‹ Traité des poisonsChapitre 53 sur 109 · DU TABAC · texte numérisé non relu

DU TABAC

4°. Que leur action est beaucoup plus énergique lors-

qu’on injecte la portion soluble dans l’anus, que lorsqu'on

J’applique sur le tissu cellulaire, et à plus forte raison que dans le cas où on lintroduit dans l'estomac ;

5°. Qu’indépendamment des phénomènes dont nous venons de parler, elles exercent une action locale capable de produire une inflammation plus où moins intense;

6°. Qu’elles paraissent agir sur l’homme comme sur les chiens ;

7°. Que l’huile empyreumatique n’agit pas directement - sur le ccrveau ni sur le tronc des nerfs, mais qu’elle porte son action sur le système nerveux d’une manière qu'il . n'est pas encore facile de déterminer ;

8°. Que l'extrait de ricotiana rustica agit de la même manière que le tabac, mais qu'il est moins actif. |

M. Brodie avait été tenté d'admettre que l’infusion de tabac, injectée dans le rectum, agissait d’abord sur le cœur : cependant l’expérience suivante l’a fait renoncer à cette opinion,

Après avoir enlevé la tête à un chien, il entretint la respiration par l'insufflation, et il introduisit dans l'estomac et dans les intestins 9 onces d’infusion de tabac, Au moment de l'injection, le corps de l’animal resta immobile sur la table, et le cœur battait régulièrement cent fois paf minute. Dix minutes après, le pouls donnait cent quarante pulsations; le mouvement péristaltique des intestins était augmenté, et les muscles volontaires de toutes les parties du corps offraient des mouvemens spasinodiques très-forts; les articulations des extrémités étaient alternativement fléchies et étendues ; les muscles de l’épine, de l'abdomen et de la queue étaient tantôt relâchés, tantôt contractés , de mauïère que le corps tournait sur l’un et sur l’autre côté. L’aorte abdominale fut comprimée pendant plus d'une minute, en sorte que la circulation fut

arrêtée dans les membres inférieurs, ce qui n’occasionna aucune diminution dans les contractions musculaires. Une demi-heure après l'injection de lPinfusum, on cessa linsufflation ; le cœur continua à transmettre du sang d’une couleur foncée, et les contractions musculaires diminuèrent d'intensité et de fréquence. On pratiqua une ligature aux vaisseaux qui sont à la base du cœur, afin de suspendre la circulation ; cependant Îles contractions musculaires continuèrent, quoique moins fortes et moins fréquentes qu’auparavant ; enfin elles cessèrent après quelques minutes.

Si les contractions des museles volontaires, dit M. Brodie, dépendaient de l’action du sang mêlé avec linfasion de tabac, il est raisonnable de supposer qu'elles auraient dû diminuer par la compression de l'aorte, et que sa ligature aurait du les faire cesser.

M. Brodie pense en conséquence que l’infusion de tabac agit sur lé cour au moyen du système nerveux.

: De la Digitale pourprée.

941. La digitale pourprée ( digitalis purpurea , L.) est une plante de la famille des personnées de T'ournefort , de la didynamie angiospermie de Linnée, et que Jussieu a rangée dans les scrophulaires.

Description. Calice persistant, profondément découpé en cinq segmens parfois inégaux ; les folioles calicinales sont ovales, aiguës : corolle monopétale, à tube renfié, ouvert, rétréci à sa base : limbe court, portant quatre divisions obtuses , inégales; la supérieure souvent échancrée ; les parois inférieures du ventre parsemées de taches rouges, œilletées, et de poils grêles et soyeux : quatre étamines, dont deux plus courtes: style simple ou bifurqué : une capsule ovoïde, séparée en deux loges par une double cloison, contenant dans chaque loge des semences nom-

breuses, petites, anguleuses , attachées à un placenta pyramidal : tige de deux à trois pieds, s’élevant parfois jusqu'à six, droite ou légèrement inclinée . ordinairement simple, velue, garnie de fleurs purpurines qui pendent en cloche d’un seul côté, disposées en un long épi terminal , et auxquelles succèdent des capsules ovoïdes , pointues, à raies, renfermant une infinité de petites semences ; cette tige est creuse, cylindrique et d’un vert rougeàtre : feuilles alternes , pétiolées ou rétrécies à leur base, ovalaires, pointues, dentées en scie ou plutôt festonnées, rugueuses, d’un vert foncé en-dessus, blanchâtres et lanugineuses en-dessous, très-analogues à cellés du bouillon blanc, mais moins cotonneuses : racine brunätre, fusiforme, jetant çà et là de nombreux rameaux.

La digitale pourprée est une plante bisannuelle qui se trouve sur les montagnes, le long des haïes , dans les bois élevés , et dans les terrains arides et sablonneux : aussi les environs de Paris en sont-ils abondamment pourvus. Bodart dit qu’elle semble affectionner d’une manière spéciale le département de la Mayenne.

