‹ Traité des poisonsChapitre 76 sur 109 · DE L'ALCOOL · texte numérisé non relu

DE L'ALCOOL

bruyante, turbulente, par des éclats de rire immodérés, des discours insensés , des chants obcènes , des actions brutales , en rapport avec lidiosyncrasie des individus; par une démarche vacillante, incertaine, analogue à celle des enfans; par des pleurs stériles , le trouble des sens, là vue double , des yeux hagards , sombres, et des tintrmens d’oreille ; la langue, embarrassée, articule avec peine les sons; il y a quelquefois écume à la bouche ; le jugement devient faux , la raison disparait; rien ne règle plus nos penchans et nos appétits grossiers ; quelquefois un délire furieux succède; le pouls est plus développé, le battement des artères carotides plus sensibles ; la face est rouge, vultueuse ; les veines du cou sont gonflées, la respiration précipitée ; l’haleine est vineuse; il y a des rapports äigres, des envies de vomir, des vertiges , des chutes imminentes , puis complètes ; la somnolence et l’état de vertige croissent; la face devient pâle, cadavéreuse; les traits sont affaissés; des vomissemens abondans de matières aigrés , quelque= fois l’excrétion involontaire de l'urine et des matières fécales se manifestent, ainsi qu’une céphalalgie violente, la perte totale des sens ; enfin un sommeil profond qui dure plusieurs heures, et pendant lequel la transpiration st très-abondante et amène la terminaison de cet état pénible. Les fonctions reviennent peu à peu à leur état primitif ; la tête est encore douloureuse et pesante ; la langue est chargée, la bouche pâteuse; il y a soif, et il reste du dégoût pour les alimens et des lassitudes dans tout le corps.

Le troisième degré de l'ivresse et un état vraiment apos : plectique : on observe l'abolition des sens, de l’entendement; la face est livide ou pâle, la respiration stertoreuse; l'individu ne peut plus se soutenir; la bouche est écumeuse, : le coma se déclare , et le sentiment est plus ou moins complètement perdu. Cet état peut durer pendant trois ou quatre

jours, et se terminer par la mort. Morsagni fait mention d’un homme dans l’âge mûr qui resta ivre avec aphonié pendant trois jours, et.mourut le quatrième sans éprouver de convulsions (1).

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