ST
OBSERVATIONS
1°. « Un cultivateur va le dimanche se promener dans un bois voisin de sa demeure, accompagné de sa femme, enceinte de près de trois mois et de ses troïs enfans âgés, l’un de cinq ans et demi, l’autre de quatre, le troisième de deux ans ; ils aperçoivent des champignons de différentes espèces; ils les cucillent sans choix , et de retour au logis, on les apprète eton les mange. Dès lanuitsuivante, la femme ressent des malaises et une douleur gravative à la région épigastrique ; tous, pendant la journée du lundi, éprouvérent un sentiment de suflocation et de cardialgie, et des nausées fréquentes qui, chez le père , furent ce même jour suivies de vomissement. Le mardi, symptômes plus graves, nouveaux accidens, nausées continuelles, vomi:s"ment de
DÉS CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX. 40% Mmaucvres bilieuses, respiration plus gènée, douleurs dans toute la capacité abdominale, mais plus sensibles à l’épigastre ; ténesme, difficulté d’uriner. Deux des enfans périssent ce même soir , et le troisième le lendemain. Du mercredi au vendredi soir , le mal ne cesse de s’aggraver chez le père et la mère : douleurs insupportables à l'estomac, vers les hypochondres , les lombes et la région de la vessie; météorisme du bas-ventre, difficulté plus grande d’uriner, té- nesme plus douloureux ; déjections glaïreuses, sanguinolentes, par haut et par bas; céphalalgie, langue sèche, soif inextinguible , angoisses, mouvemens convulsifs des extrénutés ; chez le père, hémorrhagie nasale.
Le vendredi soir, gonflement œdémateux des articulas tions des pieds et des mains chez la femme seulement; chez le mari, frissons précurseurs de la gangrène des intestins. Le samedi, épiphénomènes suivans : chez le mari, gerçures, aphtes, phlogose à la langue et dans l’arrière-bouche , hoquet , syncopes, dépression et intermittence du pouls , délire, suppression de l’excrétion alvine et de l’urime, froid glacial des extrémités, sueur froide universelle, mort. Le samedi, chez la femme, déjà aussi mouvemens convulsifs des extrémités. Des boissons adoueissantes et anti-spasmodiques abondantes et une potion huiïleuse et calmante lui font rendre , dès la journée même, plusieurs morceaux informes de champignons. Le soir, le vomissement est moins fréquent, l'urine commence à couler, une selle gluante et fétide a lieu , les mouvemens convulsifs des extrémités cessent dans le cours de la nuit. Lie dimanche au matin les coliques sont moins fortes, le météorisme est diminué. Quatre jours après , les accidens ont presque cessé ; il reste une grande débilité, de l’enflure aux extrémités inférieures seulement, tremblement de toutes les extrémités , douleur fixe au-dessus de l'orbite droite. La convalescence a été longue; cependant , trois mois après, la femme avait repr's
de l'embonpoint, et sentait très-distinctement les mouvemens de son enfant » (1). | 2°. La femme d’un médecin goûta. par ART un morceau de champignon sec ; elle le mâcha, le rejeta aussitôt et rinça sa bouche. Une demi-heure après, elle éprouva des malaises, des frissons, des nausées, des envies de vomir, des efforts inutiles de vomissement, et une sensation trèsdouloureuse à l’estomac. Quelque temps après , vomisse= mens continuels, pâleur, sueurs froides » Yeux presque mourans, pouls extrèmement abattu et petit. (Journal général de Médecine, tom. xxvr, page 265.) 3°. M. Dufour, médecin à Montargis, cueillit dans la . forêt voisine des champigons frais et sains , connus sous les noms vulgaires de cepe, de columelle et d’oronge ; ils furent dépouillés de leur peau et de leur pied, coupés par tranches et cuits dans leur jus avec du beurre et des fines hérbes, sous un four de campagne : on les servit au repas. La domestique, âgée de vingt ans, qui en avait mangé le plus, ne tarda pas à se plaindre d’étourdissemens, de vertiges et d’un léger soulèvement d'estomac; sa face était rouge et enflammée , l’œil saillant et vif, le pouls large, ondulant et plein. La fille aînée de M. Dufour, âgée de douze ans, éprouva les mêmes accidens sans nausées. Un petit enfant de dix-huit mois y qui n'avait mangé que du pain trempé de jus, dormit tranquillement pendant seize heures contre son ordinaire, et ne présenta pas d'autre phénomène remarquable. L'autre enfant, âgé de onze ans, se plaignit plus tard d’étourdissement et d'ivresse : les parens ne ressentaient aucune incommodité, quoiqu’ils eussent mangé du même mets. M. Dufour, administra et fit prendre à tous les malades de l’émétique en lavage, et il chercha à exciter sympathiquement les évacuations en faisant vomir
(x) Journal général de Médecine, tom. xxv, pag. 241.
