Traité des principes généraux du droit et de la législation
Cet ouvrage n'est point le produit d'un seul jet^ mais le résultat de longues méditations et de plu^sieurs essais. Déjà en i8ij^ )'avais publié, sous le titre de Préliminaires du droit:, un écrit où se trouvaient traitées plusiiaurs questions qu'on avait coih sidérées jusqu'alors comme ne faisant point partie directement de la science du droit, mais seulement comme devant en précéder Fétude. Cependant , Y&xknée suivante, ayant pris la résolution de professer un cours sur cette matière , je pénétrai plus avant dans mon sujet , et je me persuadai bientôt, qu'il ne s'agissait réellement. pas de simples jt^r^'/immafW^ du droit et de la législation , mais des véritables principes gênéraux de cette science.
Je me disposais à ouvrir mon cours sous ce dernier titre ) lorsque j'en fus empêché par quelques raisons particulières qu'il est inutile d'indiquer ici. Je pris alors le parti d'en insérer successivement les leçons dans le Journal de Législation et de Jurisprudence y qui a cessé de paraître en 1821 , afin de pressentir le goût du public, et surtout pour solliciter la critique. J'ai d'ailleurs observé plusieurs fois qu'un écrivain )uge bien mieux ses propres ouvrages lorsqu ils ont été imprimés que lorsqu'ils restent dans son porte-
feuiDe ; il semble que Timpression deTiênne une pierre de touche commune , qui range en quelque sorte Fautêiir lui-même ati nombre des lecteurs étrangers.
Depuis cette dernière publication jusqu'en 1822, mon travail s'étant beaucoup augmenté et modlGé « tant d'après mes propres réflexions que d'après les scfis utiles que j'avais reçus, je me déterminai à lui ire&dre la forme d'un traité ordinaire, que j'avcûs déjà adoptée avant qu'il dàt faire l'objet d'un courd oral ; mais je résolus en mêtne temps de tÈe point presser une nouvelle publication , afin de mûrir toujours davantage mes idées, et pour m'assurer d'aillenrâ par des lectures nouvelles si j'étais bien au niveau des progrès de la science*
Trois ans après, dans l'hiver de 16125 â i8â6, dé^ wrant augmenter encore mes lumières sous plusieurs rapports , je profitai de mon séjour à Londres , où les inconstances politiques avaient amené des hommes distingués de presque toutes les nations de l'ancieti et du nouveau monde , pour ouvrir un cours public , dans lequel )c priai mes auditeurs de vouloir bien m'adresser non-seulement des questions, tnais encore toutes les objections qu'ils ingéraient convenables ; et je saisis ici l'occasion d'exprimer à la plupart d'entre eux ma reconnaissance pour le^ observations qu'ils m'ont présentées.
Enfin, depuis cette dernière époque , j*ai toujours tâché de me tenir au courant des ouvrages principaux écrits sur des sujets analogues , et je n'ai point cessé de faire à mon travail toutes les modifications
voirlejonr. . . . ».
Oh se coirralûbra fedlemehf , j^eâpè^é, cîe rîmpoi^tdtice des chàiigeiiiens et addhions que ï^éûferme dette nouvelle publication : imiëpendattiilieDt d*uti oindre presque entièrement nouveau dans l'exposition et renchainement des idées , chose si importante quelquefois pour le triomphe d'un système, indépendamment d'un grand nombre d'additions et de changemens qui ont eu lieu dans tout le cours de rouvrage, plusieurs chapitres sont tout-à-fait nouveaux , la matière qui en forme l'objet n'ayant point été abordée dans les deux premières publications. En un mot, je crois ne rien hasarder en disant que je présente un nouvel ouvrage au public.
Je terminerai cet avertissement par l'indrcation du motif qui m'a fait transporter dans mon travail , sans aucune modification , plusieurs passages empruntés à d'autres auteurs. Dans un ouvrage qui a pour objet de présenter les élémens de la science le plus complètement possible, la prétention, de n'exprimer que mes propres pensées m'eût inévitablement fait manquer le but que je devais me proposer; et quant à l'expédient de m'approprier les idées des autres, en ne les modifiant que pour éluder le reproche de plagiat , c'eût été un procédé peu loyal , qui m'eût d'ailleurs fait risquer de nuire au succès de la vérité , en défigurant des pensées dont l'expression ne me semblait laisser rien à désirer. En général, si d'un côté je n'ai pas dû reculer devant l'exposition franche de mes idées lorsqu'elles m'ont paru justes,
bien qu'ailes s'éloignassent quelquefois de celles des autres , je n'ai pas dû non plus hésiter à faire abstraction de tout amour propre pour invoquer le secoiu's d'autjTui, lorsque j'ai pensé qu'il en de;^ait résulter une plus^:gran4e somme, d'utilité. :
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ET DE tK LÉGISLATION.