‹ Traité des principes généraux du droit et de la législationChapitre 2 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Delà oéqessité de ti»itei* À part lea. principes geitéVvii4j:>.dc^ droit et delà lcgidation'5 de la liaison de ces principes avw ceux des sciences i^t,elleqtueUe^,. morales e^ économiqurn^ et de. .I-ordre d'enchaînement des- d^v^ers olgeto de œie sciences*. ,\

Dans toute science qui se divise ^1 plusieurs bran^ ches , il existe nécessairement quelques principes quiy n'étant particuliers à aucune de ces branche^ exclusivement, planent sur toutes à là fois , iét leur servent de lien commun. D'après cette observation, U.^st; évident qu'on ne peut traiter à fond aucune des parties spéciales si Ton n'a déjà fixé d'une manière sa*^ tisfaisante l'ensemble des premiers principes dont il s'agit. Ainsi , pour prendre un exemple dans notre su-

(1) Je dois ici faire une observation essentielle pour le ca^ où cet ouvrage serait traduit 6n abglàis^ bu mémèlii simplement dans Toriginàl par des personnes de cette nation': ià IftPgue anglaise est, jo crbià; 'de toutes celles S'Exiropé U

jet , le 4roît en génft^êûm^fX^ certaines grandes divisions , telles que celles du droit public et du droit

^euié oifi&itià'étifioiîi ptL% h inbt 4diY)it ^nt \îM.éGfQsabs&ail , qui signifie tantôt ^ensemble des lois d'un peuple, tantôt Tensemble des règles aui,,doix^€nt4iri£^ J^ actions humaines. Or cette différence pourrait empêcliêr les lecteurs anglais de comprendre une grande partie de mes idées , ainsi que je l'ai déjà épvouvé dd la pari d'un homme très-distioguë « à qui j'avais communiqué mon manuscrit. Pour mieux expliquer ma pensée , je vais traduire sur ce sujet un passage de Bentham , que je tr^ve dans FôAtrage -intituiK^ *^/i' introduction to the principles 6f morals and législation, tome II, page 257 ( Réédition).

« Dans la plupart des langues Ae l'Europe il y a deux mots pbur distinguer ^À^m'/ihstràitti le étetr»' 'concret dù^toot loi y ^eesindU sio^ si âiffitt^'fîiîi âè'^iiutiift *qû'ih n'ôutpas BiéMile Uttë'àlSnïté é¥y1ftMo^<^^ p^r'exemplé', on

«'feof poùWè tona^'et fus pôtii'î'àWtraît • en italien , l'on a lege et diritto ; en allemand gesetz et recht j en français loi et droit^ en espagnol ley et derecho. L'anglais est mainte- Bfliit^ri^éJ dd cet ti^ttû^t. Dans ratÉglài^xm nA âvcKt le ipi9t:^<^^ pour le neo» concret , et pottc4tt siens sdbstrait \& mot ri^lftr co(rj;^q^dapVa« jplptiaJ^fj^ncjtrwAr;, ûit»i qu'pn .peut Ifi voir dans le jfnot.çojsfipp^é/ftlf^ri^ht^.et ^aps id'autres.e^^emplès ; mais le mot r^A/ ^ depuis lonçrtemps perdu cette açceptiôn. » >

'"•#e «irois'dcvbîr'fencore ici faîfe sxjt 1% rûbt droit une obsenratiou pi^élimiiilii^è , mais d'une application plus i^énérale. Quffqu^s persQqpea anrâient désiré que je donnasse, dèl le 4^)iuf ; une déJ$fûlu>^ de 'Ce mot d'après mai ptopres }dé^; mais je pense qu'un tel désir est prématuré , car cette définition ue ppu^Tai t ét^e bi^^ , ;5:p:p^pris(5 qj^'^p^ès; qypp: passé par toptes; l^|S^ries^4'ijd,ée^^ fon4« wa tUéprie de

l\o^^,,^Rekj^f>artiq pota^jje fie.mon, w^ tefpûjjiée, .

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deint les prhici][)ales ne péttrent txiéinè en être appelées le9> principes qu'en faisant abstraction dés yërités |4us générales qui doininetit également toutes les soiences-jet qui scml ainsi les seuls y écit^\é& principes de toutes les sciences en général, comine de chaque branche en particulier.