DES CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX. 407 tous les individus dans un vaste seau de faïence. On fitusagæ ensuite d’une potion anti-spasmodique fortement éthérée, et la guérison fut complète le soir. Il parait que ces acci= dens étaient dus à deux fausses oronges que l’on avait cons fondues avec la vraie, et que Fon avait fait entrer dans la composition du mets (1).
4°. Le même médecin fut prié de visiter un enfant de neuf à dix ans, malade depuis quatre jours, que l’on avait rapporté mourant de la forêt de Montargis , et que lon croyait empoisonné par des champignons. Voici quel était son état : pâleur de la mort, sueur gluante et froide comme Ja glace ; œil entr'ouvert, ne laissant voir que la cornée opaque; la pupille immobile et insensible à léclat de la lumière ; roideur de tout le corps, ou plutôt tétanos universel droit ; les.muscles abdominaux dans tonte lenr tonicité spasmodique; le ventre aplati.et dur comme une planche: trismus ou spasme invincible des mâchoires : le pouls était perdu , les mouvemens du cœur à peine perceptibles : on aurait cru l’enfant mort si les extrémitésetle thorax n’eussent été agités de quelques mouvemens convulsifs. M. Dufour cassa deux dents incisives d’un coup. de ciseau , et admiuistra, au moyen d'une petite cuiller d’étain pliée en gouttière, un mélange fait avec parties égales d’éther sulfurique et de sirop de fleurs d’oranger ;, le corps fut enveloppé de feuilles de tanaisie, de morelle, de douce-amère et de jusquiame ; on fit des frictions sur le ventre avec un mélange d'huile de camomille, de camphre, d'alcool et d’ammoniaque. On chercha tous les moyens. possibles de réchauffe le malade. La déglutition, d’abord dificile, ne tarda pas à avoir lieu librement; l’enfant ouvrit les veux, puis la bouche, et fut rétabli dans le cours dequelques heures, etaprèsavoir avalé une once d’éther et autant de sirop. On ne tarda pas
(x) Gazette de Sante du 21 août 1812
408 DES YOISONS NARCOTICO-ACRES, à se convaincre qu'il y avait parmi les champig ‘nons du bois l'amanita wiridis de Persoon , l’hypophyllum virosum de Paule, l'oronge-ciguë , et bles autres espèces vénéucuses (1).
5°. Leinonnier fit l'ouverture du corps d’une jeune personne empoisonnée par des champignons. Il trouva la por= tion de l'estomac contiguë au pylore enflammée, le duodénum gorgé de sang; sa membrane interne était légèrement tachée , et présentait cà ei là de petites excoriations; sa partie Dionre était rétrécie. (ÂLIBERT, ouvrage cité, tom. 1, page 462, 3° édit}:
952. Après avoir ainsi exposé les faits qui concernent l'empoisonement par les différentes espèces de champignous ; nous pouvons donner une description générale des syraptômes auxquels ils donnent le plus souvent lieu. On a fait à ce sujet un excellent rapport à la Société de Médecine de Bordeaux.
