‹ Traité des poisonsChapitre 27 sur 109 · DE QUELQUES AUTRES POISONS VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

DE QUELQUES AUTRES POISONS VÉGÉTAUX

decine, et leurs effets sont analogues à ceux dont nous venons de faire l’histoire en détail.

°,. Rhododendron chrysanthum. Le décoctum de cette plante a une saveur amère, brûlante ; il est émétique, drastique, et enflamme les tissus sur lesquels il est appliqué. Le rhododendron ferrugineum , d'après Welsch, est également vénéneux. Cet auteur parle d’un repas qui devint funeste aux convives pour y avoir mangé d’un lièvre qui s'était nourri de ses feuilles.

20. Fritillaria imperialis (couronne impériale). Plusieurs auteurs aflirment que cette plante est excessivement àcre. Nous avons fait prendre souvent à des chiens le bulbe contus : ces animaux n’ont péri qu’au bout de trente-six, quarante-huit, soixante heures , et il nous a été impossible de découvrir la moindre trace de rougeur ni d’inflammation dans le canal digestif. Ces expériences ont été faites dans le mois de juin.

Pedicularis palustris ( des marais). Gleditsch et Gunner ont observé que cette plante nuit aux bœufs et aux moutons. Elle a une saveur âcre, brülante,

4°. Cyclamen europœæum. Boerhaave a rangé ce végétal parmi les poisons âcres, parce qu’il purge avec beaucoup de violence à la dose d’une drachme, et qu'il excite des vomissemens. L’onguert qu’on en prépare détermine aussi les mêmes évacuations lorsqu'il est appliqué autour du nombril; sa saveur est âcre. Bulliard dit que la. racine de cette plante occasionne souvent des sueurs froides accompagnées de tintemens d’oreille, de tournoiemens et de mouvemens convulsifs ; le malade rend le sang par le vomissement et par les selles ; il est en proie à,une super-purgation qui est suivie de la mort, (Ouvrage cité, p. 105.)

90; Pline europæa. Sauvages A que les ouvriers qui emploient le décoctum de ce végétal pour obtenir une

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teinture jaune, sont tourmentés d’une vive céphalalgie s'ils travaillent plus de six heures. (Nosologie, 1. 1, p.842.) Sa saveur est âcre, presque caustique.

6°. Semences de cévadille. Elles ont une saveur âcre, très-amère, et enflamment les tissus avec lesquels on les met en contact.

7°. Colchicum autumnale. La semence de cette plante est délétère, et plusieurs enfans ont péri pour en avoir mangé. Les effets du bulbe ou de la racine ne sont pas toujours les mêmes. Cratochwill en a avalé une demi-once sans ressentir autre chose qu’une légère amertume. Stork a mangéun bulbe entier, et il n’en a pas éprouvé la moindre incommodité. L'illusire aller n’a trouvé ni saveur ni âcreté à ces bulbes cucillis én automne. D'une autre part, des observateurs dignes de foi. attestent qu'ayant été administrés à des animaux, ils ont déterminé des nausées, des vomissemens , des tranchées, des déjections alvines, linflammation de l'estomac, des intesüins, et la mort. Nous avons souvent fait prendre à des chiens, dans le mois de juin, deux ou trois de ces bulbes contus, et nous n’avons jamais remarqué des effets sensibles : ce qui nous porte à croire que le climat et la saison influent beaucoup sur leurs propriétés délétères.

Voici des faits récens qui établissent leur nocuité :

A. M. Éverard Home versa sur 2 livres de racine fraîche de colchique, 24 onces de vin de Sherry moyennement chaud ; au bout de six jours , il décanta la liqueur et la disülla pour en séparer l'alcool; 30 gouttes du résidu ( dans lequel se trouvaient les principes du colchique qui avaient été dissous par le vin) furent délayées dans un gros d’eau et injectées dans la veine jugulaire d’un chien de moyenne taille, dont le pouls battait, avant l'expérience, cent quarante fois par minute. Au bout de cinq minutes, l'animal offjit un tremblement dans les muscles ; il eut des

DE QUELQUES AUTRES POISONS VÉGÉTAUX. 109 nausées , maïs il ne vomit point ; le pouls était désordonné. Quatorze minutes après le commencement de l'expérience, le pouls battait cent quatre-vingts fois par minute, et il était très intermittent. Au bout de quatre heures, il n’y avait plus que cent pulsations de force naturelle ; mais avec des intermittences fréquentes. Sept heures après l’expérience, l’animal était parfaitement rétabli ; il avait recouvré son appétit; le pouls battait cent quarante fois par minute, et ses mouvemens étaient réguliers.