«-.G'^ par un pressentiment sans d6tite de cette idée fondam^talci qu'on a souvent comparé l'ensëtoble de'Dos >€X>i^aiBsances à Une vaste chaîne, dont les amieâuK' doivent nécessairement se succéder, et dont la 'farine dépCNid de la liais<m intime de tous ces anneaux. Oti' verra ^pUis tard <îue cette, comparaison ne répond qu'imparfaitement à l'idée qu'on cJoit se former du système- général des sciences ; mais elle h'ien est pas moins juste en ce^ sens que Tensemble des^ connaissance humaines fcM'me un tout , dont les divcfltses parties pnt une liaison nécessaire^ Or la seule découverte de cette vérité fut déjà un grand paid vers le perfectionnement des sciences. En effet, chacune d'elles fit d'autant plue de progrès qu'elle puisa davantage^ie notionâ^^dans le domaine des autres sciences qiii avaient avéa*ellè le plus d'analogie : ainsi , par exemple, la médecine nepouvait faire de grands progrès sans l'assistance de k; chimie ; de la botanique, et de quelques- autres sciences accessoires; ainsi la physique proprement dite ne pouvait atteindre à un si haut degré de; perfection sans le secours des mathématiques , c'est-rà-dire la science de la quantité et ôaVétendae* L'on paurrait multiplier beaucoup les exemples de cette nature ; mais ceux que nous venons de présenter suiB^nt pour indiquer toute la fécon-».

dite de cette simple obflierTation de l'eticlialiiemént de toutes les sciences. ^ •»<;

Cependant il restait à faire une découverte pluB décisive encore, pùisq^'eUe devait être le complémeat de la première : il s'agissait de savoir dans quel ardfè' les diverses parties de nos connaissances doivent s'êtl^ chaîner; en d'autres termes, il fallait déterminer quelles sont les sciences dont les principes doivfJÉiii^ être convenablement arrêtés avant de pouvoir traiteir avec certitude les autres sciences particulières. '■'■]

Quant à certains objets de la science, on a dû trouver peu de difficultés dans Tordre de cet enchl^. nement. Par exemple, on a dû voir de bonne hèttr^ que pour-évaluer exactement les phénomènes de là! nature,.. ou les propriétés des, corps, là science da calcul était indispensable; et voilà: pourquoi cettë dernièi:^ scîpnce fait la base, des étùde& de ceux qvS veulent approfondir les sciences physiques. MaisUt n'en est pas de même pour.la plupart des autres scieÀ^ ces , car leurs relation» sont rarement aussi évidentes;^ et lors même que la nature des choses pourrait indi^ quer ces relations, trop souvent des préj^ugés ou>des intérêts particuliers empêchèrent de les reconnaître; Cette observation s'applique spécialement à tout ce qui concerne Tétude de Thommey même au phy^ sique. Qui pourrait croire, par exemple, si de nos j^ours les vérités les plus simples n'étaient contestées , qui pourrait çripire que pendant des siècles la supers stition fit eop sidérer l'anatomie Comme ;ade pror. fanation, comme une impiété ? Ce fut oUssi le famà'^ tisme, trop souvent armé du bras séciij[ier^ qui fit

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brûler k& ^hy9icicn9 et les chîmûtet, comme coupables de sortilège et d'athéisme. .

. ,i^IdJM9 c e9t danaies 9cîûiicêft morales smiout , d$nt la Ifgi^liftppfk fprnu U eomplémenil, q^e s^esl hit sentir le d^fwt d^ secours qu'une science particulière doit u^Q^sffân^QEi^ut tirer des principes des autres sciences. f^'^nn^si pas tu d'assex bonne heure queUisest la li^sf^ indispensable des parties de cette grande di>?i«sion de nos connaissances arec les sciences qui oiA pour objet les êtres matériels. On a cru même pendant langHtemps^^pouvoir étudier; l'homme moral indéptKidajnuient de l'hbmme ftiys'ujtÀe^ «t c-est à peine de BQS jours qu'on est arr»'é à cette idée si simple que l'on ne peut étudier avec fruit aotre intelfigttnce sauf avoir des notions justes isur les^qrgapes ^a£ en dont te ' ^ge, et sur les principaux piiénoin^esde notre e:»is^ tisnceorganique.. Cabanis , médecin etphilosoj^e tout 4llaif0iis y dans son précieux ouvrage de$ ruppopts du phfy^ûfae et du moral de l-honmie , a le premier fait voir tpote rimporfance de cette étude simultanée. 11 a dé- «ibntrév^par une multitude d*ap0rçus aussi profonds qu'ingiaieuk, combien Thirtoirô de nos fecultés mo^ raies sera toujours insuffisant^ «t fautive tant qu'elle ne sera point basée sur la physiologie. Cependant, malgré le service inappréciable qu'il rendit à la science, .€abanis ne présenta pas encore un système complet, un corps entier de doctrine ; une mort pré^ maturée l'enleva trop tôt à la waie philosophie , et U ne peut être considéré quô «^ômnie le précurseur de l'idéologie physiologiqtio (i).

