‹ Traité des poisonsChapitre 54 sur 109 · DU MOURON DES CHAMPS · texte numérisé non relu

DU MOURON DES CHAMPS

Du Mouron des champs (anagallis arvensis }.

Action de l'Extrait de Mouron sur l’économie animale.

Expérience 1'°. À huit heures du matin, on à introduit dans l'estomac d'un chien robuste et de moyenne taille 3 gros d'extrait de mouron préparé en faisant évaporer au bain-marie le suc de la plante fraiche , et dissous dans une once et demie d’eau. À midi et demi, l'animal a eu une selle. À six heures du soir, il était abattu. À onze heures, la sensibilité paraissait diminuée. Le lendemain matin, à six heures, il était couché sur le côté et paraissait mort ; on pouvait le déplacer comme une masse inerte. Ila expiré une demi-heure après. La membrane muqueuse de l’estomac était légèrement enflammée ; l’intérieur du rectum était d’un rouge vif. Les ventricules du cœur étaient distendus par du sang noir coagulé. Les poumons offraient plusieurs taches livides; leur tissu était plus dense que dans l’étatpaturel. |

Expérience n°. À huit heures du matin, on a appliqué sur le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse d’un petit chien robuste 2 gros du même extrait mêlés à une égale quantité d’eau. L'animal a offert les mêmes symptômes que celui qui fait l’objet de l'expérience précédente, et il est mort à sept heures du soir. Le canal digestif était sain. Le membre sur lequel on avait opéré offrait une légère inflammation. Les poumons et le cœur étaient comme dans l'expérience précédente. ï

M. Grognier a fait prendre à des chevaux d'assez fortes doses du decoctum de cette plante, et il a presque constamment observé un tremblement des muscles du train postérieur , de ceux de la gorge, et un flux abondant d’u-

rine. Après la mort, la membrane muqueuse de l'estomac s’est trouvée enflammée (1).

De l'Aristoloche (aristolochia clematitis).

046, Cette plante, rangée par Linnée dans la gynandrie hexandrie, appartient à la famille des aristeloches de Jussieu. : | 5

Périgone (calice) tubuleux, irrégulier, ventru à sa base, élargi à son orifice, et dont le bord est prolongé en forme

de languette d’un côté : ovaire inférieur ovale, oblong,

anguleux, surmonté d’an style très-court que termine un Stigmate concave, à six divisions, sous lequel on voit six anthères presque sessiles, faisant corps .avec le pistil. Le fruit est une capsule ovale, à six angles, à six loges, s’ouvrant par la base, et renfermant un grand nombre de semences aplaties : fleurs d’un jaune pâle, pédonculées et ramassées trois à cinq ensemble dans les aisselles des feuilles : tige haute de quatre ou six pieds, assez forte, simple, feuillée et anguleuse : feuilles alternes , pétiolées, en cœur, glabres, offrant à leur surface inférieure plusieurs nervures ramifiées et réticulées, Cette plante a une saveur âcre etamère ; elle croît sur les bords des rivières, dans leslieux argileux'et dans les décombres. (

Action de L Aristoloche cléematite sur l’économie animale.

Expérience x°°. À sept heures du matin, on a introduit dans l’estomac d’un petit carlin robuste 5 gros de racine fraiche d’aristoloche concassée, et on à lié l’œsophage. Le

) 5 lendemain soir, l'animal n’avait paru éprouver qu’un lé-

(1) Compte rendu des travaux de la Société de Médecine de Lyon, année 1810, pag. 174

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