Analyse de la Digitale pourpree.

942. Six gros de poudre de feuilles de digitale pourprée bien desséchée ont fourni à M. Bidault de Filliers, 1°, 2 gros Go grains d'extrait aqueux ; 2°, 12 grains d’extrait spiritueux; 3°. précipité particulier, 8 grains, et + gros 60 grains de poudre inerte qui a donné, par Paction des réactifs, 6 grains de carbonate de chaux, 2 grains d'oxide rouge de fer , 3 grains de sable quartzeux, 2 grains de phosphate de chaux, un grain de sulfate de potasse, des traces de sulfate, d’hydro-chlorate de chaux et d’alcali carbonaté, un grain de charbon (1).

(1) Essais sur les Propriétés médicales de la digitaie-pour=

278 DES POISONS NARGOTICO-ACRES, Action de la Digitale pourpree sur l'économie animale.

943. Les propriétés délétères de la digitale et de la plupart de ses préparations sont mises hors de doute par des expériences faites sur les animaux et par de nombreuses observations médicales. On voit dans la dissertation de Schiemann (de Digitali purpureä, Gottingæ, 1586) que des chiens sont morts pour avoir pris de l'extrait ou de l’infusion de feuilles de digitale : des inquiétudes, de la trisiesse, la petitèsse et la lenteur du pouls, des déjections involontaires et des convulsions, tels sont les principaux symptômes auxquels ces animaux furent en proie avant HT RITEn

944. Sur quels organes la digitale exerce-t-elle son action meurtrière ?

Expérience 1°. On a fait avaler à un fort chien un gros et demi de poudre de digitale. Le lendemain, l'animal n'avaii éprouvé aucun phénomène remarquable.

Expérience n°. À onze heures , on a introduit dans l’estomac d’un chien fort et de moyenne taille 6 gros de la même poudre, et on a lié l’œsophage. Au bout de deux heures, l'animal a fait des efforts pour vomir; sa bouche était écumeuse. À trois heures, il éprouvait des vertiges, poussait des cris plaintifs, se couchait sur le côté, roidissait ses paites, et renversait un peu la tête en arrière. A sixheurés;, il pouvait encore marcher; mais il chancelait comme les pérsonnes ivres de vin; les battemens du cœur étaient comme avant l'opération. Ces symptômes ont avgménté d'intensité ; l’animal s’est plaint, et a expiré dans la nuit. L’estomac contenait presque touté la poudre in-. gérée ; la membrane muqueuse était parsemée , dans pres-

pire, par le docteur Bidault de Villiers, 3° édition, page Gt. Puris ; 1812.

DE LA DIGITALE POURPRÉE,. 279 que toute son étendue , de taches d’un rouge vif, évidemment inflammatoires ; le rectum offrait une altération analogue, mais à un degré moindre.

Expérience in°. À une heure, on a p'atiqué une incision à la partie interne de la cuisse d’un peut chien; on a saupoudré la plaie avec 3 gros de poudre de digitale, et on a réuni les lambeaux par quelques points de suture. À deux heures, l'animal n’avait rien éprouvé. A quatre heures il avait vomi, et sa bouche était pleine d’écume. À neuf heures et demie du soir, il a éprouvé des vertiges considérables, et il est mort une heure après. L'ouverture du cadavre, faite le lendemain, n’a fait voir aucune lésion remarquable. | |

Expérience 1v°. À dix heures et demie du soir, on a introduit dans l’estomac d’un carlin robuste et à jeun 2 gros d'extrait aqueux de digitale, et on a lié l'œsophage. Le lendemain, à six heures du matin, l’animal paraissait abattu; sa démarche était libre; il n’éprouvait point de vertiges ; le cœur offrait de cent vingt à cent vingt-cinq pulsations par minute ; ces pulsations étaient fortes , égales et nullement intermittentes. À dix heures, l'abattement était augmenté, les battemens du cœur persistaient à être aussi fréquens. À une heure, légers vertiges, difficulté à rester long-temps debout, accablement manifeste, même état de la circulation. On le trouva mort deux heures après. On en fit l'ouverture lorsque tous les organes étaient encore chauds : le cœur ne battait plus; il renfermait du sang fluide et d’un rouge foncé. Les poumons, crépitans, étaient d’une couleur rougeâtre et contenaient un peu de sang. L’estomac renfermait une assez grande quantité d’un fluide brunâtre , visqueux; la membrane muqueuse était d’un rouge vif dans presque toute son étendue, et principalement près du duodénum ; l’intérieur du rectum offrait quelques taches rouges.

