Il résulte des faits qui précèdent
Que la cigué vireuse ou aquatique exerce sur l’homme et sur les chiens une action analogue à celle de la grande ciguë, mais plus énergique.
De la petite Ciguë (æthusa cynapium).
952. Cette plante appartient à la famille des ombellifères de Jussieu , et à la pentandrie digynie de Linnée.
Caractères. Fleurs blanches , formant des ombaelles planes très-garnies et dépourvues de collerette générale : collerettes partielles disposées d’un seul côté de l’ombelle et déjetées en bas. Chaque fleur a un calice entier ; les pétales sont inégaux, courbés en cœur; le fruit est ovoïde ou oblong, strié ou sillonné : tige haute de cinq décimètres, rameuse, glabre et cannelée ; ses feuillessonttoutes deux ou trois fois ailées, et leurs folioles sont pointues et pinnatifides ou profondément découpées. ;
On a souvent confondu cette plante avec le persil, Voici les caractères qui peuvent servir à les distinguer : 1°. Les feuilles de la petite ciguë sont d’un vert noirâtre en dessus et luisantes; 2°. elles n’ont point d’odeur lorsqu'on les flaire sans les broyer; mais elles répandent une odeur nauséeuse quand on les froisse dans les doigts : le persil, au contraire , offre une odeur agréable ; 3°, sa racine est plus petite que celle du persil, et périt chaque année en automne. Cette plante est commune dans les lieux cultivés
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Action de la petite Ciguë sur l’économie animale.
Expérience. Le 10 juin, à huitheures dû matin, on a introduit dans l’estomac d’un chien robuste, de moyenne iaille, environ 7 onces de suc obtenu avec les feuilles de cette plante, et on a lié Pœsophage. Vingt minutes après , l'animal a eu quelques nausées. À huit heures et demie, il ne paraissait pas très-mal. Tout-à-coup il écarte ses extrémités et se couche sur le ventre. Quelques minutes . après, il cherche à se relever; tous ses efforts sont vains ; les muscles des membres, principalement les postérieurs , refusent d’obéir; on soulève l’animal et il retombe dans le même instant. Les organes des sens exercent leurs fonctions; les pupilles sont à peine dilatées ; les battemens du cœur sont lents et forts. Cet état dure un quart d'heure: alors les extrémités sont agitées de mouvemens convulsifs ; l'animal peut être placé indistinctement sur l’un ou lPautre côté ; les organes des sens s’affaiblissent ; l’oœsophage et le gosier sont le siége de contractions spasmodiques. Cet état de stupeur augmente, et l’animal expire à neuf heures. On l’ouvre sur-le-champ : le cœur se contracte et renferme du sang fluide et noiïrâtre, même dans le ventricule gauche; les poumons sont un peu moins crépitans que dans l’état naturel; lPestomaé se trouve rempli par le suc ingéré ; il n'y a aucune altération dans le canal digestif.
OBSERVATIONS
1°. Un garçon de six ans ayant mangé à quatre heures du soir de cette herbe, qu'il croyait être du persil, commença aussitôt après à pousser des cris d'angoisse et à se plaindre de crampes d’estomac. Pendant qu’on lepportait de la campagne chez son père, tout son corps s’enfla exces-
DE LA RUE, Sap sivement et prit une teinte livide; sa respiration devint plus difficile et plus courte. Il mourut vers minuit. Un autre enfant de quatre ans qui s'était empoisonné de la même manière, fut assez heureux pour revomir cette herbe: cela n'empêcha cependant pas qu'il ne füt hors de luimême, qu'il ne tint des propos extravagans, et que, dans son délire, il ne crût voir une quantité de chiens et de chats ; et quoique le médecin n’arrivât que le lendemain , il fut encore assez temps pour le sauver. (Vicar, ouvrage ciié, pag. 2059)4 5% \
2°, Rivière rapporte qu’un individu périt après avoir pris une certaine quantité de cette plante. À l'ouverture du cadavre on trouva la langue noire, une sérosité brunätre dans l'estomac; le foie était dur et d’une couleur jaune, la rate livide ; le corps n’était point emphysémateux.
3°. En examinant attentivement les symptômes observés par plusieurs praticiens dans les empoisonnemens de te genre, on peut {es réduire aux suivans : chaleur dans la gorge, soif, vomissemens; quelquefois diarrhée; respiration courte , suspirieuse ; pouls petit, fréquent ; céphalalgie, vertiges, engourdissemens dans les membres, délire.
De la Rue (ruta graveolens).
Expérience 1°. Le 4 juin , à huit heures du matin ,on a introduit dans l'estomac d’un jeune chien de moyenne taille 6 onces de suc obtenu en triturant deux livres de feuilles de rue fraîche avec une once d’eau; on a lié l’œsophage. L'animal a eu une selle dans la journée. Le lendemain il n’éprouvait aucun symptôme remarquable. Il est mort dans la nuit. La membrane muqueuse de lestomae était légèrement enflammée; les autres portions du canat digestif étaient saines; les poumons n’offraient aucune altération.
Expérience n°. On a introduit dans l’estomac d’un petit chien environ huit onces d’eau distillée de rue préparée avec la plante sèche ; on a lié l’œsophage. L'animal n’a éprouvé d’autre symptôme que l'abattement , etilest mort cinq jours après l'opération. On n'a pas fait l'ouverture du cadavre.
Expérience ui°. Environ 8 onces d’eau distillée de rue préparée avec une grande quantité de plante fraîche, ont lé introduites dans l’estomac d’un petit chien : l'animal n'a éprouvé aucun accident. Six jours après , il est mort abattu, probablement des suites de la ligature de l’œsophage. |
Expérience 1v°. On a injecté dans la veine jugulaire d'un petit chien maigre 12 gros d’eau distillée de rue préparée avec la plante fraîche. Le lendemain matin , l'animal n'avait présenté aucun symptôme remarquable. Alors on a découvert la veine jugulaire de l’autre côté, et on y a injecté 3 gros du même liquide mèlés avec 18 grains d'huile essentielle provenant de la distillation au bain-marie d’environ 8 livres de plante fraîche. Deux minutes après l’injection, l'animal a vomi des matières jaunâtres et a éprouvé des vertiges; il chancelait comme les individus ivres de vin. Au bout de vingt minutes, ses extrémités postérieures paraïissaient un peu faibles. Six heures après , tous les symptômes étaientdiminués, etle lendemain soir, l’animal était parfaitement rétabli.
Expérience v°. On a injecté dans Pestomac d’un petit chien assez robuste 3 gros et demi d'extrait aqueux de rue préparé avec la plante sèche ; on a lié Pœsophage. L'animal est mort à la fin du quatrième jour , etiln’avait offertd’autre: symptôme que l’abattement inséparable de l'opération. La membrane muqueuse de l’estomac présentait deux ulcères de la grandeur de petites lentilles; 11 y avait cà et là, près du pylore, des portions noirâtres formées par du sang noir extravasé,