(i) Jd saU que depuis un certain temps quelques moralistes

et poUU<lue9 ; miisi»: r><^ a cr» powi^ur trao^ jdfi règles £^ la peosé^^vant d'a¥bir ^Uidiér^^u^^inmafit l'orig^qe et le m^camstoe do nos imprea^M^p^i oa^a cçu «piouyoir i^6eîgB0T ta morale awilfc dfav^ir pbisenrt la spiuce.èt les mobiles de jnfts ^entinfei^i ^^ a <îr» pouvwr fgiiire des «ystèrxieisi dlécoubrofe p«U>Hqiift crti paifkiiU^ ( 1 ),aTaiiA d'avoir ;obaer¥iâ te. Ymî^

et tnéme doi ph^f fttol'^glstéB se B^ril élevés ûvëc. une grand» chineur contlv les .idées' fosidanièntale^ de Cabanis; i»sifr^ d'une pai*t,.jd sais ^um ^^JapJus» saine portion de» pti^ysiiH logistes aa«c>3 n'adflpiet jpoiwt k^ /ésuUpuiAdtj.o^ttQ^réaptiioi^ antiphilosophique; et d'un autre côté , j'espère moi-même ^ dans ce qui tient à l'idéologie et à la morale, prouver complètement dans la suite de cet ouvrage combien sont peu fondés ks reproches d'nrrtmom'jt/^ qu'on àdaretseian. systèwis physioIof^cQ-idéologiqué^ >: : • ^ •: j.: , . ). ! ; ( . '-^i

(i) te mot e'&ohom^; ff9ip1^fH'ftn6io^^lsifpi\B&a

gemiBntdè ^at /mtrVofz* mslstio^ë lui dbnnotis le jiltis ciowinii!!*

iiément lé sens âi'epatgnë.iDiMs le siècle-dérnièl^ oti donna te

nom tl'écornomië politique k cette science qui à spétidléniehlt

pour bu* fe ftîrmatl6iï àt^'ï^ché^éi itùh étdê. 'Ùh èl; de Tîbs'

jours , fait vbîr que cette scïéiicte serait iniéui^- nommée étis-

nomîe pubUfite qu^économié pàtitù/ue ^ ^i^qu'ëllé né trente

point directement de l'organisation poUiiqu^i <2etté obiemb*

tion est juste en la restreignant k la science qui irtaXé-spè^

czia/^me/z^ de la formation des richesses d'un état; maîsî'ël^

pression est tix^p spéciale dès iqu'il Vagiide. I« formation des

ricbesstis ^ .générai i, tant a l'égard des partindters qii'k<P)égair4

de l'élAti. Ces|,t»rq«ii me^dëtënnrneÀ me servir àvbmbt\éca^

nomicj sans épithète , pour cette ddlrnière6oieBcel> JàiaonwîeiiB

qua le mo((n'«ii ^sêrèsrliipUAeuB;; isiais iè a àéjk uneU^c^p-

tttre et les pésiittats de nos moyens productifs; enfin, Yxm a cru pouyoir, ëiu nom de ta soiciété , imposer «àx icitoyens des règles de direction avant d*avoîr des idées justes sur tes fondetnéns de la soeiété et sur les vérltableis droits et devoirs des citoyens. Ainsi j' Toti a fait de la métaphysique avant Vidéûhgie , o\l science é'obsertiatim de iU}» idéeàs on a foit de la morale thédiogîcfue avant la véritable êeimterrîoralè^ibxisdèncû d^obséti)ati(mdëifiôê8enttmi^; on a fait cle réconomië empirique avant .Fétude de notre puissance productive et. 4e ses effets sur notre bonheur fen&n l'on a fait du prétendu droit et de la législation arbitraire avant d'avoir déduit les principes sociaux de la connaissance ekàctède Thommé et dés véritables conditions de sa^

tiôn reçue très-analogue, et j'ai vouhi éviter le reproche dé néologisme. Sans ce dernier genre de difficulté , auquel oiv ^arrête trop dand notre langue y. 'j'aurais employé celui, de chrématQhgie , qui vient du gi;ec aussi bien que tant d'autre^ mots reçus, et qui peut te traduire à peu près. par ceux-ci,: la science des richesses. Mais, dans ce cas , afin de donmer ui^ caractère uniforme ai» dénominations des trois branches pviù^ cipales de 1^ sciençp de l'homme intellectuel et moral , je don- Qfarais aussi uiï.njqpQQL tiré da.gi*ec à la science morale : ainsi i'oi^ consei*Yerait celui d'/Vs^éfb/qgie à la science des idées, et l'on donnera^r celui de paihésiologi^ à la. science des seutimens, ou morale. . • • ■ . < :