Expérience v°. À une heure, on a introduit dans l’estomac d’un petit chien robuste 2 gros d'extrait aqueux de digitale pourprée dissous dans 3 gros d’eau , et on a lié l'œsophage. Au bout de vingt minutes , l'animal a fait des efforts pour vomir, et il a eu des dejections alvines assez abondantes ; les battemens du cœur, loin d’être plus lents qu'avant l'injection de la substance vénéneuse, étaient un peu plus fréquens et nullement intermittens. À deux heures et demie, il a eu de nouvelles déjections alvines colorées en brun par l'extrait. Seize minutes après, nouvelle selle liquide, violens efforts de vomissement , battemens du cœur réguliers et aussi fréquens. A trois heures, nouveaux efforts pour vomir, une selle liquide ; les mouvemens sont libres. À huit heures, il n’y avait pas de changement dans les contractions du: cœur; la démarche de l’animal était sûre; il avait eu plusieurs fois des envies de vomir. À deux heures du matin, il a poussé quelques cris plainufs, et l'on croit qu'il n’a pas tardé à mourir.

Ouverture du cadavre. L'estomac était distendu par des gaz ; il contenait un peu de matière liquide verdâtre; il n’y avait aucune lésion dans le canal digestif. Les poumons étaient presque dans l’état naturel. Les ventricules du cerveau ne contenaient point de sérosité ; les vaisseaux extérieurs de cet organe n'étaient point gorgés.

Expérience vi*. À onze heures, on a fait une plaie sur le dos d’un petit chien, et on a mis en contact avec le tissu cellulaire un gros du même extrait : on a réuni les lambeaux par quelques points de suture. Frois quarts d'heure après l'animal à vomi. A midi quarante minutes , ilne paraissait pas malade; les battemens du cœur étaient un peu plus accélérés qu'avant l'application du poison ; ils étaient inégaux , intérmittens. À une heure dix minutes, ils étaient maoius forts et presque insensibles. Un quart d'heure après,

l'animal se tenait bien sur ses quatre pattes, marchait librement , et il aurait été impossible de prévoir l'attaque qui suivit immédiatement. Tout-à-coup il éprouve des vertiges considérables , il pousse des cris plaintifs, marche avec rapidité latéralement et de droite à gauche, tombe lorsqu'il est arrivé près du mur du laboratoire, agite ses pattes d’une manière convulsive, renverse la tête sur le dos, et continue à se plaindre dans cet état pendant deux mioutes; alors survient un état de relâchement et d’insensibilité qui dure quatre minutes , après lesquelles l’animal expire. La mort fut précédée d’un tremblement général de tous les muscles. DA

Ouverture du cadavre faite sur-le-champ. Le cœur ne battait plus; le sang contenu dans les ventricules était fluide et d’un rouge un peu foncé dans la cavité aortique. Les poumons, peu denses , étaient crépitans, roses. Il n’y avait point d’altération dans le canal digestif.

Expérience vu°. On à répété la même expérience avec 2 gros d'extrait aqueux de digitale dissous dans 2 gros d’eau : l'animal n’avait rien éprouvé au bout d’une heure et un quart. Il a expiré quatre heures après, l'opération, et il avait offert les mêmes symptômes que celui qui fait le sujet de l'expérience vie. L'ouverture du cadavre a été faite quarante minutes après. Le cœur conservait encore beaucoup de chaleur, ne battait plus, et renfermait une assez grande quantité de sang fluide. Il n’y avait aucune altération dans le canal digesuif.

Plusieurs autres animaux de la même espèce ont été soumis à des expériences de ce genre, et nous avons constamment observé les symptômes et les phénomènes cadavériques que nous avons rapportés dans les deux expériences précédentes.

Expérience vif. On a injecté dans la veine jugulaire d’un chien très-fort un gros d'extrait aqueux de digitale

pourpréc dissous dans une demi-once d’eau. Deux minutes après, les battemens du cœur étaient diminués de dix par minute, Au bout de deux minutes, l’animal a commencé à faire des efforts violens pour vomir, et il les a continués pendant trois minutes. Sept minutes après l'injection, il avait l’air étonné, conservait le libre usage de ses sens, éprouvait de légers vertiges, et marchait la tète basse; les pulsations étaient plus accélérées qu'avant l'opération. Une minute après, il est tombé sur le côté en commençant par faire la culbute en arrière ; la tête sest renversée sur le dos; les extrémités ont été agitées de quelques mouvemens convulsifs, et les organes des sens sont devenus insensibles, À cet état, qui a duré deux minutes, a succédé uue diminution considérable dans la violence des symptômes , et il ne subsistait plus qu’un tremblement général des muscles du tronc. Il a expiré au bout detrois minutes. On l’a ouvert sur-le-champ. Le cœur ne contenait que du sang fluide, d’un rouge vermeil dans le ventricule gauche, et noirâire dans le veniricule droit, Les poumons étaient sains,