« Les douleurs d'estomac, dit la commission de la compagnie, les tranchées, les nausées , les évacuations par haut et par bas sont les premiers symptômes dont les malades sontatitints. Bientôt la chaleur des entraïlles , les Jangueurs, les douleurs deviennent presque continues et atroces; les crampes, les convulsions, tantôt générales tantôt partielles , une soif inextinguible s’ensuivent ; le pouls est petit, dur, serré, très-fréquent. Lorsque les accidens, après avoir duréun certain temps, ne diminuent pas par l'effet des secours adminisirés, les vertiges, un délire sourd , lassoupissement s'emparent de quelques sujets, et ne sont interrompus que pur les douleurs et les convulsions. Chez d’autres, il n’y a : point d'assoupissement; Iles douleurs et les convulsions épuisent les forces; les défaillances et les sueurs froides ont lieu ; la mort vient terminer cette série de souflrances ,
(1) Gazelie de Santé, 1°7 nov. 1912.
DES CHAMPIGNONS VÉNÉNEU x. 409:
après avoir été prévue et annoncée par le malade lui-même, qui n’a pas perdu un seul instant l'usage des sens.
».Les champignons vénéneux ne manifestent leur perpicieuse action qu'un certain temps après qu'ils ont été mangés ; ce n’est, le plus souvent, que cinq ou sept heures . après. Il s’en écoule quelquefois douze ou seize, plus rarement vingt-quatre, sans qu'on éprouve aucun symptôme. Les altérations graves de presque tous les viscères prouvent que ce venin, ayant acquis toute son énergie par le moyen de la digestion, se répand dans toute l’économie animale, y excite l'ivritation la plus violente, et une inflammation qui dégénère promptement en ganarène; ce qui a lieu surtout avec plus d'intensité dans les voies digestives qui ont reçu immédiatement le poison et qui en conservent Îles restes dissous pendant plus longiemps (1) ».
983. En rassemblant les phénomènes cadavériques des divers cas d’empoisonnement par les champignous, on peut les réduire aux suivans : « Taches violettes très-étendues et nombreuses sur les tégumens, ventre très-volumineux, conjonctive comme injectée, pupille contractée, estomac et intestins phlogosés et parsemés de taches sangreneuses, sphacèle dans quelques portions de ce viscère, contractions très-fortes de l'estomac et des intestins, au point que, dans ceux-ci , les membranes épaissies avaient entièrement oblitéré le canal; œsophage phlogosé et gan= grené dans l’un des sujets; dans un autre, iléum invaginé de haut en bas, dans l'étendue de trois pouces : un seul individu avait les intestins gorgés de matières fécales. On n’a trouvé dans aucun des vestiges de champignons : ils avaient été complètement digérés ou évacués. Les poumons étaient enflammés et gorgés d’un sang noir ; lé même en-
(1) Rapport du 26 juin 1609.
fre DES POISONS NARCOTICO“ACRES.
gorgement avait lieu dans presque toutes les veines des viscères abdominaux, dans Le foie, dans la rate, dans le mésentère ; taches d’inflammation ettaches gangreneuses sur les membranes du cerveau, dans ses ventricules, sur læ plèvre, les poumons, le diaphragme, le mésentère, l& vessie, la matrice, et même sur le fœtus d’une femme enceinte : le sang était très-fluide chez cette ferme; il était presque coagulé dans d’autres individus ; la flexibilité extrême des membres n’a pas été constante (1) ».
984. Les faits qui précèdent nous permettent de conclure que les champignons agissent de différente manière, suivant l’espéce à laquelle ils appartiennent.
Zeviani dit, dans une dissertation sur les champignons vénéneux : {{ solo veleno dei funghi contiene in se la malizia di tutti, e vari moltiplici effetti produce secondo che
. ê in maggior copia ingollato, ed in maggior copia dentra le vene s'intrude.
Indices qui doivent faire suspecter les Champignons.
985. Tous ceux qui croissent dans des lieux humides et marécageux, à l'ombre, c’est-à-dire dans les forêts épaisses, où l’influence des rayons solaires n’a presque point d'accès , doivent être rejetés comme de très-mauvaise qualité : la substance de ces champignons estplus molle, moins serrée, plus poreuse , et contient beaucoup d'humidité. Ils ont généralement un aspect hideux, et présentent une surface humide plus ou moins sale. Paulet observe que l’existence d'une couche glaireuse qui recouvre la surface de certaines espèces n'est point un indice de qualité suspecte ; mais alors on ne doit les regarder comme bons que quand ils réunissent. à cet état toutes les qualités de ceux qui sont
(r) Rapport cité, pag. 10.
