DE LA GOMME GUTTE
Expérience n°. À huit heures du matin, on a fait avaler à un peut chien robuste et à jeun un gros et demi de gomme-gutte finement pulvérisée ; immédiatement après, on a détaché et lié l’œsophage. Au bout de cinq heures, l'animal avait eu plusieurs selles liquides d’une couleur jaune; il se plaignait, était abattu , et respirait avec difficulté; il n’y avait ni convulsion ni He ens Ïl est mort à six bébres du soir.
Ouverture du cadavre. L’estomac, injecté à l'extérieur , d’une couleur rougeâtre , offrait dans son intérieur une petite quantité d’un fluide visqueux, brunâtre ; sa membrane muqueuse , généralement rouge, présentait, dans les plis voisins du pylore, une couleur rouge foncée ; le duodénum et le jéjunum étaient légèrement enflammés ; le rectum était enduit d’une légère couche de gomme-gutte, et parsemé d’un très-grand nombre de stries d’un rouge foncé, Les poumons, un peu livides, étaient moins crépitans que
dans l’état naturel. | '
Expérience 1°, À dix heures du matin , on a détaché et ‘percé d’un trou l’œsophage d’un chien de moyenne taille, et on a introduit dans son estomac 4 gros de gomme-gutte finement pulvérisée, contenue dans un cornet de papier : l’œsophage a été lié. À deux heures, l’animal faisait de violens efforts pour vomir ; mais il ne paraissait pas trèsincommodé. À huit heures du soir, ilne poussait aucune plainte et conservait le libre usage de ses sens et de ses membres; la respiration s’exerçait presque comme dans l'état naturel. Le lendemain, à dix heures du matin, on Pa trouvé mort. L’estomac contenait environ quatre onces d'un fluide peu consistant , dans lequel était suspendue la majeure partie de la gomme-gutte ; la membrane muqueuse de ce viscère était recouverte d’une légère couche de cette gomme-résine que l’on n’a pu détacher qu'au moyen du scalpel : elle avait une couleur rouge de feu, et était par-
semée d’une multitude de poinis également colorés. On
voyait dans l’intérieur du rectum quelques taché$ rougeûtres. Les autres intestins, enduits d’une matière jaune filante, n’offraient aucune altération remarquable. :Les poumons, d’un rouge foncé par plaques, étaient moins crépitans que dans l’état naturel, et gorgés de sang noir. Expérience 1ve. À dix heures du matin, on a saupoudré une plaie faite à la cuisse d’un chien de moyenne taille, avec 2 gros 48 grains de gomme-gutte finement pulvérisée, et on a réuni les lambeaux par quelques points de suture. À huit heures, l'animal n’avait eu aucune évacuation ; il marchaïit bien et ne se plaignait pas. Le lendemain matin on l’a trouvé mort. Le canal digestif était à-peu-près comme dans l’état naturel; les poumons , peu crépitans, d’une couleur un peu livide , contenaient du sang noir. Le membre opéré était enflammé et infiltré ; linflammation et l’infiltration séreuse s’étendaient sur le côté jusqu’à la sixième côte siernale. Il y avait beaucoup de gomme-gutte à l'endroit de la
plaie, et on n’a point observé d’escarre.
Expérience v°. On a répété l'expérience précédente sur un chien de mème taille. le lendemain, à deux heures de l’après-midi (vingt-quatre heures après l'opération}, l’animal marchait bien sans se plaindre, et n'avait aucun monvement convulsif. Il est mort dans la nuit. On n’a point trouvé d’altération dans le canal digestif; les matières fécales contenues dans les gros intestins étaient d’une couleur jaunâtre. Le membre sur lequel la plaie avait été faite pré-
sentait une infiltration séreuse très-considérable, et toutés
les parties voisines étaient teintes en. jaune par une légère couche de gomme-gutte. Il n’y avait point d’escarre.