Expérience 1x°. On a injecté dans la veine jugulaire d'un petit chien un demi-gros du même extrait dissous dans une demi-once d’eau. Le lendemain, l’animal n’avait rien éprouvé de remarquable; il a cependant refusé

Jes alimens, Cinq jours après l'opération, il marchait bien;

iln'asait pointeu de vertiges; mais il n’avait voulu prendre aucun aliment. Il est mort dans la nuit du jour suivant. Il n'y avait aucune lésion sensible dans le cerveau; les vaisseaux cérébraux contenaient à peine du sang. Les lobes du poumon droit, d’une couleur violacée et d'un tissu dense, comme hépatisé, étaient gorgés de sang noir; le poumon gauche offrait çà et là des taches analogues ; par leur couleur et par leur texture , à celles que nous avions remarquées sur la partie droite de cet organe. L'estomae

DE LA DIGITALE POURPRÉE. 283 était tapissé de bile jaune; les membranes du canal digestif pe présentaient aucune altération. |

f xpérience x‘. À deux heures 0 minutes, on a intro: duit dans l'estomac d’un petit chien 2 gros d'extrait résineux préparé en traitant la poudre de digitale pourprée par l'alcool, et on a lié l’œsophage. À deux hcures trente-huit minutes , l'animal a eu des nausées et a faittdes efforts pour vomir ; le battemens du cœur , irréguliers, inégaux, étaient plus lents et plus intermittens qu'avant l'opération. Six minutes après, il continuait à faire des efforts de vomissement ; le cœur ne battait plus que cinquante-qmatre fois par minute, tandis qu'il y avait quatre-vingt-dix pulsations avant l’ingestion de la substance vénéneuse. À trois heures vingi minutes, nouveaux efHorts de vomissement ; nul changement dans les batiemens du cœur. À cinq heures, lanimal marchait librement; il n’y avait point d'accélération dans le pouls ; les envies de vomir persistaient toujours. On nous a rapporté qu'il était mort à sept heures et demie du même jour. L'ouverture du cadavre, faite‘ le lendemain, n'a rien fait voir dans les poumons ni dans le canal digesuif

Expérience x1°. À dix heures quarante minutes, on à recommencé la:même expérience sur un petit chien robuste, dont le cœur offrait de quatre-vingt-dix à quatrevingt-quatorze pulsations ‘par minute. À une heure et demie , la circulation était évidemment troublée ; les batte= mens du cœur , aussi fréquens qu'avant l'opération, étaient inégaux , tantôt forts, tantôt faibles, ec ils offraient des

intermittences très-marquées. À deux heures un quart, l'animal était couché sur le côté et conservait l'usage do ses sens; cependant il éprouvait de légers vertiges , étil ne pouvait marcher sans chanceler ; sæ# respiration n’était pas gènée ; il n’y avait aucun changement dans les batiemons du cœur. À trois heures un quart, on l’a missur

ses pattes : sur-le-champ il a fléchi les postérieures, à baissé la tête presque jusqu’au sol, l’a redressée aussitôt après , et a cherché à marcher en avant en suivant une ligne droite. À peine avait-il fait deux pas, qu'il a fléchi : les extrémités antérieures et est tombé sur le ventre. Ces mouvemens alternatifs dans les pattes postérieures, dans les antérieures et dans la tête se sont renouvelés trois fois de suite. Enfin, à trois heures dix-sept minutés , l'animal a expiré dans un état de grande insensibilité et d’immobilité. On l’a ouvert sur-le-champ. Les membres n’offraient aucune roideur; les pupilles étaient excessivement dilatées ; : le cœur ne battait plus ; le sang contenu dans le ventricule gauche était d’un rouge vif et fluide; le ventricule droit était presque vide; les gros vaisseaux du thorax, lésés en ouvrant cette cavité, ont permis au sang de s’épancher , et on a trouvé, au côté droit des vertèbres dorsales , un gros caillot noïrâire et très-chaud. Les poumons étaient crépitans, et ne contenaient qu’une pelite quantité de sang. \

Æxpérience xui°. On a faitune plaie sur le dos d’un petit chien ; on a mis en contact avec le tissu cellulaire 2 gros d'extrait résineux de digitale, et on a réuni les lambeaux par quelques points de suture. Au bout de vingt minutes, l'animal a vomi des matières alimentaires, et il a fait plusieurs fois des efforts pendant les cinq minutes qui ont suivi; il n’y avait aucun changement dans les baitemens du cœur. Quarante-trois minutes après l'application du poison, les pupilles étaient très-dilatées et la marche un peu chancelante ; il a eu une selle liquide très-abondante. Quatre minutes après, les vertiges s’étaient tellement accrus, qu'il a fléchi ses pattes de derrière , est tombé subitement sur le côté, a poussé quelques cris légers , et paraissait mort, Dans cet état , il a rejeté une petite quantité d'urine ; il offrait un tremblement général des muscles de l'abdo-

men et quelques soubresauts des tendons de l’extrérnité antérieure droite; les organes des sens n’exerçaient plus leurs fonctions. Il a expiré deux minutes après. On Pa ouvert sur-le-champ. Le cœur ne battait plus; Le sang contenu dans le ventricule gauche était fluide et d’un rouge vif; celui du ventricule droit était tout coagulé et noir. Les poumons, d’une couleur rose, paraïssaient être dans l’état naturel. Le canal digestif n offrait aucune altération.