É DE L'ALCOOL : Â1S Æomestibles; car tous les champignons à surface humide, qui sont lourds ou qui changent de couleur lorsqu'on les coupe, ou dont l’odeur vireuse est forte, ou qui ont une couleur éclatante, ou bien plusieurs très-distinctes , surtout s'ils sortent d’une enveloppe et s'ils se trouvent à l’ombre, doivent être rejetés comme de mauvaise qualité. Il en estde même de ceux que les insectes ont mordus et qu’ils ont ensuite abandonnés. On doit aussi regarder comme pernicieux les champignons à tiges bulbeuses et molles, ou qui ont des fragmens de peau collés à leur surface, Il faut aussi rejeter tous ceux qui croissent rapidement et qui se corrompent très-vite. On a cru pendant long-temps que les champignons desséchés perdaient leurs qualités délétères : ce fait, qui peut être vrai pour quelques-unes des espèces énumérées , ne l’est pas pour toutes , car l’agaric poivré conserve son âcreté : d’ailleurs, nous avons vu que l'épouse d'un médecin fut empoisonnée pour avoir mangé un morceau de champignon sec.
Action de l’ Alcool sur l'économie animale.
Expérience 1°. On introdaisit dans l'estomac d’un chat 2 drachmes d'alcool. Immédiatement après, l'animal s’agita avec violence, puis se coucha sur le côté dans un état de grande insensibilité et d’immobilité; la respiration devint laborieuse et stertoreuse , et Les battemens du cœur furent accélérés. Cet état dura huit minutes : alors la respiration s’exécuta plus facilement ; l'animal se releva et put marcher. ;
Expérience n°. On injecta une once et demie du même liquide dans l'estomac d’un très-gros lapin. Les mêmes symptômes se déclarèrent et ne se dissipèrent qu'au bout de quarante minutes.
Expérience in°. La mème expérience fut répétée sur UR-
loin beaucoup plus jeune avec 7 drachmes du même liqnide. Au bout de deux minutes, l'animal était évidemment sous flinfluence du poison, et trois minutes après il se coucha sur le côté dans un état de grande insensibilité et d'immobilité; les pupilles étaient très-dilatées; de temps à autre les membres étaient agités de légers mouvemens connisifs ; la respiration s’exerçait d’une manière pénible, et cessa entiérement une heure quinze nfinutes après l’ingestion de l'alcool. Au bout de deux minutes, l'animal paraissait mort. On ouvrit le thorax, et on vit que le cœur se contractait avec assez de force et de fréquence, et qu'il contenait du.sang d’une couleur foncée. On introduisit un tube dans la irachée-artère , et on insuffla de Pair : par ce moyen on pouvait conserver aux battemens du cœur Eur type naturel, comme chez un animal auquel on a enlevé la tête.
Expérience 14°. On injecta dans l'estomac d’un lapin s onces du même liquide. L’injection était à peine terminée, que Panimal devint insensible. On remarqua en outre les. symptômes dont nous avons parlé dans l’expérience précédente, et la mort eut lieu vingt-sept minutes après l'intro duction de la substance vénéneuse ; en examinant le thorax, on vit que le cœur se eontractait. ( Bropte , Philos. Trans., ann. 1811, pag. 178, r°°. part.)
