‹ Traité des poisonsChapitre 93 sur 109 · ARTICLE IL · texte numérisé non relu

ARTICLE IL

Des Moyens à l'aide desquels on peut parvenir à reconnaître la nature de la substance qui a occasionné l’'empoisonnement.

106?. En examinant chacun des poisons en particulier, nous nous sommes attachés à faire connaître leurs propriétés physiques et chimiques, afin que l'expert füt à même de les distinguer l’un de lautre: Les progrès que la chimie minérale a faits depuis trente ans nous ont permis de tracer l'histoire médico-légale dés poisons minéraux avec un degré d’exactitude que l’on chercherait en vain dans ceux du règne organique : cette parüe de la science chimique est encore à son berceau , malgré les travaux importans des chimistes modernes. La majeure partie des substances végétales ne sauraient être distinguées les unes des autres que par les caractères physiques dont elles jouissent : soumises à l'analyse, elles ont fourni presque constamment des produits analogues ; en sorte que, dans l’état actuel de la science, il faut renoncer à établir entre elles des différences par le moyen des réactifs. C’est d'après ces considérations que, dans l’histoire particulière des poisons végétaux , nous nous sommes bornés à décrire les caractères botaniques des plantes et ceux des produits vénéneux qu'elles fournissent.

Mais s’il était utile d'indiquer dans chaque monographie dont nous avons parlé les caractères distincüifs de chaque poison, il est bien plus important d'exposer les préceptes qui doivent servir de guide au médecin-léciste appelé pour un cas d’empoisonnement. En effet, il peut arriver souvent qu'il n'ait aucun renseignement sur la nature de la substance déléière, soit parce que le malade

CONSIDÉRÉ D'UNE MANIÈRE GÉNÉRALE. 58e n’est pas en état de lui rendre éompie , soit parce que les assistans ignorent complètement les circonsiances de l’empoisonnement : l’homme de l’art ne s’exposerait-1l pas à perdre le fruit de ses recherches, si, dans l'examen des : matières suspectes , il ne suivait pas une marche méthodique, surtout étant obligé de choisir parmi un si QE nombre de substances vénéneuses? Comment, par e*emple, pourrait-il porter un jugement exact s’il était obligé de DrAoiex par des tâtonnemens multipliés à Panalyse d’une très-petite quantité de Ja matière suspecte ? Des expériences tentées à contre-sens ne lui feraient-elles pas commettre des erreurs graves , ou du moins ne le laisseraient-elles pas dans un état de perplexité propre à porter atteinte à sa réputation et à laisser la question irrésolue ? Ces considérations nous engagent à donner à cet article toute l'étendue qu’il nous parait mériter.

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