… Æxpérience xui°. À deux heures et demie, on a répété la même expérience sur un carlin de moyenne taille. À trois heures vingt minutes, vomissement de matières alimentaires; point de ralentissement dans la circulation. Deux minutes après, nouveaux vomissemens suivis d'efforts infructueux et souvent réitérés. A:trois heures et demie, diminution de quinze pulsations par minute dans les mouvemens du cœur ; inégalité, intermittence marquées. Dix minutes après, accélération dans la circulation ; pulsations plus fréquentes qu'avant l'application du poison ; respiration un peu gênée. Trois quarts d'heure après, “vertiges, chute, et'autrés symptômes analogues à ceux de l’expérience précédente. Mort à quatre heures vingt-sept minutes. | - s

Ouverture du cadavre faïte sur-le-champ: cœur ne se contractant plus ; sang contenu dans le ventricule droit entièrement consul. AUS

Expérience xiv°.. À onze De on amis en contact avec le tissu cellulaire du dos d’un petit:chien robuste un gros du même extrait et on!a,réuni,les lambeaux de la plaie par quelques points de suture. À :midi un quart il a vomi, et.1l est mort à midi et demil; sans qu'on ait pu l’observer. On l’a ouvert dix minutes après. Il n’y avait plus de mouvement dans le cœur; :le.sang renfermé dans 1e ventricule droit ,.en partie fluide , offrait quelques cail-

lots assez volumineux et noirätres; celui du ventricule gauche était fluide et d’un rouge un peu moins vif qu'il ne l’est ordinairement. Lesypoumons étaient roses , peu crépitans,

Experience xv°. On a injecté dans la veine jugulaire d'un petit chien 18 grains d'extrait résineux de digitale suspendus dans une demi-once d’eau. Sur-le-champ l'animal a éprouvé des vertiges ; il a fait quelques pas, est tombé , s’estrelevé, eta continué à marcher en chancelant. Une minute après Pinjection, les battemens du cœur étaient un peu ralentis; mais, quelques instans après, ils sont devenus aussi fréquens qu'avant l'opération. Au bout de cinq minutes, ils conservaient leur fréquence, et la dé: marche était plus chancelante. Deux minutes après, on pe sentait plus: de pulsation ; lanimal est tombé sur le côté, la tête s'est renversée sur le dos, et il a éprouvé des mouvemens convulsifs dans les pattes. Cet état à duré pendant quatre minutes , après lesquelles l'animal a poussé quelques cris plaintifs ; tous ses muscles tremblotaient, et il a expiré. On l’a ouvert dans le mème instant. Le cœur ne battait plus ; le sang des deux ventricules était fluide; celui que contenait la cavité aortique était rouge. Les poumons , crépitans , étaient ridés et ne renfermaient presque pas de sang; la langue et les gencives étaient pales.

Expérience xvi. On a injecté dans la veine jugulaire d'un petit chien 10 grains du même extrait suspendus dans 3 gros et demi d'eau. Quatre minutes après, lPanimal a vomi, a eu! une selle liquide, a éprouvé des vertiges qui sont devenus de plus en plus forts ; au point que deux minutes après il est tombé sur le côté, a poussé quelques cris plaintifs, et a écarté ses pattes en les agitant d’une “manière convulsive: sa bouche était béante et sa tête ren= versée sur le dos. 1} à expiré huit minutes après l’in-

DE LA DIGITALE POURPRÉE. 38% jection. On n'avait remarqué aucun changement dans les battemens du cœur. L'ouverture du cadavre a été faite surle-champ. Le cœur ne se contractait plus; le sang était Jluide, et d’un rouge un peu foncé dans le Yentric ni gau— che, Les poumons ne présentaient pas d’altération sensible.