• Je soumets cette nomenclature aux philologues sans préjugés^ en les pliant. de vouloir bien t corriger ce qu'elle peu ^ avoir dndéfeotueux^ ou^deivooloir bien en proposer Une plu» om^^enablédansié'mémebiit.jj.' ijr '. : i.'- '

(i) Je n'entre point ki dans la question de savoir si l'esprit

Cependant, eaatre lesautred preuves qu'on en brou* vera dans tout I^ cours dç cet ouvrage, une série de reflexions bien simples fera voir, dès ce moment^ combien il estJuadispeossable de connaître d'abord les vrais jélémens des diverses sciences qui traitent de Thomme, soit isolé, soit en contact avec ses sem** blables, avant de pouvoir se flatter de poser avec certitude les premiers principes . du i droit et de la législation. En effet, quel peut être le but de toute législation? N*est-<îe pas de donner une bonne diréc-^ tion aux actions des individus qui composent la so-^ ciété? Or do là dérive déjà bien certainement la nécessité d'étudier préalablernent les principes de la science économique, d'après l'acception: que nous venons de donner à ce mot. Mais péut^on diriger les actions de l'homme' sans connaître les moyens de dî^ rîger ses sentimfens, et diriger convenablement ses sentimens sans connaître la théorie des idées qui influent tant sur les sentimens? Or l'on voit aussi que la connaissance des principes de l'idéologie et de la morale doit nécessairement précéder l'établissement de tout système vraiment raisonné de législa-

humain est tellement constitué qu'uae autre marche fut absolument impossible, ni dstps ç^elle de savoir si, povir;)ijÇ8 époques antériem^es , cettç marche fut /a seule çqn^yfnabk aux progrès de la science, comme le prétend Técple dw PfPr ducteur. Je me borne en çemc^ent à exposer }ps faits, et j^ me crois fondé à conclure, sa^s crainte d^ cQnte3t§iUjqn,.8érieuse, que, pour le perfectioi^nemeAt définitif dç.nos connaissances , Ton doit nécessairement renoncer à une teUe méthode.

tiim.: €eoi 'est en pMfile 1« répétl^ déjà dit mt r^xjM^attiement iiatat^t des dlve^ objèU de tiûB ' j^ûfiateftàn^ ; É^is la chô&e ebl si impoi^^ tatite^ etme ]>arftîl si icrad oôiâprise eECôfe, que je ne crois pdutoir là présente^ éocis trop dé foitoes dïSé^

' ( i ) Jâ ne jiUik^ résUteff àU âéiit dé dl«r ùti passage de moû dlgnei aidi , M« Cq^^w y ptofefisdor de philosof^ie , qui a*épond parfaitement k nia pea^ée , et .qui 4^ expiii^fê,aVeo autant de fpi:çe qu(e de raison . Je saisis- d'autaot phis yplontier^ cette qocasion que^ bientôt , par 1 effet d'une intime conviction à laquelle tôùt'doit <îêder dé ma 'part , je serai oblige dç me mettre èk oppûsîtimt fovm^ie ïtrèt lui ^at \ibie autre notion égale- IMtft fôli^&iiièiliffté. >

>|LiQ pitsèàge qUefevifol d'indiqué. est extrait de U qtiat^ipibna^eylivxajfton d}ji. Journal de. l4§,islaiiofL et defUrv^prudénoSy pages 494 e^ 49^- I^'article n'a pas été rédigé par M. Couâiji^ mais par M. Cariol , l'un de sçs élèves. Cependant je sais qu'il èh a entièrement avoué le contenu. Voici le morceau dont il è^âgiC : <c Or, quelque stience que Fhomme étudié , c'est IbûjMiitS l'homme qui étudié^ quoi qu'il fâ*», c'est lui qui le fait, c'est avec lui-même ^'il le faitf quel ^e soit en uiéi mot l'obJQt de .<ies redaerches^ il ea e%l lui-mémo Tobjci et l'ico* trument. Donc , avant toute science , avant toute recherche possible , est l'homme^ auteur de toute recherche, sujet^ sinon ciféatéûr de toute HCiebce. Donc, antérieurement k l*étude,de cetobjét, quel qu'il soit, ttrinéif il, végétal, animal, est fétitide du sujet, c'est-à-dire de Tbômnie , c'esl-à-diré de Tésprit hùhia^û'. Ainsi , pour accomplir la loi de la méthode^ aont la double cbnditlon lest dé ne point procéder au hasard et de ne rien làl^ér deririërè éôï qui û'ail ét^' résolu , il faut liécessaïrètiiéût remonter jusqu'i'cô àVànt quoi et au-delà de quoi il n^y a tien pour rhoriiiriè. Ôr, riëii dans l'esprit humain n*est antérieur à l'esprit humain lui-même , puisque c'est par ïui

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