‹ Traité des résections et des opérations conservatrices (volume 2)Chapitre 134 sur 166 · OMOPLATE · texte numérisé non relu

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et bientôt des douleurs aiguës. Quand on cherche à rapprocher les fragments on ne peut pas les amener en parfait contact, il y a entre eux du tissu fibreux interposé. Dès que la malade veut soulever l'épaule ou essayer un mouvement de circumduction du bras, elle éprouve une douleur vive qui lui arrache des cris et qui retentit surtout dans le moignon de l'épaule.

Comme l'étatde la malade n'avait aucune tendance à s'améliorer et qu'elle était incapable défaire le moindre travail, M. Ollier pratiqua (19 avril 1880) l'avivement des fragments et les sutura ensuite par des fils métalliques. Pour cela, il mit à nu les deux fragments et réséqua le tissu fibreux intermédiaire qui empêchait de les coapter. Il

Fi g. 490. — Pscudartkrose de la clavicule.

a, Fragment interne tiré en haut par le cléido-mastoïdien ; b, fragment externe dirigé en bas et recourbé en dedans de l'apophyse caracoïde. Il y avait eu probablement à ce niveau une seconde fracture; c, apophyse coracoïde.

aviva obliquement le fragment interne et réséqua une saillie de fragment externe qui plongeait dans les chairs et allait piquerles nerfs qu'on voyait par transparence à travers une couche fibreuse. Les fragments furent avivés de manière à se correspondre sur une étendue de 25 millimètres environ. On les perfora et on les unit par deux points de suture métallique. — Suture de la peau. — Pansement de Lister. — Sautoir plâtré pour relever et soutenir le coude, et prévenir par ce moyen le tiraillement des fragments et empêcher les fils de lâcher prise. — La réunion se fit par première intention. Au bout d'un mois et demi environ, on enleva les fils. — Les fragments étaient en rapport exact, mais la soudure n'était pas encore osseuse. On remit un bandage pour six semaines encore. Au bout de ce temps, la consolidation n'était pas complète, mais la malade ne souffrait plus du tout ; elle n'éprouvait plus de fourmillements. On la laissa partir avec une simple écharpe qu'on lui conseilla de garder quelque temps encore. Un mois après, elle reprit son travail.

L'année suivante, elle revint à la Clinique montrer le résultatobtenu. La consolidation était complète, les deux fragments étaient intimement unis et se suivaient dans tous les mouvements. La réunion ne pouvait être qu'osseuse ou fibreuse très serrée ; aucun des mouvements du bras n'était douloureux. La malade se servait également bien de ses deux membres et dans les divers actes de la vie, pour faire son travail de ménagère.

L'explication des douleurs qu'éprouvait la malade se trouve dans le déplacement du fragment inférieur et dans la proéminence de son extrémité interne vers les parties profondes, Quand la pseudarthrose s'est établie sans déplacement des fragments, ou du moins sans un trop grand déplacement, et qu'il n'y a qu'une mobilité h peine appréciable entre eux, le malade s'en aperçoit à peine; il peut se servir de son bras presque comme avant la fracture. Maisil ne faut pas être optimiste à cet égard; la force est toujours plus ou moins diminuée et les mouvements soutenus sont devenus plus difficiles, impossibles même cliez certains sujets \

L'extrémité sternale de la clavicule a été réséquée, il y a longtemps déjà, par Davie (de Bungay) dans un cas de luxation lente, consécutive à une déformation de la colonne vertébrale2. L'extrémité de la clavicule s'était avancée au point de comprimer l'œsophage et de rendre la déglutition très difficile. Davie réséqua l'os à un pouce de la surface articulaire, et tous les accidents de compression disparurent. Nous rappelons cette observation parce que nous n'en connaissons pas de semblable.

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