Lxpérience xvn°. À huit heures et demie, on a intro= duit dans l'estomac d’un petischien une once de teinture de digitale pourprée préparée avec de l'eau-de-vie à 24° ct de la poudre de cette plante : on a lié l’œsophage. Au bout de ciuq-minutes, lanimal était dans un état de stupeur remarquable ; ilavait des vertiges , et ne pouvait faire deux pas sans tomber; les battemens du cœur n'étaient pas ralentis. À neuf heures, il se tenaït, couché sur le côté; il se plaignait de temps en temps; la stupeur avait augmenté ; les battemens du cœur étaient fréquens, irréguliers, inégaux; ses iuspirations élaient rares, mais excessivement profondes ; les yeux peu sensibles à la lumière, les pupilles un peu dilatées, et il n'avait eu aucune envie de vomir. À une heure et demie, tremblement convulsif des muscles des extrémités , même état de stupeur , impossibilité de se tenir debout, plaintes par intervalles, battemens du cœur fréquens. À dix heures du soir, même état. Il est mort le lendemain à quatre heures du matin. La membrane muqueuse de lestomac offrait plusieurs plaques d’un rouge foncés près du pylore, on voyait quelques bandes longitudinales d’un rouge noirätre, dont la couleur dépendait d’une certaine quantité de sang extravasé entre cette membrane et la tunique soujacente : celle-ci n’offrait point d’altération ; le duodénum présentait uné lésion ana- Jogue à celle de rétshdc: il y avait vers la fin du colon, dans l’espace de quatre travers de doigt et à sa partie interne, une rougeur très-intense qui s’étendait jusqu’à la rémbiine musculeuse soujacente; le reste du canal intestinal paraissait peu aliéré,

v88 DES POISONS NARCOTICO-ACRES.

Expérience xvmi°. On a versé 6 onces d’eau-de-vie à 249 sur 10 gros de poudre de digitale pourprée. Au bout de quatre jours de digestion, on a filtré et on a fait évaporer le liquide en ajoutant de l’eau à mesure que l'alcool se réduisait en vapeur. À dix heures, on a introduit dans l'es- 1omac d’un petit chien 4 onces du liquide résultant , qui était complètement débarrassé de la partiespiritueuse : on a lié l’oœsophage. Douze minutes après, l'animal a fait des forts pour vomir; sa démarche commençait à être vacil- Jante ; les battemens du cœur étaient comme avant l’opération, les paupières pesantes comme lorsqu'on est un peu assoupi. À trois heures, la stupéfaction était portée un peu plus loin. Il est mort dans la nuit La membrane muqueuse de lestomac offrait, dans les deux tiers qui avoisinent le pylore, quelques petites taches d’un rouge assez vif , séparées par des intervalles non altérés. Les poumons et le canal intestinal ne présentaient pas de lésion sensible (1). |

M. Brodie, pendant notre séjour à Londres , a bien voulu nous communiquer le fait suivant, qui a le plus grand rapport avec ceux que nous venons de faire connaitre. Il injecta dans l'estomac d’un jeune chien une demi-once de teinture de digitale dont l'alcool avait été préalablement évaporé, comme il a été indiqué dans l'expérience précédente. Une demi-heure après, voyant que cette dose était sans action , il introduisit de nouveau dans l'estomac 2 gros de la même liqueur. Au bout de dix minutes, le pouls était tombé de cent cinquante à cent vingt pulsations par minute, et l'animal éprouvait un tremblement analogue à celui que l’on remarque dans l'accès des fièvres inter-

(1) ILest évident que la plupart des symptômes et des lésions mentionnés dans l’expérience xvn® tenaient à l’eau-devie dans laquelle Ja digitale était dissoute (Foy. article 4/cool).

DE LA DIGITALE POURPRÉE. 289° nittentes. Ce frisson dura pendant vingt minutes, après lesquelles le pouls donna de nouveau cent cinquante pulsations par minute. Bientôt après, il vomit beaucoup et eut des déjections alvines qui se renouvelérent plusieurs fois pendant les deux heures qui suivireni l’ingestion du poison. Le lendemain, l’animal était parfaitement rétabli.

+ OBSERVATIONS

10, M. Bidault de Pilliers dit: « J'ai mâché üne forte pincée de poudre de feuiiles de digitale que j'avais desséchées moi-même avec soin et que je conservais depuis quelque temps. Elle m'a d’abord offert une saveur nauséabonde et herbacée; ensuite je l’ai trouvée fortement amère , et cette amertume m'a fait rendre une assez grande quantité de salive, dont Pexcrétion a persisté quelque temps après que j'ai eu rejeté celte poudre que j'avais uiturée sans mélange dans ma bouche. Ce n’est que lorsque la sensation d’amertume a été totalement dissipée, que j'ai cru m'apercevoir d’un sentiment léger d’âcreté dans le gosier. File m'a causé aussi üne espèce d’envie de vomir, ou plutôt un faible soulèvement de cœur, et de la sécheresse dans la bouche ÿ (1).

