‹ Traité des poisonsChapitre 43 sur 109 · DE LA LAITUE VIREUSE · texte numérisé non relu

DE LA LAITUE VIREUSE

Expérience n°. On a appliqué sur le tissu cellulaire du dos d’un chien 2 gros d'extrait aqueux de laitue vireuse acheté chez un pharmacien. Cinq jours après, l'animal avait des vertiges tels qu’il lui était impossible de se tenir debout : il avait constamment refusé les alimens, maïs il n'avait éprouvé aucun symptôme remarquable. Il est mort Je même jour. On n’a point trouvé d’altération sensible dans les organes intérieurs. è

Expérience 11°. On a répété la même expérience sûf'un petit chien. Au‘bout de deux jours, l'animal, qui n’avait été que légèrement assoupi. a eu-des vertiges légers, et il est mort soixante-dix heures après l'opération. Les ventricules du cerveau ne contenaient point de liquide; les vaisseaux veineux extérieurs de cet organe étaient distendus et injectés en noir. Les poumons offraient quelques plaques d’un rouge brun; leur tissu était un peu plus dense que dans l’état EU

Expérience 1v°. À sept heures et demie du matin, on a fait la même expérience sur un gros chien base avec 2 gros d'extrait de laitue vireuse préparé en évaporant au bain-marie le suc de la plante fraîche. L'animal n’a rien éprouvé dans la journée. À neuf heures et demie du soir, il se plaignait un peu. À onze heures , il commençait à avoir des vertiges. Le lendemain matin , à sept heures, on l’a trouvé mort. Il a été ouvert sur-le-champ. Les pattes étaient allongées , trés-écartées, et dans un état de roïdeur marqué. Le sang contenu dans les ventricules du cœur était noir et coagulé. Les poumons et le canal digestif n’offraient point d’altération sensible. Le membre opéré était à PEES ; enflammé.

Expérience v°. À huit heures du matin, on a introduit dans l'estomac d’un petit chien 3 gros du même extrait dissous dans 2 onces d’eau, et on a lié l’œsophage. Le lendemain, à midi, on n'avait observé aucun phénomène re=

marquable. L'animal est mort le jour suivant, à six heures du matin. L'ouverture du cadavre n’a éclairé en aucune manière sur la cause de la mort.

. Expérience vi£. On a injecté dans la veine jugulaire d’un chien de moyenne taille 36 grains du même extrait acheté chez un pharmacien, et dissous dans 4 gros d’eau. Au bout de deux minutes, l'animal a vomi quelques alimens à moitié digérés ; il a parcouru rapidement le laboratoire, puis s’est arrêlé; sa tête était pesante; il paraissait un peu assoupi, et ses extrémités postérieures commençaient à faiblir. Sept minutes après l'injection , il a eu des vertiges; sa marche était chancelante ; et, au bout de deux minutes , il est tombé sur ses pattes de derrière ; quelques instans après, sl s’est couché sur le côté; il voyait, il entendait bien; sa respiration était un peu gênée et accélérée. IL est resté six minutes dans cet état: alors on l’a secoué; il a fait sept ou huit pas sans chanceler, et il est retombé; la tête s’est renversée sur le dos, ses pattes ont été agitées de légers'mouvemens convulsifs ; il a poussé quelques cris plaintifs, a fait d’infruciueux efforis de vomissement, et a expiré au bout de trois minutes. On l’a ouvert sur-le-champ. Le sang contenu dans le cœur était fluide, sans altération dans sa couleur. Les poumons, crépitans, roses, ne contenaient qu'une petite quantité de sang.

Expérience vu°. On a injecté dans la veine jugulaire d’un petit chien robuste 48 grains du même exirait dissous dans 3 gros d’eau. Sur-le-champ l’animal a été assoupi, a rendu quelques excrémens/jaunâtres , est tombé sur le côté, et a expiré trois minutes après sans offrir le moindre mouvement convulsif. L'ouverture du cadavre a été faite dans le même instant. Le cœur ne battait plus ; le sang contenu dans le veniricule gauche était rouge et fluide; presque tout celui que renfermait la cavité droite était coagulé et noir. Les poumons, roses, crépitans, surnageaient l’eau.

Page 1