‹ Traité des poisonsChapitre 4 sur 109 · Ces faits nous portent à croire · texte numérisé non relu

Ces faits nous portent à croire

1°. Que Ja racine de bryone agit sur l’homme comme sur les chiens;

2°, Que ses effets pourraient dépendre de linflammation qu'elle développe et de l'irritation sympathique du système nerveux, plutôt que de son absorption ;

3°. Que c’est spécialement dans la portion soluble dans l’eau que réside sa propriété délétère.

De l'Élatérium.

850. Le m0omordica elaterium (concombre d’âne, concombre sauvage) est une plante de la famille des cucurbitacéés, rangée par Linnée dans la monœcie diandrie. Elle offre, sur le même pied, des fleurs unisexuelles composées d’une corolle monopétale, hypocratériforme , à tube cylindrique et à limbe partagé en cinq découpures lancéolées, ouvertes, avec une petite dent. Fleurs mâles : trois étamines, dont deux soudées par les filamens : Les anthères sont réunies. fleurs femelles : trois étamines avortées : un ovaire inférieur à trois lobes, hérissé, duquel s'élève un style qui s’épaissit insensiblement, et se termine en un stigmate en tête. Le fruit est un baïe ovale, peu charnue, coriace, à peine de la grosseur du pouce, uniloculaire, capsulaire, hérissée de pointes molles, s’ouvrant avec élasticité et lançant les semences au loin. Celles-ci sont ovales, anguleuses, comprimées, munies d’une arille, et nagent dans une pulpe aqueuse. Les tiges sont couchées par terre, rampantes, très-branchues, épaisses, et chargées d’aspérités qui les rendent piquantes et rudes au toucher. Les feuilles sont pétiolées , cordiformes , oreillées à leur base, éparses x et leur pétiole surtout est très-hérissé de poils piquans. Cette plante croît dans les lieux stériles et pierreux:

Action de l'Élatérium sur l'économie animale.

Expérience x'°. À huit heures, on a introduit dans l’estomac d’un petit chien robuste 3 gros d'extrait d’élatérium

DE L'ÉLATÉRIUM-. | | 33 solide dissous dans 5 gros d’eau , et on a lié l’œsophage. Dix minutes après, l'animal à eu des nausées et a fait des efforts pour vomir. À huit heures et demie, les envies + de vomir se sont renouvelées, et il poussait des plaintes. A dix heures un quart, il était couché sur le côté, sans pouvoir rester debout un seul instant; sa sensihilité était tellement diminuée, qu'on pouvait le heurter, le déplacer

sans qu 11 donnt le moindli e signe de sentiment. Sa respira= tion était profonde, accéléree, et semblable à celle des individus qui sont atteints d’une inflammation du bas-ventre ; l’animal faisait encore des efforts pour vomir. À deux heures, on l’a trouvé mort, et on en a fait l'ouverture. Le cœur ne se contractait plus ; il ne contenait que très-peu de sang noirâtre ; les poumons, roses, étaicnt moins crépitans que dans l’état naturel, légèrement compactes et peu gorgés de sang ; l'estomac renfermait une ceitaine quantité d’un fluide brunâtre ; [a membrane muqueuse, d’un rouge de feu dans toute son étendue , offrait çà et là des points noirâtres sans ulcération ; le rectum, parsemé de taches d’un rouge cerise, était évidemment enflammé ; il n’y avait point d’altération dans les autres intestins; Île cadavre n'était pas roide. |

Expérience 1°. À dix heures du matin, 3 gros d'extrait d’élatérinm ont été injectés dans le ussu cellulaire de la cuisse d’un chien de moyenne taille. À deux heures, Panimal n’offrait aucun phénomène sensible. Le lendemain maun, on l’a trouvé mort. Le canal digestif était sain, ex- : cepté le rectum, dont l’intérieur présentait quelques taches roses; le ane opéré était infiltré, d’un raÿae livide , et très-enflammé.

Expérience ii. On'a répété la même expérience, à cinq heures du matin, sur un chien fort et de grande taille. Le lendemain, à sept heures du matin, l'animal n'avait éprouvé que de l'abattement. Il a expiré à trois

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