2°. Un individu fable et atteint d’anasarque et d’hydrothorax avala par mégarde quatre ou cin fois autant de digitale qu’on lui en avait ordonné. Il eut des nausées qui augmenièrent si fort le lendemain matin, qu'il re= jetait un peu de bile toutes les cinq ou dix minutes, après avoir fait les plus violens eflorts pour vomir. Le docteur Beddoës , rapporteur de ce fait, effrayé de ce qu'il avait déjà vu mourir un homme très-robuste qui avait pris la mème infusion , fit administrer 3 graius d’opium en deux

(1) Ouvrage déjà cité, p. 45.

doses , à une heure d'intervalle l’une de l’autre , après lesquelles il ordonna toutes les heures 15 gouttes de teinture thébäïque dans du vin de Porto, à prendre jusquà ce qu'il s'endormit. Le lendemain matun, les vomissemens étaient moins fréquens ; ils ne se manifestaient que de demi-heure en demi-heure , et quelquefois au bout d’une heure ; lemalade dormaitentre chaque accès , et se réveillaittoujours avec des nausées. On prescrivit Go gouttes de teinture d’opium en lavement , 24 grains de poudre d’ipécacuanha composée à preudre en trois doses et sous Îa forme pilulaire, enfin de l'extrait de ciguë dans les intervalles de deux heures qui devaient séparer chaque doie. Le soir. on donna de nouveau un lavement. Il transpira abondamment pendant la nuit, et s’éveilla toujours avec des nausées; les vomissemens , moins fréquens, étaient quelquefois accompagnés de hoquets. Le jour suivant, il ne vomit plus de bile, et il paraissait être sous l’influence de l’opium. Le lendemain il but de l’eau panée sans inconvénient , et il n'eut point de malaise; l’appétit revint, et il buvait presqu’une demi-bouteille de vin par jour. On lui administra pendant huit jours du quinquina en substance avec des aromatiques; Île gonflement des pieds, qui s’était déclaré dépuis quelques jours, surtout vers le soir, disparut, et l'individu fut parfaitement rétabli (1).

3°. Un homme de cinquante-cinq ans, atteint d’asihme humide, prit, au lieu d’un grain de feuilles de digitale en poudre, qui lui avait été ordonné, un gros environ de ce médicament./Une heure après, il mangea unesoupe ; mais il la vomit aussitôt. Les vomissemens continuèrent ; il s’y joignit des vertiges, des éblouissemens ; le malade ne pouvait ni se tenir debout, ni distinguer les objets.

(1) Tr. Benvors, Medical facts and Observations , vol v.

DE:LA DIGITALE POURPRÉF. 20% Une infusion ethérée de fleurs de mélisse lui fut prescrite ; mais il n’en prit que peu. Durant toutecette journée , les efforts de vomissementse renouvelérent, et lui frent rendre assez abondamment des matières muqueuses et bilieuses ; ils furent violens, accompagnés de beaucoup de malaise et de douleurs abdominales , que diminua l'admidiifation dedeux Javemens émolliens. Is persistèrent encore la nuitet le jour suivant ; le malade était très-abattu , avait le pouls lent et peu régulier; il pritdu lait coupé etune potion laudanisée. Lejour suivant , il n’yeut qu’un seul vomissement; lemalade se plaignait toujours du ventre ; son pouls était lent, mais assez régulier; il rendit des crachats épais et blanchâtres : on. ajouta de l’eau de cannelle dans la potion. L’infusion aromatique fut continuée ; on donna du bouillon et du vin. Le quatrième jour , même état de faiblesse, maïs pas de vomissement ; expectoration très-abondante. Le cinquième jour , le pouls était encore lent, les douleurs en partie calmées ; l'asthme était sensibleient amélioré. La faiblesse et la lenteur du pouls persévérèrent les deux jours suivans ; mais le huitième, cette dernière diminua, et elle disparut complètement le neuvième. A cette époque, la vision était encore confuse ; le feu paraissait de couleur bleue au malade , etc, ; ce ne fut que vers Le quatorzième jour que ces phénomènes disparurent, et que l'appétit commença à renaître. Enfin, vers le vingt-unième jour, e temps étant devenu très-humide, la toux et la dyspnée, qui avaient éprouvé une grande diminution par leffet de l'accident, reprirent de l’activité. (Observätion de M. Bidault de Villiers, Journal de Médecine, Clirurgie et Pharmacie, novembre 1817.) 4°. M. Sanders, auteur d’un excellent traité sur la digitale, dit: «En santé, chaque petite dose de digitale augmente la force et la fréquence du pouls, produit même la fièvre inflammatoire si on l’augmente ou si on en con-

tinue l’usage, En maladie, les effets primitifs sont égale ment les mêmes ; mais on observe de plus son influence sur l'affection , sur l’état contre nature; elle vivifie, pour ainsi dire, les surfaces ulcérées, saignantes, blafardes ; : facilite absorption des fluides épanchés ou prévient leur