Trois jours après, on fit avaler à ce chien 60 gouttes de Ja même liqueur : au bout de deux heures il était languissant; les pulsations, au nombre de cent quarante par minute, étaient faibles. Quatre heures et demie après Je commencement de l’expérience , la langueur était presque dissipée et le pouls-paraissait dans l’état naturel. Au bout de onze heures, le rétablissement était complet.

… B. Cent soixante gouttes de la même liqueur furent injectées dans la veine jugulaire d’un chien, qui perdit sur-le-champ la faculté de se mouvoir; la respiration se ralentit et le pouls devint imperceptible. Dix minutes après, on comptait quatre-vingt-quatre pulsations ; les inspirations , au nombre de quarante par minute, étaient comme dans l’état naturel. Vingt minutes après le com- mencement de l'expérience, il n’y avait plus que soixante pulsations et trente inspirations par minute; les pattes postérieures offraient un tremblement marqué. Au bout d’une heure , le pouls était irrégulier et battait cent quinze: fois par minute; l’animal pouvait se tenir debout, mais le tremblement avait augmenté ; il n’était plus possible de compter les inspirations. Une heure «et demie après, le tremblement avait cessé, et le pouls était dans le même état; l’animal fit dés efforts infructueux pour vomir pendant dix minutes ; il était languissant et offrait cinquantequatre inspirations par minute. Au bout de deux heures,

le pouls était très-faible eu battait cent’cinquante fois par minute ; l'animal avait eu des vomissemens de mucus sanguinolent et deux selles liquides. Au bout de trois heures, il avait eu un nouveau vomissement et une nouvelle selle ; le pouls était tellement faible qu'on ne pouvait plus déterminer le nombre des pulsations. Quatre heures après , l’'animal était dans un état de langueur extrème ; il vomit encore du mucus sanguinolent, et il mourut cinq heures après Je commencement de l’expérience.

Ouverture du cadavre: L’esiomac contenait du mucus teint de sang ; la membrane interne était enflammée; l’inflammation était générale dans l'intérieur du duodénum ; la membrane muqueuse du jéjunum et de l’iléon était moins rouge; le colon paraissait plus enflammé que l’iléon.

C. M. Éverard Home prit, le 23 décembre 1815, à dix heures du matin , 60 gouttes d’eau médicinale de Husson , pour se débarrasser d’un violent accès de goutte qui rendait la cheville du pied très - douloureuse (r) ; il ressentait un frôid tellement intense qu'il lui était impossible de réchauffer ses mains , lors même qu’elles étaient enveloppées de couvertures. Au bout de deux heures, il avait déjà chaud: et soïf. Trois heures après l'ingestion du médicament, la douleur était singulièrement diminuée , surtout lorsque le membre était en repos. Au bout de sept heures, la cheville était très-douloureuse tant que le pied'était par terre; mais la douleur ‘disparaissait aussitôt que leemembre était placé dans une position horizontale. Le malade eut une nausée ; le pouls était intermittent et battait soixante fois par minute , tandis qu'il donnait quatre-vingts pulsations avant l'expérience. Dix heures après , il n’y avait plus de nausées; le malade

(1) L’eau médicinale de Husson paraît devoir ses propriétés anti-goutteuses au colchique qu’elle renferme.

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était languissant, et le pouls battait soixante-dix fois ; l'appétit était bon ; la nuit fut calme. Le lendemain, on comptait quatre-vingts pulsations , et le rétablissement était complet.

M. Everard Home conclut de ces faits que le colchique n'agit sur l'estomac et sur les intestins qu'après avoir été absorbé et porté dans le torrent de la circulation. (Experiments and observations on the effects of the Colchicum autumnale, by Sir Everard Home. Philosophical Transactions. Read March 21, 1816.) | . D. Un hommeâgédecinquante-six ans, d’une faible constitution, en proie à des douleurs rhumatismales chroniques, avala par mégarde une once et demie de teinture vineuse de colchique, qui ne détermina d’abord aucun accident fächeux. Au bout d’ufe demi-heure, il éprouva des douleurs aiguës à l'estomac, et des nausées suivies de vomissemens et de déjections alvines souvent involontaires. Ces symptômes continuérent pendant la nuit et une grande partie du jour suivant: alors les évacuations alvines cessèrent ; maïs les nausées persistèrent; les selles ne furent point sanguinolentes. Le lendemain du jour de l’aceident, le malade était dévoré par une soif ardente qui dura jusqu’au moment de la mort; les douleurs de l'estomac et des intestins étaient excessivement aiguës : on employa les fomentations émollientes. Vers le soir, le malade paraissait presque épuisé; il avait le délire; on sentait à peine les battemens des artères. Cependant la mort n'eut lieu que dans la matinée du troisième jour. À l'ouverture du cadavre. on ne découvrit aucune trace d’inflammation dans les intestins; l'estomac seul était rouge. (Journal d'Edimbourg, avril 1818.)

