DE L'HUILE DE LAURIER-CERISE
terise, qu'ils prirent pour une exceHente liqueur qu’on te nait renfermée afin de la conserver. Craignant d’être surpris, ils se hatèrent d’en avaler l’un après l’autre plusieurs gorgées; mais ils payérent bientôt le prix de leur infidélité, car ils périrent presque sur-le-champ avec des convulsions. Leurs cadavres ayant été portés à l’Université, on trouva l'estomac légèrement enflammé, et le reste dans l’état sain (1) ». ;
4°. En 1928, deux femmes ayant pris de ce liquide à Ja dose, l’une de plus de 10 gros en une heure de temps, “et l’autre de deux cuillerées à bouche, la première perdit l'usage de la parole, éprouva un sentiment pénible dans l'estomac, et expira sans vomissemens, sans déjections alvines et sans convulsions; la seconde fut s'asseoir sur une chaise, et mourut aussitôt après sans convulsions ni autre commolion apparente. \
Un jeune homme mourut en peu de minutes pour avoir bu une partie de l’eau distillée de laurier-cerise contenue dans une fiole : il éprouva une vive affection de l’estomac (2).
De l' Huile de Laurier-cerise (3).
Expérience. On a mêlé une drachme de ceite huile avec 6 livres d’eau ordinaire; on a agité le tout, et on a fait prendre 2 onces du mélange à un chien : lanimal a été tellement paralysé, qu'il n’était plus irritable par aueun agent. Il est mort en une demi-minute (4).
(1) Médecine-légale, tom. 1v, pag. 27, 2€ édit.
(2) Murray, Apparatus medic., tom. ui, pag. 215.
(3) Cette huile a été préparée en cohobant et recohobant trois ou quatre fois l’eau distillée sur de nouvelles feuilles.
(4) Nicnoucs. Voy. te Medical FForks of Richard Mead, Laurel Water, pag. 139, ann. 1765,
Duhamelrapporte (Zraité des Arbres et des Arbustes de la France) qu'il pensa être suffoqué par l’odeur forte d’amandes amères qui s AREDEE en faisant l’ouverture d’un chien tué par l'huile dont il s’agit.
Fontana prépara une huile en distillant les feuilles du lauriér - cerise dans des vaisseaux de verre sans addition d’eau. Il en fit prendre », 3 ou 4 gouttes à des lapins, à des tortues de terre, à des pigeons et à des grenouilles, qui moururent peu de temps après, et qui offrirent des symptômes analogues à ceux dont nous avons parlé.
De l'Extrait aqueux de Laurier-cerise.
Expérience 1°. On a fait une plaie à la partie interne de la cuisse d’un chien; on a injecté dans le tissu cellulaire un gros de cet extrait. Dix jours après, l'animal vivait, et n'avait éprouvé d'autre symptôme que de l’inappétence.
Expérience m°. On a répété l'expérience sur un petit chien avec 2 gros et demi du même extrait. Vingt-quatre heures après , l'animal n'avait rien éprouvé ; il marchait très - bien; il était cependant un peu abattu. Il est mort quarante-huit heures après l’opération. Le cœur, les poumons et le canal digestif paraissaient sains; la blessure était peu enflammée.
Fontana fit prendre environ 30 grains de cet extrait à un cochon d’Inde et à un lapin : ils n’en furent pas incommodés. 15 grains administrés à plusieurs pigeons furent aussi sans effet. (Ouvrage cité, pag. 155.) |
Action des Amandes amères sur l’économie animale. Expérience v'°, Un chat de deux mois avala un gros
d'amandes amères pilées. Peu de temps après, il traînait les pattes postérieures, devint paralytique, et éprouva
DES AMANDES AMEÈRES. 309
quatre accès d'épilepsie. Le soir, la respiration devint haletante et il mourut. L’estomac était rouge à ses orifices et contenait du mucus. Le cœur et les oreillettes étaient remplis de sang fluide. Il y ayait un épanchement de sang dans tout le côté droit.
Expérience 1°. On fit UN à js pigeons un peu moins d'un gros d'amandes amères pilées : ils marchèrent pendant quelques minutes; mais bientôt leur jabot et leur cou se gonflèrent., leurs plumes se dressèrent, enfin ils tombèrent comme épileptiques ; leur tête se renversa sur le dos, ils restèrent immobiles et insensibles, et ne tardèrent pas à expirer. L’œsophage fut trouvé un peu enflammé, très-dilaté et plein de mucus; le duodénum contenait un chyle visqueux et jaune; le sang des vaisseaux sous - axillaires était liquide et vermeil ; le cervelet était gorgé de sang; les poumons paraissaient sains. (Weprer, de Cicutd aquaticd pag. 239 et 241.)
Ces expériences ont été répétées avec succès par M. Gérard, professeur à l'École centrale de la Lozère:
Les renards, les écureuils, les coqs, les poules, les cigognes, les canards, les serins, les fouines sont tués par ces amandes, d’après les faits rapportés par Dioscoride, Fænisius, Matthiole et Tabernæmontanus, Vicat , 4. Déyeux, etc. , etc.
Expérience if. À midi, on a introduit dans l'estomac d’un petit chien robuste 20 amandes amères , coupées chacune en trois morceaux : on a lié l’œsophage. Au bout d’une heure et demie, l'animal commençait à éprouver des vertiges ct de la faiblesse dans les extrémités postérieures. Il est mort à six heures du soir. L'ouverture du cadavre a été faite une heure après. L'animal était encore chaud; le cœur ne se contractait plus, et contenait une très-petite quantité de sang. Les poumons étaient: grisätres. L’estomac, sain, renfermait tous les fragmens des amandes, et
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exhalaitune forteodeur d'acide hydro-cyanique, tandis qu'avant l’ingestion ces semences étaient inodores; le duodénum était tapissé d’une substance analogue, par sa texture et par sa couleur, à la matière jaune de la bile; on n’observait : aucune lésion dans le canal digestif.
Expérience 1v°. On a fait avaler à un petit chien six amandes amères que l’on avait grossièrement pilées. Au bout d’une heure, il les a vomies et a été parfaitement rétabli. Le lendemain , on a répété l’expérience avec le même nombre d'amandes partagées chacune en deux portions, et onaliél’œsophage. Quatreheures après, l’animal n’avaitrien éprouvé. Il n’est mort qu’à la fin du quatrième jour, et dans un grand état d’abattement. On n’a point ouvert le cadavre.
Expérience v°. On a appliqué sur le tissu cellulaire de la cuisse d’un chien de moyenne taille six amandes amères grossièrement pulvérisées. Trente heures après, l’animal n'offrait aucun symptôme remarquable, et il n’est mort qu'à la fin du quatrième jour.
903. Tout porte à croire que les feuilles de pêcher, les fruits à noyau, les pepins de pommes et les divers corps contenant de l'acide hydro-cyanique , exercent sur Péconomie animale une action délétère plus ou moins intense.