en rufe les mouvemens volontaires , active la digestion, augmente les évacuations par la peau et les organes urinaires, rend le pouls insensiblement fébrile, l'élève de soixante-dix à quatre-vingt-dix pulsations en peu de temps , même de cent vingt à cent trente ou de cent trente à cent cinquante , si le médecin ne sait pas s'arrêter ; enfin la digitale donne au moral ce caractère particulier qui tient au retour des forces. Voïlà les bons effets. Mais l'abus, l’imprudence dans son emploi entraînent le dérangement des fonctions de l'estomac, les vomissemens, les vertiges, insomnie, la chaleur , des battemens violens des vaisseaux de la tête, des douleurs dans différentes par= ties du corps, etc. Quoiu’on renonce à la digitale, les symptômes fébriles n’en continuent pas moins pendant quatre ou cinq jours avec la même intensité. En général cependant , au bout de vingt-quatre heures, et souvent plus tôt, le pouls tombe de cent vingt à cent dix et à cent pulsations irrégulières. Quant à leur force et à leur fréquence, il baisse encore davantage; il y a tristesse, nausées, oppression précordiale, vomissemens qui ne soulagent pas le malade, salivation , diarrhée , sécrétion abondante d’une urine limpide, moiteur gluante de la peau , sueur même abondante, figäre pâle, expression du désespoir. Encore deux, trois ou quatre heures, et les symptômes violens diminuent; le pouls, loin de-s’élever immédiatement après le calme, descend au contraire en peu de jouis jusqu'à cinquante, quaranie , trente pulsations, et même plus bas. Ce développement des forces du système sanguin, et la diminution consécutive, varient selon la quantité du

PE LA DIGITALE POURPRÉE. 293 remède, la susceptibilité de l’individn , le tempérament plus ou moins disposé à la fièvre inflammatoire , selon que le malade est actuellement affecté d’une inflammation locale, que des parties saines ou ulcérées tendent à une suppuration louable : alors l’action de la digitale et celle de la maladie se compliquent ; elles ont plus de violence» (1). on

945. Les faits qui précèdent nous permettent de conclure, | 1°. Que la poudre de digitale, ses extraits aqueux et résineux, et sa teinture doivent être regardés comme des poisons énergiques à une certaine dose;

29, Que l'extrait résineux est doué de propriétés vénéneuses plus actives que l'extrait Le et que la poudre est moins forte que ce dernier;

3°, Que l’action des extraits est vive et rapide lorsqu'on les injecte dans la veine jugulaire; qu’elle l’est moins quand on les applique sur le tissu cellulaire, et beaucoup moins encore lorsqu’on les introduit dans l'estomac et qu’on empèche le vomissement ;

4°. Que toutes ces préparations commencent par agir comme émétiques ;

5°, Que leurs effets sur les organes de la circulation varient suivant la nature et la disposition des individus : tantôt on ne peut observer aucun changement dans la manière dont cette fonction s'opère ; tantôt les battemens du cœur sont ralentis ; assez souvent ils sont accélérés , forts, inégaux, intermittens ;

(1) An Inquiry ooncerning Digitalis or fox glove Edimburg, 1808, ou Essais sur la Digitale pourprée, par Sinders, traduit par F.-G. Murat. Paris, 1612, p. Gr. Les faits consignés dans cet opuscule sont d'autant plus précieux qu’ils ent été recueillis chez l’homme.

: 6°. Que l'extrait résineux paraît agir spécialementisur le cœur ou sur le sang, puisque ce fluide se trouve constamment coagulé immédiatement après la mort, lorsque l’extrait a été appliqué sur le tissu cellulaire ou introduit dans l'estomac;

7°, Qu'indépendamment de ces phénomènes, la digitale et ses préparations agissent sur le cerveau après avoir été absorbées, et produisent une sorte de stupéfaction instantanée qui ne tarde pas à être suivie de la mort;

8°. Que la poudre de ce végétal détermine une irritation locale capable de développer une inflammation assez intense ; ce

9°. Que toutes les observations s'accordent pour faire croire que la digitale agit sur l’homme comme sur les chiens (1)+

(1) Nous prévoyons une objection qui pourra nous être faite par plusieurs praticiens ; savoir, gue la digitale ralentit des monvemens du cœur chez l’homaie. Nous ne pouvons pas admettre cette assertion dans toute son étendue. En effet, 1°. nous avons pris tous les jours, pendant un mois, depuis 4 jusqu’à 20 grains de ce végétal réduit en poudre; nous n'avons jamais observé la moindre diminution dans les battemens du cœur, ce qui se trouve parfaitement d’accord avec un nombre infini d’observations rapportées par M. Sanders. 2°, Combien de fois n’at-on pas vu dans les hôpitaux l’administration de cette poudre ou de sa teinture augmenter la fièvre, déterminer une grande chaleur dans la poitrine et un crachement de sang ! Ainsi nous pensons que ce végétal est loin de pouvoir être rangé parmi ceux qui diminuent constamment les mouvemens du cœur, et cel objet nous paraît digne de fixer de nou veau l'attention des praticiens,

LE

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