique , d’une odeur désagréable, dont on se sert pour détruire les verrues et les cors des pieds. Elle croît par-tout, dans les haies. les fentes des vieux murs et les masures, surtout à l'ombre.
Action de la Chélidoine sur l'économie animale.’
Expérience 1°°."On a introduit dans l'estomac d’un petit chien faible 3 gros d’extrait aqueux de chélidoine, et on à lié l’œsophage. Au bout de six minutes , l'animal a fait