: 8°, Convolvulus scammonea (scammonée). Plusieurs auteurs affirment que le suc concret de! cette racine est vénéneux. Nous en avons souvent administré {4 gros à des chiens auxquels nous avons lié l’œsophage!, et nous n'avons

observé que des déjections alvines. Les animaux sont morts au bout de six ou sept jours, et l’on a trouvé dans leur estomac quelques petits ulcères. Or, nous avons démontré, pag. 33 du t. 1°", en parlant de l'opération de l’œsophage ; qu'il n’est point rare de voir cette opération déterminer cette lésion cadavérique.

9°. Cerbera ahovaï. On assure que le noyau du fruit de cette plante est très-délétère. Le bois, jeté dans un étang, stupéfie les poissons. Le fruit du cerbera manghas est d’une saveur âcre et amère : il est émétique.

10°. Cynanchum erectum. Plenck rapporte que 36 grains des feuilles de cette plante, administrés à un chien. occasionnèrent des vomissemens violens , un tremble- : ment, des convulsions et la mort. Le cynanchum vimiale fournit un suc laiteux très-caustique.

11°. Lobelia syphilitica. Cette plante a une saveur âcre ; elle est émétique et purgative. Le lobelia longiflora jouit encore de propriétés plus énergiques : nous Pappelons en Espagne rabienta cavallos, parce qu’il tue les chevaux. Jacquin dit qu’il détermine une inflammation brû- Jante des yeux lorsqu'on les touche avec son suc. ( Æistor. americ. StTP. ; P+ 220.)

12°. Les apocynum androsæmifolium , cannabinum , venetum , offrent un suc laiteux doué d’une saveur âcre qui enflamme et ulcère la peau.

13°. Asclepias gigantea. Bauchin dit que le suc de cette plante , pris à la dose d’un gros et demi, a déterminé des symptômes très - graves et une hémorrhagie mortelle. Nous avons administré souvent à des chiens de l'asclepias vincetoxicum (dompte - venin ) : ces animaux sont morts au bout d'un jour ou deux, et leur estomac s’est. trouvé enflammé.

14°. Hydrocotile vulgaris. Cette plante est douée d’une saveur âcre, et paraît être nuisible.

D£ QUELQUES AUTRES POISONS VÉGÉTAUX. 113 15°, Les clématites vitalbu, flammula , recla et iitegrifolia sont àcres et caustiques ; appliquées sur la peau, elles déterminent de la rougeur, des pustules et des excoriations ; introduites dans l'estomac, elles occasionnent une inflammation qui fait périr les animaux.

16°. Pastinaca saliva annosa. On a vu la racine de cette plante déterminer le délire, des vertiges, une grande ardeur dans lPestomac, dans la bouche, dans les yeux, et le gonflement des Find (Murray , ouvrage cité, vol. l'y p. 285.)

19°. Les sælanthus quadragonus , forskalii et glandulosus sont très-acres et passent pour être véuéneux.

18°. Le suc du phytolacca decandra adulte est âcre , et a déterminé de violentes évacuations par haut et par bas.

19°. Croton tiglium. Les semences de cette p'ante ont une saveur âcre, nauséeuse et brûlante; elles puigent à la dose d’un grain. Plenck dit que l'huile exprimée de leurs noyaux est très-acerbe.

Donnés en-substance, les fruits du croton tig D même à des doses très - légères, .n’ont jamais produit l'effet qu’on en attendait, sans enflammer fortement l'es. tomac et les intestins. Dix à vingt de ces fruits, concassés et administrés dans du miel, ont quelquefois suffi pour faire périr les chevaux de moyenne taille, après leur avoir occasionné une diarrhée très-forte. Les principaux symplômés qui ont été remarqués sont : des coliques violentes, la perte de l'appétit, la gène de la respiration , beaucoup d’écume à la bouche, le grincement des dents, la petitesse et la concentration du pouls, surtout lorsque lPanimal approchait de sa fin. ( Gazette de Se du 1°° avril 1810.)

. Les arum maculatum , dracunculus , dracontium , Poser esculentur , viroinicum, arborescens et seguinum sont également âcres. Stork, {laller , Stehelinus

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