Expérience v°. À huit heures et demie du matin, nous avons introduit dans l'estomac d’un petit chien robuste 6 gros d’alcoo! à 40° : l’œsophage a été lié. Immédiatement après , l'animal a paru agité ; il a parcouru le laboratoire en. différéns sens, et n’a pas cessé de marcher librement pendant dix minutes ; il avaït un air égaré. A huit heures trois. quarts, il a commencé à éprouver des vertiges. À neuf beures dix minutes , il s’est couché sur le côté et ne pouvait plus se tenir debout. Jusqu'à ce moment, il avait maïché en différens sens et était tombé plusieurs fois , mais,
DE L'ALCOOL . : 48 s'était relevé aussitôt; ses extrémités n'avaient point été paralysées. À neuf heures vingt-cinq minutes, il a poussé des cris plaintifs eta fait des efforts infractueux pour lever la tête : ; Les membres étaient flasques , la pupille resserrée il Bu et entendait bien.; ses muscles n’étaient agités par aucun mouvement convulsif. Dix minutes après, les plaintes étaientaiguëés. À neuf heures quarante minutes, il a cherché à se mettre sur les pattes; mais il est retombé aussitôt en frappant le sol avec sa tête; quelques instans après, il a fait de nouveaux efforts , s’est relevé, ‘a marché pendant: quelques secondes, et est retombé en poussant des eris ai gus. À onze heures, il était couché:sur le côté et continuait à souffrir ; point de mouvement convulsif. Il est mort à onze heures et demie. On l’a ouvertà deux heures. Le sangcontenu dans le cœur était noir et coagulé; les poumons n’offraient aucune altération; la membrane muqueuse. de l'estomac était d’une couleür rouge-cerise dans touteson étendue , et offrait un très-grand nombre de bandes longitudinales d’un rouge noirâtre , formées par du sang extravasé entre Les deux tuniques.
Expérience vie. Lorsqu'on injecte dans le tissu cellulaire de la cuisse d’un chién de moyenne taille 8 à ro gros d’alcool à 40°, on remarque que l'animal est agité; pendant trente ou quarante minutes, il marche en tous sens avec un air égaré, et n'éprouve point de vertiges; alors les extrémités postéiieures deviennent faibles; sa démarche commence à être chancelante ; il vomit, à denx ou trois reprises diférentes, des matières bilieuses jaunitres. Quinze ou vingt minutes après, les vertiges sont plus intenses; l’animal marche comme un furieux, tombe , se relève et continue à parcourir le Lori Bientôt après il éprouve beaucoup de dificulté à se metire sur les a tes; il les agite comme s’il nageait. Ces elloris ne tardemnt p s à être vains * alors il se couche sur Je côté, dans un état de grande insen-
sibilité ; les membres sont flasques et n’offrent aucun mouvemeni convulsif ; l’animal ne se plaint pas, à moins qu’on ne le secoue; les inspirations sont profondes ; la pupille est comme dans l’état naturel. Ces symptômes persistent pen+ dant deux ou trois heures, et l’animal succombe. En l’ouvrant immédiatement après, on ne découvre point de lésion dans la blessure ; l'alcool se trouve complètement absorbé ; le cœur et les veines du membre opéré renferment du sang noir coagulé ; on n’observe plus la moindre contraction dans ces organes ; les poumons et le canal digestif n’offrent aucune altération.
Si la quantité d'alcool appliquée sur le tissu cellulaire est moindre, les animaux éprouvent les symptômes d’excitation dont nous avons parlé; ils sonten proïe à de légers vertiges, et ils ne tardent pas à se rétablir.
Expérience vi. Nous avons prouvé, à l’article Cantharides (iome 1°°), que l'alcool détermine une mort subite lorsqu'il est injecté dans la veine jugulaire, et qu'il agit principalement en coagulant le sang.
986. Rapprochons de ces faits les phénomènes que produisent les liqueurs alcooliques chez l’homme lorsqu'elles sont prises à assez grande dose pour déterminer l'ivresse. M. Garnier, notre élève, qui a soutenu une excellente dissertation inaugurale sur cet objet, distingue dans l'ivresse trois degrés différens.
Le premier degré s'annonce par la rougeur du visage; les yeux s’animent, le front se déride, la figure s’épanouit et respire une aimable gaîté; l'esprit est plus libre , plus vif; les idées sont plus faciles ; les soucis disparaissent ; les bons mots, les doux épanchemens del’amitié , de tendres aveux les remplacent; on parle beaucoup ; on est indiscret; les propos sont un peu diffus, et déjà l’on commence à bégayer.
Le second degré de l'ivresse est caractérisé par une joie